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Full text of "Bulletin de la Société philomathique de Paris"

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BULLETIN 



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SOCIETE PHILOMATHIQUE 

DE PARIS 



BULLETIN 



DE LA 



SOCIÉTÉ PHILOMATHIQUE 

DE PARIS 

FONDÉE EN 1788 

RECONNUE COMME ÉTABLISSEMENT d'uTILITÉ PUBLIQUE 



SEPTIEME SÉRIE — TOME NEUVIEME 



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PARIS 

AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ 

Rue des Grands-Augustins, 7 

1885 



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'^^'^~i?g-<r BULLETIN 

DE LA 



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SOCIETE PHILOMATHIQUE 

DE PARIS 



iSéance dn 95 octobre flSSJ. 

PRÉSIDENCE DE M. FOURET 

M. Pellat fait la communication suivante : 

Observation de M. Audemar sur une illusion 'produite "par le 
déplacement de la verticale apparente, 

par M. H. Pellat. 

Au cours d'expériences faites sur des ventilateurs à 
force centrifuge, M. Audemar a été témoin d'un phéno- 
mène curieux qui me paraît de nature à intéresser la 
Société. 

Voulant étudier la marche de l'air à l'aide de lampes 
suspendues à l'intérieur d'un grand ventilateur tournant 
dans un plan horizontal, M. Audemar s'est placé lui- 
même à l'intérieur de l'appareil ; il s'est assis, ou plutôt 
presque couché, la partie supérieure du dos appuyée sur 
le pourtour interne du ventilateur. Dans cette position, il 
regardait l'ouverture qui était pratiquée à la partie supé- 
rieure de l'appareil suivant son axe, et qui était vive- 
ment éclairée par la lumière venant de l'extérieur. Or, 
dès que le ventilateur se mettait à tourner, entraînant 
dans son mouvement de rotation l'observateur, celui-ci 



— 6 — 

éprouvait l'illusion suivante : l'ouverture éclairée parais- 
sait monter, et monter d'autant plus haut que la vitesse 
de rotation était plus grande; elle semblait venir se pla- 
cer jusqu'au-dessus de l'observateur. 

Plusieurs autres personnes ont répété l'expérience de 
M. Audemar, et toutes ont eu la même illusion. 

Cette illusion s'explique aisément, du reste. Le diamètre 
du ventilateur ayant plusieurs mètres, et celui-ci faisant 
plusieurs tours par minute, la force centrifuge était très 
grande et l'observateur se sentait presqu'écrasé par elle 
contre le pourtour du ventilateur. Cette force centrifuge 
se composant avec le poids réel de l'observateur donnait 
une résultante inclinée sur la verticale, en sens inverse 
de l'axe de rotation, et d'autant plus voisine de l'horizon- 
talité que la vitesse était plus grande. Dès lors, l'ob- 
servateur se trouvait absolument dans les mêmes condi- 
tions que si, étant immobile, son poids fut devenu égal 
en grandeur et en direction à cette résultante. Désignons 
par AB une droite invariablement liée à l'appareil, et 
dirigée suivant cette résultante ; les forces qui agissaient 
alors sur tous les organes de l'observateur étaient exac- 
tement les mêmes que si l'appareil, sans tourner, se fut 
incliné de façon que la droite AB fût devenue verticale 
et que la pesanteur eût augmenté d'intensité. Or, une 
pareille inclinaison de l'appareil, si elle se produisait 
réellement, ferait, par rapport à l'observateur, monter 
l'ouverture éclairée; il n'est donc pas étonnant que 
celui-ci éprouve cette illusion. 

M. Audemar pense que la variation des pressions que 
le sang exerce sur les vaisseaux, par suite d'un change- 
ment de la verticale par rapport au corps, contribue 
puissamment à nous indiquer ce changement. 

Dans les expériences que nous venons de rapporter, le 
sang affluait à la tête de l'observateur et, pour éviter une 
congestion, celui-ci était obligé au bout de quelque 
temps de changer de position et d'appuyer les pieds 
contre le pourtour du ventilateur, la tête étant cette fois 
du côté de l'axe. 



— 7 — 
M. Vaillant fait la communication suivante : 

Sur quelques particularités du squelette chez le Caranx 
carangus, BL, 

par M. Léon Vaillant. 

L'arrivée sur le marché de Paris, par le navire le Frigo- 
rifique, de poissons provenant des parties chaudes de 
l'Atlantique, m'a permis il y a quelques années (1881) 
d'examiner plusieurs Caranx carangus, Bloch, et le sque- 
lette de cet animal présente différentes particularités, 
qui ne paraissent pas avoir jusqu'ici fixé l'attention des 
naturalistes. 

En premier lieu, les vertèbres caudales, au nombre de 
quatorze, comme chez les poissons du même groupe, 
présentent deux formes bien distinctes. Les huit pre- 
mières ont des apophyses épineuses tant supérieures 
qu'inférieures bien développées, sur les suivantes elles 
sont tout à fait rudimentaires. Les apophyses épineuses 
supérieures, sur les vertèbres citées, n'offrent rien de re- 
marquable ; elles sont fortes et leur longueur décroît de 
la première ou de la seconde à la huitième. Des infé- 
rieures, au contraire, la première est la plus large, les 
trois suivantes sont à peu près égales, les quatre derniè- 
res vont en décroissant comme les inférieures. Mais ce 
que les hœmépines présentent déplus singulier, c'est, sur 
chacune des troisième et quatrième, une dilatation trans- 
versale, parfois énorme, en cœur renversé, qui occupe 
pour la troisième, le tiers, pour la quatrième la moitié de 
la hauteur; la largeur de cette dilatation sur cette der- 
nière vertèbre est le double de celle du centrum corres- 
pondant. Il est à noter également que le diamètre des 
ouvertures basilaires, formant le canal des vaisseaux 
infra- vertébraux, va en croissant de la première à la 
troisième vertèbre caudale pour diminuer à partir de 
celle-ci sur les suivantes. 

Une autre particularité nous est fournie par les côtes. 
Elles sont au nombre de dix, les deux dernières peu dé- 



veloppées. Les quatre ou cinq côtes antérieures ont la 
forme ordinaire et ne présentent rien de remarquable, 
mais les quatre ou trois suivantes sont tout à fait inso- 
lites. Pour l'une d'elles, provenant d'un individu parfai- 
tement adulte et prise pour exemple, la longueur est 
d'environ 85"""', la partie supérieure de 3b'"'", est aplatie 
d'avant en arrière, large de 3'""', moitié moins épaisse, 
avec un sillon sur chaque face plane, c'est à peu près la 
disposition qu'offrent les autres côtes dans toute leur 
longueur, sauf que le sillon manque en avant. A partir 
de ce point , l'os se renfle considérablement jusqu'à 
atteindre un diamètre de 11'"'" au moins, l'épaississe- 
ment augmente d'une manière graduelle et s'atténue de 
même en gagnant l'extrémité libre de la côte, en sorte 
que l'ensemble donne assez bien la forme d'un gland 
très allongé. 

L'examen histologique montre que la constitution de 
cette côte singulière ne diffère pas de ce qu'elle est chez 
les autres poissons analogues, seulement dans la partie 
supérieure étroite c'est une enveloppe relativement 
épaisse de dentine compacte avec, au centre, très peu de 
tissu spongieux, tandis que dans la portion renflée l'en- 
veloppe ayant à peu près la même dimension, le tissu 
spongieux acquiert un développement énorme. Les va- 
cuoles de ce dernier tissu ayant une forme plus ou moins 
arrondie, la coupe donne assez bien l'aspect de certaines 
tiges végétales, chez lesquelles une moelle énorme est 
enveloppée d'une mince écorce. 

Il aurait été intéressant de chercher à savoir quels 
étaient les rapports de ces os avec les parties avoisinautes, 
en ce qui concerne surtout les vertèbres caudales , 
mais, depuis l'époque à laquelle ont été faites ces 
observations, les arrivages de poissons exotiques, dont il 
a été question plus haut, ont cessé, tout au moins m'a-t-il 
été impossible d'avoir de nouveau des Caranx carangus à 
l'état frais. 

M. Louis Petit fait la communication suivante : 



— 9 — 

Sur une nouvelle espèce d'Holothurie, le Latmogone 
Jourdaini (1), 

par M. Louis PetiTc 

Cette nouvelle Holothurie, qui provient des dragages 
du Travailleur (1882), appartient à ce groupe des Elasi- 
poda, créé par Théel pour les nombreuses formes dont les 
campagnes du Challenger ont révélé Texistence aux 
naturalistes. 

Les animaux de ce groupe si bien caractérisés par leur 
sole ventrale, leur symétrie bilatérale très évidente, le 
nombre restreint des pieds toujours limités aux zones 
ambulacraires , leur bouche ventrale, etc., se divisent 
en trois familles : les Elpidiidés, les Deimatidés et les 
Psycrhropotidés. C'est à la seconde qu'appartient le genre 
Latmogone. 

La Latmogone Jourdaini, a le corps allongé, environ 
deux fois et demie aussi long que large, la bouche anté- 
rieure, ventrale ; l'anus postérieur ventral. Les tentacules 
au nombre de quinze à peu près d'égale grandeur, sont 
terminés par un disque légèrement mamelonné. L'ambu- 
lacre impair est nu, les ambulacres latéraux de la face 
ventrale donnent naissance à une douzaine de pieds 
ambulacraires (quelquefois moins) disposés sur une seule 
rangée. Les tubes dorsaux, relativement courts si on les 
compare à ceux des espèces du même genre, sont au 
nombre d'une dizaine environ dans chaque ambulacre. 
Le tégument est très mince et renferme des spicules de 
quatre sortes : 1° grandes roues, la plupart à dix raies, 
diamètre 85 à 100 [i ; 2° petites roues, la plupart à 14 
raies, diamètre, 45 [a; on trouve aussi des roues incom- 
plètement développées ; 3» spicules à quatre branches 
légèrement recourbée : largeur 85 [ji. ; 4° spicules droits : 
longueur 160 à 176 [x. L'anneau calcaire n'est pas com- 
posé de pièces distinctes. Couleur dans l'alcool : violet ; 

(1) J'ai dédié cette nouvelle espèce à M. S. Jourdain, ancien profes- 
seur à la Faculté des sciences de Nancy. 



— 10 — 

l'extrémité des tentacules jaune-gris. Dimensions moyen- 
nes : longueur O^OS, largeur 0'"02. 

Habitat : Dragage 1. 

Profondeur : GU"". 

Cette Holothurie ressemble beaucoup au Latmogene 
violacea (Théel), mais elle en diffère parce que la bouche 
est ventrale au lieu d'être terminale, parce que les ap- 
pendices dorsaux sont plus courts et surtout moins nom- 
breux, enfin les branches des spicules en croix ne sont 
pas aussi courbés que chez la Latmogone violacea. La 
taille aussi est différente, puisque la Latmogone violacea 
atteint 0™09, tandisque la Latmogone Jourdaini n'a que 
0™05 environ. Mais cette différence n'est peut-être due 
qu'au hasard des dragages. 

Des dissemblances plus marquées ressortent de l'exa- 
men anatomique, et distinguent même cette Holothurie 
des autres Elasipoda. 

On sait que chez la plupart des Holothuries, la pre- 
mière portion descendante du vaisseau intestinal interne 
est relié à la portion montante par une anastomose. 
Théel a figuré chez Y Oneirophanta mutabilis (1) deux anas- 
tomoses. Mais chez la L. Jourdaini, il existe des vaisseaux 
anastomotiques très nombreux, qui font communiquer 
la première branche descendante avec la branche mon- 
tante, et de plus sur ces anastomoses se greffe un vais- 
seau qui aboutit à la partie supérieure de la deuxième 
branche descendante. De cette façon, une partie du sang 
peut passer directement du commencement de la pre- 
mière branche descendante au début de la deuxième. 
Les parois des vaisseaux de L. Jourdaini renferment une 
grande quantité de spicules. 

Je dois encore signaler une autre particularité de cette 
espèce. Ses organes génitaux présentent une disposition 
exceptionnelle. Chez les Elasipoda, dit Théel (2) : « Gene- 
rally, the reproductive organs are more or less bilateraly 
symmetricaL consisting of two fascicles of longer or 

(1) Report of the scientific results of the exploring voyage of H. M. S. 
Challenger. Vol. IV. Holothuries, pi. xl, flg. 2. 

(2) Loc. cit. 



— Il — 

shorter simple or dichotomously branched cœca, atta- 
ched one on each side of tlie medio dorsal mesentery... » 
Chez la L. Jourdaini, le canal déférent ne se bifurque 
pas ; il demeure simple et reste compris dans le mésen- 
tère. A droite et à gauche se rattachent quatre groupes de 
glandes génitales formées de nombreux cœcums, assez 
courts. Ce nombre quatre n'est pas absolument fixe, 
ainsi dans un exemplaire j'ai constaté sur le côté droit 
l'existence d'une cinquième petite grappe. La couleur de 
cette glande est jaune-violet. 



(Séance du S novembre 1SS4. 
PRÉSIDENCE DE M. FOURET. 

M. Franchet fait la communication suivante : 

Observations sur le Bruchus (Caryoborus) nucleorum et son 
développement^ 

par M. Jean Franchet. 

M. Balansa, voyageur botaniste bien connu, a rapporté 
du Paraguay, au mois de juillet de cette année, en quan- 
tités assez considérables, les fruits d'un Palmier appar- 
tenant probablement au genre Orbignya. 

Plusieurs de ces fruits présentaient à l'une ou à l'autre 
extrémité, une perforation circulaire d'un diamètre de 
4 à 6 mill., qui pouvait être l'indice de la présence d'un 
Insecte d'une assez forte taille. En effet quelques recher- 
ches dans le sac qui les renfermait me firent promptement 
trouver un Goléoptère de la famille des Curculionides, 
appartenant au genre Bruchus, le Bruchus (Caryoborus) 
nucleorum, Fabr. 

En sciant quelques-uns de ces fruits, et plus particu- 
lièrement ceux qui présentaient une forme anormale, j'y 
trouvai une sorte de coque faite d'un mastic jaunâtre. 



— 12 - 

résultant de la poussière de l'amande rongée par la larve 
et agglutinée à l'aide d'un liquide qu'elle sécrétait. 

Ce Gurculionide a été signalé pour la première fois p 
Fabricius, sous le nom de Bruchus nucleorum, Fabr. Ento 
Syst. emend., tome I, pars 2, page 569, n^ 2. Il en doni 
une description très courte, complétée plus tard pa 
Olivier, qui l'étudia sur un exemplaire du cabinet de 
Bosc ; voici la description d'Olivier : 

« Elle est un peu plus grande que la Bruche du Pal- 
» mier. Les antennes sont noires, en scie; la tête, le cor- 
» selet, et tout le reste du corps sont noirs, légèrement 
)) couverts d'un duvet cendré; les élytres sont striées, le 
» duvet un peu plus serré ; les cuisses postérieures sont 
» renflées, ovales, comprimées et armées d'une petite 
» dent et de quelques crénules ; les jambes sont striées 
» arquées. Elle se trouve dans l'Amérique méridionale. 

» Du cabinet du citoyen Bosc ». 

Gyllenlial ne fît que répéter à peu près la description 
d'Olivier dans le Gen. etspec. CurcuUonidum de Schônheer. 

Imhof et Labram (Gen. Cure, 1, n° 27) en font une 
meilleure description et donnent une planche de l'Insecte 
avec les détails des pattes et des antennes. 

Ils l'indiquent comme venant du Brésil. 

Il n'est peut-être pas inutile de donner une nouvelle 
diagnose de ce purculionide, jusqu'ici rare dans les col- 
lections. 

BRUCHUS NUCLEORUM. 

Bruchus nucleorum, Fabr., loc. cit. 
Caryohorus nucleorum, Schônheer, loc. cit. 

B. — Totus nigricante-cinereus vel rarius subfucescens ; 
antennis serratis; oculis suhquadratis, antice paulo emargi- 
natis; thoraci transverse quadrato, antice subrotundato, pos- 
tice sinuato; elytris 9-striato-punctatis ; femorihus postice 
valde inflatis, compressa ovatis, latere anteriore quasi cari- 
natis, crenulatis cum spinula postica minima; tibiis arcuatis, 
cylindricis, cum sulcis duobus secus longitudinem. 

Les femelles du B. nucleorum atteignent jusqu'à 18""'' 



— 13 — 

de longueur; les mâles sont constamment plus petits et 
leur longueur varie entre 10 et 14'^"'; la pubescence paraît 
aussi chez eux plus rousse ; chez la femelle elle est 
d'un gris-cendré, sauf sur.-les côtés du corselet et sur le 
milieu des cuisses où elle est moins serrée ; les antennes 
sont en scies insérées sur le bord antérieur des yeux, 
ceux-ci échancrés ; les palpes composés de 3 articles, 
les maxillaires un peu plus grands que les labiaux; le 
dernier article est légèrement tronqué ; la tête à l'état de 
repos est appuyée sur le thorax et disparaît alors com- 
plètement sous le corselet; celui-ci est carré, arrondi 
aux angles antérieurs, avec une légère échancrure en 
avant; les côtés du corselet sont rebordés, plus ponctués 
que le disque; les impressions sont assez variables, plus 
ou moins profondes ; l'écusson bien distinct a la forme 
d'un carré long; les élytres ont une couleur grise presque 
uniforme, avec 9 stries ponctuées; la septième plus 
courte que les autres, n'atteint que les 3/4 de la longueur 
de l'élytre ; les intervalles sont un peu relevés ; les 
épaules sont glabres, rugueuses, un peu plus foncées 
que le reste; les pattes n'ont pas d'épines aux jambes; 
l'avant-dernier article des tarses est divisé en deux lobes 
profonds; les cuisses des pattes postérieures sont ovales, 
ponctuées, renflées à l'extérieur, comprimées à l'inté- 
rieur, parcourues en dessous par une carène crénelée et 
terminée par une courte dent; les jambes sont très 
arquées, munies d'un petit éperon à la base près de sa 
jointure avec la cuisse; elles sont striées et les inter- 
valles présentent chacun deux rangées de gros points 
assez écartés. 

Cet Insecte a une grande puissance musculaire dans 
les pattes postérieures à l'aide desquelles il comprime 
très fortement. 

La pubescence est d'un gris-cendré dans la plupart 
des individus femelles ; mais dans quelques-uns elle est 
d'un brun assez foncé ; on trouve quelquefois ces deux 
variétés dans le même fruit. 

Voici maintenant ce que j'ai observé pour la Larve et 
la Nymphe : 

Larve. — La Larve a 18'»'" de longueur; elle est blan- 



— 14 — 

che, sauf la bouche fortement teintée de brun clair. Les 
antennes, peu visibles, sont insérées à la base des man- 
dibules; elle est sans yeux; en avant du corselet il y a 
deux taches brunes assez marquées; les pattes sont 
représentées par des tubercules saillants surmontés d'une 
petite griffe de couleur brune; le corps est cylindrique, 
légèrement courbé en arc, composé de 9 articles ridés 
transversalement et les 7 derniers pourvus de 14 stig- 
mates. Elle paraît se nourrir, comme la larve du Bruchus 
hactris, en rongeant l'amande du fruit et c'est alors 
qu'elle produit cette poussière qui lui servira à cons- 
truire sa coque. 

Pendant la mue la larve est sensiblement élargie en 
avant; après la mue elle devient exactement cylindri- 
que. 

Nymphe. — La Nymphe atteint 12 à 16™"" de longueur ; 
les antennes sont très légèrement en scie, presque moni- 
liformes, composées de 11 articles obovales dont le pre- 
mier est une fois plus long que le second; elles sont 
insérées à la base des mandibules ; celles-ci assez fortes, 
coriaces; les palpes sont assez grands; les maxillaires 
plus longs que les labiaux; les élytres membraneuses, 
de couleur un peu plus foncée que le reste du corps ; les 
cuisses des pattes postérieures très renflées, sont munies 
à la partie inférieure d'une sorte de petit tubercule; l'ab- 
domen est plus blanc que le reste du corps. Il est com- 
posé de 5 articles, ayant chacun deux stigmates. 

Quand l'Insecte est arrivé à son état parfait, il se 
creuse, à travers l'endocarpe, un passage sous forme d'une 
galerie exactement cylindrique. 

Je ne puis trop rien dire des mœurs de ce Bruchus, 
qu'il m'a cependant été possible de conserver vivant plus 
de deux mois ; sa démarche est assez lente, inquiète ; si on 
le renferme dans la main, il essaie promptement de fuir 
en s'aidant de ses pattes postérieures avec lesquelles il 
comprime au point de causer une légère douleur. 

Renfermés ensemble, ces insectes se livrent de vérita- 
bles combats dont les vainqueurs sortent plus ou moins 
meurtris. 



Bvill. SocPhilomatique 



7^Serie,t.9,Pl.I. 




d 'Aprevalle, àel. et litli . 



Imp-Becauet fr.PaTis. 



BrUcllUS TLIlcleOrUlTL 7ahv. 



— 15 — 

EXPLICATION DE LA PLANCHE 

PLANCHE I 

Fig. 1. — Insecte parfait. 

Fig. 2. — Son élytre. 

Fig. 3. — Son antenne. 

Fig. 4 et 4=. — Sa patte postérieure. 

Fig. 5. — Larve après la mue. 

Fig. 5^ — Sa tête vue de profiL 

Fig. 6. — Nymphe. 

Fig. 6\ — Son antenne. 

Fig. 7. — Fruit d'un Orbignya (sp.?), avec deux coques formées parla 

larve. 
Fig. 8\ — Coupe transversale de la coque. 
Fig. S*". — Orifice par où sort l'Insecte parfait. 

M. de Rochebrune fait la communication suivante : 

Sur une espèce nouvelle du genre Bubalus provenant 
de la haute Sénégambie, 

Par le D" A. -T. de Rochebrune, 

Aide-Naturaliste au Muséum. 

M. V. Brooke, après s'être efforcé dans deux mémoires 
successifs, consacrés à l'étude des Buffles Africains, de 
rétablir la synonymie des types qu'il distingue (1), en a 
donné la description, ainsi que des figures originales. 

Nous n'examinerons pas ici, le plus ou moins de valeur, 
à notre sens, de quelques-unes de ses appréciations, nous 
réservant de les discuter prochainement dans les supplé- 
ments à notre faune de la Sénégambie, tout ce que nous 
avons à constater pour l'instant, c'est qu'il reconnaît trois 
espèces : le Bubalus Caffer, le Bubalus œquinoctialis et le 
Bubalus pumilus. 

Ces trois espèces sont acceptées par tous les Zoolo- 
gistes. 

Laissant de côté le Bubalus Caffer, dont les caractères 

(1) On African Buffaloes, Froc. Zool. Soc. of. London, 1873. p. 474 et 
seq. — et Supplementary notes on African Buffaloea, loc. cit., 1875, 
p. 454 et seq. 



— 16 — 

sont trop connus pour qu'il soit utile de le mettre en 
cause, nous envisagerons les Buhalus œquinoctialis etpumi- 
lus, dont la comparaison nous est nécessaire, pour diffé- 
rencier un type que nous considérons comme nouveau. 
Ce type remarquable, et qui provient de la haute Séné- 
gambie, a été recueilli par notre affectueux confrère de 
la Marine, M. le D"" Colin et par M. le lieutenant Bernard, 
dans les steppes situées entre Sénoudébou et Bamako. 
Déposé en ce moment au Jardin d'Acclimatation du Bois 
de Boulogne, il doit bientôt, paraît-il, être expédié dans 
un quelconque des Jardins zoologiques étrangers. 

Quoiqu'il en soit, avant de le décrire, et pour bien faire 
ressortir les caractères qui le distinguent des deux formes 
de M. V. Brooke : les Bubalus œquatorialis et pumilus, 
nous résumons les descriptions de ces deux formes, telles 
que M. V. Brooke les a données lui-même. 

Bubalus jsquinoctialis, Brooke. 

Poils gros et rares, plus longs sur la région dorsale et 
le dessous de la tête ; couleur générale du corps d'un 
noir brun, légèrement teinté de roux, sur les côtés et les 
flancs; queue nue, terminée par un bouquet de poils 
noirs ; oreilles frangées de longs poils bruns, de dimen- 
sions plus considérables chez les femelles; cornes courtes, 
très comprimées à leur base, où elles sont séparées, ne 
dépassant pas de beaucoup la longueur de la tête, à 
pointes dirigées presque horizontalement et en dehors. 

Hauteur du sol au garot... l^'iS environ. 

Le ti/pe du Bubalus œquinoctialis, déclare M. V. Brooke, 
se distingue du tfjpe du Bubalus Caffer : 

1° Par sa taille plus petite ; 

2o Par une coloration générale moins noire ; 

3° Par ses cornes courtes, aplaties à la base et dispo- 
sées d'une façon toute autre que celles du Bubalus Caffer. 

Bubalus pumilus, Brooke. 

Corps raccourci et fort; membres courts; tête relative- 
ment longue eu égard aux dimensions du corps; poils 
durs, ceux du corps et des membres de longueur moyenne ; 



— 17 — 

plus longs au garot, et sur les régions supérieures et infé- 
rieures du cou ; couleur générale de l'animale, d'un jaune 
brillant (bright yelloio) ; poils des épaules et de la partie 
antérieure du corps, d'une teinte brunâtre provenant du 
mélange de poils bruns et jaunes ; flancs et ventre tour- 
nant au roux; dessus et côtés de la tête d'un jaune pur, 
en dessous d'un jaune plus pâle, ainsi que la partie infé- 
rieure du cou ; carpes et tarses noirs; oreilles effilées et 
très flexibles à leurs extrémités, garnies intérieurement 
et sur leur bord supérieur de longs poils d'un jaune pur; 
des poils de même couleur formant deux lignes sur la 
surface interne de la conque ; bord inférieur et extrémité 
avec de longs poils noirs. 

Le mâle offre généralement une teinte plus foncée que- 
celle de la femelle. 

Cornes fortement comprimées et larges à la base, mar- 
quées de plis irréguliers profonds ; brusquement arrondies 
et lisses au-dessus des plis, terminées en pointes babi- 
tuellement dirigées vers le haut. 

Hauteur du sol au garot... l'ï'OS environ. 

Le type du Buhalus pumilus, déclare également M. V. 
Brooke, diffère du type du Buhalus œquinoxialis : 

1° Par une taille plus petite ; 

2° Par la coloration générale du corps, jaune et non 
pas uniformément brun foncé, par la teinte noire du 
muffle, des tarses et des carpes, contrastant avec le jaune 
de toutes les autres parties ; 

3° Par ses cornes beaucoup plus relevées et moins ho- 
rizontales ; 

4° Par les longs poils des oreilles d'un jaune pâle et non 
d'un brun foncé. 

Ces descriptions ainsi établies, sur le texte même de 
M. V. Brooke, nous passons sans transition à celle de 
notre forme nouvelle, que nous nous faisons un plaisir 
de dédier au Savant Directeur du Jardin d'Acclimatation 
du Bois de Boulogne, en témoignage du sympathique 
intérêt et de la bienveillance exceptionnelle qu'il n'a 
cessé de nous témoigner. 



18 



BUBALUS GEOFFROYI, Rochbr. 

B. — Animalstatura fere quadrata : scilicet, corpore antice 
angustato, postice dilatato; coloy^e olivaceo ; tœnia squammosa, 
pilis sparsis vestita, ah occipite usque ad mediam dorsi par- 
tent elongata, instructo; scapulis laterihusque pilis flacci- 
dis, fuscescentibus indutis; aliis regionibus ferenudis; palea- 
ribus hrevissimis ; artuhus validis ; cauda brevi, ultima parte 
faseiculo pilorum castaneorum munita; capite angustato, 
elongato; auriculibus latis, nudis, pilis subbrevibus superne 
vestitis , intus duabus lineis extantibus , apice solum 'modo 
pilosis, notatis; cornubus complanatis ; regione frontali coadu- 
natis, galeam simulantibus, undique politis, resupinatis, ellip- 
tice lunatis. 

Animal trapu, à corps rétréci en avant, élargi en arrière ; 
d'une teinte générale olive; une bande large, écailleuse, 
d'un brun rougeâtre, à longs poils épars, brunâtres, part 
de la région occipitale et se termine en se rétrécissant, 
vers le milieu du dos; épaules, côtés et flancs, couverts 
de poils mous, brunâtres, mélangés de quelques poils 
blancs; toutes les autres parties presque nues; fanon 
excessivement court, garni de poils semblables à ceux du 
dos; cou présentant de chaque côté des plis ou rides d'un 
rose légèrement brunâtre ; membres forts; carpes et tarses 
d'un brun foncé; queue relativement courte, à poils ras, 
terminée par un bouquet de poils bruns. 

Tête très allongée, étroite; oreilles grandes, nues^ gar- 
nies sur le bord supérieur d'une frange de poils brunâtres 
de longueur médiocre ; conque nue, d'un brun rosé à 
l'intérieur et portant deux côtes saillantes, espacées, nues, 
excepté à leur extrémité libre, où elles sont ornées d'un 
bouquet de poils courts. 

Cornes aplaties surtout à leur base, unies et formant 
une sorte de casque sur la région frontale, lisses dans 
toute leur étendue, couchées en arrière et disposées en 
formes de croissant elliptique. 

Hauteur du sol au garrot... l'"02 environ. 



— 19 — 

Le Buhalus Geoffroyi diffère des Bubalus œquînoxialis et 
pumilus : 

1° Par une taille plus petite. 

2° Par sa coloration olive, et non brun-noir comme 
dans le B. œquiaoctialis, ou jaune comme dans le B. pu- 
milus 

3° Par ses oreilles nues, garnies seulement sur le bord 
supérieur d'une frange de poils courts, et non partout 
frangées de longs poils, comme dans les B. œquinoctidlis 
et pumilus . 

4*^ Par les deux lignes saillantes de l'intérieur des 
oreilles, lignes nues, terminées extérieurement par un 
bouquet de poils courts, et non couvertes de longs poils 
sur toute leur étendue, comme dans le B. pumilus. 

5° Par ses cornes lisses, aplaties, entièrement unies à 
leur insertion, et formant une calotte frontale ininter- 
rompue, couchées en arrière, et non séparées, rugueuses, 
dirigées horizontalement comme dans le B. œquinoctialis, 
ou marquées de côtes élevées et dirigées vers le haut, 
comme dans le B. j^umilus. 

6° Enfin par sa forme plus trapue, l'ensemble et la dis- 
position de son système pileux et cutané, 

Les caractères de notre Bubalus Geoff7-'oyi, sont, comme 
il est facile de le voir, beaucoup plus tranchés que ceux 
à l'aide desquels les Bubalus œquinoctialis et pumilus, ont 
été différenciés l'un de l'autre ; aussi n'avons-nous pas 
hésité à le considérer comme un type particulier. 

Le type est âgé de Sans 1/2, par conséquent il est adulte. 



séance da 99 novembre tS94. 
PRÉSIDENCE DE M. FOURET. 

M. Filhol fait la communication suivante : 

Description d'un nouveau genre et d'une nouvelle espèce 
de carnassier fossile, 

par M. H. Filhol. 
J'ai obtenu dernièrement des gisements de phosphate 



— 20 — 

de chaux du Quercy une portion de maxillaire inférieur 
qui paraît provenir d'un genre de Mammifère resté in- 
connu jusqu'à ce jour. Toute la partie antérieure de la 
mandibule manque, une partie des alvéoles de la carnas- 
sière subsiste et les tuberculeuses sont en place. Le 
carnassier dont provient ce débris devait avoir une taille 
à peu près égale à celle de nos Loups, Les tuberculeuses, 
admirablement conservées, présentent des caractères 
très remarquables. La première d'entre elles est absolu- 
ment constituée comme une carnassière, sa partie anté- 
rieure comprenant trois pointes bien isolées, bien déta- 
chées et étant suivie d'un fort talon. Lorsque l'on 
examine cette dent on est frappé de sa similitude avec 
une carnassière. La pointe externe correspondant au 
lobe externe de la carnassière est plus développée que ne 
le sont les pointes antérieure et interne. Elle mesure 
0'"'"009 de longueur et de 0'"'"008 de hauteur. La pointe 
antérieure, beaucoup plus réduite, n'a que 0'"'"004 de 
diamètre antéro-postérieur et 0™"'O065 de hauteur au- 
dessus du collet. Quant à la pointe interne, elle est encore 
plus réduite, et elle mesure O'"™003 d'avant en arrière et 
QmmQQ5 (jg hautcur. Le talon, très puissant, est très obli- 
que transversalement de haut en bas et de dehors en 
dedans. Sa hauteur, en dehors, mesurée à partir du 
collet, est de 0™"007, alors qu'elle n'est que 0"""0Û6 en 
dedans. Le pourtour de la couronne présente un très fort 
bourrelet. La longueur totale de la dent est de 0"""017. 

La deuxième tuberculeuse présente la même structure 
que la dent à laquelle elle fait suite. Son tubercule ex- 
terne est toujours très enlevé et massif. Les tubercules 
antérieur et interne sont très réduits, mais nettement 
apparents. Le tubercule externe mesure, à partir du col- 
let de la dent, 0'"'"00.^S de hauteur. Les deux autres tuber- 
cules ont chacun 0"'"'004 de haut. Le talon verse en dedans 
comme celui de la première tuberculeuse. La dimension 
en longueur de cette dent est de 0"'"'0085. Un espace de 
0"''"008 sépare le bord postérieur de la deuxième tuber- 
culeuse du point d'origine de la branche montante. 

La carnassière, d'après ce qui a subsisté de ses alvéoles, 
devait être très développée dans le sens de sa longueur ; 



— 21 — 

elle me paraît avoir dû mesurer 0™'"025 à 0'"'^027. En pré- 
sence de ces dents si fortes, si trapues, l'on devrait s'at- 
tendre à trouver un corps de maxillaire d'une grande 
force. Mais il n'en est pas ainsi, car le corps de la mandi- 
bule au niveau de la portion moyenne de la deuxième 
tuberculeuse a seulement 0'""'012 d'épaisseur. La fosse 
massétérine était profonde et sa partie antérieure se 
continue en quelque sorte avec une gouttière profonde 
parcourant d'avant en arrière la face externe du maxil- 
laire. Aucun carnassier ne m'avait présenté jusqu'ici 
cette disposition si remarquable. 

En présence des caractères si étranges présentés par 
les tuberculeuses, de la disposition du corps du maxil- 
laire inférieur on ne saurait faire rentrer le carnassier 
que je décris dans un genre connu. Les Amphy scion ont 
des tuberculeuses à pointes émoussées et leur forme est 
arrondie. Les tuberculeuses des Dinocyon, des Hyœnarc- 
tos sont également différentes. Il en est de même des 
Cynodictis et des Cynodon. Aussi, en présence de ces par- 
ticularités si distinctives, je proposerai la création d'un 
genre que je désignerai, afin de rappeler les pointes tra- 
pues des tuberculeuses, par le mot à'Adracon. La seule 
que nous connaissions portera le nom à.'Adracon Quercyi. 



Méancc du 13 décembre t9S4. 

PRÉSIDENCE DE M. FOURET. 

M. Vaillant fait la communication suivante : 

Sur les caractères du Cybium Sara, Bennett, 
par M. Léon Vaillant. 

La collection iclithyologique du Muséum possède un 
Scombéroïde, dont on ignore malheureusement la pro- 
Aenance, lequel présente des caractères assez tranchés 
pour ne pouvoir se rapporter à aucune des espèces bien 



— 22 — 

définies de ce genre remarquable, mais offre des rap- 
ports assez frappants avec le CyUum Sara, espèce décrite 
et figurée d'une manière incomplète par Laj et Eennett 
dans le voyage du Capitaine Beechy. 

Cet exemplaire, qui mesure i"'36, est fort allongé, la 
hauteur n'étant guère qne le dixième de la longueur 
totale, l'épaisseur est un peu moindre; toutefois, comme 
il s'agit d'un empaillé, ces dernières dimensions, et par 
conséquent les rapports, ne sont qu'approximatifs, sans 
que l'erreur puisse toutefois être notable. La tête fait à peu 
près le quart de la longueur et l'oeil se trouve à mi-dis- 
tance du bout du museau au bord operculaire ; cet œil, 
petit, occupe à peine le neuvième de la longueur de la 
tête, l'espace interorbitaire équivaut au quart de cette 
même dimension. La mâchoire inférieure dépasse un peu 
la supérieure, toutes deux sont armées de dents fortes, 
surtout en arrière où elles s'élèvent graduellement ; ces 
dents sont comprimées, plutôt mousses que pointues, 
tranchantes, serrées comme celles d'une scie. 

La ligne latérale a sa forte courbure sous la dorsale 
épineuse vers le tiers de la distance qui sépare la fente 
operculaire de l'origine de la caudale. La peau est nue, 
sauf une étroite bande écailleuse le long de cette pre- 
mière dorsale et une sorte de corselet rudimentaire, qui 
dépasse à peine l'origine de la pectorale. Les carènes 
caudales sont fortes. 

La première dorsale, à épines nombreuses, est très 
allongée, se joignant à peu près à la seconde ; elle est 
basse et, autant qu'on en peut juger, d'égale hauteur sur 
toute son étendue. En arrière de la seconde dorsale, plus 
élevée que la première, se voient huit pinnules, il y en 
a neuf en arrière de l'anale. Caudale large, fortement 
échancrée. Les pectorales sont assez courtes et, pas 
plus que les ventrales, n'offrent rien de particulier à 
noter. 

Les formules des nageoires impaires supérieures et 
inférieures sont les suivantes : 

D. XXV— 11-1-8; A. I, 11-f 9. 

N° A 7510, du registre des parchemins de la Collection 
du Muséum. 



— 23 — 

Ce qui paraît motiver l'assimilation adoptée ici, ce sont 
en premier lieu ces formules, fort analogues à celles don- 
nées pour le Cyhium Sara, il présente en effet XXV épines 
à la première dorsale, de plus les pinnules concordent, 
sauf une dorsale en moins, avec les nombres ici donnés. 
En second lieu, la longueur du corps. Bennett, d'après une 
note de M. Gollie, indique les principales dimensions de 
l'individu observé, par malheur la longueur totale man- 
que, toutefois la distance, qui sépare l'extrémité du mu- 
seau de la seconde dorsale, étant 2 pieds 2 pouces 1/2, 
comme cette nageoire dans les Cybium connus se trouve 
assez exactement au milieu de la longueur totale, on peut 
admettre pour cette dernière dimension 4 pieds 5 pouces, 
soit 1"'35 environ; la hauteur est donnée, elle égale 6 pou- 
ces 1/4, soit 0"'16; le rapport des dimensions serait donc 
de un onzième, très voisin par conséquent de ce qu'on 
observe pour l'individu de la collection du Muséum. 

M. Remy Saint-Loup fait la communication suivante : 

Remarques sur la morphologie des Hirudinées d'eau douce, 
par M. Remy Saint-Loup. 

Si l'on considère un embryon d'Hirudinée d'eau douce 
(Sanguisugua, Aulastoma, Nephelis, Clepsina) à la phase où 
il se compose des quatre sphères reconnues par les 
observateurs comme Butschli, MM. Robin, Witmann, et 
que j'ai moi-même retrouvées, on constate que trois de 
ces sphères se modifient dans leur forme pour constituer 
la charpente sarcodique du corps. Chacune d'elles s'amin- 
cit en forme de fuseau et les trois fuseaux réunis for- 
ment par leur assemblage et leur courbure une sorte de 
coupe allongée dans le sens du grand axe de l'embryon. 
Le fuseau médian, plus long que les autres, se recourbe 
en effet à ses deux extrémités , il correspond à la face 
ventrale de l'embryon, les deux autres sont latéraux. 

Je désignerai ces fuseaux sous le nom de lames soma- 
tiques. L'ensemble des lames, considéré dans la suite de 
l'évolution, mérite, par sa position relativement aux 



— 24 — 

autres formations, le nom de mésoblaste. A l'extrémité 
antérieure, les trois lames sont rapprochées en un fais- 
ceau sur une petite longueur; un court canal déterminé 
par l'intervalle libre au milieu du faisceau, constituera 
le stomodseum et plus tard le canal œsophagien. 

Dans la cavité de la coupe limitée par la portion 
moyenne des trois lames somatiques, se trouvent les 
éléments différenciés d'une portion de la quatrième 
sphère initiale, ce sont les formations intestinales. 

L'autre portion de la quatrième sphère (la portion su- 
périeure, en supposant que l'embryon repose sur la lame 
somatique ventrale), a donné naissance à la calotte épi- 
blastique qui enveloppe plus tard complètement les 
lames somatiques et constituera l'épiblaste et les forma- 
tions dérivées. 

L'ensemble des interstices existant entre les formations 
intestinales ou entoblaste et la charpente mésoblastique, 
représente, seul, la cavité générale du corps. Deux inter- 
stices principaux sont à remarquer le long des lignes de 
suture des lames latérales avec la lame ventrale et cor- 
respondent parleur position aux canaux latéraux. 

Lorsque dans la masse entoblastique, se différencie la 
membrane limitante de l'intestin, des matériaux ento- 
blastiques restent en dehors de cette membrane et cons- 
tituent les formations péritonéales. Les gouttelettes 
huileuses ont déjà apparu à ce moment et il en existe à 
chaque face de la membrane. Elles sont la première forme 
des cellules jaune-brun. 

L'appareil aquifère qui existe à ce moment dans la 
cavité générale n'a aucun rôle dans la formation des 
organes segmentaires de l'adulte. 

L'appareil vasculaire proprement dit est une transfor- 
mation de la cavité générale et consiste, dans sa forme 
schématique, en quatre canaux longitudinaux : un ventral, 
un dorsal et deux latéraux réunis par des anastomoses 
transversales. Chez celles des Hirudinées, où l'appareil 
circulatoire, se coalisant déplus en plus, tend à présenter 
l'aspect de celui des Annélides, le vaisseau ventral et le 
vaisseau dorsal le constituent principalement. Les vais- 
seaux latéraux, qui ne communiquent que très vague- 



— 25 — 

ment avec le système dorso-ventral, sont les restes de la 
cavité générale. 

Les premières traces de segmentations se m-anifestent 
dans les lames mésoblastiques ou lames somatiques, et 
la segmentation métamérique de tous les autres tissus 
est une conséquence de la première et lui est subordon- 
née. Il m'a été impossible de constater autre chose qu'une 
formation simultanée de tous les segments dans les lames 
somatiques. 

Chacun des organes segmentaires de l'adulte, consiste 
essentiellement en un canal mettant la cavité du corps 
(vaisseaux latéraux ou sinus latéraux qui en dépendent) 
en communication avec l'extérieur. Cette communica- 
tion devient moins directe à mesure que la portion du 
canal segmentaire, voisine des vaisseaux latéraux, devient 
plus glanduleuse. La communication cesse lorsque l'ap- 
pareil glandulaire, plus perfectionné, a constitué un 
rein. Les vestiges d'une communication directe sont 
encore marqués par les vaisseaux émanant des canaux 
latéraux et qui viennent perdre leurs capillaires dans le 
rein. 

Les organes génitaux femelles présentent dans certains 
genres (Aulastome) la localisation du vitellogène et sa 
séparation de l'ovaire ou germigène. Dans d'autres genres 
(Clepsine), il n'y a qu'un lieu unique de formation des 
œufs et de la substance vitelline. Tantôt les œufs nais- 
sent de la paroi de l'ovaire, tantôt ils sont portés par 
un rachis central. Ces deux apparences ne sont que des 
variations d'un même procédé, le rachis étant une for- 
mation qui émane de la paroi et qui grandit en fournis- 
sant les œufs au lieu de les fournir avant de s'allonger 
en rachis. 

On sait qu'après la ponte, les œufs sont tantôt enfermés 
dans un cocon, tantôt se développent chez les Clepsines, à 
la face ventrale de la mère. A ce propos je ferai remar- 
quer que la cuticule est formée non par délamination de 
l'épiderme, mais par la sécrétion de glandes spéciales du 
derme. Au moment de la ponte, cette sécrétion, plus 
active dans la région des ouvertures génitales, forme 
l'enveloDue des cocons. Chez les Clepisnes la cuticule 



— 20 — 

entière constitue le cocon et la mère ne sort pas de cette 
enveloppe pendant le développement des jeunes. C'est 
ainsi que les œufs de Clepsine sont maintenus contre le 
corps de la mère, le phénomène donnant ainsi l'illusion 
d'une sorte d'incubation. 

Telles sont les quelques remarques générales, que de 
nombreuses observations sur les Hirudinées m'ont per- 
mis de résumer ; l'exposé des détails et la relation précise 
des recherches qui ont été faites seront l'objet d'une 
publication spéciale ultérieure. 

M. Filhol fait les communications suivantes : 



Observations relatives aux espèces du genre Paramithrax 
vivant en Nouvelle-Zélande, 

par M. H. Filhol. 

Durant le cours de mes explorations sur les côtes de 
Nouvelle-Zélande, j'ai eu l'occasion de recueillir de nom- 
breux exemplaires de Crustacés appartenant au genre 
Paramithrax. L'un de ceux que j'ai rencontrés indique 
une espèce encore inconnue, alors que les autres se rap- 
portant à des espèces antérieurement décrites permet- 
taient, ce qui n'avait jamais été fait jusqu'ici, de préciser 
leur habitat et de faire aussi connaître une partie de 
leur distribution géographique. 

Les espèces de Paramithrax antérieurement décrites, 
que j'ai été à même d'observer, sont les Paramithrax 
Peronii, Gaymardii. 

Le Paramithrax Peronii avait été signalé, en 1853, par 
Jacquinot et Lucas, comme vivant en Nouvelle-Zélande. 
Ces auteurs ne mentionnaient pas le lieu où avaient été 
pris les échantillons qu'ils décrivaient. Postérieurement 
à la description de Jacquinot et Lucas, on a découvert 
le Paramithrax Peronii en Australie. J'ai recueilli cette 
espèce en Nouvelle-Zélande dans le détroit de Gook, sur 
la côte Est de l'île du Milieu, sur la côte Est de l'île 
Stewart par des fonds de 30 brasses. Le Paramithrax 



— 27 — 

Peronii vit généralement sur des fonds de coraux et il 
transporte toujours accrochés aux poils recouvrant sa 
carapace de nombreux Bryozoaires. 

Le Paramithrax Gaymardii vit par les mêmes fonds 
que l'espèce précédente et il vit dans les mêmes loca- 
lités. 

En 1825, Latreille avait décrit sous le nom de Pisa har- 
bicornisune espèce de Crustacé trouvée en Australie. Dans 
son Histoire naturelle des Crustacés, M. Milne- Edwards fît 
rentrer cette forme dans le genre Paramithrax, puis plus 
tard, ayant reconnu sur des échantillons plus parfaits 
qu'elle possédait des caractères génériques bien nets, il 
l'inscrivit dans les collections du Muséum de Paris sous 
le nom de Labophrys barbicornis. M. Miers, dans un cata- 
logue très complet et très remarquable, au point de vue 
bibliographique, des Crustacés de Nouvelle-Zélande, 
publié en 1876, a rapporté au Paramiphrax barbicornis, 
actuellement Labophrys barbicornis, une espèce recueillie 
dans cette région. J'ai trouvé des individus semblables 
à celui décrit et figuré par M. Miers sur la côte Est de 
l'île Stewart et dans le détroit de Gook. Ils sont diffé- 
rents du Paramithrax ou actuellement Labophrys barbi- 
cornis. Ils appartiennent au genre Paramitrhax et non au 
genre Labophrys et je proposerai de les désigner par l'ap- 
pellation de Paramithrax cristatus. 

L'espèce nouvelle de Paramithrax que j'ai découverte 
provient du détroit de Gook, plus particulièrement de la 
baie du Massacre où elle vit par des fonds de 15 à 20 
mètres. Elle se distingue du Paramithrax Peronii, qui est 
l'espèce s'en rapprochant le plus, par l'absence d'épine 
à l'angle supérieur externe de l'article basilaire des an- 
tennes externes, par la présence d'une série de 7 épines 
au lieu de cinq sur les bords de la région branchiale,, 
par la forme absolument différente des trois derniers 
articles du bras. Le bras ne supporte pas d'épines, le 
corps est garni d'une crête très saillante, et le doigt mo- 
bile ne porte pas de tubercule. Je désignerai cette espèce 
nouvelle, dont la carapace mesure, chez les mâles, 
0"'035 de longueur et 0'"027 de largeur, par le nom de 
Paramithrax minor. 



— 28 — . 

Description de deux nouvelles espèces de Crustacés 
appartenant au genre Pilumnus, 

par M. H. Filhol, 

Le genre Pilumnus semblait jusqu'ici n'être représenté 
en Nouvelle-Zélande que par une seule espèce de Pilum- 
nus tomentosus (Latr.). En étudiant des Crustacés de cette 
espèce, j'ai observé deux formes appartenant à ce genre 
et qui me paraissent être nouvelles. J'ai recueilli la pre- 
mière sur les côtes de l'île Stewart, sur les bords du 
détroit de Foveaux et dans le détroit de Gook au niveau 
de la baie du Massacre. Les caractères sont les suivants : 
Front finement dentelé sur ses bords, divisé antérieure- 
ment en deux lobes séparés par une gouttière profonde. 
Extrémité externe du front supportant une petite épine 
qui surmonte le canthus interne de l'œil et qui limite en 
avant le bord supérieur de l'orbite, Ce dernier, lisse dans 
toute son étendue, se dirige, toat d'abord, presque direc- 
tement en arrière, puis transversalement en dehors. Le 
bord inférieur de la cavité orbitaire offre en dedans une 
petite épine suivie d'une plus forte correspondant à la 
portion moyenne du pédoncule oculaire. Le canthus 
interne de l'œil est profondément échancré. Le canthus 
externe est surmonté par l'épine limitant le bord supé- 
rieur de l'orbite. Cette espèce se différencie du Pilumnus 
tomentosus par la disposition du bord orbitaire qui offre 
dans cette dernière espèce à sa partie moyenne une 
sorte de lobe anguleux suivi d'une épine très forte. Dans 
\& Pilumnus que je décris, le bord orbitaire est lisse. Les 
bords latéraux de la carapace sont armés de trois dents. 
La face supérieure de la carapace est lisse, tandis que 
sur le Pilumnus tomentoms ses parties latérales sont cou- 
vertes de tubercules saillants prenant en quelques points 
les caractères d'épines. Le corps est recouvert d'un duvet 
court, épais et rude. Les dimensions de la carapace des 
mâles de cette espèce, que je proposerai de désigner par 
l'appellation de Pilumnus Novœ-Zelandiœ sont de O^UIS 
en longueur et de 0™018 en largeur. 

Je décrirai d'autre part sous le nom de Pilumnus spi- 



— 29 — 

nosus une autre espèce de Grustacé recueillie en Nouvelle- 
Zélande par M. Leclancher et faisant partie des collections 
du Muséum de Paris. 

Le front, divisé en deux lobes finement denticulés sur 
leurs bords, est garni à ses extrémités externes d'une 
épine aiguë surmontant l'angle interne de l'orbite. Le 
bord orbitaire supérieur offre, au niveau de sa portion 
moyenne, deux épines presque contiguës l'une à l'autre. 
L'angle externe de l'orbite est également armé d'une 
épine. La disposition du bord orbitaire supérieur est par 
conséquent tout à fait différente de celle existant chez 
les Pilumnus vespertilio et Novœ-Zelandiœ. Il existe trois 
épines longues et grêles sur les bords latéraux de la cara- 
pace, qui est garnie sur ses parties latérales de quelques 
petites granulations fort irrégulièrement disposées. La 
face externe du corps est couverte de véritables épines 
très serrées. La même disposition se retrouve le long du 
bord supérieur de la main. Le deuxième et le troisième 
article des pattes ambulatoires ont leur bord supérieur 
garni dans toute leur étendue de petites épines très 
aiguës. 

Le corps, ainsi que les pattes, est couvert de poils fins 
et pressés d'une couleur brunâtre. Les dimensions de la 
femelle de cette espèce, dont le mâle m'est inconnu, sont 
les suivantes : Longueur de la carapace, O'"008; largeur 
de la carapace, Of^O 12. 

Description d'une nouvelle espèce de Suidé fossile appartenant 
au genre Hyotherium, 

par M. H. Filhol. 

J'ai reçu en communication de M. Rossignol une por- 
tion de maxillaire inférieur trouvée dans les dépôts de 
phosphate de chaux de Quercy, qui me paraît indiquer 
l'existence d'une forme nouvelle de Suidé appartenant au 
genre Hyotherium. L'échantillon brisé au niveau du bord 
postérieur de l'alvéole de la canine comprend les trois 
dernières prémolaires et les trois molaires. La première 
prémolaire, qui manque, était isolée du reste de la série 



— 30 — 

dentaire. Elle était placée à quatre millimètres en arrière 
de la canine et elle était séparée du bord antérieur de la 
deuxième prémolaire par un intervalle mesurant deux 
millimètres et demi. Cette disposition qui se retrouve sur 
Y Hyotherium Waterhousn n'existe pas sur V Hyotherium 
typus. L'espace occupé par la série des prémolaires et 
des molaires est de 0"095. Ce nombre doit être ainsi 
décomposé : espace occupé par les prémolaires 0'"045 ; 
espace occupé par les molaires û'"055. Sur les Hyotherium 
Waterhousn et typus il y a égalité absolue entre les nom- 
bres correspondant à l'étendue des séries des molaires et 
des prémolaires. 

La première prémolaire était uniradiculée. La deuxième 
prémolaire, ainsi que les suivantes, avait deux raci- 
nes. Toutes ces dents ont beaucoup d'analogie avec 
celles qui leur correspondent sur V Hyotherium Water- 
housii, seulement l'on remarque que les bords antérieur 
et postérieur de leurs couronnes sont moins convexes et 
en même temps plus tranchants. D'autre part le petit 
talon qui les termine est plus allongé en arrière, moins 
redressé que sur l'espèce de Saint-Gérand. Le bord anté- 
rieur de la quatrième prémolaire est en même temps 
plus détaché et dans sa partie inférieure il se contourne 
en dedans. Il résulte de cette disposition que la partie 
antérieure et interne de la quatrième prémolaire est for- 
tement creusée. Quant au talon qui termine la même dent, 
il se présente sur V Hyotherium Waterhousii sous la forme 
d'un énorme tubercule arrondi, tandis que sur l'espèce 
que je fais connaître, il est moins élevé, plus reporté 
vers la face externe de la dent, alors que sa face interne 
au lieu d'être arrondie est fortement concave. Au niveau 
de sa base en ce point il existe un fort pli de l'émail, ce 
qui fait que la prémolaire considérée en ce point au lieu 
de présenter une surface saillante, très fortement con- 
vexe comme sur V Hyotherium Waterhousii. oïïve une dépres- 
sion profonde. Par conséquent l'on peut dire que les élé- 
ments constitutifs de la quatrième prémolaire ont plus 
conservé la forme de croissants qu'ils ne l'ont tait sur 
les espèces de Saint-Gérand-le-Puy. Nous allons retrou- 
ver ce même caractère, mais plus exagéré dans la struc- 



— 31 - 

ture des molaires. Sur les Hyotherimn suillus et Water- 
housii la première et la deuxième molaire sont consti- 
tuées par des éléments très serrés les uns contre les 
autres, très tassés. Sur l'espèce des phosphorites on con- 
state au contraire une disposition absolument opposée, 
ces éléments entrant dans leur structure étant en quelque 
sorte dissociés. Ils ont, d'autre part, une forme fort diffé- 
rente. Ainsi le lobe antérieur de la première prémolaire 
a une pointe interne arrondie en avant, alors qu'en 
arrière elle se continue sous la forme d'une branche de 
croissant. La pointe externe a absolument la forme d'un 
croissant et elle enserre complètement la pointe interne 
dans sa concavité. Le prolongement postérieur de ce 
dernier élément, sur lequel j'ai déjà appelé l'attention, 
s'en dégage. Une fente étroite et très profonde sépare les 
lobes internes antérieur et postérieur. Ce dernier a la 
forme d'une très forte pointe conique, tandis que la pointe 
externe lui correspondant est disposée en croissant. L'ex- 
trémité postérieure du croissant contourne le bord posté- 
rieur de la couronne et vient se terminer brusquement 
au niveau du bord postérieur de la pointe interne. Quant 
à l'extrémité antérieure du croissant elle s'avance en 
dedans et, arrivée au niveau de la portion moyenne de 
l'espace séparant le lobe antérieur du lobe postérieur, 
elle se termine en se renflant très légèrement. C'est à ce 
niveau qu'existe sur les espèces connues de Hyotherium 
un fort tubercule arrondi. Quant aux rapports existant 
entre la partie interne des croissants postérieurs, ils sont 
très remarquables par suite de l'union de ces deux élé- 
ments, qui envoient chacun l'un vers l'autre un prolon- 
gement sous forme de crête saillante. Ces deux crêtes, 
en arrivant au contact l'une de l'autre, donnent au lobe 
postérieur un aspect tapiroïde. Sur les Hyotherium déjà 
connus l'on ne voit rien de semblable, alors que l'on 
constate en arrière du lobe postérieur et correspondant 
à sa partie mo^^enne un énorme tubercule qui fait défaut 
sur le pachyderme des phosphorites. On constate le même 
mode de structure, mais cela encore d'une manière plus 
nette sur la deuxième molaire et sur les deux premiers 
lobes de la dernière dent en série. Le troisième lobe de 



— 32 — 

cet organite est très développé et très creusé en avant et 
en dedans. La pointe externe le constituant est liaute et 
elle forme la portion la plus reculée de la dent. Elle 
envoie deux branches la rattachant l'une à la pointe 
externe du deuxième lobe, l'autre à la pointe interne. La 
première branche a une direction directe d'arrière en 
avant, parallèle au grand axe de la mandibule, la seconde 
une direction presque transversale. Par conséquent le 
croissant formé par la pointe externe du troisième lobe 
de la dernière molaire a une concavité regardant en 
avant et en dedans, tandis que sur les molaires précé- 
dentes la même ouverture regardait directement en 
dedans. La pointe interne est absolument réduite et 
c'est à peine si on arrive à la distinguer au niveau du 
point où la branche postérieure du croissant externe 
vient l'atteindre. Sur les Hyotherium Waterhousii et sidllus 
le troisième lobe de la dernière molaire comprend en 
arrière un énorme tubercule formant talon et corres- 
pondant à la pointe externe reporté plus sur la ligne 
médiane que chez l'animal des phosphorites, en dedans 
un tout petit tubercule très abaissé correspondant à la 
pointe interne, et en avant du talon, dans le point 
correspondant à l'intervalle des pointes externe et interne 
du deuxième lobe il existe un petit tubercule. Aucune 
particularité propre à ce mode de constitution ne se 
retrouve sut* le fossile découvert dans le Quercy. 

Si l'on résume ces observations l'on voit que le Mam- 
mifère dont j'établis la diagnose était un Hyotherium 
chez lequel la forme des croissants des dents particu- 
lière à certains pachydermes anciens n'avait pas encore 
complètement disparu, et nous saisissons en étudiant la 
pièce qui m'a été remise le type Hyotherium au moment 
où il se constitue aux dépens d'un type plus ancien. 

Les mensurations relatives à l'échantillon que je fais 
connaître sont les suivantes : 



IrePréra. 2»Prém. 3«Préni. 4''Pr6m. ireJIol. 2o Mol. 3« Mol. 

Longueur... 0™006 0™009 O^OIO O^OIOS O^OIS O^OU? O^Oll 

Hauteur 0.007 0.008 0.0080 0.006 0.0080 O.OOS 

Epaisseur... 0.003 0.004 0.005 0.0070 0.008 0.0110 0.011 



— 33 — 

Hauteuz' du maxillaire en arrière de l'alvéole de la canine 0°'022 

— — en avant de la 1" molaire 0.026 

— • — en arrière de la dernière molaire 0.030 

Épaisseur en avant de la F" molaire 0.011 

— au niveau de la portion moyenne de la 3* molaire. . . . 0.016 

Je proposerai de désigner cette nouvelle forme de Hijo- 
therium par l'appellation de Hyotlierium primœvum. 



§iéarace du 19 décembre 1S§4. 

PRÉSIDENCE DE M. FOURET. 

M. Chatin fait les communications suivantes : 

Recherches sur la constitution de la mandibule chez les 
Coléoptères et les Orthoptères, 

par M. JoANNES Chatin. 

On sait que, dans son plus grand état de complexité, la 
mâchoire des Insectes broyeurs se montre composée de 
huit pièces : sur le sous-maxillaire, formant la base de 
l'organe, s'élève le maxillaire qui en représente le centre : 
le maxillaire porte trois appendices (palpes, galéa, inter- 
maxillaire) qui se succèdent de dehors en dedans et aux- 
quels se rattachent des pièces secondaires et inconstantes ; 
le palpigère à la base du palpe, le sous-galéa à la base 
du galéa et de l'intermaxillaire, le prémaxillaire à l'ex- 
trémité de celui-ci. 

Voilà pour la mâchoire; quant à la mandibule, il suffît 
de la considérer même rapidement pour y constater 
l'absence du palpe et, par suite, du palpigère ; en outre, 
le sous-galéa et le prémaxillaire qui font souvent défaut 
dans la mâchoire, manqueront également ici. Il ne s'agit 
doncplus que de retrouver dans la mandibule quatre pièces 
essentielles : le sous-maxillaire, le maxillaire, le galéa, 
l'intermaxillaire ; mais il s'agit aussi , et surtout , de 
présenter des types chez lesquels la mandibule puisse 



— 34 — 

être facilement rapprochée de la mâchoire et dans lesquels 
on ne se heurte pas immédiatement à des modifications 
profondes. La méthode exige que cette série commence 
par des formes chez lesquelles le maxillaire sera demeuré 
central, au-dessus du sous-maxillaire, au-dessous du 
galéa et de l'intermaxillaire. 

VOligoioma Saundersii peut être choisi comme point de 
départ de ces recherches : le sous-maxillaire se présente 
sous l'aspect d'une pièce irrégulièrement excavée à sa 
face inférieure, formant en dehors une énorme saillie et 
reproduisant ainsi les caractères propres au sous-maxil- 
laire de la mâchoire. Large et presque cubique, le maxil- 
laire s'élève au-dessus du sous-maxillaire ; il n'est donc 
pas encore rejeté en dehors comme on l'observera dans 
plusieurs des Insectes qui vont être étudiés. Au-dessus 
du maxillaire se trouvent le galéa et l'intermaxillaire : 
le galéa est situé en dehors et, dispositition qui le rap- 
proche étroitement du galéa de la mâchoire, il se recourbe 
à la manière d'un cimier pour recouvrir l'intermaxillaire. 
Celui-ci , placé en dedans du galéa , porte sur sa face 
interne de nombreuses saillies dentiformes, reprodui- 
sant ainsi la plus caractéristique des dispositions propres 
à l'intermaxillaire de la mâchoire. 

Chez la plupart des Mantides, on retrouve encore dans 
la mandibule plusieurs des traits généraux de la mâ- 
choire, mais certaines modifications apparaissent : très 
atténué dans ses dimensions, le maxillaire glisse de 
dehors en dedans, permettant ainsi au galéa d'arriver au 
contact du sous-maxillaire ; l'intermaxillaire, peu déve- 
loppé, offre une suture médiocre. 

Chez les Psocides, l'aspect de la mandibule est des plus 
bizarres; cependant les dispositions originelles y sont 
assez bien conservées : au-dessus d'un sous-maxillaire 
relativement petit, se dresse un long maxillaire oblique- 
ment dirigé et se prolongeant intérieurement en une 
forte saillie effilée. Le galéa rappelle celui des Vésicants 
plutôt que celui des Mantides ; il porte une dent apici- 
laire très accentuée. L'intermaxillaire n'offre que deux 
dents principales, mais il semble que la puissance ac- 
quise par la dent galéaire retentisse sur ces saillies de 



— 35 — 

l'intermaxillaire qui sont infiniment plus fortes que chez 
les Mantides . 

Dans la mandibule du Forficula auricularia, le maxil- 
laire, tout en se trouvant rejeté du côté externe et com- 
mençant ainsi à occuper la position qui le caractérisera 
désormais, supporte encore le galéa comme dans les 
types précédents ; c'est donc une forme intermédiaire 
qui se présente ici acquiérant une haute valeur pour 
l'interprétation des divers états sous lesquels la mandi- 
bule peut se montrer. 

Chez le Gryllus doynesticus, le maxillaire passe nette- 
ment en dehors : le galéa et l'intermaxillaire seront 
maintenant supportés par le sous-maxillaire ; le maxillaire 
devient une sorte d'étai dorsal destiné à soutenir le 
galéa et par suite l'intermaxillaire auquel revient le 
rôle le plus actif dans le fonctionnement de la mandi- 
bule. Mais cet étai est encore ici bien faible, quasi- 
rudimentaire; il semble que ce soit le petit maxillaire 
du Forficula auricularia qui, glissant en haut et en dehors, 
soit ainsi venu s'appliquer à la partie inféro-externe du 
galéa. Toutefois, la tendance est indiquée; pour n'être 
que faiblement ébauchée dans le Gryllus domesiicus, elle 
ne s'en accentuera pas moins rapidement. 

Les Phasmides en fournissent la preuve, montrant un 
maxillaire beaucoup plus volumineux que celui du Gryllus 
domesticus ; cette pièce dorsale est déjà parfaitement dis- 
posée pour soutenir le galéa et l'intermaxillaire. 

De plus en plus franchement dorsal, le maxillaire 
atteint chez le Carabus auratus des dimensions notables, 
l'emportant sur le galéa et l'intermaxillaire , qui sont 
cependant libres à leur partie supérieure. Cette préémi- 
nence du maxillaire s'accentue davantage encore chez le 
Locusta viridissima, où cette pièce recouvre, absorbe pres- 
que le galéa , ne laissant émerger au-dehors que l'inter- 
maxillaire plus puissamment armé que jamais. 

On peut ainsi déterminer la valeur des diverses parties 
qui entrent dans la constitution de la mandibule. Au 
sous-maxillaire revient le soin de fixer l'organe et de lui 
assurer une mobilité suffisante pour qu'il puisse agir 
suivant le rôle qui lui est assigné; mais ce rôle ne sau- 



— se- 
rait être rempli si, d'une part, la mandibule ne possédait 
des dents capables de retenir, de broyer, de diviser la 
proie et si, d'un autre côté,, ces dents ne se trouvaient 
implantées dans une pièce assez solide pour résister à 
de puissants efforts qui seront surtout dirigés de dedans 
en dehors et dont le résultat serait d'arracher la mandi- 
bule de sa base et de la luxer en dehors. Les dispositions 
propres au sous-maxillaire préviennent le premier de ces 
accidents; le second se trouve évité par l'intervention du 
maxillaire se développant au côté externe de l'organe, à 
la manière d'un arc-boutant ; quant à la denture, elle est 
fournie par l'intermaxillaire qui, multipliant ou dimi- 
nuant le nombre de ses saillies, les modifiant dans leur 
forme, dans leur taille, etc., les complétant par l'adjonc- 
tion de poils et de soies, imprime à la mandibule ces 
aspects particuliers que les entomologistes ont depuis 
longtemps signalés et auxquels ils ont empruntés de bons 
caractères taxonomiques (mandibules lacérantes, broyeu- 
ses, racolantes, préhensiles, etc.). 

Le galéa peut prendre part à la constitution de cette 
denture, mais en général il n'offre qu'un intérêt secon- 
daire; dans YŒdipoda cinerascens, il tend à se confondre 
avec l'intermaxillaire, de même chez le Decticus verruci- 
sorus. Le galéa ne s'efface pas seulement : il peut dispa- 
raître, perdre toute autonomie, sans que le fonctionne- 
ment de l'organe cesse d'être assuré. 

Mais lors même que la mandibule concentre et confond 
ainsi ses parties constituantes, on ne cesse d'y recon- 
naître plusieurs pièces distinctes ; aussi ne saurait-on 
trop vivement s'élever contre les descriptions qui repré- 
sentent la mandibule des Insectes comme formée d'une 
seule pièce. 

Helminthes de Vile Campbell et de la Nouvelle-Zélande, 
par M. JoANNES Ghatin. 

Je dois à l'aimable obligeance de M. Filhol d'avoir pu 
étudier les Helminthes décrits dans cette note et que 
notre collègue avait recueillis durant son séjour à l'île 



— 37 — 

Campbell et à la Nouvelle-Zélande. Non seulement ces 
espèces sont nouvelles, mais certaines d'entre elles pré- 
sentent un intérêt spécial; tels sont, en particulier, les 
parasites de l'Aptérix. 

I. Spiroptera CampbelU, Nob. 

Chez les Spiroptères, la région céphalique est généra- 
lement dépourvue de lobes latéraux; cependant quel- 
ques espèces, sur lesquelles Diesing a justement appelé 
l'attention, sont caractérisées par la présence de sem- 
blables expansions. C'est à cette section qu'appartient 
l'espèce recueillie à l'île Campbell dans le Nolotœnia, 
Filholi (Sauv.). 

D'un gris faiblement jaunâtre, ce Nématode mesure en 
moyenne 25'""' de longueur. Le tégument est finement 
strié et, bien que l'état des animaux ne permette pas de 
les soumettre à de minutieuses investigations histolo- 
giques, on distingue nettement les principales zones de 
l'enveloppe musculo-cutanée. 

Entourée d'un épais bourrelet labial, la bouche est 
petite et ovalaire ; elle disparaît presque entre les deux 
expansions membraneuses qui donnent à la partie anté- 
rieure de l'Helminthe un aspect des plus singuliers. 

Considéré dans son ensemble, le tube digestif se mon- 
tre grêle et médiocrement flexueux. L'œsophage, long et 
cylindrique, est aminci vers son extrémité antérieure. 
L'intestin moyen s'élargit tout d'abord, simulant une 
dilatation gastrique, puis diminue de calibre pour se 
continuer avec l'intestin terminal, toujours assez court 
dans cette espèce. 

Les organes génitaux sont analogues à ceux des Spiro- 
ptères et rappellent surtout la constitution propre au 
Spirure des Taupes, si bien décrit par M. Blanchard (1). 
Long et replié sur lui-même, presque filiforme, le tube 
testiculaire occupe la région moyenne du corps ; le canal 
déférent lui succède et présente un diamètre notable- 

(1) E. Blanchai'd. Recherches sur l'organisation des Vers (Ann. se. 
nat. Zoologie, 3° série, t. XI, 1849). 



— 38 — 

ment supérieur. A ces organes viennent s'ajouter deux 
spicules de taille inégale. 

La même affinité avec le Spirura Talpœ s'observe dans 
l'appareil femelle : occupant la plus grande partie de la 
cavité somatique, il débute par une portion filiforme et 
convolutée qui représente le tube ovaire ; un oviducte, 
unique et court, vient ensuite et se termine à l'orifice 
vulvaire qui se voit dans la moitié postérieure du corps. 

Il suffît de comparer ces caractères à ceux des Spiro- 
ptères d'une part, des Ascarides et des Pilaires d'un 
autre côté, pour reconnaître la véritable place qu'il con- 
vient d'attribuer au Nématode chez lequel on les observe. 

Si l'on se reporte à l'organisation des Spiroptères 
(Spiroptera sanguinolenta, etc.) on retrouve ici leur con- 
stitution fondamentale et c'est à peine si l'on découvre 
quelques différences d'ordre purement spécifique (dimen- 
sions et forme des appendices céphaliques, longueur de 
l'ovaire et de l'oviducte, etc.). Au contraire, si l'on 
cherche à opposer aux détails fournis par l'étude pré- 
cédente, les notions qui résument la diagnose classique 
des Oxyures et des Ascarides, on constate immédiate- 
ment de profondes dissemblances quiachèvent de légi- 
timer la place que ce parasite doit occuper parmi les 
Nématodes. 



II. Ascaris Apterycis, j>Job. 

Cet Ascaride qui habite le tube digestif de V Aptéryx 
est long de!?"''"; sa couleur est d'un jaune éclatant, 
teinte rare chez les Nématodes. La tête est entourée d'un 
bourrelet labial duquel émergent de petits lobules papil- 
loïdes. 

Le tube musculo-cutané offre la structure qui le carac- 
térise chez les Vers de ce groupe : sous une cuticule 
finement striée, se succèdent plusieurs plans muscu- 
laires dont l'ensemble représente une épaisseur assez 
notable. 

Le tube digestif commence par un œsophage étroit 
auquel succède une région moyenne, dont le diamètre 



— 39 — 

est plus considérable; puis vient l'intestin rectal qui 
s'amincit vers sa terminaison; celle-ci s'observe en 
avant de l'extrémité caudale qui se montre brusquement 
subulée. 

Le seul individu que j'ai pu observer était une femelle 
dont l'appareil génital reproduisait, dans son organisation 
générale comme dans ses caractères essentiels, les dispo- 
sitions propres aux Ascaridiens et surtout à VAscaris 
microcephala de Rudolphi. 

III. Ascaris Filholi, Nob. 

Le corps est d'un blanc grisâtre, long de 36"'™ en 
moyenne ; la région céphalique se trouve limitée par un 
brusque étranglement fort accentué et imprimant à cette 
espèce une apparence tout à fait caractéristique. 

La cuticule présente de fines stries transversales. Le 
tube dermo-musculaire, assez épais, possède une struc- 
ture complexe; en effet, si l'on pratique des coupes à 
divers niveaux et qu'après les avoir traitées par l'acide 
chrômique pour leur faire perdre l'opacité déterminée 
par le séjour dans l'alcool, on les examine dans la glycé- 
rine, on peut reconnaître l'existence de plusieurs plans 
contractiles, parfaitement distincts. Au dessous du tégu- 
ment proprement dit, se voient des fibres circulaires, 
intimement soudées les unes contre les autres; elles 
recouvrent des fibres longitudinales formant un tissu 
moins dense que le précédent, car on y trouve non- 
seulement des éléments lamineux, mais des fibrilles 
plus résistantes, douées d'une ténuité et d'une réfrin- 
gence qui semblent devoir les faire assimiler à des fibres 
élastiques. Enfin vient une dernière couclie, plus lâche 
et plus irrégulière, qui limite la cavité viscérale, contrac- 
tant vraisemblablement avec les traînées ligamenteuses 
qui unissent le tube digestif aux parois somatiques, des 
rapports que l'état des animaux, conservés depuis long- 
temps dans l'alcool, ne m'a pas permis d'apprécier avec 
une rigueur absolue. 

La bouche, relativement assez large, est limitée par 



— 40 — 

trois valves céphaliques, souvent assez développées pour 
simuler des appendices aliformes. Cette dernière appa- 
rence semble encore plus réelle lorsque la cuticule, se 
détachant localement des parties sous-jacentes, .vient 
flotter sur les bords de la région péri-buccale. La méprise 
est même assez facile à commettre pour qu'on doive la 
signaler à tout observateur peu familier avec l'organi- 
sation et les caractères extérieurs des Helminthes (1). 

Le tube digestif s'étend àpeuprès en ligne droite d'une 
extrémité du corps à l'autre. L'intestin initial ou œsopha- 
gien est à peine distinct de l'intestin moyen. Celui-ci 
possède sensiblement le même diamètre et se trouve 
caractérisé par la présence de grosses cellules brunâtres 
(éléments hépatiques?) qui se continuent même sur les 
premières portions de l'intestin terminal ou rectal. D'abord 
assez large, ce dernier se rétrécit progressivement pour 
aboutir à l'anus — Partout les parois propres du tube 
digestif semblent assez minces. 

Sur quelques individus, il m'a été possible de suivre, 
dans ses nombreux méandres, le tube mâle qui débute 
par une région testiculaire d'une extrême gracilité, puis 
se continue par un conduit déférent plus large. Deux 
spicules, sensiblement égaux, complètent cet ensemble. 

L'appareil femelle remplit presque entièrement la 
cavité somatique, refoulant même le tube digestif. Les 
deux ovaires,, ténus et pelotonnés, se réunissent en un 
cf utérus » commun, auquel succède l'oviducte qui se 
termine à la vulve, dont l'ouverture se voit en avant de 
la ligne médiane du corps. 

Par l'ensemble de ses caractères, cet Helminthe doit 
évidemment prendre place dans le groupe des Euascarid^ 
de Diesing; sa parenté zoologique semble surtout s'affir- 
mer avec V Ascaris rotundata de Rudolphi, dont il est ce- 
pendant facile de le distinguer si l'on considère le diamètre 
des œufs, la forme et les dimensions respectives de l'in- 
testin initial comparé à l'intestin moyen, si l'on se reporte 

(l) Il convient surtout d'avoir cette remarque constamment présente à 
l'esprit lorsqu'on examine des animaux conservés dans l'alcool faible, 
les causes d'erreur se trouvent singulièrement augmentées. 



— 41 — 

au volume des tubercules labiaux et surtout si l'on invo- 
que la présence de ce brusque rétrécissement qui sépare 
la tête des régions suivantes et permet de classer V Ascaris 
Nelsonis entre ['Ascaris rotundata et V Ascaris constricta. 
Cette espèce a été trouvée chez des Poissons. 

IV. Agamonema Caynphelli, Nob. 

En constituant le genre Agamonema (1), Diesing n'a pas 
dû se dissimuler les critiques auxquelles une pareille 
conception zoologique ne pouvait manquer de se trouver 
exposée; moins qu'un autre, le savant helminthologiste 
devait apprécier le peu de fixité des frontières dans les- 
quelles il avait tenté de renfermer ce groupe hétérogène 
dont la création réalisait toutefois un incontestable pro- 
grès. Elle permettait de séparer des Ascaridiens plusieurs 
Nématodes qui n'eussent jamais dû figurer dans celte 
famille ; elle éloignait des Cucullans un certain nombre 
de types qui, parla constitution de leur armature buccale, 
en différaient profondément ; elle faisait enfin disparaître 
de l'interminable série des Filariens, de nombreuses es- 
pèces que leur aspect extérieur, comme leur habitat et 
leur organisation interne, obligeaient à en distinguer 
d'une manière absolue. 

Les services rendus ainsi par Diesing à la science 
sont si réels qu'il y aurait peut-être actuellement plus 
d'inconvénients que d'avantages à tenter une révision 
du genre Agamonema, révision qui ne saurait d'ailleurs 
être entreprise qu'à la suite d'une minutieuse étude ins- 
tituée comparativement sur les diverses espèces qui s'y 
trouvent rangées. 

Les caractèces assignés par Diesing aux Agamo- 
nema (2) s'observent très exactement chez les Helminthes 
que je décris ici et que M. le docteur Filhol a recueillis 
dans la chair de divers Poissons de l'île Campbell. 

Le corps varie de 18"'™ à 33™™; de forme cylindrique, 
il présente une coloration blanchâtre assez uniforme. 

(1) Deising, Système Helminthum, t. II, p. 116. 

(2) Id., ibid 



— 42 — 

Toujours très épais, le tube dermo-musculaire oppose 
ainsi de sérieux obstacles à l'examen des organes inter- 
nes. La cuticule porte de fines stries également distinctes ; 
sur les coupes traitées par les réactifs colorants, on 
découvre de nombreux canaux poreux. Les muscles, dont 
l'ensemble forme une masse puissante, se superpos ent 
suivant plusieurs plans de faisceaux circulaires et de 
faisceaux longitudinaux. 

La bouche est entourée par un mince repli, sans qu'on 
soit en droit d'y décrire des papilles ou des tubercules. 

Le tube digestif est assez étroit et n'olfre pas de 
modifications notables dans son diamètre moyen : l'in- 
testin initial , d'abord grêle , ne tarde pas à s'élargir 
pour se continuer insensiblement avec l'intestin moyen 
que bordent de grosses cellules brunâtres, sans qu'on 
retrouve ici les curieux éléments que j'ai décrits chez un 
Nématode voisin, recueilli au Brésil par M. le docteur 
C. Jobert (1). L'intestin terminal s'amincit vers son extré- 
mité; l'anus, sub-caudal, ne s'ouvre plus à l'extrémité 
même du corps comme chez certaines espèces du genre. 

Le tube testiculaire, d'abord fort ténu, se continue par 
un canal déférent assez large. — A l'ovaire, grêle et 
flexueux, succèdent les parties vectrices de l'appareil 
femelle, dont l'orifice vulvaire n'occupe plus la situation 
antérieure qui le caractérise chez les Pilaires véritables; 
il se rapproche même ici notablement de la portion pos- 
térieure du corps de l'animal. 

V. Tœnia Apterycis, Nob. 

Cette espèce est représentée par deux exemplaires 
recueillis dans l'intestin de V Aptéryx par M. le docteur 
H. Filhol. 

Chacun de ces deux helminthodèmes offre sensible- 
ment la même taille (11"'">). 

De couleur brunâtre, le strobile débute par une « tête » 
dont l'étude est rendue d'autant plus difficile qu'elle se 

(1) Joannes Chatin. Sur une forme rare de l'organe he'pathique chez 
les Vers f Comptes-Rendus des séances de l'Académie des Sciences, 1878). 



- 43 — 

trouve complètement invaginée. En incisant avec soin 
les parties voisines, on parvient cependant à la dégager 
et à constater que, dépourvu de crochets, ce scolex porte 
quatre ventouses symétriquement disposées. Observées 
sous un faible grossissement, ces ventouses se montrent 
crénelées sur leurs bords. Finement pigmentés, les pro- 
glottis se recouvrent légèrement, et l'on reconnaît que 
leur taille s'amplifie rapidement, à mesure qu'on les ob- 
serve à une distance plus éloignée du scolex. 

Irrégulièrement alternes, les pores génitaux sont ova- 
laires et presque de même diamètre , le cirrhe est cylin- 
drique. Conservés dans l'alcool faible, ces Ténias ne 
peuvent être que difficilement étudiés au point de vue 
de leur constitution interne. Néanmoins, en faisant usage 
du compresseur et en combinant la méthode des coupes 
avec l'emploi des réactifs colorants, on peut y recon- 
naître des dispositions assez semblables à celles qui ca- 
ractérisent le Tœnia pyriformîs, Wedl; c'est auprès de 
cette espèce que doit être placé le Tœnia Apteryds, que 
la conformation de sa « tête », l'absence de crochets, etc., 
distinguent nettement des types voisins. 

Description de nouvelles espèces de Crustacés appartenant au 
genre Hymenicus, provenant de Nouvelle-Zélande, 

par M. H. Filhol. 

Je décrirai sous le nom ^l' Hymenicus Edwardsii une 
petite espèce de Crustacé mesurant 0'"0il5 de longueur 
et 0'"011.^ de largeur. Je l'ai recueilli à l'entrée de Port- 
Ghalmers dans la province d'Otago et je l'ai vu s'étendre 
au Sud jusqu'à l'île Stewart et au Nord jusqu'au détroit 
de Cook. Le bord postérieur de la carapace est droit, les 
bords latéraux fortement convexes dans leur partie 
moyenne se réunissent en avant pour constituer un front 
saillant et trilobé. Cette espèce se différencie de V Hyme- 
nicus varius par la forme de la carapace presque ovalaire 
dans cette dernière espèce, par la présence d'épines mar- 
ginales saillantes. Dans Y Hymenicus varius les trois lobes 
sont presque aussi avancés les uns que les autres et leur 



— 44 — 

extrémité est arrondie. Dans le Crustacé que je décris le 
lobe moyen est très développé, très élargi à sa base, 
tandis que les lobes latéraux sont plus réduits et que 
leur sommet correspond seulement à la partie basilaire. 
La face supérieure de la carapace supporte quelques 
poils courts. Les régions ptérigostomiennes sont égale- 
ment garnies d'un lin duvet. 

J'ai recueilli dans le détroit de Cookune autre espèce 
d'Hymenicus nouvelle. La forme de sa carapace la rap- 
proche de YHymenicus Edioardsii. Les bords latéraux por- 
tent chacun deux épines, la postérieure longue et aiguë. 
Le front est large et tridenté. La disposition de ses poin- 
tes ou lobes rappelle beaucoup celle de V Hymenicus varius. 
Cette espèce se différencie de cette dernière par la forme 
de sa carapace alors qu'elle s'en rapproche par la forme 
de son front. Elle se rapproche par sa forme de V Hyme- 
nicus Edwardsii et elle s'en éloigne par son front. Je la 
désignerai par l'appellation à'Hymenicus Cookii. 

J'aientin rencontré dans le détroit de Cookune troisième 
espèce à! Hymenicus qui me parait être encore inconnue. 
La carapace est ovalaire, à grosse extrémité postérieure. 
Le front est saillant, triangulaire, présentant à sa base 
deux tout petits lobes à peine indiqués. Les diamètres 
antéro-postérieur et transverse de la carapace sont de 
0^0049 et 0^0045. Cette espèce se rapproche de YHyme- 
nicus pubescensj mais la carapace plus élargie, plus dilatée 
dans les régions hépatiques, où elle forme sur le bord 
latéral un renflement qui n'existe pas dans l'espèce de 
Dana. D'autre part, les pattes sont plus grosses et termi- 
nées par des doigts courts et crochus au lieu de doigts 
longs et grêles. Je désignerai cette espèce par le nom 
^^ Hymenicus Haasti. 



séance du lo janvier :flSS5. 

PRÉSIDENCE DE M. FOURET. 

M. Filhol fait les communications suivantes : 



— 45 — 

Nouvelle description d'une espèce de Crustacé appartenant 
au genre Elamene provenant de Vile Stewart (Nouvelle- 
Zélande), 

par M. H. Filhol. 

J'ai recueilli sur la côte Est de l'île Stewart, en même 
temps que divers exemplaires di' Elamene Whitei (Miers), 
un échantillon d'une forme de Crustacé appartenant au 
même genre et qui me paraît n'avoir pas encore été 
signalée. 

La carapace est triangulaire et toute sa face dorsale 
est recouverte de poils fins et touffus. Le front se pro- 
longe très en avant, beaucoup plus que dans V Elamene 
Whitei, et il n'est pas creusé en gouttière suivant sa face 
supérieure comme dans cette dernière espèce. Les bras 
de la femelle, que j'ai seule rencontrée, sont très longs 
et très grêles. La main a surtout un développement très 
considérable, et les doigts présentent, vus à la loupe, sur 
toute l'étendue de leurs bords opposés, de très petites et 
très inégales denticulations. Les bras et les pattes qui 
sont longues et remarquablement grêles sont velues. Les 
dimensions de l'unique échantillon que j'ai obtenu par 
un dragage à 50 mètres de profondeur sont : 

Longueur 0"'»010 

Largeur 0™'"008 

Je proposerai de désigner cette espèce par l'appella- 
tion di Elamene longirostris . 

Description d'une nouvelle espèce de Crustacé appartenant 
, au genre Halicarcinus, 

par M. H. Filhol. 

J'ai recueilli à l'entrée de Port Ghalmers, dans la pro- 
vince d'Otago, en Nouvelle-Zélande, une espèce d'Êali- 
carcinus qui me paraît être nouvelle. 

Le corps est sub-orbiculaire et la carapace est limitée 
en avant comme dans les Halicarcinus planatus (White) 
et tridentatus (Jacq. et Luc) par un bord arrondi au- 



— 46 — 

dessous duquel le front se détache. Ce dernier porte 
antérieurement trois épines dirigées directement en 
avant. Les deux pointes externes sont un peu plus élar- 
gies à leur base que ne l'est la pointe médiane, qui est 
de forme conique, tandis que les premières sont planes, 
suivant leurs faces supérieure et inférieure. Ces saillies 
sont disposées d'une manière différente dans VHalicar- 
cinus tridentiatus, qui est la seule espèce que l'on puisse 
mettre en parallèle avec celle dont nous nous occupons. 
Dans l'espèce que je viens de citer, les pointes se déta- 
chent d'une sorte de lamelle prolongeant en avant le 
bord antérieur de la carapace. Cette disposition ne se 
retrouve pas sur l'espèce dont je parle, car les pointes 
frontales sont en quelque sorte implantées sur la partie 
médiane antérieure du pourtour de la carapace. Les régions 
cardiaque, gastrique et branchiales sont limitées par des 
sillons profonds et les bords antéro-latéraux de la cara- 
pace portent, au niveau de la région gastrique, une toute 
petite marginale à sommet mousse. 

Les dimensions sont : 

Mâle Longueur, 0^006; largeur, 0™008. 

Femelle Longueur, O'^OO.^; largeur, 0"'006. 

Je dédierai cette espèce à M. Hutton, le savant direc- 
teur du Muséum d'Otago et elle portera le nom à'Hali- 
carcinus Huttoni. 



Description de deux nouvelles espèces de Crustacés 
appartenant au genre Pétrolisthes, 

par M. H. Filhol. 

J'ai recueilli dans le détroit de Gook et sur lli côte 
Est de l'île Stewart une espèce de Grustacé du genre 
Pétrolisthes, qui me paraît être nouvelle. Les bords de la 
carapace, au lieu d'être minces, tranchants, comme sur 
le Pétrolisthes elongatus, sont épaissis et présentent au 
niveau de la partie antérieure de la région cardiaque une 
épine. Le canthus externe de l'œil est limité par une 
assez forte épine. Le front se divise en deux lobes den- 
telés sur les bords. Les bras sont longs comme sur le 



— 47 — 

Petrolisthes elongatus ; le carpe, très granuleux, ainsi que 
la main, porte sur son bord externe trois épines régu- 
lièrement espacées. . Les articles des pattes ambulatoires 
sont dégarnis d'épines. Le deuxième article sur le Petro- 
listhes elongatus est court, tandis qu'il est allongé et non 
renflé à son extrémité externe sur l'espèce que je décris. 
La première paire de pattes mâchoires présente des ca- 
ractères bien distinctifs. Le bord externe du troisième 
article est dentelé au lieu d'être lisse comme sur le 
Petrolisthes elongatus. Les échantillons que j'ai recueillis 
mesurent 0™007 de longueur et 0™006 de largeur. Je pro- 
poserai de désigner cette forme par l'appellation de 
Petrolisthes Novœ Zelandiœ. 

J'ai rencontré une autre espèce de Pe^îrohsiî/ies que je 
crois également nouvelle sur les côtes de l'île Stewart. 
Les bords de la carapace portent, comme sur le Petrolis- 
thes Novœ Zelandiœ, une petite épine, mais le front est 
complètement différent. Il est très incliné, très avancé, 
et il présente un sillon médian profond. Son extrémité 
antérieure aiguë et non bilobée est finement dentelée. 
Le troisième article de la première paire de pattes-mâ- 
choires est garni de petites dents sur son bord externe. 
La taille ne diffère pas sensiblement de celle du Petrolis- 
thes Novœ Zelandiœ. Je proposerai de donner à cette 
espèce le nom de Petrolisthes Steioarti. 

Description d'un nouveau genre de Crustacé provenant 
de la Nouvelle-Zélande, 

par M. H. Filhol. 

J'ai recueilli la forme nouvelle de Crustacé que je fais 
connaître à l'île Campbell et sur la côte Est de l'île 
Stewart. Elle vit par des fonds de quatre à cinq mètres 
au milieu des algues. Elle est fort remarquable, car elle 
allie en quelque sorte les caractères des Porcellanes à 
ceux des Pagures. 

La carapace, de forme semi-ovalaire, se termine anté- 
rieurement par un rostre aigu. Le bord supérieur de 
l'orbite est lisse et il se redresse un peu en dehors pour 



— 48 — 

se porter en avant. Les pédoncules oculaires dépassent 
un peu par leur sommet l'extrémité du rostre. Presque 
immédiatement en arrière de l'angle orbitaire première 
externe, le bord de la carapace porte deux épines, la 
plus réduite que la seconde qui est aplatie et forte- 
ment convexe sur son bord externe. En arrière de 
cette saillie, à environ un millimètre, Ton trouve une 
autre épine beaucoup plus forte, plus détachée, obtuse 
au sommet. En arrière, on voit une autre épine qui se 
porte transversalement en dehors. Son bord antérieur 
est convexe, son bord postérieur est driot. A partir de la 
base du bord postérieur de cette saillie, le bord de la 
carapace, qui était convexe, devient rectiligne et il se 
porte d'avant en arrière pour rejoindre la base de l'ab- 
domen. La face dorsale de la carapace est couverte sur 
toute son étendue de fines granulations. L'abdomen est 
en quelque sorte membraneux, translucide et garni seule- 
ment de plaques à son extrémité postérieure. Il porte à 
sa partie tout à fait antérieure une paire de pattes lon- 
gues et grêles. Les antennes internes atteignent le bord 
antérieur de l'œil. Les antennes externes sont très lon- 
gues et finies. 

La première paire de pattes est granuleuse, et les faces 
externes de la main et du carpe sont couvertes de petits 
paquets de poils disposés en série longitudinale. La main 
droite est beaucoup plus forte que la main du côté op- 
posé. Les pattes suivantes sont couvertes de granulations 
encore plus fortes qu'au niveau des troisième et quatrième 
articles se détachant sous la forme d'épines le long du 
bord supérieur. Le dernier article se termine par un 
angle crochu. Sur les plus grands échantillons que j'ai 
recueillis, la carapace mesure 0"'013 d'avant en arrière et 
0™011 transversalement. Je désignerai ce nouveau genre 
par l'appellation de Porcellanopagarus , et je désignerai 
par la dénomination de Porcellanopagarus Edioarsi la 
seule espèce que nous en connaissions. 



49 



Considérations relatives à la faune oraithologlque 
de l'île Campbell, 

par M. H. Filhol. 

M. Scott a publié dans le tome XV des Proeeedings de 
l'Institut de Nouvelle-Zélande le résultat d'une expédition 
zoologique accomplie sur une des petites îles placées au 
sud de la Nouvelle-Zélande, l'île Macquarie. La faune 
ornithologique qu'il signale sur cette terre, très-reculée 
dans l'hémisphère austral, est des plus remarquables, car 
elle semble indiquer de la manière la plus nette une 
origine néo-zélandaise. Elle comprend en effet divers 
types d'oiseaux terrestres absolument propres à la Nou- 
velle-Zélande, dont quelques-uns, comme les Ocydromes, 
ont les organes du vol suffisamment atrophiés pour qu'il 
ne leur soit plus possible de s'en servir pour voler. 
Par conséquent en présence de ce fait on est conduit à 
supposer qu'anciennement l'île Macquarie était ratta- 
chée à la Nouvelle-Zélande. En a-t-il été de même des 
autres petites îles situées dans la même région, les îles 
Auchlands, l'île Campbell. La faune ornithologique des 
îles Auchlands semble indiquer une liaison ancienne, 
pourtant on n'y a pas encore signalé ces oiseaux à ailes 
atrophiées, les Ocydromes dont je parlais tout à l'heure. 
Quant à l'île Campbell les oiseaux qui vivent sont abso- 
lument différents. On n'y rencontre qu'une seule espèce 
d'oiseau terrestre dont on a pu noter la dissémination à 
des époques bien précises sur différentes terres australes 
et dont la présence n'a dès lors aucune valeur. Aussi 
peut-on, je crois, conclure que cette terre n'est qu'un 
îlot volcanique n'ayant jamais été rattaché, comme cer- 
taines terres qui l'avoisinent, à la Nouvelle-Zélande. 
Afin de permettre de bien apprécier les différences de 
faune que je signale, je mets en parallèle le catalogue 
des oiseaux recueillis à Macquarie par M. Scott et celui 
des oiseaux dont j'ai constaté l'existence à l'île Camp- 
bell. 



50 



Ii,E Macouarik. 

Piatycercua Novœ-Zelandiœ (Sp.)- 
Ocydromim ? 

Rallus Macquarensis (Hutt J. 
Stercorarius antarcticus (Less.). 
Ossifraga gigatUea fGml.). 
Prion Banksii (Gnil.). 
Phalacrocorax carunculutus (GniL). 
Aptenodytes Pennanti (Gray). 
Eudyptes Shlegeli (Finsch.). 
Eudypteu chryiocoma (Gml.). 
Pygosccliii tœniatuR (Poa.). 



Ile Campbell. 

Zoftterops lateralis (Lath.). 
Anas siiperciliosa (Gml.). 
Stercorarmis antarcticus (Less. 
Larus dominicanus (Litch.). 
Larwi scopulinus (Forst.). 
Sterna frontalis (Gray). 
Diomedea exulans (L.). 
Diomedea melanophrys (Boie). 
Diomedea chlororyncha (Gml). 
Diomedea fuliginosa (Gml.). 
Ossifraga gigantea (Gml.). 
Procellaria capemis (L). 
Pufjlnus tristis (Forsl.). 
Phalacrocorax, Campbelli (Filh. 
Aptenodytes Pennanti (Gray), 
Megadyptes antipodes (Homb.). 
Eudyptes chrysacoma (Gml.). 



Gomme on le voit par ce catalogue, la faune ornitho- 
logique de l'île Campbell est absolument pélagienne, à 
l'exception du Zosterops lateralis dont la présence n'a 
aucune valeur, tandis que celle de l'île Macquarie ren- 
ferme des oiseaux terrestres tels que les Platycercus, les 
Ocydromus, les Rallus. Par conséquent tout indique que 
l'île Campbell telle qu'elle est constituée aujourd'hui est 
restée isolée de la Nouvelle-Zélande. 



!a>4^n<*K «lui 14 février 1SS5. 

PRÉSIDENCE DE M. DUTER. 

M. Filhol fait les communications suivantes : 



Description d'une espèce nouvelle de Pachyderme fossile 
appartenant au genre Protapirus, 

par M. H. Filhol. 

M. Douvillé, professeur de Paléontologie à l'École des 
Mines, a bien voulu me communiquer divers débris appar- 
tenant à des animaux se rapprochant du genre Pro^ft;r/n(s, 



— ol — 

que j'avais fait connaître dans mon étude des Vertébrés 
fossiles du Quercy. Lé premier échantillon consiste en 
une portion de maxillaire supérieur provenant de Saint- 
Gérand-le-Puy. Les trois dernières prémolaires, et les 
deux premières molaires sont en place. Ces dents sont 
assez ditïérentes de celles du Protapirus priscus et elles 
indiquent évidemment l'existence sur les bords du bassin 
de Saint-Gérand-le-Puy d'une espèce de Pachyderme qui 
nous était restée inconnue jusqu'à ce jour, à moins 
qu'elles n'apppartiennent à l'animal décrit par Pomel 
sous le nom de TapzVws Poirieri. Ce savant naturaliste 
n'a parlé que des dents inférieures qu'il dit être plus 
rétrécies que chez le Tapir. Malheureusement nous igno- 
rons où se trouve l'échantillon ayant servi à cette brève 
description. Les prémolaires de l'échantillon qui m'a été 
remis diffèrent de celles du Protapirus priscus par l'ab- 
sence absolue de bourrelet sur leur pourtour, par l'atro- 
phie du denticule précédant la pointe antérieure externe, 
par la forme des denticules externes. Sur le Protapirus 
priscus ces éléments sont arrondis, convexes par leur face 
interne. Cette dernière partie forme une muraille verticale 
sur l'espèce de Saint-Gérand. D'autre part toute la portion 
postérieure de la couronne située en arrière de la crête 
réunissant le denticule postérieur interne au denticule 
postérieur externe est beaucoup plus développée dans la 
forme que je fais connaître et profondément excavée. 
Les molaires manquent de bourrelet, le tubercule précé- 
dant la pointe antérieure externe est plus fort dans l'es- 
pèce de Saint-Gérand et les collines sont plus transver- 
sales. Je proposerai de désigner cette espèce nouvelle 
par le nom de Protapirus Douvillei. 

Observations relatives au mode de constitution des prémolaires 
et des molaires des Lémuriens fossiles appartenant au genre 
Necrolemur, 

par M. H. Filhol. 

J'avais fait connaître dans un travail paru l'année der- 
nière dans les Annales des Sciences gêologigues les carac- 



— 52 — 

fères de la séri.' dentaire inrérieure des Lémuriens fos- 
siles appartenant au genre Necrolehmr, mais je n'avais eu 
encore entre les mains aucune pièce assez intacte pour 
pouvoir apprécier les particularités de structure des 
dents supérieures. 

Aujourd'hui, par suite de la découverte que j'ai faite 
d'une tête très bien préservée de Necrolemur antiquus, 
je puis combler en partie cette lacune. Sur l'échantillon 
que je signale les prémolaires et les molaires sont 
en bon état. 

Les prémolaires étaient au nombre de quatre, les 
molaires de trois. La première prémolaire était à deux 
racines. Sa face externe était convexe tandis que toute 
la portion postérieure de sa face interne était profon- 
dément excavée. Le bord antérieur était convexe , le 
bord postérieur était convexe et tranchant. Le sommet 
de la couronne très aigu se recourbait un peu en arrière. 
Cette dent était plus élevée que les prémolaires suivantes 
qui allaient progressivement en augmentant de hauteur. 
La deuxième prémolaire avait une couronne semblable 
à celle de la première prémolaire. Seulement elle était 
plus trapue et surtout plus élargie dans sa portion posté- 
rieure. Son sommet était très légèrement recourbé en 
arrière. 

La troisième prémolaire était constituée par une pointe 
externe légèrement convexe par sa face externe, forte- 
ment convexe par sa face interne, à bord antérieur large, 
à bord postérieur mince. Son sommet correspondait à 
l'intervalle des racines externes. En dedans de cet élé- 
ment il existait une sorte de talon limité sur son bord 
interne par une pointe assez abaissée. Ce talon corres- 
pond à la portion postérieure excavée de la face interne 
des deux premières prémolaires qui s'est portée trans- 
versalement en dedans. Quant à la pointe, elle repré- 
sente la pointe antérieure interne des molaires. 

La quatrième prémolaire est construite comme la 
dent précédente. Elle est seulement plus forte alors que 
sur le bord postérieur de la pointe interne on découvre 
une toute petite saillie correspondant à la deuxième 
pointe interne des molaires. Toutes les prémolaires pré- 



— 53 — 

sentent à la base de la couronne, sur la face externe, un 
épais bourrelet. 

Les molaires vont en diminuant de grandeur d'avant 
en arrière. La troisième est fortement réduite. Ainsi la 
première mesure 0'"003 de largeur et de longueur alors 
que la dernière a 0'"003 de largeur et 0™017 de longueur. 
Les deux premières molaires sont composées de six 
pointes, deux externes, deux internes, deux intermé- 
diaires. Les pointes externes sont égales; la pointe anté- 
rieure interne est beaucoup plus forte que ne l'est la 
pointe postérieure interne et elle est placée sur un plan 
transversal un peu plus reculé que la pointe antérieure 
externe. La pointe antérieure intermédiaire correspond 
à la moitié antérieure de la face interne de la pointe 
externe. Les trois pointes du lobe postérieur sont sen- 
siblement sur un même plan transversal. La pointe inter- 
médiaire est plus développée que ne l'est la pointe inter- 
médiaire antérieure. La troisième molaire, au lieu d'être 
de forme quadrilataire comme les dents précédentes, 
présente un bord antérieur droit et un bord postérieur 
courbe. La pointe antérieure externe est assez élevée 
tandis que la pointe postérieure externe est très atro- 
phiée. La même disposition s'observe pour les pointes 
internes dont la postérieure est presque complètement 
disparue. Les pointes intermédiaires manquent. 

Comme on le voit par cette description, la forme et la 
structure des dents du Necrolemur sont complètement 
différentes de celles des Lémuriens actuels. Elles possè- 
dent quelque chose de plus pachyderme, qui les rappro- 
chent des animaux éocènes dont les molaires étaient 
garnies comme chez les Hyracotherium par exemple de 
six pointes. D'autre part, ce mode de constitution montre 
qu'il n'y a aucune analogie entre les Necrolemur et les 
Lémuriens fossiles de l'Amérique du Nord faisant partie 
du genre Anaptomorphus . 



— 51 



Description de nouvelles espèces de Crustacés du genre 
Allorchestes, 

par M. H. Filhol. 

J'ai trouvé à l'île Stewart une espèce d' Allorchestes 
qui m'a paru nouvelle. Les antennes internes atteignent 
le sommet du pédoncule des antennes externes. La pre- 
mière paire de gnathopodes se termine par une main 
plus longue que ne l'est l'article la supportant. La 
deuxième paire de gnathopodes porte une main très 
forte ayant la forme d'un ovoïde à grosse extrémité pos- 
térieure, à extrémité antérieure très allongée. Le doigt 
est fin et aigu. Le bord inférieur de la main opposée au 
doigt est lisse, garni de poils fins et serrés. Le corps est 
réduit. Les pereïpodes vont régulièrement en croissant 
de volume. Les bords antérieurs et postérieurs de leurs 
trois derniers articles sont garnis de paquets de poils. 
Longueur du mâle 0'"017. Je désignerai cette espèce par 
l'appellation à' Allorchestes Stewarti. 

J'ai recueilli d'autre part à l'île Campbell, dans la 
baie de Persévérance, une autre espèce à! Allorchestes 
que je crois être également inconnue. Les yeux sont 
ronds et petits. Les antennes internes atteignent par 
leur sommet là base du flagellum des antennes externes. 
L'article terminal du premier gnathopode égale en lon- 
gueur celui qui le précède. Le second gnathopode 
porte une main assez forte, de forme ovalaire, un peu 
comprimée par les faces latérales. Le doigt est crochu et 
le bord opposé de la main présente, vu par la face 
interne, une série de très petites denticulations. il n'existe 
pas d'épine en arrière de la main comme ?>ViV Y Allorchestes 
Novœ Zelandiœ. Les pereïopodes portent au sommet de 
leurs articles des poils très fins. La longueur du corps 
(mâle) est de Qn^OOS. Je proposerai de désigner cette es- 
pèce par le nom fï Allorchestes Camphellica. 



- 55 — 

M. P. Mabille fait la communication suivante : 

Diagnoses de Lépidoptères nouveaux, 
par M. P. Mabille. 

1. Satyrus (pararge) hygl^a, nov. sp. 

Intense fuscus; alœ anticse fuscse ut in S. Hiera, ocelle 
apicali nigro, albo pupillato et fulvo parce circumdato, 
macula fulva variât et interdum latior ut in S. Adrastoide, 
trifîda et aliud punctum aliquando gerens. Alœ posticae 
habent inter nervos maculas fulvas ocello nigro ; duo 
sunt albo pupillati. Subtus aise fuscse, ut in S. Hiera, sed 
uniformes. Anticse in ramis habent grande spatium in- 
tense fulvum, jungens maculam luteam magno ocello 
nigro notatam, qui albo pupillatus est; apicem versus 
alius ocellus minimus. 

Aise posticse duabus lineis, angulosis zonatae, brunneis ; 
inter quas séries sex ocellorum in macula lutea duobus 
annulis fuscis notata. 

Ad. Sai. Adrastoiden accedit. 

E Rossia Orientali média, 5 exempl. d". 
» 

2. Neosatyrus Haunu, nov. sp. 

Niger , parvus , discus alarum rufescens , prsesertim 
inter nervos. Aise subtus dissimiles : antica disco fulvo, 
apice et margine interne fuscis, in apice duplex ocellus 
niger, albo bipupillatas, lutea cinctus. Aise posticse gri- 
sese; basis intensius grisea, ultra mediam alam linea 
transversa acute dentata limitatur; infra eam spatium 
cinereum et margo sat late rufus, et seriem quinque 
punctorum alborum oflferens, palpi longissimi, porrecti. 

E Patagonia. 

3. Erebia Patagonica, sp. nov. 

Nigra. Aise anticse offerunt spatium anteterminale ful- 
vftm, in très maculas ramis divisum. In posticis idem 



— 5() — 

spatium inest, sed obsoleium. Aise subtus nigrofuscœ; 
anticœ habent ocellum apicalem nigrum, albo piipillatum 
et ala ad marginem rufescit. Poslicse linea nigra, spissa 
per médium divisce : linea exLerius albo illustrata habet 
sinum ante cellulam; et prope marginem sunt duo ocelli 
nigri, albo punctati. Basis prteterea strigulis uigris con- 
sita. 

ErebiaYevdi., quse ad quasdam species europseas accedit, 
sed bene distincta ocellis et linea paginse inferioris. 

E Patagonia. 

4. Chionobas antarcticus, nov. sp, 

Parvus. AlsB fusco-rufse; anticse puncto apicali nigro 
notatîe, et inter ramos quatuor radii dilute fulvi; in pos- 
ticis quinque, lineola nigra distincti. Subtus aise anticœ 
disco fulvo, cnm puncto apicali majori; posticae fuscse, 
fascia cinerea per ramos ducta ornatse. Linea nigra, in 
virgulas fracta hanc superius limitai; infra séries lineo- 
larum fuscarum marginem sequitur. Fimbria grisea. 

Unam fœminam vidimus. 

E Patagonia. 

5. Lyg^na Patago, nov. sp. 

Parva ; alœ, griseae, obscure cseruleo micantes, prseser- 
tim ad basim. Subtus aise anticse rufse, maculis nigris in 
lineam continuam junctis perque ramos currentibus. 
Spatium terminale cinereo-argenteum linea nigra, obso- 
letiori signatum. Aise posticse nigrantes, signis albo- 
argenteis, orbicularibus distinctœ; in circulum per me- 
diam alam dispositis, arcuque argenteo, maculam nigram 
includente in média ala cum duabus aliis maculis simili- 
bus. Palpi longissimi, graciles, articulo tertio aciculari, 
nigro, fera nudo, secundo autem longiori, albo, fimbriato. 

E Patagonia. 

6. Hepialus fuscus, nov. sp. 

Fuscus; alis anticis intense fuscis, basi rufescentibus. 



— 57 — 

gerentibus in medio maculam griseam pimctis nigris 
duabus notatam, et fasciam latam anté rQarginalem , si- 
milem ex apice ad marginem internum. 
Ex insulis Magellanicis. 

7. Zyg^ena Eud^mon, nov. sp. . 

Statura et habitu Z. faustœ, sed magis rubra. Aise an- 
ticse eisdem lineamentis signaturisque ornatse, sed pau- 
lum differentibus. Pars anterior aise nigro liciata, cum 
pnncto spirali nigro et duabus taeniis nigris, continuis, 
nuuquam interruptis : prior costam attingit, altéra infe- 
rius incrassata, in angulum producta ad marginem inter- 
num, sed non decurrens ut in Z. Hilari. Aise posticse 
rubrse, antice nigro raarginatse. Corpus nigrum cum an- 
nule rubro totum abdomen circumducens. Collare cine- 
reum. Valvulse anales apice nigrse. 

A Z. Hilari dlifert duabus tseniis nigris anticarum se- 
paratis et annulo rubro abdomiuis. 

A Z. Fausta collari cinereo, et annulo abdomen totum 
circumducenti, valvulisque analibus nigris, nec rubris. 

Ex Algeria, in via versus Lambessam. 

8. ZYGiENA MAURITANICA, nOV. sp. 

Zyg. Oranœ, Dup., vicina, statura Z, Faustœ; ab Orana 
differt macula apicali suborbiculari, intermediisque tribus 
fere quadratis, magis separatis, spatioque nigro medisB 
aise latiori, continue et costam tangenti. Corpus nigrum; 
collare duplex rubrum; abdomen obscure rubro zonatum. 

Zyg. Orana quam Herrish-Schsefïer barbaram nuncu- 
pat, collare cinereum habet, interdum et nigrum et duas 
forsan species includit. 

Ex Algiria Occidentali. 

9. LiTHOSIA FLAMMEA, noV. sp. 

Minor i'ere dimidio Lith. erythropleura, Mab. Aise omnes 
flammeo-anrantiaca?. Anlic?e quatuor punctis nigris in 



— 58 — 

inedio positis ornatte. Fimbria nigrse alœ posticœ pariter 
lubidaî; cum fimbria nigra usque ad ultimum ramum 
nervi submediani, ex quo concolor est. Corpus concolor; 
irons intense rubida; tarsi antici et medii nigri; postici 
in medio rubidi. 
Madagascaa^ 

10. Dasyghira platyptera, nov. sp. 

Paulo major D. abietis et ei vicina. Aise anticae fiisco- 
griseae; signum nigrum est in extrema cellula; spatium 
terminale magis fuscum, et diiabus lineis tremulis, cine- 
reo albis divisum, altéra e costa, altéra ex apice orien- 
tibus, et in angulo marginis interni coeiintibus. Alae pos- 
ticae cinereae, umbra i'usca angulosa marginem prsece- 
dente; altéra autem obsoletior médium limbum infra 
cellulam secat. Sabtus alee grisese umbra antemarginali 
lata, nigranti sectœ. Fœminam unam vidimus. 

Ex insulis Magellanicis. 

11. BOMBYX Hyadesi, nov. sp. 

Major B. Quercus; alaj an ticai maris nigrescentibus ruto 
variegalo : lineam liabent basilarem nigram, maculam 
discoidalem avirantiacam et duas lineas nigras subtermi- 
nales. Posticae concolores, duabus lineis post médium 
ornatae, nigris, interiori magis spissa. AntennîB plumu- 
latse, rufse. Thorax rufus pilis rigidis antice hirsutus. 
Abdomen rufum, dorso annulorum late nigro. Fœmina 
similis, sed pallidior, magis fusca, lineis paulum dilutis. 

E Patagonia et insulis Magellanicis. 

Genus ad Crateronichas accedens. 

12. Agrotis typhlina, nov. sp. 

Alae anticae griseo-brunnese, nervis infra cellulam radio 
nigro duplicatis, ramisque nervorum umbra nigranti 
separatis; seriesque virgularum sagittatarum fimbriam 
prfecedit. Maculas ordinaripe nullœ. Alfe posticae nigran- 



— 59 — 

tes. Aiitennse maris usque ad apicem pectinatse, et mii- 
crone flabelliformi termiuatse. 

Ad genus Cladoceram forsan referenda species, quas 
colore et habitu Leucaniam mentitur. 

Ex insiilis Magellanicis, 

13. Agrgtis ingoufii, nov. spec. 

Alae cinereae, in disco albidas. Anticarum costa angus- 
tissime nigrans; oui siibest vitta longa, albida : eam 
infra maculse ordinariœ albaî, nigro separatœ; virgulaqiie 
nigra inter maculam orbicularein extenditur et basim ; 
ante claviformem très virgulaenigrse qui interdum desunt. 
In apice pimcta sagittata in lineani angulosam disposita 
et marge aise licio maculari nigro notatus. Aise posticœ 
grisese. Siibtus alœ griseœ, disco albido punctoque dis- 
coidali fusco. 

E Patagonia. 

14. Agrotis bicolor, nov. spec. 

Ake anticas brunneo-violaceœ, costa late cinerea usquc 
ad maculam reniformem, dein usque ad apicem roseo 
tincla. Discus niger, maculaque claviformis linearis, 
obsoletior. Nervus subcostalis albus est in agri vitta 
rubri. Alœ posticse fuscœ. Thorax fuscus antice rubidus. 
Abdomen cinereum. Fœmmam vidimus. 

E Patagonia. 

15. Agrotis gravida, nov. spec. 

Aise anticœ rubidse, luleo ad costam tinctae, cum dua- 
bus lineis nigris transversis. Duse maculse ordinarise, 
luteo rubrse, spatio nigranti quadrato separataî. Alaî pos- 
ticse grisese; fimbria rosea. Thorax antice rubidus, abdo- 
raenque rufo-griseum cum spiralis uni rufîs. Fœminam 
uuam vidimus. 

Ex insulis Mayelianicis. 



— m — 

16. Agrotis carbonifera, nov, spec. 

Aise anticœ saturale nigrae ; maculse ordinarise tantiim 
indicatse lineis nigerrimis. Majoresque videntur quam 
apud cseteras agrotidas, prsesertim orbicularis. Aise pos- 
ticse adumbratse, disco sordide albido. Licium testaceum 
fimbriam quatuor alarum prsecedit. Mas a fœmina differt 
alis posticis albis, margine tantum leviter infuscato. 

Species antennis filiformibus, in mare pubescentibus, 
palpis productis, quse tamen accedit ad A. Segetum. 

Ex insulis Magellanicis. 

M. Agrotis DiGRAMMA, nov. spec. 

Statura et habitu Agr. cinereœ. Aise anticse griseae, rulb 
ad costam et in limbo leviter lotse; macula reniformis, 
fusca , albido circumducta , orbicularisque alba cum 
puncto medio nigro. Dua3 lineae fusco-rufae, spissœ, haud 
dentatse utrinque e costa ad marginem currunt, maculas- 
que includunt. Spatium terminale cinereum linea grisea 
sectum orienti e macula costali fusca. Aise posticae al- 
bidae; ad margines infuscatae. Subtus aise griseae. In pos- 
ticis séries lineolarum nigrarum in ramis nervorum 
disposita est. Antennœ maris moniliformes , articule 
quoque pilis'brevibus munito. 

E Patagonia. 

18. Agrotis dianth^ci^, nov. spec. 

Agrot. Sennœ similis, sed minor, griseo et fusco mixta. 
Aise anticœ maculas reniformem et orbicularem albidas 
habent, claviformem puncto albo tantum noscendam et 
ibi lineam transversam, fuscam; alla linea e costa oriens, 
ante claviformem ducitur, dentata, albo inter dentés il- 
lustrata : tertia denique linea fusca ante marginem est, 
minus distincta. Alae posticae griseae. Subtus alae albidae 
lucentes; umbra fusca, communis per ramos currit et 
posticae alae punetum fuscum habent in cellula. Corpus 



— 61 — 

gTiseura, subtus albidiim. Antennae creuatae, articulis 
pubescentibus. 

Hsec species Dianthœciam revocat. 

E Patnuonia. 



19. Agrotis Aphe, nov. sp. 

Agrot. Siliginis revocat et eadem statura aut minor. 
Ginereo piilverea, atomisque fuscis mixta. Maculée ordi- 
nariae albidae, inter duas lineas nigrantes inclusse' : linea 
exterior reniforini macula innitens, albido illustrata et 
virgulis nigris exterius duplicata. Linea subterminalis 
cinerea, exterius usque ad fimbriam fusco adumbrata, 
dentata, et interius quatuor virgulis nigris innisa. Alae 
posticae albae, ad marginern leviter obscuratse, in fœmina 
magis obscurae. Alae subtus albge, posticae nitentes. An- 
tennae filiformes. 

Ex Algeria. 

20. Agrotis xanthostola, nov. sp. 

Habitu noctuae; alae antice coriaceo colore, maculis 
ordinariis flavido scriptis, concoloribus, claviformi nuila. 
Linea punctorum nigrorum e costali macula nigra per 
medios ramos decarrit. Praeterea disons aliqiiot maculis 
nigris aut obscuris distinguitur. Alae posticae albidae, fim- 
bria lutescenti. Corpus concolor, ano lutescente. Subtus 
alae posticae in disco albidae, cum série virgularum nigra- 
rum in ramis et area discoidali nigro. Antennae maris 
rufae, lamellai sat longis minutae, apice deficientibus. 

E Patagonia et insulis Magellanicis. 

21. Agrotis frigida, yiov. spec. 

Al* anticae rubida?, disco intensius colorato, basique 
in luteum vergenti. Macnlae ordinariae testaceae, in medio 
brunneae ; alae posticae griseae. Subtus alae anticae fuscae ; 
posticae albidae in disco cum arcu nigro in extrema cel- 



— 62 — 

lula. Thorax rubidus; scapiiias rubrse, necnon oL caput. 
Antennse simplices. 
Ex insulis Magellanicis. 

22. Agrotis Aethes, nov. spec. 

Aise anticae cinereœ vel griseoviolaceœ, angustœ. In 
forma cinerea macula orbicularis minima, punctiformis, 
alba; reniformis, oblonga, superne aperta, et spatio albo 
ad costam producta. Lineola nigra maculam délimitât et 
cum orbiculari jungitur. Macula claviformis longa, nigro 
scripta. linea nigra, dentata, in medio spissata spatium 
terminale secat. In forma violacea basis et costa albidse, 
linea subterminalis alba et maculaî nigro circumducfcae. 

Aise posticœ albidœ, leviter infuscatse. Subtus alœ anticœ 
plumbeae cum puncto nigro costali. Posticae disco albidse, 
macula discoidali rufescenti Antènnœ maris simplices, 
pilis brevissimis munitse; palpi ascendentes, articulo 
ultimo cylindrico, squamoso. Species in génère insolita; 
liabitum refert Charœne aut Episemœ, sed tibise anticœ 
spinis munitœ Agrotidem indicant. 

23. Orthosia purilinka. nov. spec. 

Alœ anticae dilucide griseœ offerunt duas lineas in medio 
nigras e costa usque ad marginem : umbra média ad 
costam spissa, infra minuitur. Maculae solitae obsoletœ. 
Linea subterminalis minimorum punctorum et licium, 
nigrum quoque et punctiforme finbriam prœcedit. An- 
tennœ simplices, tibiœque anticae inermes, Aise subtus 
omnino griseœ, lucides. 

Species ambigua quam exemplar corpore contriclo 
recte collocare vetat. 

E Patagonia. 

24. Orthosia mollis, nov. spec. 
AliRanticffidilute rufae; macula reniformis nigra, caiterte 



— 53 — 

obsoletœ. Unibra nigra, evaaida e macula costali fusca, 
prope apicem sita, descendit ad marginem internum 
recta. Alae posticse albae. Thorax cinereus , rufo latus. 
Collare intense nigrum. Alae subtus pallidiores, sine li- 
neis. Antennae pubescentes; tibite antica? inermes. 
Ex insulis Maa'ellanicis. 



23. Apamea Lebruni, nou. spec. 

Statura et habita Ap. Dumerilii eique similis. 

kXdd anticse fuscse , linea basi brevi , albo nigroque 
maculata. Linea secunda curva; post quam macula orbi- 
cularis rotunda , testacea. Eam infra macula fusca et 
macula reniformis, lata, lutea. Linea curva, dentata 
sequitur et spatium terminale vitta marginal!, lutescenti 
obtinetur. Aise posticae albse, ad marginem infuscatae. 

E Patagonia. 



26. AxYLiA BucEPHALiNA, nov. spec. 

Statura Ax putris. Alae anticae nigro-caerulese, basi al- 
bida, radiata. In apice macula magna, sublutea, ad cos- 
tara spatium triangulare fuscum includens , et duabus 
virgalis nigris notata. Alae posticae albidae. Antennse maris 
subcylindricae, rufse. Ala; subtus albae. Snecies colore re- 
vocans Pyg. BucepJialam . 

E Patagonia. 

27. Hadena tetragona, nov. spec. 

Alae anticai nigrœ, griseo variegatae. Macula lata, qua- 
drata in cellula, lineaque alba contorta in basi, et altéra 
macula ex apice usque ad angulum internum albida, 
circumducta. Alae postica? cinereae, fimbria alba. Subtus 
alae anticae griseae, posticœ albidae arcu medio griseo. 
Abdomen rufeolum. 

Ex insulis .Magellanicis. 



f;/i 



•28.^iANTH^GiA. Magellana, nov. spec. 

Similis D. carpophagœ, at paulo major. Aise fasco-nigrae. 
A D. carpophaga species differt macula reniformi et orbi- 
culari majoribus, griseis; linea transversa quge a macula 
orbiculari ad marginem internum currit, continua, ex- 
trorsum curva, denique linea alba quse dividit seriem 
punctuorum sagittatorum marginis externi. Aise posticse 
maris albidse, margine auguste fuscato. Subtus aise al- 
bidse, lucentes cum puncto nigro discoidali posticarum. 

E Patagonia. 

29. Galophasia simplex, nov. spec. 

Statura C. Hyperici et intermedia inter hune et C. pla- 
typterum. Alœ anticEe grisese, basi cinercae. Macula reni- 
formis arcu duplici formata, cui subjectaest duplex linea 
nigra marginem tangens. Ante maculam duse strigse ni- 
grse fimbriam tangunt; duse aliae sunt ad apicem et una 
ad angulum internum. AIcB posticœ sublutescentes sat 
late nigro marginatse. Subtus aise griseae, posticse nigro 
limbatae. 

E Patagonia. 

30. Anarta trisema, nov. spec. 

Alae anticse basi cinerae ; mediaque ala nigrum spatium 
gerens in angulum obtusiim linea albida productum, qui 
cernuntur très virgules albœ ; CEetera ala grisea, albido 
inter ramos radiata. i^lse posticai albido ad margines sen. 
sim adumbratse. Corpus nigrum, pilis flexuosis obsitum. 
Species insignis alis angustis. Statura minima et quam 
génère proprio distinguenus. 

Ex insalis Magellanicis. 

31. Gatocala Gitana, nov. spec 
Statura et habita C. ehcatœ. Alœ antice griseo-rufes- 



— 65 — 

ceafces, liiieis magis i'ascis aut iiigris sectaî. lu basi juxta 
corpus linea brevis, mediam alam non excedens. Deiu 
alla spissa e duabus teniiioribus consistens ; post eani 
umbra médise cellulas lata, rufescens ; deinde quarta 
linea, nigra, virgulum bifidum ante celiulam formans 
leviter utrinque, adumbrata; quinta denique linea angu- 
lum ante apicem habens, et postea descendens recta ad 
angulum. Fimbria rufescens. Aise, posticse vivide rubrse, 
tsenia marginatse lata, nigra, interius non dentata, sed 
tantum sinuata ; alteramque offerentes tseniam in média 
ala, leviter curvam, nondentatam, nec emorsam et latio- 
rem quam in C. elocata et C. deducta. Subtas alae vix 
differunt a Gatocalis supra dictis. 

Species facile distinguenda lineis alarum anticarum, 
nitidius scriptis, aliterque dentalis et prsesertim taenia 
média alarum posticarum. 

In quercu ilice et subere vivit circa Malacam His- 
panise, volatque mensibus augusto et septembri 

32. Ennomos Hyadesii, nov. spec. 

Ennom. Alis anticis rubide ûavis, angulatis ; linea 
obliqua in ramis; alis posticis flavis. 
Ex insulis Magellanicis. 

Genus SALPIS, nov. gen. 

Aise latsB, robustse, integrse. Gaput parvum; antennae 
setacesB, crassse, alam fere sequantes : palpi longi, recti, 
articulo secundo longo, pilis densis hirsuto, tertio au- 
tem cylindrico, fere claviformi ad extremitatem , fron- 
temque superanti. Tibise posticse crassse, unicalcaratae, 
et ad latus interius penicillum pilorum ferentes. Tarsi 
graciles tibium sequantes. Nervus costalis posticarum 
subcostali adhaerans ultra dimidium, dein valde semotus. 

33. Salpis antennata., nov. spec. 

Aise fuscse; anticae umbra nigra, sinuata, quœ linea 



— 66 — 

diliicida, dentata exterius terminatiir, sectse. In cellula 
arcus niger; fimbria concolor, non dentata et licio tes- 
taceo separata. Alœ inferiores magis fuscse ad marginem 
abdominalem ubi incipit linea fusca quœ ramos mediana 
nervi non excedit; punctum nigriim in cellula. Aise 
subtus cinereœ, lucides cum umbra nigra, communis per 
ramos currenti, puncto nigro ante fimbriam. Corpus con- 
color. Thorax rotundatus villosus. 
Ex insulis Magellanicis. 

34. Salpis albipunctaria, 7iov. sp. 

Intense fusca; aise anlicse duabus lineis crassis trans- 
versis ornatse, altéra ante punctum discoidale, nigrum, 
et altéra per ramos currenti. Hœc equidem linea in quo- 
que ramo incrassata et puncto albo notata. Alae posticas 
nigrse, una tantum linea sectee quse exteriori anticarum 
respondit et punctis albis quoque distincta. Antenne 
crassse, longse, crenulatœ, lamellis incurvatis. 

E Patagonia. 

35. Salpis scodionata, nov. sp. 

Aise anticse cinereo albidse, sublutescentes, integrœ, 
cum linea pu,nctorum nigrorum, angulosa per ramos, 
communi, in posticis curva, punctis acutis. Duo puncta 
minima in cellula anticarum. Aise subtus cinerese, um- 
bra nigranti, in loco linese supra dictée. Corpus concolor. 
AntennsB incrassatae, sparse pilosae. 

E Patagonia. 

36. ASPILATES GLYPHICARIUS, nov. spec. 

Alae anticse fusconigrae, dentatae, duas lineas albidas 
offerens, altérant antemarginalem ex apice ad angulum 
internum; alteram per ramos currentem; ea proxime 
priorem nascitur, ante cellulam siffiim describit, etinde, 
sub cellula flectituret ad marginem tendit. Macula fusca 
in extrema cellula. Caetera ula nigro varia. Alsee pos- 



— 67 — . 

ticaî albido grisecB, linea nigra per médium sectœ. Corpus 
fuscum. Scapulœ cinereae; antennae pectinatae, lamellis 
sat longis. Abdomen alis longius. Species insignis et alio 
locanda. areola ita reducta junctis ramis ut difficile dis- 
tinguatur. 
Ex insulis Magellanicis. 



37. ASPILATES CITRINARIUS. 

Alœ antic86 citrinae, sericese, duabus strigis brunneis 
loiigitudinalibus, et aliquot punctis l'uscis ad margines. 
Aise posticae immaculatœ. Anticse subtus plumbese, pos- 
ticse concolores. Corpus lutescens, abdomenque alis lon- 
gius. 

Ex insulis Magellanicis. 



38 HiPPOPLECTIS DISTICLARIA, >10V. spec. 

Major H. adspersaria. Alae anticae flavidœ, atomis nigris 
adspersse, et tribus lineis fuscis ornatse, basilari tenui, 
média e costa in cellulam producta, tertia obliqua per 
ramoset ad medmm marginem internum accedente; duo 
puncta nigra ad marginem externum inter ramos mediani 
nervi, duoque alla minima in extrema cellula. Alœ pos- 
ticae albidae, linea média sectae. 

Ex insulis Magellanicis. 



39. Synneuria, nov. gen. 

Characteres generis aspilatae. Aise anticae duas areolas 
habent, nervumque autonomom [indépendante de Gui- 
née). Rami costales oriuntur ex areola anteriori. Nervus 
costalis posticarum subcostali junctus, ut hic très ra- 
mos habere videntur. Discocellularis nervus formam V 
litterœ referens, autonomonque ramum prœbens. Inter- 
nus nervus nullus. 



— 6S — 
40. Synneuria virgellata, nov. spec. 

Alae anticae apice acuto, margine externo convexo, 
margaritaceae, cum virgula argenteaapicali. Posticse elon- 
gatae, grisese, lucentes, strigis quinque argenteis insequis. 

Subtus aise griseae cum virgula apicis, et eisdem stri- 
gis posticarum, sed nitidius scriptis, pure argenteis, 
nigro limitatis et prseterea linea longa abdominali ar- 
gentea. Corpus concolor, alas excedens. 

E Patagonia. 

41. PSODOS QUADRISEGTARIA, nov. spec. 

Statura Fid. carbonariœ. Aise anticae albidse, quatuor 
fasciis latis sectae : très priorea obtuse angulatae, quarta 
autem leviter rufescens et exterius dentala; margo deni- 
que infuscatus. Alae posticse tribus fasciis sectse, earum 
média dentata. Aise subtus magis alba, fasciis obsoletis, 
aut minus continuis. Corpus nigrum. Pedes et palpi ni- 
gerrimi. 

Ex insulisMagellanicis. 

42. LOBOPHORA STENOPTERATA, 710V. speC. 

Alae anticae elongatae, angustae, grisese, rubido leviter 
lotae, cum linea nigra curva in basi ; et fascia média lata 
in ultimo ramo mediani nervi lineola nigra interrupta, et 
fusca adumbrata. Spatium terminale rubescens, virgulis 
nigris distinctum ramo quoque impositis et puncto albo 
sectis. Aise posticae angustissimse, albidae, lobum e mar- 
gine abdominali nascentem, productum, fimbriatum offe- 
rentes. Alae subtus rubescentes, corpus prselongum; 
œntennae simplices. 

Ex insulis Magellanicis. 

43. LoBOPHORA ocuLATA, nov. spec. 
Alae anticse amplae, griseo-cinerea^, quatorfasciis sectae; 



— 69 — 

fascia quœque duabus aut tribus lineis nigris com- 
posita, intervallis nigrantibus : basalis sinuata, secuuda 
angulata in média aia ut et Cccterae; tertia prope margi- 
uem duabus virgulis nigris notata; quarta subterminalis 
ante angulum internum duo puncta nigra habet albo 
cincta in formam oculi. Exterius limitata est linea alba, 
punctiformi; fîmbriamque intercisam prœcedit licium 
nigrum punctiforme. Alœ posticaîgriseee, obsoletius fusco 
zonatae, licioque terminali nigro cinctae. 
Ex insulis Magellanicis. 



44. CiDARIA PERORNATA, nOV. Sp. 

Alce auticse cinereae, fasciis commixtis ornatse, quae ita 
visuntur; in basi fascia nigra; dein alia, ante costam 
interrupta, albido utrinque màrginata; tertia in média 
ala, lata, utrinque nigra, pluribus lineolis quae per anas- 
tomosis confluentes tria spatia albida efficiunt, quorum 
superius virgulam nigram habet. Hanc sequitur taenia 
alba biangulata ante cellulam, virgulis nigris exterius 
minuta. Séries denique punctorum praecedit iimbriam 
albam. Aise posticse griseœ. 



45. GiDARiA MUTABiLis, nov. spec. 

Colore mutabili; nunc aise anticse sunt coriacese cum 
puncto discoidali nigro; fascia nigra est in basi; alia 
média, lata, fusco adumbrata punctumque includens, 
exterius dentata est ; e costa denique prope apicem nas- 
citur lineola alba et ante punctum desinit in ramis sub- 
costulis nervi. Nunc aise nigrantes, lineamentisconfusis; 
lineaque alba tantum servatur, punctiformis et usque ad 
angulum internum descendit. 

Aise posticse grisese, puncto medio nigro. Species ad 
Cid. impluviatam europseam accedens. 

Ex insulis Magellanicis. 



— 70 — 

46. Larentia multivirgulata, nov. spec. 

Alœ albidae, quator fasciis griseo-rufescentibus sectae. 
Fascife omnes latœ, multis virgiilis nigris, transversis 
nervo quoque impositis; fascia exterior virgulis crassio- 
ribus ad costam, et duabus spissis ante cellulam, Alae 
posticse albge, vix ad limbriam fumatse. 

Species viciiia Lar. midtistrigatœ Europœae et miilto 
magis Lar. cambricariœ. 

Ex insulis Magellanicis. 

47. Larentia semilotaria, nov. spec. 

Alae anticae griseœ habeiit dimidium interius rubido 
lotum et fascias nigrantes transversas et ita interruptas 
ut tantum ad costam videantur. Media fascia triangulum 
efformat puncto cellulari innisum. Alia fascia subtermi- 
nalis divisa est liuea alba quse angulum attingit. Alœ 
posticse grisese cum puncto nigro et lineis exilibus albi- 
disque, nitidius ad marginem abdominalem scriptis. An- 
tennae pectinatse. 

Ex insulis Magellanicis. 

48. Crambus biradiellus, nov. spec. 

Aise anticse angustse, albae, margine interiore obscu- 
riori ; duae strigse nigrae, sat latœ in medio limbo ; altéra 
superior et longior : apex virgula rufula signatus. Aise 
posticae obscure albidse. 

Ex insulis Magellanicis. 



— 71 — 

séance du 14 mars ISHâ. 

PRÉSIDENCE DE M. HARDY. 

M. Bouvier fait la communication suivante : 

Sur le système nerveux du Buccinum undatum, 
par M. E. L. Bouvier, 

Description générale. — Les centres d'innervation du 
Buccin peuvent se diviser en deux groupes : les centres 
antérieurs qui occupent la région céphalique et les centres 
postérieurs rejetés en arrière au voisinage des viscères. 
Ces deux, groupes de centres sont reliés par la longue 
commissure viscérale. 

Le groupe antérieur est formé par dix ganglions très 
rapprochés, situés au-dessus de la masse du pied, sous 
la trompe, à l'endroit où le tube digestif se replie une 
seconde fois parallèlement à lui-même pour se diriger 
vers les viscères ; ils sont presque entièrement cachés 
par les glandes salivaires. Ce groupe comprend : deux 
ganglions cérébro'ldes réunis par une commissure courte et 
large qui regarde la partie postérieure du corps; deux 
g. pédieux en communication à leur partie postérieure 
sur une large surface; deux g. commissuraux situés au- 
dessous des ganglions cérébroïdes et communiquant lar- 
gement avec eux; un g. subintestinal reliant, sans com- 
missure distincte, le ganglion commissural droit au 
ganglion commissural gauche; enfin deux g . sympathiques 
situés au-dessus des ganglions cérébroïdes, se reliant à 
eux par de très courts connectifs et entre eux par une 
commissure grêle assez longue. Cet ensemble constitue 
deux colliers œsophagiens ayant pour partie commune 
les ganglions cérébroïdes et leur commissure; l'œso- 
phage et l'aorte antérieure traversent ces deux colliers. 
Un troisième collier, formé par les ganglions cérébroïdes 
et sympathiques embrasse aussi l'œsophage, mais non 
l'aorte antérieure, de sorte que la commissure sympa- 
thique se trouve comprise entre l'aorte et l'œsophage. 

Les centres postérieurs ou viscéraux sont formés par 



— 72 — 

deux ganglions situés sur la commissure viscérale. Cïette 
commissure a une de ses origines dans le ganglion su- 
pra-intestinal, à droite ; elle passe ensuite en écharpe au- 
dessus de l'œsophage en allant à gauche, se dirige vers 
les viscères et forme dans leur voisinage les deux gan- 
glions viscéraux. Ces centres se trouvent au-dessus du 
tube digestit et leur position, comme celle de la commis- 
sure viscérale, montre fort nettement que le Buccin est 
un type chiastoneure, puisque la commissure viscérale 
revient en avant se terminer dans le ganglion subintes- 
tinal. La soudure du ganglion subintestinal avec le gan- 
glion commissural droit, en même temps que des idées 
théoriques particulières, firent croire à Jhering que le 
Buccin est orthoneure, bien que depuis longtemps M. de 
Lacase-Duthiers eut signalé une anastomose entre ces 
deux ganglions chez le Vermet. Depuis (1882) Bêla Haller 
a signalé une longue anastomose entre ces deux ganglions 
chez le Cassidana echinop/iora et chez les Murex une dis- 
position presque identique à celle du Buccin. 

Ganglions cérébroides. — Chaque ganglion ccrébroïde 
donne trois nerfs de sensibilité spéciale : un gros nerf ten- 
taculaire, un tin nerf optique suivant le précédent sur pres- 
que toute sa longueur, un nerf acoustique également fort 
grêle qui, venant de l'otocyste situé au-dessus des mus- 
cles du pied, sous les ganglions pédieux, suit le connectif 
commissuro-pédieux, pénètre dans le ganglion commis- 
sural et peut être suivi dans l'intérieur des gant;lions 
cérébroïdes et commissuraux jusqu'à une faible distance 
de l'origine du nerf optique. C'est donc à tort que Jhering 
considère le nerf optique comme une branche du nerf 
tentaculaire et le nerf acoustique comme prenant son 
origine apparente dans les ganglions pédieux. 

Chaque ganglion cérébroïde donne en outre un gros 
nerf nuqual qui naît sur le connectif cérébro-pédieux, 
quatre petits nerfs qui vont à la gaîne de la trompe et 
trois gros et longs nerfs exclusivement réservés aux 
parois de la trompe jusqu'à la bouche. De tous ces nerfs 
importants, deux seulement sont signalés par Jhering; 
ils vont, dit-il, à la trompe et aux parties avoisinantes de 
la tète. 



— 73 — 

Ganglions pédieux. — Ces ganglions, parfaitement sy- 
métriques chez la femelle, donnent chacun au moins 
vingt-sept nerfs qui naissent presque tous en avant. Il 
faut signaler deux nerfs qui naissent à la face supérieure 
des ganglions, l'un d'eux va se ramifier au-dessous de la 
bouche et son champ d'innervation se confond avec une 
partie de celui du nerf nuqual. 

Chez le mâle, l'asymétrie est complète par suite de la 
naissance du gros nerf pénial sur le ganglion droit. Ce 
nerf forme près de l'extrémité du pénis une série de 
losanges fort réguliers. Comme ce nerf est beaucoup plus 
gros que le connectif cérébro-pédieux, on ne comprend 
pas comment Jhering a pu le suivre jusque dans le gan- 
glion cérébroïde. Un petit nerf pénial se rend à la base 
du pénis. 

Ganglions commissuraux, supra et suh-intestinaux. — 
Le ganglion commissural droit ne donne naissance qu'à 
un gros nerf pariétal qui, très rameux, a son correspon- 
dant sur le ganglion commissural gauche. Celui-ci donne 
en outre un nerf columellaire, trois nerfs pariétaux qui 
se rendent à gauche, enfin deux nerfs siphona.ux dont le 
plus grand se relie par une anastomose puissante avec 
le nerf branchio-palléal ; le plus petit ne donne que 
quelques rameaux au siphon et va former un réseau dans 
le bourrelet palléal qui entoure le corps en-dessous. De 
tous ces nerfs Jhering ne signale que le nerf siphonal 
sans parler de son anastomose. 

Outre la commissure viscérale, le ganglion supra-intes- 
tinal donne trois nerfs qui passent en écharpe au-dessus 
du tube digestif et ont leurs champs d'innervation à 
gauche. L'un d'eux, assez tin, est un nerf po.riétal, les deux 
autres beaucoup plus gros se rendent à la fois à la grande 
et à la petite branchie. La petite branchie est beaucoup 
plus richement innervée que la grande, les filets nerveux 
qui s'y rendent se terminent brusquement au bourrelet 
médian; par conséquent elle otïre une grande analogie 
avec l'organe étudié par M. de Lacase-Duthiers chez les 
Pulmonés aquatiques; Spengel en fait un organe d'olfac- 
tion. Le nerf branchial antérieur envoie une forte anas- 
tomose au grand nerf siphonal et va ensuite former dans 



— 74 — 

le manteau un réseau aux angles duquel j'ai trouvé de 
petits ganglions. En parlant du ganglion supraintestinal 
Jliering signale seulement deux nerfs qui seraient l'un 
exclusivement branchial, l'autre exclusivement palléal. 

Le ganglion subintestinal donne un nerf columellaire^ 
cinq ou six nerfs pariétaux, enfin (outre la commissure 
viscérale) deux gros nerfs palléaux. Le postérieur est le 
plus petit, il va former un réseau à la partie antérieure 
de la glande à mucus ; l'antérieur donne également un 
vaste réseau dans la partie droite du manteau et ce ré- 
seau communiquant, d'une part avec celui formé parle 
petit nerf siplional, de l'autre avec le réseau du nerf 
branchio-palléal, le corps se trouve enveloppé en avant 
par un réseau continu qui ne s'interrompt qu'au niveau 
du siphon. Jhering. qui ne signale pas ce réseau,,fait sur- 
tout du grand nerf palléal un nerf columellaire ; il ne 
signale pas d'autre nerfs. 

Ganglions viscéraux. — De la commissure Tiscérale 
part un nerf assez puissant qui se rend à la glande à 
mucus, au canal déférent et aux glandes annexes de- 
l'appareil génital. 

Les principaux nerfs qui partent du gros ganglion vis- 
céral sont : un gros nerf réno-cardiaque se rendant uni- 
quement au rein, à l'oreillette et au ventricule; un long 
nerf innervant le foie et les glandes génitales, un nerf 
rectal et un nerf recto-génital contractant des anasto- 
moses avec le nerf parti de la commissure. Quant au 
petit ganglion viscéral, il ne donne que deux nerfs reliés 
par des anastomoses, l'un va à la veine branchio-car- 
diaque, l'autre à l'aorte et aux parties du tube digestif 
situées dans les viscères. Jhering avait appelé le premier 
de ces ganglions ganglion génital, et l'autre ganglion ré- 
nal; ces dénominations suffisent pour montrer combien 
l'innervation des viscères a été mal étudiée par ce savant. 

Ganglions sympathiques. — Ils innervent toute la partie 
du tube digestif qui précède, l'estomac, les glandes sali- 
vaires, une glande spéciale annexée à l'œsophage et 
l'aorte antérieure; c'est comme un système viscéral de 
la partie antérieure du corps. 

Trois longs nerfs sympathiques vont innerver dans- la 



— 75 — 

trompe l'œsophage et la gaîne de la radula ; le nerf sali- 
vaire envoie aussi deux branches à l'œsophage, enfin un 
grand nerf sympathique, se réunissant à celui du côté 
opposé se rend à la partie de l'œsophage qui se recourbe 
vers l'estomac, à la glande spéciale et à l'aorte antérieure. 



Siéance du 35 avril 1SS5. 

PRÉSIDENCE DE M. DUTER. 

M. H. Viallanes fait la communication suivante : 

Sur la structure interne du ganglion optique de quelques 
larves de Diptères, 

par M. H. Viallanes. 

J'ai l'honneur de présenter à la Société Philomathique 
les conclusions résumées de recherches que j'ai entre- 
prises sur la structure microscopique de l'appareil visuel 
de quelques larves de Diptères (Musca, Eristalis, Stratio- 
mys). 

1° L'appareil visuel si compliqué de l'Insecte adulte, 
existe chez la larve dans toutes ses parties essentielles, 
et fonctionne déjà, seulement il n'est encore que peu dé- 
veloppé et entièrement caché au-dessous des téguments 
et des muscles. 

2° L'appareil visuel, de la larve comprend trois parties 
principales : le disque imaginai de l'œil composé, la tige 
nerveuse et le ganglion optique. 

3° Le disque imaginai de l'œil composé est essentielle- 
ment formé comme les disques imaginaux ordinaires, il 
présente un feuillet provisoire, appelé à disparaître au 
moment de la métamorphose, un exoderme et aussi un 
mésoderme. On peut distinguer dans l'exodermc deux 
régions, une région optogénique et une région non opto- 
géniqiie. La première de celles-ci renferme de grandes 
cellule fusiformes régulièrement disposées et destinées 



— 76 — 

à former chacune un œil élémentaire ; ce sont les cellules 
optogènes. De chacune d'elles part un conducteur nerveux, 
(fibre post-rétinienne). Les fibres post-rétiniennes per- 
cent la basale ou limitante interne de la région optogé- 
nique, se dirigent en arrière en formant à la surface de 
celle-ci un revêtement épais, morphologiquement compa- 
rable au mésoderme des disques ordinaires; elles se grou- 
pent ensuite en un faisceau cylindrique (la tige nerveuse) 
qui gagne le ganglion optique. 

4° Le ganglion optique est interposé à la tige nerveuse 
et au nerf optique. 11 est formé des mêmes parties essen- 
tielles qu'on trouve chez l'imago, ce sont : la lame gan- 
glionnaire, le chiasma in terne, la masse médullaire externe 
et les centres ganglionnaires annexés à cette masse, 
le chiasma interne, la masse médullaire interne et les 
centres ganglionnaires dépendants de cette dernière. 

Tandis que chez l'adulte toutes ces parties sont écar- 
tées l'une de l'autre, chez la larve elles sont serrées et 
emboîtées l'une dans l'autre, si bien que le ganglion est 
tout entier ramassé en une masse globuleuse. 

5° La lame ganglionnaire a l'aspect d'une bande étroite, 
recourbée en un fer-à-cheval à convexité antérieure. Elle 
est complètement encastrée dans la surface externe du 
ganglion optique. Elle comprend trois couches : la couche 
moyenne est exclusivement formée de substance ponc- 
tuée, l'interne est représentée seulement par une assise 
de noyaux, l'externe est constituée par des cellules gan- 
glionnaires groupées en chapelets, les prolongements que 
les cellules émettent s'enfoncent dans la couche moyenne. 
La lige nerveuse, après avoir atteint le ganglion optique, 
dissocie ses libres qui se répandent à la surface de la lame 
ganglionnaire; ces dernières s'enfoncent entre les élé- 
ments de la couche externe et pénètrent dans la couche 
moyenne, d'où elles ressortent pour former le chiasma 
externe. 

6° La masse médullaire externe se présente sous l'as- 
pect d'une épaisse calotte concave en dehors, convexe 
en dedans. Par sa face convexe elle reçoit les fibres du 
chiasma externe. 

7° A la masse médullaire externe sont annexés deux 



— 11 — 

groupes de cellules nerveuses. Le premier qui représente 
à la fois la couronne ganglionnaire et le ganglion en coin 
de l'inicigo est désigné par nous sous le nom de masse 
ganglionnaire interne, le second mérite la dénomination 
de masse ganglionnaire marginale. 

La masse ganglionnaire interne revêt toute la surface 
convexe de la masse médullaire, c'est elle qui constitue 
la face interne du ganglion optique, elle environne de 
toutes parts le bord convexe de la lame ganglionnaire. 
Elle est formée de petits éléments unipolaires dont les 
prolongements s'enfoncent dans la surface convexe de la 
masse médullaire, en s'insinuant entre les fibres du^ 
chiasma externe. 

La masse marginale, elle aussi superficielle, envoie ses 
prolongements à tout le bord antérieur de la masse mé- 
dullaire externe, qu'elle recouvre complètement. Elle a 
la forme d'un fer-à cheval, et sa convexité est embrassée 
par la concavité de la lame ganglionnaire. 

8° De toute la surface concave de la masse médullaire, 
naissent des fibres qui s'entrecroisent et forment le 
chiasma interne. 

9° La masse médullaire interne, formée comme l'ex- 
terne par de la substance ponctuée, est presque entière- 
ment logée dans la concavité de la masse médullaire 
externe. Elle est formée de deux capsules, l'une interne , 
l'autre externe, intimement unies seulement en arrière, 
et en avant écartées de manière à limiter une large 
fente dans laquelle se loge et se termine le chiasma 
interne. 

10" Les masses médullaires, internes et externes, sont 
unies l'une à l'autre, non seulement par le chiasma mais 
encore directement par deux paquets de fibres non entre- 
croisées. Tous deux partent du bord postérieur de la 
masse externe et se rendent à la capsule interne. 

11° Le nerf optique qui tire son origine des deux cap- 
sules constitutives de la masse interne qst très court et 
entièrement caché, tant par les masses ganglionnaires qui 
revêtent le ganglion optique que par celles qui recouvrent 
le cerveau. Il est formé de deux faisceaux parfaitement 
distincts, l'un supérieur qui se rend à la région anté- 



— 78 — 

Heure du cerveau, l'autre inférieur, qui gagne les parties 
latérales de celui-ci. 

12° En résumé : le ganglion optique est chez lesiarves, 
dont l'étude nous occupe, constitué par les mêmes par- 
ties essentielles que chez l'imago; à cette différence près 
que ces parties, au lieu d'être écartées et disjointes, sont 
aglomérées et encastrées l'une dans l'autre, de telle ma- 
nière que les masses médullaires et les chiasmas sont 
groupés au centre et que les masses ganglionnaires sont 
toutes repoussées à la périphérie de manière à former 
l'écorce du ganglion. 

13° Le ganglion optique est revêtu d'un double névri- 
lemme qui n'est qu'une continuation de l'enveloppe du 
cerveau. Entre ce névrilemme et le tissu nerveux du 
ganglion, on trouve des parties ébauchées, de nature 
épithéliale, et appelées à jouer un rôle important au mo- 
ment de la métamorphose. 

Ce sont : le bourrelet péri-laminaire et le bourrelet interne.. 
Le premier est une bande épithéliale, remplissant un sil- 
lon profond creusé à la surface du ganglion tout autour 
du bord convexe de la lame ganglionnaire. Le second qui 
est de même nature histologique est situé à la partie pos- 
térieure du ganglion et n'est superficiel que sur une 
étendue très restreinte, il s'enfonce à l'intérieur du gan- 
glion sous forme d'un boudin cylindrique, qui contourne 
le nerf optique, puis s'étale en une membrane qui revêt 
la masse médullaire interne et s'étend jusque dans l'inté- 
rieur même du chiasma interne. 



iSéancc du 40 mal 1SS5. 
PRÉSIDENCE DE M. FOURET. 

M. Viallanes fait la communication suivante 



7y 



Sur une méthode de détermination du temps de pose 
en photographie microscopique, 

par M. H. Viallanes. 

Une détermination exacte du temps de pose, c'est-à-dire 
•du temps pendant lequel une glace sensible doit être ex- 
posée dans la chambre noire, est indispensable si l'on 
veut obtenir des résultats satisfaisants. Aussi cherche- 
t-on depuis longtemps un procédé permettant d'effectuer 
cette détermination ; le meilleur de ceux qui aient été 
proposés jusqu'à ce jour est celui qui est dû à M. Vidal. 
Malheureusement la méthode de ce savant, bien qu'excel- 
lente dans la pratique photographique courante, manque 
de généralité, et ne saurait être employée en micropho- 
tographie. Il est inutile que je rappelle en détail le pro- 
cédé de M. Vidal, qu'il me suffise de dire qu'il ne serait 
exact que si le papier au chlorure d'argent employé 
comm-e photomètre était sensible aux mêmes rayons que 
le gélatine bromure qui sert à préparer les glaces, or il 
n'en est point ainsi, ie papier au chlorure est, presque 
insensible aux rayons jaunes, tandis que ces mêmes 
rayons impressionnent très vivement les glaces au gé- 
latino et particulièrement celles qui sont connues sous 
le nom de glaces isochromatiques. Il en résulte que la 
méthode de M. Vidal qui peut être suffisamment ap- 
prochée quand on opère à la lumière du jour, devient 
impraticable quand on emploie une source lumineuse 
artificielle, et quand surtout on tamise les rayons émis 
par celle-ci à travers un verre jaune, comme dans une 
précédente communication je vous ai indiqué qu'il fallait 
le faire dans la pratique de la microphotographie. Cette 
raison suffit à elle seule à rendre impossible dans le cas 
qui nous occupe l'emploi de la méthode de M. Vidal; il 
est un autre motif presque aussi important qui doit nous 
la faire rejeter. M. Vidal, dans le procédé qu'il donne, ne 
tient pas compte de l'absorption des rayons lumineux 
par les verres de l'objectif, cette quantité qui est en effet 



— 80 — 

très petite et partant négligeable avec les appareils ordi- 
naires de photographie, devient très grande avec les sys- 
tèmes dioptiques grossissants que nécessite la photogra- 
phie microscopique. 

J'ai donc dû me mettre en quête d'une méthode per- 
mettant de déterminer le temps de pose en microphoto- 
graphie; celle que je propose me paraît présenter un 
grand caractère de généralité, car elle est applicable, 
quelle que soit la nature des rayons lumineux qu'on em- 
ploie, quelle que soit la composition optique des objectifs 
microscopiques, quelle que soit la sensibilité des glaces et 
cela sans qu'il soit nécessaire de déterminer aucune de 
ces conditions. 

Le seul appareil qu'il faudrait avoir sous la main serait 
une plaque de verre sur laquelle on aurait imprimé une 
échelle graduée comprenant 16 teintes transparentes de 
plus en plus foncées. Sur chacune de ces teintes ou 
degrés se détacherait en noir un chiffre; le n° 1 répon- 
dant à la teinte la plus claire, le n° 16 à la plus foncée. 
Les teintes seraient graduées de telle manière que s'il 
fallait 1" pour imprimer le n° 1 sur une surface sensible 
donnée, il faudrait 16 secondes pour imprimerie n*^ 16 sur 
cette même surface, etc. On conçoit par conséquent que si 
dans un temps donné, il passe à travers le n° 1 une cer- 
taine quantité Q de rayons, pendant ce même temps, il 
passera seulement une quantité Q/2 à travers le n" 2, 
Q/3 à travers le no 3, etc. 

L'appareil étant construit comme je viens de le dire on 
fait une fois pour toute l'expérience suivante : 

1° On obtient un certain nombre de clichés d'une même 
préparation, en employant toujours les mêmes glaces, le 
même objectif, la même lumière, le même révélateur, etc., 
en un mot les conditions expérimentales, restent toutes 
constantes, excepté le temps de pose qu'on fait varier 
d'une épreuve à l'autre. Une série de clichés étant ainsi 
obtenue, on les compare entre eux et on note le temps 
de pose de celui qui est le plus satisfaisant; soit par 
exemple 6". 

2° On enlève alors la préparation microscopique et 
sans rien changer aux autres conditions, on expose une 



— 81 — 

glace, en ayant soin de placer immédiatement en avant 
d'elle notre échelle graduée sensitométrique et l'on pose 
le temps qui a fourni notre plus beau cliché, c'est-à-dire 
6". On* développe ensuite la glace et on note le plus 
élevé des numéros de l'échelle qui s'y sont imprimés, 
soit 8 par exemple. On en déduit que : pour qu'une glace 
quelconque donne au développement un beau cliché, il 
faut qu'elle ait reçu une quantité de lumière suffisante 
pour imprimer sur elle le n° 8 de l'échelle; et l'on écrit 
ce résultat sur l'instrument. 

Il nous est possible maintenant, à l'aide de l'échelle 
ainsi éprouvée, de déterminer sans tâtonnement le temps 
de pose qu'il convient d'employer dans des conditions 
différentes. 

Aussi nous avons une autre source lumineuse, un 
autre objectif, d'autres glaces que celles qui ont servi à 
l'expérience précédemment décrite, nous voulons savoir 
le temps de pose x nécessaire dans ces nouvelles condi- 
tions, qui sont indéterminées pour l'opérateur, et que 
celui-ci n'a même pas le moyen de déterminer. 

Nous procédons alors de la manière suivante : nous 
exposons dans la chambre noire une glace sensible recou- 
verte de l'échelle graduée et nous posons un temps quel- 
conque que nous notons, soit T. Nous développons alors 
la glace et nous lisons le numéro le plus élevé qui ait 
été imprimé sur elle, soit 12. 

Gomme nous savons, ainsi que nous l'a montré notre 
première expérience, que pour qu'une glace fournisse un 
l3on négatif, il faut qu'elle reçoive une quantité de lumière 
nécessaire et suffisante pour imprimer sur elle le n° 8 du 
sensitomètre. Nous pouvons écrire l'équation suivante : 

X 8 „ , 8^ 

_=_dou ..==-. 

Aussi dans une circonstance donnée, il nous suffira de 
faire une seule expérience, de sacrifier une seule glace 
pour déterminer à coup sûr le temps de pose qu'il con- 
vient d'employer chaque fois que nous opérerons dans 
les mêmes conditions. 

Bien entendu la détermination du temps de pose ainsi 

6 



— 82 — 

obtenue ne serait parfaitement rigoureuse que si toutes 
les préparations qu'on se propose de reproduire étaient 
toujours analogues à celle dont on a fait au préalable 
une série d'épreuves. Il n'en est assurément pas ainsi, il 
faudrait pour être absolument précis, pour les pièces 
très transparentes, poser un peu moins que ne l'indique 
l'épreuve sensitométrique, forcer un peu la pose de celles 
qui sont plus opaques. Mais la pratique m'a montré qu'il 
était inutile de prendre de telles précautions, les objets 
qu'on photographie d'une manière courante (les coupes 
microscopiques), par ce fait même que ce sont de bonnes 
préparations, se ressemblent beaucoup l'une et l'autre 
au point de vue de la transparence. 11 est d'autant plus 
inutile de tenir compte des différences qu'elles peuvent 
offrir, et de l'influence que celles-ci peuvent avoir sur la 
durée du temps de pose, que le développement nous 
offrira des ressources très suffisantes pour compenser 
une erreur commise dans la détermination du temps de 
pose. 



séance du 30 mai 4SSâ. 
PRÉSIDENCE DE M. HENNEGUY. 

M. de Rochebrune fait les communications suivantes : 

Note sur un nouveau genre de Céphalopodes, 
par LE Dr A. T. de Rochebrune, 

Aide-Naturaliste au Muséum. 

Dans notre étude monographique de la famille des 
Eledonidae présentée à la Société Philomathique de 
Paris {Séance du S avril 1884), et publiée dans le Bulletin 
de la même Société (T. VIII, 7« série, 1884-4883), nous 
avions cru devoir accepter le genre Rallia créé par 
Valenciennes pour un type existant dans les Collections 
du Muséum. 



« Le genre Rallia, proposé par Valenciennes, disions- 
nous (loc, p. 156), n'a jamais été publié. Nous le trouvons 
inscrit de la main même du savant Professeur du Mu- 
séum, sur le bocal contenant le type, aujourd'hui déposé 
dans les galeries de la Collection Malacologique du Jardin 
des Plantes. Ce type remarquable méritait à tous égards 
d'être séparés du genre Eledona. » 

En outre, nous caractérisions ce genre de la façon sui- 
vante : 



Genre HALLIA, Val. 
(de Hall, nom propre) 

Caractères. — Corps ovoïde, arrondi, large, compi"imé, entouré d'une 
membrane natatoire épaisse ; tête petite, yeux gros, saillants, bras sub- 
égaux, robustes, longs, comprimés, à cupules disposées sur un seul 
rang,, les trois premières de grandeur moyenne, les dix suivantes très 
larges, toutes les autres petites, rapprochées; membrane de l'ombrelle 
large, épaisse, atteignant seulement le 1/3 environ de la longueur des 
bras et se prolongeant sur toute leur étendue en une crête épaisse assez 
élevée; tube locomoteur court, large, conique. 

Depuis la publication précitée, l'étude des Mollusques 
Sénégambiens nous a remis en mémoire, qu'il existait un 
Gastropode des plus intéressants , décrit en 1826 par 
Risso (H. Nat. Eur. Mérid., t. IV, j3. S'2) sous le nom 
générique de Halia (1), généralement accepté. 

(1) L'Halia Priamus, Risso, des Côtes de la Gambie (Teste, W de 
Rochebrune; Officiers de l'Alceste), et, paraît-il, des côtes d'Espagne 
(Teste, Martyn, 1784 et al. auctor.), est un des Gastropodes sur la posi- 
tion systématique duquel les opinions les plus contradictoires ont été 
émises; il était donné à notre savant collègue et ami M. Poirier, docteur 
ès-sciences et Aide-Naturaliste au Muséum, de fixer définitivement la 
place que devait occuper cette espèce litigieuse. — Dans un remarquable 
mémoire (Recherches analomiques sur V Halia Priamus, in Bulletin de la 
Société Malacologigue de France, t. Il, n" i, juillet 4885, p. 41 à 50 et 
pi. II, III, IVj, M. Poirier a pu, en effet, établir d'une manière irréfu- 
table que l'Halia Priamus devait constituer un groupe à part dans la 
famille des Buccidinœ. 

M. le D''P. Fischer est le seul auteur ayant pu, avant M, Poirier, étudier 
anatomiquement l'Halia Priamus; dès 1858, en effet, le Rééditeur du 
Manuel de Conchyliologie deWoodward, publiait dans le Journal de Con- 



- 84 — 

Si l'orthographe da genre Halia, Risso, diffère un peu 
de celle du genre Hallia adopté par nous, il n'en est pas 
moins vrai que la consonnance des deux mots conduit à 
une confusion regrettable ; 

Or, comme en vertu d'une loi de la nomenclature Lin- 
néenne (Phil. Bot.; § ^^8) : 

« Nomina generica SIMILI SONO exeuntia, ansam prce- 
bent confusionis, » 

Le mot Hallia, bien postérieur à l'Halia de Risso, 
doit être rejeté ; 

D'un autre côté, comme le type pour lequel le genre 
avait, été créé, mérite, d'après l'opinion de savants Mala- 
cologistes, d'être différencié des Eledona, 

Nous croyons devoir lui imposer un nouveau nom et 
nous le désignerons sous le vocable générique Hoylea. 

En dédiant ce genre à M. le D"" E. Hoyle, le savant 
auteur des Céphalopodes du Challenger, nous sommes 
heureux de lui témoigner notre sympathie, en souvenir 
de nos excellentes relations avec lui, lors de son trop 
court séjour (5 mai 1885) au laboratoire de Malacologie 
du Muséum, époque à laquelle il venait étudier nos spé- 
cimens de Céphalopodes. 

La synonimie du genre et de l'unique espèce qui lui 
appartient jusqu'ici, espèce dont nous croyons utile de 
reproduire la diagnose et la description, devra à l'avenir 
être ainsi établie : 

Gen. HOYLEA, Rochbr. 
Hallia, Valenciennes, M. S. in Coll. Mus. Paris. 
Hallia, Rochbr., Bull. Soc. Phil. Paris, 7^ sér., t. VIII. 

chyliogie sous le titre de Monographie du genre Halia, Risso floc. cit., 
2' série, tome III, p. Hl à tSS, pi. V) un travail où il aSirmait, en se 
basant surtout sur la formule de la radula, que l'Halia Priamus devait 
être désormais classé dans la famille des Pleurotomidœ; beaucoup de 
Conchyliologistes, dont le savoir consiste à copier servilement, sans s'in- 
quiéter de vérifier l'exactitude des faits présentés, entre autres W Tryon 
(Manual of Conchfdogy, part. 2,5, p. 161) ont accepté cette manière de 
voir. Malheureusement M. le D' P. Fischer, inhabile au maniement du 
microscope, n'a pas su voir la véritable forme de cette précieuse radula, 
son mémoire sans valeur, dénote surabondamment: qu'il est aussi faible 
anatomiste, qu'observateur superficiel. 



— 85 — 

HOYLEA SEPIOIDEA, Rochbr. 

Hallia sepioidea, Valenciennes, M. S. in Coll. Mus. Paria. 

Hallia sepioidea, Rochbr. Bull. Soc. Phil. Paris, 7» sér., 
t. VIII. 

H. — Corpore ovoideo, rotundato, latissimo, compressa; 
pinnis crassis, circulariter cincto ; brachiis elongatis compres- 
sis suhœqualihus, cotyledonibus irregularihus ;memhrana um- 
hrellœ suhlata, vix eœtremitate'in brachiorum attengente. 

Long, corp 0,2^i. 

Lat.corp 0,iSl. 

Long. med. brach... 0,413. 

Hab. — Pris au large de Cherbourg et donné par l'Ami- 
ral de Hall. Type, Mus. Paris. 

Corps ovale arrondi, large, comprimé, entouré par une 
membrane natatoire épaisse de consistance gélatineuse, 
ne présentant pas de solution de continuité à la pointe 
du sac; tête petite, à yeux très gros, proéminents; bras 
épais, longs, comprimés, subégaux, se terminant en 
pointe effilée; à cupules de dimensions inégales; les trois 
premières d'un faible diamètre, les dix autres très larges, 
espacées, diminuant brusquement de diamètre à ce ni- 
veau et se montrant petites et très rapprochées; mem- 
brane de l'ombrelle assez large, épaisse, se prolongeant 
sur chaque bras en une arête épaisse et peu élevée; 
animal d'un jaunâtre rosé, vaguement maculé de taches 
nuageuses, d'un violet pâle. Toutes les parties inférieures 
rosées. 

Depuis la publication de notre Étude monographique 
de la famille des Elonid^ (loc. cit.), plusieurs types re- 
marquables ont été décrits par M. le D"" Hoyle; nous 
aurons soin d'en tenir compte dans nos suppléments à 
la révision des Cep/iaiopoc?e5. 



— 86 — 



Vertehratorum novoriim vel minus cogyiitorum orœ Africœ 

occidentalis incolarum. 

Diagnoses (■!), 

Auctore D"" A. T. de Roghebrune 

e Museo Parisiensi. 



SERIES PRIMA 



MAMMALIA. 



1. CrICETOMYS DISSIMILIS. * 

G, — Corpus G. Gamhiensis habita, sed stalura minore ; dorso 
castaneo fusco, nigro permixto ; lateribus sordide fulvis ; margini- 
bus labiorum superiorum, collo, ingluvie, abdomine, partibusque 
interioribus artimm, albo ciiiereis ; brachiis et cruribus, anlice fulvo 
auratis. lateraliter albo nitente marginatis ; digitibus albis ; rostro 
pilis brevissimis rufis, induto ; vibrissis nigris ; auribus intiis lutes- 
centibus, extus rufis, tenuiter pilosis ; caudee parte antica castanea, 
parte postica alba, spatio medio late castaneo maculato, undique 
setis albescentibus vestita. 

Longitudo ab apice rostri, ad caudee basin. , . 0,226. 
— caudœ * 0,385. 

Ilab. — Locum Landana dictum. — In Museo Bouvieri. 

(1) Malgré l'opinion toute personnelle de M. F. Z. S. Olfleld Thomas 
qui. dans le Zoological Record {488%. Mammalia, p 43], se plaint de ce 
que nous donnons dans le Bulletin de la Société Philomatique de Paris : 
« MOST iNSUFFiciENT DESCRIPTIONS, » nous Continuerons à agir comme 
par le passé, en priant le Savant Anglais de recourir pour plus de dé- 
tails: au supplément à notre Faune de la Sénégambie [en voie de publi- 
cation) ; de comparer ses propres diagnoses aux nôtiTS, et de bien se 
pénétrer des différences que, nous autres Français, nous établissons 
entre ces deux mots : « Diagnose et Description. » 

Toutes les formes dont nous donnons les diagnoses, dans cette pre- 
mière série et dans celles qui lui feront suite, seront figurées en couleurs 
dans nos suppléments aux Vertébrés de la Sénégambie. 



— 87 — 

Tantum a Cricetomyde Gambrinsi, signis exterioribus, 
banc formam dignoscitur, quantum babitu ossium. 

2. Malacomys Edwardsi. 

M. — Corpus gracile ; dorso castaneo nitente ; utrinque splen- 
dide fusco aurato ; genis, scapulisque pallidioribus ; lateribus, in- 
gluvie, et artuum latere interno albis ; gastrœo schislaceo ; pedibus 
rufis ; vibrissis nigerrimis ; auriciilis latis, ovatis, nudis, infus- 
catis ; cauda corpore longiore, nuda, nigro rufescente. 

Longitudo ab apice rostri ad caudse basin. . . 0,138. 

— caudee 0,151. 

Rab. — Ad ripas amnis dicti Mellacorée. — In Museo 
Bouvieri. 

Prseclaro Professori A. Milne-Edwards, auctore generis 
Malacomyos, banc pulchram formam, libentissime dica- 
mus. 

A. M. longipede, ferrugineo que (A. M. Edw.jplane differt. 

3. Mus TEPHRUS. 

M. — Corpus M. demmani, habitu ; pilis mollissimis ; dorso 
subfusco ; lateribus pallide fusco cinereis ; genis, ingluvie, collo, 
abdomine, artuumque partibus interioribus, albo cinereis ; talaribus 
nigrescentibus ; pedibus glabris, luteis ; fronte rostroque rufis ; au- 
ribus latis, subnudis, flavidis, fascia lata cinereo fusca marginatis ; 
vibrissis tenuibus, longissimis, nigro alboque bipartitis; cauda cor- 
pore breviore, usque ad tertiam partem nuda, squamosa, fusco 
lutea, deinde alba, setis brevissimis, resupinatis, obtecta. 

Longitudo ab apice rostri ad caudœ basin. . . 0,250. 

— caudœ 0,170. 

Hab. — Locum Landana dictum. — In Museo Bou- 
vieri. 

4. Lynx Lucani. 

L. — Corpus C. domestici habitu ; supra fulvo castaneum ; dorso 



- 88 — 

fascia intense castanea a regione occipitali usque ad caudae extre- 
mitatem gerente, antice posticeque lata, medio angustata ; fronte 
pallide fuivo, nigro unduiato ; oculorum margine nigro ; genis ci- 
nereo fulvis, minute castaneo tri vel quadrimaculatis ; oris labro- 
rum, ingluvie, albo cinereis, schistaceo guttatis ; colio lateraliter et 
inferne rufo lutescente ; regione parotica luteo rufa ; lateribus fidvis 
nigro undulatis ; abdomine cinereo fulvo, maculis castaneis sparso ; 
scapulis femoribusque fulvis, rufo intense punctatis ; ulnis et cruri- 
bus externe fulvis, maculis irregularibus nigris concentrice dispo- 
sitis et in fasciis latis dilutioribus ad faciem internam albam desi- 
nentibus, ornalis ; pedibus rufis, intus nigrescentibus ; unguibus 
luteo albis ; auriculis latis externe nigris, macula albo lutea, lata, 
ovoidea, centraliter disposita, ornatis, cinereo marginatis ; intus 
pilis longissimis, altitudinem attengentibus, vestitis ; cauda cor- 
pore breviore, superne rufa, inferne cinereo fusca, castaneo annu- 
lata. 

Longitude ab apice rostri ad caudœ basin. . . 0,472. 
— caudœ 0,250. 

Hab. — Locum Landana dictum, ad limites nemorum 
Rhizophorarum. — In Museo Bouvieri. 

Ab omnibus congeneribus, plane differt. 



AVES. 

Duse formas singularis, sub nomine : Cinnyride fuliginoso. 
Vieil., permixtse sunt ; aetas in ullo modo nec tempora 
anni, ut dicunt auctores, efficiuntur ordinationem colo- 
rum ; tali modo, aves illas cbaracteribus validis distin- 
guere existimamus : 



5. GiNNYRIS FULIGINOSUS. 

C. — Typus, (^ adult. — Supra fulvo purpureo iridescente ; 
coUo postico et interscapulio, cupreo nitide flammatis ; plaga ante 
oculari, minima, nigro nitente ; fronte intense violacée ; gutture 
nigro violaceo nitidissimo ; alis intense fulvo purpureis ; tectricibus 



- 89 — 

alarumminimis, castaneo nigris; supra caudalibus metallice cupreis; 
reclricibus castaneo nigris nitentibus; infra, metallice nigropurpureo; 
fasciis pectoralibus sublatis, sulfureis ; subalaribus nigro fuscis ; 
reraigibus fulvo œneis ; rostro, pedibusque nigris. 
Longitude corporis. . . 0,105. 

— caudae. . . . 0,045. 

— alarum.. . . 0,069. ^ 

— rostri 0,024. 

Hab. — Cunctas orse Africœ occidentalis regiones, illa 
forma habitat. — In Museo Bouvieri. 



6. CiNNYRIS SCAPULATUS. 

C. — cT o.duU. — Supra pallide castaneo ; coUo postico et in- 
terscapulio, griseo fulvo lutescentibus ; plaga ante oculari lata, 
nigra; fronte violacée, fulvo circumdato ; gutture violacée nites- 
cente ; alis castaneis ; tectricibus alarum minimis, castaneo flaves- 
centibus ; supra caudalibus pulcherrime seneis ; rectricibus casta- 
neis ; infra metallice castaneo ; fasciis pectoralibus minutis, albo 
luteis ; remigibus fulvo cupreis ; rostro, pedibusque nigris. 

Longitude corporis. . . 0,090. 

— caudae 0,040. 

— alarum 0,072. 

— rostri 0,021. 

Hah. — Solum in regione Gahonense , hanc formam, 
incolani esse videtur. — In Museo Bouvieri. 



REPTILIA. 

7. Atheris Lucani. 

A. — Corpus abbreviatum, subangulatum ; capite ovato, rotun- 
dato; rostro conico, brevi, instructo; scutis supra labialibus utrinque 
\ ; infra labialibus \ 1 ; infra ocularibus uni seriatis ; squamis 
corporis carinatis, 14 seriatis; addominalibus 168; sub caudali- 
bus 61 ; anali intégra ; cauda brevi, préhensile. 



— 90 — 

Supra prasino nitens, aurantiaco minute maculatum, et ad par- 
tem posticam, fasciis aurantiacis, interruptis, ornatum ; infra dilute 
flavescens, squamis aurantiaco linibalis ; capitis pars antica rufa ; 
iris cœruleus. 

Longitude intégra. . . 0,403. 

Hah, — Locum Landana dictum. — In Museo Bou- 
vier!. 

Ab A. chloroechis, Schleg. ; squamigera, Hallow. ; poly- 
lepis, Peters. ; et Burtonii, Gimth ; omnimo differt. 

8. Atheris proximus. 

A. — Corpus abbreviatum, subrotundatum ; capite triangulari ; 
rostro obtuso, quadrato ; scutis supra labialibus utrinque 12 ; infra 
labialibus \ 3 ; infra ocularibus biseriatis ; squamis corporis cari- 
natis i 7 seriatis ; abdominalibus 159; subcaudalibus 54; anali 
intégra, subangulata ; cauda brevi préhensile. 

Supra unius modi luteo croceum ; infra flavo aurentiacum. 

Longitudo intégra. . , 397. 

Hab. — Locum Bissarié dictum (reg. Casamenee). — In 
Museo Bouvieri. 

A. Burtoni, Guiith., affinis ; tamen ab illa forma differt 
presertim ordinatione et numéro scutorum, squamorum- 
que. 



AMPHIBIA. 



9. Rana Marchei. 

R- — Corpus gracile, longitudinaliter subrugatum, lateraliter 
granulosum ; dentibus vomerinis in duas turmas ovoideas ad basin 
lateris superioris Clioanse incipientibus ; rostro elongato 2 1/2 oculi 
diametro superante ; tympano lato, oculi diamètre œquante ; digi- 
tibus anticis subpalmatis; posticis longissimis, palmatis ; tubercule 



— 91 — 

metatarsali, prealto, subrostrato ; artus inferioris osse transverso 
talorum, apice rostri attingente. 

Supra pallide cinereo glaucum, ocellis, quadratis, parvis, fusco 
cœruleis longitudinaliter ornatum; rostrum, labrorumque margines, 
luteo fusco vermiculati ; infra sublividum. 

Longitude intégra. . . 0,031. 

Hàb. — Ad ripas rivuli Sangourougou dicti (reg. Ca- 
samence). — In Museo Bolivien. 



10. Hyperolius m^stus. 

H. — Corpus gracile complanatum ; rostro triangulare ; 1 1/2 
oculi diamatro superante ; tympano abscondito; spatio interorbitali 
•S in longitudine capitis; digitibus anticis posticisque subpalmatis ; 
pectore ruga transversa, sinuosa ; artus inferioris osse transverso 
talorum, angulum anticum oculorum, paululum superante. 

Supra violaceum, albo puncticulatum ; artus sordide lutei, fusco 
maculati ; infra luteum. 

Longitude intégra, . . 0,022. 

Hab, — Lociim Landana dictiim, in foliis Musarum. — 
In Museo Bouvieri. 

11. Hyperolius LucANi. 

H. — Corpus crassum ; rostro abrupte obtuso, i/2 oculi diametro 
superante ; tympano abscondito; spatio interorbitali 1 1/2 in longi- 
tudine capitis ; digitibus anticis, subpalmatis; posticis abbreviatis, 
intense palmatis; pectore ruga transversa nulla ; artus inferioris 
osse transverso talorum, apice rostri aequante. 

Supra cinereo roseum, castaneo minutissime vermiculatum ; digiti 
et crurorum partes interiores rosei ; infra cinereum. 

Longitude intégra. . . 0,026. 

Hab. — Locimi Landana dictiim, infrondibus Borasso- 
rum. — In Museo Bouvieri. 



— 92 — 

12. Hyperolius Rhizophilus. 

H. — Corpus gracile ; rostro obtuso 1 1 /2 oculi diametro supe- 
rante ; tympano abscondito ; spatio interorbitali 4 1/2 in longitu- 
dine capitis ; digilibus anticis, abbreviatis, crassis, singulatis, pos- 
ticis subpalmatis ; pectore ruga transversa, undalata ; arlus 
inferioris osse transverso talorum, anguium externum oculorum 
attingente. 

Supra pallide roseo violaceum ; maculis quadratis, latis, intense 
cœruleis ornatum ; infra rufum. 

Longitudo intégra .. . 0,023. 

Hab. — Locum Landana dictum ; in foliis Rhizophora- 
rurn. — In Museo Bouvieri. 

13. Hyperolius Protchei. 

H. — Corpus crassum ; rostro quadrato, oculi diametro sequante; 
tympano abscondito; spatio interobitali 2 in longitudine capitis; 
digitibus anticis crassis, singulatis, posticis graciiibus, intense 
palmatis ; pectore ruga transversa paululum distincta ; artus infe- 
rioris osse transverso talorum, apice rostri paululum superante. 

Supra purpureum, luteo trifasciatum ; artus roseo fulvi, cas- 
taneo minute maculati ; infra sordide luleum. 

Longitudo intégra, , . 0,032. 

Hab. — Locum Landana dictum, in foliis Musarum. 
— In Museo Bouvieri. 



PISCES. 

14. GoBius Vaillanti. 
D. 6/12 ; A. 9 ; L. lat. 37. 

G- — Corpus elongato rotundatum, altitudine 5 in ejus longitu- 
dine ; inlervallo pinnœ ultimae dorsalis, analisque, 7 seriebus squa 



— 93 — 

marum tecto; capite ovoideo, nudo, 5 1/2 in longitudine corporis ; 
rostro diametrum oculi gequante ; oculorum diametro 3 in longitu- 
dine capitis ; dentibus columellaribus niillis ; pinnarum pectoralium 
radii apicc setosi. 

Pallide cœruleum, inferne luteo nebulosum, fasciis 9 latis purpu- 
reo violaceis cinctum ; caput cœruleo punctatum ; pinnae cinereae, 
fuliginoso puncLatte ; caudalis antice cœruleo trimaculata, et fuligi- 
noso limbata ; iris cœruleus. 

Longitude maxima. . . 0,07-1 . 

Hab. — In loco iiliginoso (vulg. Marigot) Manguhrougou 
dicto (reg. Casamence). — In Museo Bouvieri. 

13. GOBIUS MINIAGEUS. 

D. 6/12; A. 12; L. lat. 39. 

G. — Corpus elongato angustatum, altiludine 7 1/2 in ejus lon- 
gitudine ; intervallo pinnae ultimae dorsal is, analis que 8 seriebus 
squamarum tecto ; capite sub elongato, nudo, 3 1/2 in longitudine 
corporis ; rostro diametrum oculi subeequante ; oculorum diametro 
4 in longitudine capitis ; dentibus columellaribus nullis ; pinnorum 
pectoralium radii, apice non setosi . 

Fulvo luteum, nitens, maculis miniaceis sparsum ; pinnae dor- 
sales, caudalisque, pallide roseo luteae ; radiis miniaceis ; pectorales 
et analis cinereo coeruleae, miniaceo punctatae ; iris cœruleus. 

Longitudo maxima. . . 0,060. 

Hab. — Flumen Congo dictum. — In Museo Bouvieri. 

16. Eleotris Lucani. 
D. 6/10 ; A. 1/10 ; L. lat. 33. 

E. — Corpus antice crassum, postice attenuatum, sub compres- 
sum, altitudine 5 1/6 in ejus longitudine ; squamis sublatis, minute 
ciliatis ; intervallo pinnae ultimae dorsalis, analis que 1 seriebus 
squamarum tecto ; capite pyramidali, desuper planato, 3 1/4 in 
longitudine corporis, squamato ; rostro nudo ; oris rictu lato, dimi- 



— 94 - 

diam partem oculi superante ; dentibus villiformibus ; maxilla supe_ 
riore in 2 laminis ovatoellipticis, incurvatis disjunctis, maxilla infe- 
riore in vitlam seinilunarera, dispositis; praîoperculo laevi ;oculorum 
diametro 3 1/2, et spatio interorbitali 21 1/4 in longitudine capitis. 

Supra purpureo fuscum, marinoratum ; infra sordide roseum, ma- 
culis irregularibus luteis, ornatum ; pinnae pallide luleae, radiis rufis 
cœruleo maculatis ; pinna caudalis basin versus cœruleo maculata, 
antice, posticeque vittis cœruleis obliquis tincla ; iris cœruleus. 

Longitudo maxima . . . 0,137. 

Hah. — In locis uliginosis circa locum Landan a ùicinva . 
— In Museo Bouvieri. 

17. CULIUS AMETHYSTINUS. 

D. 6/10 ; A. 1/9 ; L. lat. 52. 

C. — Corpus fusiforme, altitudine 4 1/2 inejus longitudine, squa 
mis parvis minutissime ciliatis ; intervallo pinnse ultimae dorsalis, 
analisque 16 seriebus squamarum tecto ; capite elliptice ovato, sub 
convexe, 3 in longitudine corporis ; rostro laevi, brevi, rotundato , 
apice subelato ; oris rictu lato, dimidiam partem oculi attengente ; 
dentibus villiformibus : maxilla superiore in vittam latam, semiluna- 
rem, maxilla inferiore acutis, in vittam multo minorem dispositis ; 
preoperculo unispinoso ; oculorum diametro 5 1/4, et spatio inter- 
orbitali 3 1/S in longitudine capitis. 

Violaceum, fasciis cœruleis, interruptis, multimaculatum ; oper- 
culum macula cœrulea ornatum ; pinnœ cinereo violaceee, regula- 
riter rubro punctatœ ; pinnse caudalis basin versus 2 maculis cœ- 
ruleis rotundatis guttata ; iris cœruleus. 

Longitudo maxima .. . 0,086. 

Hah. — Ad ostium fluminis Congo dictum. — In Museo 
Bouvieri. 

18. POMAGENTRUS VENUSTULUS. 

D. 12/17 ; A. 2/15 ; V. 8 ; P. 16 ; L. lat. 12. 
P. — Corpus ovoideum, compressum, altitudine 2 in ejus longi- 



- 95 - 

tudine ; capite 3 in longitudine corporis ; oculorum diametro 3 in 
longitudine capilis; pinnse dorsalis parte spinosa, aculeis 1 0-1 1-12 
longioribus, parte radiosa, radiis fiiamentosis; opercule 4, preoper- 
culo 3 seriebus squamorum indutis ; piiinae anali aculeo crasse, 
undecimum aculeum pinnae dersalis œquante ; pinnis ventralibus, 
radiis fiiamentosis, 

Fulvo luteum, cœruleo, rubro, alboque arenatum ; operculum 
rubro maculatum ; pinnse pallide lutescentes, cœruieopunctatse ; 
pinna dorsalis ad partem mediam, macula, oculiformi, cœrulea, 
rubro alboque marginata, ornata. 

Longitudo maxima. . , 0,045. 

Hah. — Ad ostium amnis Mellacorce dicti. — In Miiseo 
Bouvieri. 

19. ScHiLBE Bouvieri. 
B. 10 ;D. î/4; A. 57; P. 1/11. 

S. — Corpus elongatum, compressum, antice prealtum, altitu- 
dine maxima 6 in ejus longitudine ; capite complanato, angustato, 
longitudine usque ad apicem operculi 4 1/2 in longitudine corporis; 
altitudine 2 in ejus longitudine ; maxilla inferiore, maxillam supe- 
riorem paululum superante ; spatio interorbitali 1 3/4 in longitudine 
capitis ; cirris subaequalibus ; oculorum diametro 3 3/4 in longitu- 
dine capitis ; pinna dorsali fere ad basin pectoralium incipiente, 
radio spinoso tenui, lœvi ; pinnis pectoralibus basin ventralium an- 
tecedentibus ; radio spinoso, elongato, subcrasso, postice hamato. 

Supra violaceum, lateraliter et infra roseum ; lateribus 3 fasciis 
cœrulescentibus etnigro arenatis ornatum ; operculum cœruleo ma- 
culatum ; pinna dorsalis pallide violacea ; analis sordide lutea, basi 
fusco arenata, apice cinereo limbata ; caudalis luteo cœrulea, vio- 
lacée punctata, basin versus vitta transversa marginata, antice pos- 
ticeque fasciis violaceis cincta ; cirri rosei, iris croceus. 

Longitudo maxima. . . 0,108. 

lïab. — Flumen Casamence dictum. — In Museo Bou- 
vieri. 

A Schilbe Senegalensi var. fa&ciata an nov. spec. Stein- 



— 96 — 

dachner [Sitz d. Rais. Ak. d. Wiss. 1869, p. 985), omnino 
differt. 



GYRINOSTOMUS 

(De yvptvoç, Télard et aTco//a, bouche.) 

Corpus fusiforme ; caput triangulare ; processus occipitalis elon- 
gatus, bifidus ; oculi minutissimi ; os parvum, inferum, in rimara 
transversam ductum ; dénies maxillares villiformas ; dentés mandi- 
bulares in duabusseriebusdispositse ; in série externa, tenuae, falci- 
formes, mobiles ; in série interna minutissimee, apice bicuspidatee ; 
palatum edentulum ; cirri supra maxillares 2 ; infra maxillares 4, 
fimbriati ; nares poslerioriores tubulatae ; radius pinnee pectoralis 
crassissimum et interne profonde dentatum ; pinna adiposa longa. 

Ad sectionem Synodontinorum Bleckeri pertinet. 



20. Gyrinostomus Marchei. 
D. 1/6; P. 1/7; V. 8; A. 12. 

G. — Corpus fusiforme, antice sub dilatatum, postice compres- 
sum, coarctatum ; capite triangulari, complanato, minute granuloso 
et cute tenui omnino tecto, 2 4/2 in longitudinecorporis ; oculorum 
diametro 6 in longitudine capitis ; cirris supramaxillaribus vix 
longitudinem capitis œquantibus ; inframaxillaribus externis, pinnae 
pectoralis basin superantibus ; internis 1/2 longitudinis externorum, 
fimbriatis ; radio spinoso pinnse dorsalis, lœvi ; pinnee pectoralis 
crassissimo, denticulis conicis, acutis, incurvatis, armato; pinna 
adiposa longa, postice oblique truncata, 3 in longitudine corporis ; 
pinna caudali rotundato elliptica. 

Supra intense violaceum 3 fasciis aurantiacis subcinctum ; infra 
sordido roseum, maculis quadratis, aurantiacis violaceisque orna- 
tum; pinnae analis, ventrales, caudalisque, pallide luteo violaceee, 
violaceo unifasciatae ; adiposa violacea aurantiaco, trimaculata ; cirri 
mendibulares, et radii, pallide lutei ; iris albus. 

Longitude maxima. . . 0,055. 



/ 
/ 



— 97 — 

Hab. — Flumen Casamence dictum. — lu Museo Bou- 
vieri. 

21. Petrocephalus balteatus. 
D. 26 ; A. 31 ; L. lat. 43. 

P. — Corpus fusiforme, altitudine 4 in ejus longitudine ; capite 
subrotundato, 4 in longitudine corporis ; oculorum diametro 4 i/2 
in longitudine capitis ; rostro brevi, truncato, obtusissimo ; oris 
rictu fere in inferiorem capitis partera sito ; dentibus 6 in utroque 
maxilla ; lateraliter 2 parvis, conicis, medianiter 4 longioribus, 
apice profunde emarginatis ; pinnae dorsalis longitudinem capitis 
superante ; caudae scapum longitudinem pinnae dorsalis eequante ; 
pinnis pectoralibus falciformibus ; pinna caudali longa, intense 
bifurcala. 

Supra rufo violaceum, infra sordide roseum, undique nigro vermi- 
culatum et punctatum ; fascia lata, cœrulea, juxta insitionem pinna3 
dorsalis analisque disposita, cinctum ; pinnae salmoneo luteae, cœ- 
ruleo punctatae ; caudalis basin versus cœruleo maculata ; dorsalis 
analisque ad basin cœruleo contaminatae ; iris miniaceus. 
Longitudo maxima. . . 0,072. 

Hab. — Flumen Congo dictum, et in locis uliginosis 
propre Loanda, Bathurst., etc. — In Museo Bon vie ri. 

22. Paramormyrus proboscideus. 
D. 17 ; A. 35 ; L. lat. 75. 

P. — Corpus elongatum, compresso angustatum, altitudine 6 4/2 
in ejus longitudine; capite 3 1/2 in longitudine corporis; rostro 
longissimo, gracile, subrecto 5 1/4 in longitudine corporis ; oculis 
minutissimis, diametro 1 6 in longitudine capitis ; dentibus latis, 
paleeformibus ; pinna dorsali 1/2 longitudinis pinnae analis ; caudali 
brevi, rotundato emarginata. 

Supra brunneo virideicens ; lateraliter pallide flavum, infra 
roseum ; undique nigro punctatum et lineis sordide roseis longitu- 

7 



— 98 — 

dinaliter dispositis striatum; pinnse sordide roseae ; iris aurantiaous. 
Longitudo maxima. . 0,245. 

jjah. — In locis uliginosis prope locum Landana ^icinm . 
— In Museo Bouvier!. 

Proximus P. zanclirostri, Guuth., tamen ab illa forma 
differt. 

23. ISISTIUS MARMORATUS. 

D. 41 ; A. 42 ; L. lat. 150. 

I. — Corpus perangustum, rotundatum, altitudine 12 in ejus 
longitudine ; capite 5 1/2 in longitudine corporis ; rostro obtuso ; 
ore parvo inferne sito ; dentibus brevibus, apice furcatis ; pinna 
dorsali ad tertiam corporis partem incipiente ; caudae scapum sub 
latum 2/3 longitudinem capitis superanle. 

Fusco purpureum, luteo marmoratum et maculatum ; caput sub 
miniaceum ; pinnse pallidse violaceae. 

Longitudo maxima. . , 0,079. 

Hab. — In locis uliginosis prope locum Landana dic- 
tum, et in amni Gambie. — In Museo Bouvieri. 

24. Haplochylus Lagazei. 
D. 10; A. 16; L. lat. 26. 

H. — Corpus e commissura pinnarum pectoralium compressum, 
altitudine 4 in ejus longitudine; capite intense complanato, 3 1/2 
in longitudine corporis; oculorum diametro 3 1/5 in longitudine 
capitis ; rostro subprotractile, brevi, vix diametrum oculi eequante ; 
pinna dorsali ad radium octavum pinnse analis, incipiente ; pinnse 
dorsalis, analis, ventralesque, radii ultimi filamentosi. 

Supra purpureo rubrum , luteo maculatum ; .. infra aurantiaco 
luteum, miniaceo maculatum et sex fasciis intense cœruleis ornatum ; 
pinna dorsalis lutea, cœruleo arenata ; caudalis lutea ad basin^cœ- 
ruleo fasciata ; analis lutea, cœruleo limbata; iris cœruleus. 

Longitudo maxima. . . 0,075. 



S 



— 99 — 

Hah. — In locis uliginosis prope Locum Landana dic- 
tiim. — In Museo Bouvieri. 

Doctissimo Professori H. de Lacaze-Duthiers, hanc 
pulcherrimam formam, dicare gaudeamus. 

Ab omnibus congeneribus optime differt. 



25. Xenomystus Lucani. 
B. 3; D. 0; A. + C. 102. 

X. — Corpus valde compressum, cultratum, altitudine 4 1/2 in 
ejus iongitudine; linea rostrodorsali convexiuscula ; capite 6 i/2 in 
longitudine corporis ; oculorum diametro 3 in Iongitudine capitis ; 
rostro, oculo i/:2 breviore ; naribus tubulatis, tubulis rostro bre- 
vioribus ; maxilla superiore sub oculi limbo antico desinenle ; den- 
tibus maxillis, uniseriatis, conicis, brevibus, distantibus ; dentibus 
palatinis pluriseriatis ; prooperculo, opercaloque marginibus poste- 
rioribus, leviler sed acute denticulatis ; ventris carina in utroque 
latere spinulis 37 serrata ; pinnis pectoralibus elongatis, paululuni 
capite longioribus ; ventralibus oculo plus triple brevioribus. 

Omnino pallide luteo fulvum, minutissinie nigro punctulatum ; 
fascia sublata, rubro violacea, ab rostro usque ad extremitatem 
caudae extensa ; fascia angusta, ejusdem coloris, in utroque latere 
ducta ; caput rubro violaceum, nigro punctatum ; pinnae pectorales, 
pallide lutescenles; analis, caudalisque albo cinereae, nigro punctatse; 
iris croceus, 

Longitudo maxima, . . 0,093. 

Hab. — Flumines Congo, Mellacorée, Casamence dictis. — 
In Museo Bouvieri. 

Affinis X. Nigri, Gunth,, tamen ab illo differt. 

Nomen genericum Xenomystus a Liitken, pro typo Hy- 
postomidarum imposito anno 1873, rejiciendum est ; genus 
illud a Gunther pro speciei Notoptéridœorum {X. Nigri) 
propositum anno 1868, in suam sententiam disceditur. 



— 100 



Diagnoses de Mollusques nouveaux, recueillis par les membres 
de la mission du Cap Horn et M- Lebrun, Préparateur au 
Muséum^ chargé d'une mission à Santa-Gruz de Patagonie, 

par le D'' A. -T. de Rochebrune, 

Aide-Naturaliste au Muséum 

et J. Mabille , 
Attaché à la chaire de Malacologie 



L'examen des Mollusques recueillis, d'une part, par 
les Ofticiers de la Romanche, chargés de la mission du 
Cap Horn pour le passage de Vénus, de l'autre, par 
M. Lebrun, Préparateur au Muséum, adjoint à cette mis- 
sion, mais plus spécialement pour explorer les parages 
de Santa-Gruz de Patagonie, examen que nous poursui- 
vons en ce moment et dont les résultats complets doivent 
donner lieu à une publication spéciale, nous ayant per- 
mis de distinguer plusieurs formes nouvelles , nous 
croyons devoir en donner de suite les diagnoses, afin 
d'établir, d'une manière nette et précise, nos droits de 
priorité pour un travail que les membres des deux mis- 
sions précitées nous ont fait l'honneur de nous confier. 



1. EUTHRIA CEREALIS. 



Testa imperforata, conico-subfusiformi , crassa, solida, 
nitidiuscula , e pallide cornea, quandoque rubescente, vix 
striatula; spira elata, apiee obtuso ; anfractibus 6-1 convexius- 
eulis, sutura lineari separatis, ultimo magno, infl.ato, adaper- 
turam vix descendente, ad basin obscure angulato, in caudam, 
brevtssimam producto ; apertura parviuscula, ovata, in cana- 
lem apertum , brevissimum, recurvumque abiente ; margine 
externo paululum incrassato, patulescente, sinuatim curvato, 
columellari subrecto, excavato, callum nitidum, crassiuscu- 
lum, emittente. — Long., 9™'"; diam., 3"""". 

Terre de Feu. 



— 101 — 



Gen. SAVATIERIA. 



Testa minuta, turriculata, longitudinaliter sulcata, 

SPIRILITERQUE LINEIS PLUS MINUSVE DISTINCTIS DECUSSATA; 

apertura ovata, canali brevi, recto, non regurvato, 

MARGINE EXTERNO INCRASSATO NON DENTICULATO. 



2. Savatieria frigida. 

Testa fusiformi, alhescente, crassiuscula, solida, haud ni- 
tente, costis longitudinalihus subcompressis, ohtusis, munita, 
lineisque spiralibus, parum perspicuis, decussata ; spira elata, 
apice valida, mamillato; anfractihus septenis, convexis, ra- 
pide regidariterque creseentibus, sutura impressa separatis; 
ultimo majore, dimidiam partem altitudinis haud attingente, 
paululum inflato ; apertura ovata, paululum, obliqua, mar- 
gine externo ad paginam exteriorem incrassatulo ; columella 
rectiuscula, ad basiez callosa et truncata. — Long., 7""; 
diam.. 3'"'". 



E Patagonia. 



3. Daphnella Payeni. 



Testa ovata, tenui, fragili, diaphana, e pallide albeseente 
vel viridescente, lineis subtilibus, solum oculo armato cons- 
picuis, decussata ; spira conico-elongata, apice minutissimo, 
obtusulo , lœvigato; anfractibus 6-7 convexiusculis , sutura 
lineari, auguste marginata, disjunctis ; ultimo magno, ovato, 
ventricoso, lateraliter attenuato ; apertura semi- ovata in ca- 
nalem brevissimum abiente, margine externo regulariter cur- 
vato. — Long., 8™""; diam., S^^'^S; apertura, long., 4'"'°; 
diam., 3"""5. 

Baie Orange. 



— 102 — 

4. Mitra crymoghara. 

2''esta ovato-suhfusiformi, tenui, sed solida. subdiaphana, 
haud nitente, ex alhidulo-viridiscente, suhlœvigata, et oculo 
armato, striis longitudinalihus evcinescentibics, lirisque con- 
centris parum prominentibus decussata ; spira elato turrita, 
apice mamiilato, sublœvigato, sœpius eroso; anfractibus 11 
convexiuscidis, sutura angusta, profunda, ss'paratis; ultinio 
maxvmo, dùnidiam partem longitudinis testœ superante, pa- 
rum ventricoso, lateraliter attenuato, ad aperturam valde 
descendente^ , antice pauhdum producto; apertura elongata, 
angusta, in canalem brevissimum et patulum, abiente; mar- 
gine columellari acuto, nitido, dentibus albis, laminiformibus 
i, armata; externo acuto, subpatulescente. — Long., 17"^"'; 
diam., 7'"™; aperturse, long., 9"""; diam., 3'"°\ 

Gap Horn. 

5. Natica Lebruni. 

Testa.perforata, globoso-subturbinata, unicolore rubescente, 
subdiaphana^ tenera, fragili, haud nitente, rude striata et 
plus minusve corrugata ; spira prominula, apice obtuso ; an- 
fractibus 1 1f2 convexis, irregidariter crescentibus, sutura dis- 
tincia, obscure denticulata, discretis; ultimo maximo, infiato, 
versus basin attenuato , ad aperturam, non descendente ; aper- 
tura subverticali , ovato-sid)triangidari, superne et ad basin 
obtuse angulata; peristomate disjuncto, recto, acuto, vix 
incrassatulo ; margine externo late excavato-curvato^ ba- 
sali brevissimo, columellari rectiusculo, subtenui, in laminam 
triangularem- violaceo tinctam, umbilicum serni-occultante, 
dilatato, —Diam maj., U""" ; min., 11-12"^"^; ait., 11™'". 

Santa-Gruz Patagonise (M. Lebrun). 

6. Natica Gouteaudi 

Testa angusie itmbilicata, globoso-ovata, crassa, haud ni- 



— 103 — 

tente, cuticula et colore destituta, striis irregularihus rnunita 
ac sublente, striis decurrentihus vix perspicuis, ornata; spira 
prominente, apice mimcto, subacuto ; anfractibus 3 1J3 irre- 
gulariter crescentibus, convexiuscidis, sutura impressa sepa- 
ratis ; ultime maxime, rotundato-inflato, subtus subatteniiato, 
ad aperturam vix descendent e ; apertura semi-ovata ; péris- 
tomate continue, recto ; margine externo valde arcuate, colu- 
mellari subrecto, ad basim obscure angulate. Alt. 13-13. — 
Diam. maj., 20-24™'"; min.. 19" 



imm 



Santa-Gruz Patagonise. 

7. Natiga omoia. 

Testa late subebbecte umbilicata, crassiuscula , subponde- 
rosa, glebosa, obscure cestulato-striata ; spira convexo-conica, 
parum prominente ; anfractibus 4- 1(2-3 superne depressius- 
culis deinde convexo-rotundatis : apertura parum obliqua, 
pyriformi, superne angulata; columella crassiuscula, callo 
sat tumido umbilicum fere occultantem, emittente; peristo- 
mate recto, marginibus lamina crassa ad insertienem margi- 
nis externi callosa junctis. — Diam. maj., 39-17"'"; min., 
37-39"^'"; ait., 26-36'"«'. 

Santa-Gruz Patagonise in tellure tertiaria. 

8, natiga SECUNDA" 

Testa obtecte ùnperforata, quandoque late et perspective 
umbilicata, subgloboso-turbinata, crassa, selida, striatula; 
spira turbinata, sat prominente, apice detrito ; anfractibus 
persistentibus 4-3 rotundato-compressis, rapidissime cres- 
centibus, sutura late canaliculata separatis; ultime magno 
declivi compresse, ad aperturam vix descendente; apertura 
ovato-pyrifermi. — Diam. maj., 48-50"»™; min., 39-41™"^; 
ait., circiter 34-40'^"^^ 

In tellure tertiaria prope Santa-Cr-uz Patagonise. 



— 104 — 

9. Natica Payeni. 

Testa imperforata, ovato-glohosa, solida, crassiuscula, 
suhdiaphana, albescente vel virescente, exilissime striata; spira 
minima, vix exserta; apice minutissimo, obtuso ; anfractibus 
5 (primis minutis convexis, lente, ceteris rapide) crescentibus, 
sutura impressa separatis; ultimo magno , ovato globoso, 
lateraliter vix compressa, ad aperturam haud descendente ; 
apertura subverticali, ovata, subintegra ; margine externo 
recto, acuto, bene et regidariter curvato, columellari calloso, 
aïbo, fortiter incrassato. — Diam. maj., 10 1/2-13'""' ; min., 
8-11"""; ait. 8-llmn\ 

Gap Horn. 

10. Admete frigida. 

Testa imperforata, ovato subfusiformi, tenui, fragili, sub- 
translucida, grisea, haud nitente, costis tenuibus parum ele- 
vatis et lineis numerosis decurrentibus eleganter decussata; 
spira mediocri parum elata, apice mamillato, lœvigato, ni- 
tente; anfractibus 3-6 convexis, sutura impressa separatis; 
ultimo maximo, inflato, ad aperturam non descendente, 
apertura subverticali, ovato subrotundata, in canalem bre- 
vissimum patulum abiente; marginibus callo tenuissimo , 
junctîs ; columellari parum arcuato ad basin callosa et denti- 
bus duobus parum perspicuis, armato ; externo recto, obtuso, 
bene arcuato. — Long.. 7"'"' ; diam., 4"^™; apert. long., 4'"'"; 
diam., I""™. 

Terre de Feu. 

11. Photinula viaginalis. 

Testa imperforata, depresso orbiculata, crassiuscula, so- 
lida, subopaca, cuticula et colore destituta , striis parum 
conspicuis et liris pat^um prominentibus , decussata; spira 



— lOo — 

minuta, conveooiuscula, vix prominente, apice minuto, ohtuso, 
subinamiUato, anfractihus S 1 /2 ad suturam planulatis, deinde 
convexiusculis, irregulariter (primis rapide, ceteris velociter) 
crescentihus, sutura distincta separatis; ultimo maximo, supra 
subcomplanato, ad peripheriam angulatim rotundato, versus 
aperturam non descendente, aubtus complanato, elegantissime 
et minutim lirato striisque exilibus radiantibusque, munito, 
— Diam. maj., 19™"^; min., IS'"'"; ait. 18""». 

Santa-Gruz Patagonise. 

!12. Photinia hyadesi. 

Testa obtecte imperforata, orbiculato trochiformi, subdia- 
phana, solidula, nitente, e griseo carneolo, liris parum pers- 
picuis, distantibus , striisque exilissimis, clathratula; spira 
elata, conico-pyramidali , distincte lirata (lirœ acutiusculce 
carinas simulantes) apice minuto, obtusulo; anfractibus con- 
vexis, 6 1J2 irregulariter {primis lente, subregulariter, ceteris 
velociter) crescentibus, sutura impressct, auguste marginata 
separatis; ultimo maximo, supra rotundato-declivi, ad peri- 
pheriam obtuse angulato, infra planulato, striis radiantibus 
et liris 5-4, ornato, ad aperturam non descendente ; apertura 
obliqua, lunata, rotundata, petistomate acuto, columella valde 
torta ; margine columellari incrassato in callum album, niti- 
dum, angustissimum, umbilicum occiiltantem,, abiente; ex- 
terno leviter, basali bene arcuato. — Alt., lO'"™; diam. maj., 
21mm j min.,14m"\ 

Terra del Fuego. 



13. PhOTINULA DETECTA. 

Testa imperforata;, orbiculato-convexa, parum crassa, cuti- 
cula destituta, subrude striata; spira medio cri, conica, parum 
prominente j apice minuto, subpapillari ; anfractibus 6-7 ro- 
tundato-convexis , irregulariter [embryonalibus sensim ,sequenti- 
bus rapidissime, ultimo velociter) crescentibus, sutura impressa 



— 106 — 

suhcanaliculata, separatis ; ultimo maocimo, declivi-rotundato, 
versus peripheriam obscure angulato , ad aperticram non 
descendente, subtus vix convexo, versus umbilicum omnino 
tectum, impresso et lineis 5-6 mstrucio ; apertura diagonali, 
transverse oblonga; peristomate recto, acuto; marginibus dis- 
tantibus, lamina calcarea vix crassiuscula junctis ; columella 
torta, crassa, calluin angustum emittente, margine externo 
bene et longe arcuato. — Diam. maj., 24'"™; min., 20"""; 
ait., 11mm. 

Girca Santa-Cruz Patagoniae. 

14, Photinula resurrecta. 

Testa orbiculato-depressa, imperforata, conica, suhopaca, 
solida, parum crassa^ sub cuticula fulvescente, tP-nui, sat ca- 
duca, haud nitida, alba, striisque tenuissimis et lineis spirali- 
bus minutissimis, decussata; spira conica^ parum prominente, 
apice minuto, subacuto ; anfractibus 6 1/2 regulariter et sen-- 
sim, cresceatibus, sutura impressa separatis (primis 1-5 con- 
vexiusculis) ultimo magno, subdepresso-declivi, ad joeripheriam 
obtuse augulato, versus aperturam haud descendente; infra 
subconvexo-planulato, distincte lirato ; apertura diagonali, 
oblonga, depressa ; columella callosa, obliqua, ad basin obs- 
cure dentata. ^ margine collumellari crasso, obliquo, callum 
parvum, incrassatum, umbilicum omyiiyio occultantem, emit- 
tente. — Diam. maj. circiter, 25"^'"; min., 20"^"^ ; ait., 12°'™. 

Girca Santa-Gruz Patagoniœ. 

15. Protinula pruinosa. 

Testa imperforata, subgloboso-conica, parum crassa, solida, 
vîolacea, striis irregularibus oblique ornata et lineis evanes- 
centibus, solum sub lente conspicuis, decussata; spira turbi- 
nata, prominente, apice mi^iuto, nitido, subacuto ; anfrac- 
tibus 3-6 convexis, regulariter rapideque crescentibus, sutura 
impressa, auguste marginata, separatis; ultimo magno, de- 
super aspecto, declivi, tum rotundato, ad peripheriam subca- 



— 107 — 

rinato, versus aperturam vix descendente; aperiura obliqua, 
lunata, transverse ohlonga, intus obscure lirata, nitida, peris- 
tomate recto, acuto ; marginihus suhparallelis, externo suh-^ 
sinuato, demum curvato, basali arcuato, columellari incur" 
vato; columella torta; incurvata, crassiuscula, callosaque, ad 
basin angulum obtusum formante, et callum cro,ssum album 
nitidum, parum dilatatum, , sulcoque bipartito, umbilicum 
claudentememittente. — Diam. maj., ll-14"i'"; min., 10-14™'"; 
ait., 7-9mm. 

Girca Santa-Cruz et Punta-Arenas Patagonise. 

16. Photinula gamma. 

Testa imperforata, orbiculato-pyramidali, sat tenui. solida, 
opaca, nitidula, albescente vel lutescente, lineis incarnatis, 
supremis geminatis, inferioribus simplicibus, continuas, ornata; 
spira conico-pyramidali, prominente, apicesub acuto, rubello ; 
anfractibus 3 1/2-6 depresso-planulatis, rapide et regulariter 
crescentibus, sutura lineari, vix perspicua, separatis; ultimo 
magno, superne declivi, ad peripheriam compresso-rotundato ; 
infra subplanulato; apertura parum obliqua, lunata, ovato- 
subtriangulari, intus margaritacea ac lineis viridescentibus 
plus minusve zonata ; marginibus lamina fulvescente tenuis- 
sima junctis ; externo primum rectiusculo, demum curvato, 
columellari inscrussatulo ad insertionem angustissime calloso, 
angulo obtuso cum basalijuncto ; columella elongata, intorto- 
curvata. — Diam. maj., IS-""'; min., 11"^; ait., 7"^'". 

Girca Punta-Arenas Patagonise. 

17. Photinula paradoxa. 

Testa orbiculato-conica, obtecte imperforata, tenui, solida, 
subdiaphana, e griseo-rubescente vel alba, lineis rubris zonata 
quandoque unicolore, lœvigata, aut sub lente valido, eximie 
striata; anfractibus 6, convexiusculis, versus suturam plano- 
depressis, celeriter crescentibus, sutura lineari, submarginata. 



— 108 — 

separatis; ultimo maximo, dejpresso-rotundato, ad periphe- 
riam vix obtuse angulato, cirea umbilicum tectuvn impresso, 
ad aperturam vix descendente ; apertura obliqua, lunata, 
transverse ovata, superne vix angulata, ad basin rotundata 
marginibus acutis; columella valide arcuata, callum album, 
sulco bipartitum, umbilicum occicltantem, emittente. — Diam. 
maj., 11-13'"'" ; min., 9-ll«^m; ait., 6-7'"'". 

Sud du Cap Horn. 

18. Photinula halmyris. 

Testa imperforata, globoso-conica , tenuiscula sed solida, 
nitidula,albescente vel rubescente, viridique adsum,mum vivide 
tincta, lœvigata ; spira conica, apice minutissimo, subpapil- 
lari, acuto; anfractibus 6 convexis sensim accrescentibus, su- 
tura impressa separatis ; ultimo magna, convexo-dechvi, ad 
basin obtuse carinato, infra subplanulato, ad aperturam, valde 
descendente; apertura parum obliqua, lunata, transverse 
ovata, superne a7igustato-acuta, inferne producto-rotundata ; 
columella hene arcuata, crassiuscula, callum album, angus- 
tissimum. umbilicum occultantem, emittente ; margine externo 
primum rectiusculo deinde bene arcuato, acuto, vix incrassato. 
— Diam. maj., lO-ll™^; min., 9-10'"'"; ait., 7-8'"'". 

Canal du Beagle. 

19. FiSSURELLA DOZEI. 

Testa oblongo-ovata, postice paululum dilatata, antice vix 
attenuata, conico-depressiuscula , radiatim multicostata et 
concentrice eleganter decussata, lœte grisea, atomis nigris 
hic illic sparsis, notata; foramine elongato, dentato, subacuto, 
margine denticulato ; pagina interiore sordide alba, nitida, 
impressione parum, remota, bene distincta circa foramen in- 
crassato-calloso. — Diam., 22'""^; long., 39°^"»; ait., 9'""'. 

Santa-Gruz Patagonise. 



— 109 — 

20. FiSSURELLA HEDEIA. 

Testa ovato-suhoblonga, antice posticeque haud attenuata, 
alhescente, zonis radiantibus et concentricis pallide rosaceis, 
ornata, costuUs minimis et striis exilihus gracillime decus- 
sata ; foramine angusto, oblongo, dentato; pagina interiore 
nitente, lactescente ; margine rosaceo limbato, exilissime den- 
ticulato. ~ Diam., 24"'"; long., 29™'"; ait,, 7'"'". 

Punta-Arenas Patagoniae. 

21. FiSSURELLA ARENIGOLA. 

Testa ovato-elongata, conica, vix attenuata^ postice subdi- 
latata, crassiuscuLa^ albescente, vbscure decussata ac sulcis in- 
crementi 5-4 validis, munita; foramine oblongo, lato; pagina 
interna candida, nitida, circa foramen regulariter incrassata, 
ad marginem exteriorem minute decussata. — Diam. , 26-27™"'; 
long., Sg-âS"»-"; ait., 12- 13™™. 

Panta-Arenas Patagoniae. Baie Orange. 

22. Patella meridionalis. 

Testa conica, nigra, antice paululum attenuata, postice ro- 
tundata, costis numerosis subœquidistafitibus , striisque con- 
centrilis parum regularibus ornata ; vertice subcentrali, 
quandoque paululum incumbente, atro-purpurescente ; mar- 
gine dentato ; pagina interna nigro et purpureo vivide tincta 
ad summum purpurea. — Long., 49™"^; diam., 43™™, 

Gap Horn. 

23. Patella metallica. 

Testa conica, crassiuscula, nitidula, quandoque haud ni- 
tente, e nigro-purpurascente, costis numerosis, obtusisque, 
ornata, dense tenuiterque concenfrice lirato-sfriata ; margine 



— 110 — 

fimhriata; vertice minuio suhcentrali parum recurvo ; pagina 
interna nitide argentea vel purpurascente, ad summum intense 
purpureo. — Long., 39-41'"'"; diam., 30-32mm; ait., 18-19™™. 

Baie Orange. 

24. — Patella pupillata. 

Testa conica, crassiuscula, solida, nigrescente quandoque 
maculis alhis parum, perspicuis pupillata; vertice centrali 
recto vel paululum recurvo, eroso, sordide griseo ; costis nu- 
merosis solum ad limbum perspicuis, ornata; apertura ovato- 
rotundata, subintegra ; margine tenuiter crenulato; pagina 
interna albo et purpureo nitide tincta. — Long., 26-40'"'" ; 
diam., 22-36'"'"; ait., 13-25'"'^\ 

Baie orange. 

25. Patella tincta. 

Testa modice conica, antice sulbattenuata, ambitu ovato- 
subquadrata, sat tenui, solida, nitidula, albo purpureoque 
tincta et flammulata; vertice acuto, ad piartem antériorem 
iestœ sito, subrecurvo, obtuso ; costis numerosis, paululum 
flexuosis, obscure squammosis, ornata; apertura ovato-sub- 
quadrata margine vix crenulata ; pagina interna nitide ar- 
gentea, purpureo maculata et lineata. — Long. , SS"""* ; 
diam., 30'""^ ait., 12'"'^. 

Girca insulas Magellanicas. 

26. Nagella strigatella. 

Testa convexo-conica, ovata, tenui, sed solida, nitida, al- 
bescente, costis subobsoletis, regulariter distantibus, purpureo- 
fuscis, et plus minusve undulatis et interruptis, ornata, radia- 
tim striata, et concentrice lirata (liris prominulis) ; vertice 
anteriore, incurvato, compressoque ; apertura ovata, limbo 



— 111 — 

eœimie et super flcialiter dentato; pagina mteriore alba, pur- 
pureo strigata. — Long. 35™'"; diam., 23"'™; ait., 10™™. 

Cap Horii. 



27. LiMNiEA PICTONICA. 

Testa minuta^ ovata, tenera , subdiaphana , fragillima, 
longitudinaliter tenuissime striata, spira exserta, apice trim- 
cato; anfractibus persistentibus 2-3 convexis, irregulariter et 
rapidissime crescentibus , sutura angusta fere canaliculata 
separatis; ultimo maximo^ inflato^ versus basin oblique atte- 
7iuato, ad aperturam lente descendente, apertura obliqua^ re- 
gulariter ovata ; péri stomate recto, acuto, marginibus callo 
tenuissimo jmictis , externo bene curvato, ad basin vix effuso, 
columellari paululmn incrassato, subrefiexo ; columella pariim 
torta, crassiuscula, usque ad basiez aperturce descendente. — 
Haut., G"»™ ; diam., 4mra. 

Habitat in Insula Picton, dicta. 



I^éancc du lH Juin 1SS5. 

PRÉSIDENCE DE M. DUTER. 

M. Hardy fait la communication suivante : 

Note sur l'Anagyrine, 
Par MM. Hardy et Gallois. 

Les Anagyres sont des plantes de la famille des Légu- 
mineuses et du groupe des Papillionacées podalyriées. 
Ils habitent la Provence, l'Algérie, l'île de Crète et l'Inde. 
Le plus connu d'entre -eux est VAnagyris fœtida ou bois 
puant à cause de l'odeur désagréable qui s'en dégage 
quand on le secoue ou bien que l'on frotte son bois ou 
son écorce. 



— 112 — 

Des diverses parties de VAnagyris fœtida et surtout de 
ses graines, nous avons réussi à extraire un alcaloïde 
reconnaissable aux différents caractères qu'offre ce 
groupe de corps et que nous désignons sous le nom d'^- 
nagyrine. Sa réaction est fortement alcaline, elle sature 
les acides pour former des sels ; elle donne en particulier 
avec l'acide chlorhydrique un chlorure très bien cristal- 
lisé. Nous sommes également parvenus à obtenir un alca- 
loïde avec les graines de VAnagyris indica. 

L'Anagyrine est toxique à faible dose. Nous l'avons 
administrée à divers animaux, avec le concours de M. Bo- 
chefontaine, et nous avons constaté que chez la Gre- 
nouille, elle arrête la respiration, tandis que le cœur 
continue à battre encore pendant plusieurs heures. Chez 
le Cobaye, on observe des frissons, un tremblement géné- 
ral des membres, puis, une difficulté de plus en plus 
grande de respirer et la mort se produit en quelques 
minutes. Chez le Chien, nous avons noté des frissons, de 
larégurgitation. des vomissements répétés, de la faiblesse 
des membres antérieurs allant jusqu'à la parésie. Aucun 
phénomène ne nous a paru se produire chez ce dernier, 
du côté de la pupille. 



iSéance «lu S9 juin 19S5. 

PRÉSIDENCE DE M. DUTER. 

M. F. Bocourt fait la communication suivante : 

Note sur un Boidien nouveau, provenafit du Guatemala, 
par M. F. Bocourt. 

Genre TROPIDOPHIS (1), Dum. et Bibr. 
Caractères. — Corps comprimé, beaucoup plus gros au 

(1) Tropidophis, Diimeril et Bibron. Erpét. géiiér., t. VI, 1884, p. 488. 
— Ungalia Gray. Cat. Snakes Brit. Mus., p. 104. — Tropidophis, Jari et 
Sordelli. Tcon. génér. des Ophid., 2" Hvr., 1865, p. 74. 



— 113 — 

milieu qu'à ses extrémités. Queue courte, enroulente et 
moins forte que la partie postérieure du tronc. Tête pe- 
tite, déprimée et distincte du cou. Rostrale presque aussi 
haute que large. Nasale entière ou divisée. Onze plaques 
sus-céphaliques. Région frênaie occupée par la base de la 
fronto- nasale. Une ou deux préoculaires et deux ou trois 
postoculaires. Temporales assez nombreuses et peu dif- 
férentes des écailles qu'elles précèdent. Huit à dix supé- 
ro-labiales ; la quatrième, la cinquième et quelquefois la 
sixième, sont en rapport avec l'œil. Dix à douze inféro- 
labiales; les deux ou trois premières sont en contact avec 
les lamelles inter-sous-maxillaires. Ces dernières lamelles, 
au nombre de trois paires, sont suivies de petites squames 
gulaires. Anale entière. Urostèges non divisées. Écailles 
lisses chez les uns, carénées ou tectiformes chez les 
autres, disposées au milieu du tronc en vingt-cinq à 
vingt-neuf séries longitudinales. Dents maxillaires peu 
nombreuses; les antérieures plus longues que les posté- 
rieures. 



Tropidophis Moreletii (1), n. sp. 

Description. — Deux petites internasales triangulaires. 
Deux fronto-nasales s'étendant à droite comme à gauche 
sur la région frênaie. Deux petites préfrontales rectan- 
gulaires. Frontale large et à cinq pans. Susoculaires un 
peu plus larges en arrière qu'en avant. Deux pariétales 
peu développées, séparées entre-elle^ par deux petites 
écailles. Nasale divisée et percée dans sa portion anté- 
rieure. Région frênaie assez grande, occupée par la base 
de la fronto-nasale ; laquelle repose sur la deuxième et la 
troisième supéro-labiale. Prêoculaire unique et beaucoup 
plus haute que large. Œil grand et à pupille elliptique. 
Deux postoculaires du côté gauche, trois du côté droit. 
Dix supéro-labiales ; la quatrième et la cinquième ferment 

(1) Nous donnerons des figures représentant cette espèce, dans Miss. 
Se. du Mexique et de V Amérique centrale. 

8 



— 114 — 

le contour inférieur du cercle orbitaire ; les trois der- 
nières sont fort petites. Dix à douze temporales. Onze in- 
féro-labiales. Sillon gulaire bordé par trois paires de la- 
melles inter-sous-maxillaires, lesquelles sont suivies par 
trois paires de squames plus petites. Écailles du tronc 
imbriquées, de forme lozangique, disposées au milieu de 
sa longueur en vingt-cinq séries longitudinales ; celles 
du dos saillantes et tectiformes. Deux cent huit gastros- 
tèges. Anale simple. Queue ayant environ le dixième de 
la longueur totale; garnie en dessous par trente-quatre 
plaques non divisées. 

Longueur totale de l'individu unique 0'"442 

Longueur du bout du museau à l'anus 0'"397 

Longueur de la queue 0'"045 

Coloration. — La tête en dessus est d'un brun clair, 
glacé de lilas ; cette teinte se prolonge d'une part sur les 
joues et d'autre part sur la nuque, en deux petites bandes 
divergeantes. Le corps est orné, à droite comme à gauche, 
d'une série de grandes taches subcirculaires d'un noir 
violacé, encadré d'un liseré jaune ; les intervalles qui les 
séparent les unes des autres sont colorés en fauve. Cha- 
cune de ces séries se compose de vingt-quatre à vingt- 
cinq taches souvent alternantes, séparées sur le dos par 
un espace très étroit. Sur la queue, ces taches, au nombre 
de cinq à six, ne forment qu'une seule série médio-cau- 
dale. Les parties inférieures sont d'un blanc-jaunâtre, 
avec quelques maculatures d'un gris-marron, placées à 
droite et à gauche de la région abdominale. 

Si par l'ensemblG de ses caractères, le Tropid. Moreletii 
ressemble un peu au Tropid. maculatus (1), il en diffère à 
première vue par les particularités suivantes : 1° Nasale 
entièrement divisée ; 2» Préoculaire plus haute ; 3° Écailles 
du tronc en vingt-cinq séries ; celles du dos plus sail- 
lantes et en toit, formant distinctement des lignes longi- 
tidunales ; 4° Les taches noires qui ornent le tronc sont 
plus grandes et par conséquent moins nombreuses: on 
en compte seulement sur chacun des côtés vingt-quatre 

(1) Cette espèce, dont les types sont originaires de Cuba, habite non- 
seulement les autres Antilles, mais aussi le Mexique. 



— 115 — 

à vingt-cinq, tandis que chez le Tropid. maculatus, l'une 
et l'autre de ces régions portent trois séries de taches, 
dont le nombre est pour chacune d'elles de quarante 
environ. 

Cette jolie espèce, en parfait état de conservation, a été 
recueillie par M. A. Morelet, dans le département de la 
Vera-Paz (Guatemala). 



M. Vaillant fait les communications suivantes : 

Sur quelques Batraciens de Nossi-Bé (Madagascar) , 
appartenant à la collection du Muséum, 

par M. Léon Vaillant. 

La collection du Muséum d'Histoire naturelle a récem- 
ment acquis de M. E. Deyrolle certain nombre d'ani- 
maux provenant de l'île de Nossi-Bé, au N.-O. de Mada- 
gascar, parmi lesquels se trouvent quelques Batraciens, 
qui me paraissent présenter un certain intérêt, soit au 
point de vue de la position d'une des espèces dans la 
série zoologique, soit au point de vue de la répartition 
géographique des Anoures dans ces régions : 

Les espèces sont au nombre de cinq : 

1. Rana granulata, Bôttger. 

2. — ulcerosa^ Bôttger. 

3. Mantella betsileo, Grandidier. 

4. Rhombophryne testudo^ Bôttger. 

5. Bufo, sp. ind. 

1. Rana granulata, Bôttger. 

Deux individus peuvent être rapportés à cette espèce, 
d'après la description qu'en reproduit M. Boulenger. Ils 
ont en effet le museau assez aigu, le membre postérieur 
long, le talon atteignant au moins le bout du museau, la 
peau du dos porte de fines granulations, le ventre est 
glanduleux à partir de la hauteur des aisselles jusqu'à 



— 116 — 

l'anus, les cuisses le sont également ; un repli glandu- 
laire de l'œil à l'épaule ; doigts et orteils sensiblement 
dilatés aux extrémités. Nos individus sont, après conser- 
vation dans l'alcool, gris-verdâtres en dessus, marbrés 
de brun sur les flancs et les bords de la région mandi- 
bulaire, cette même teinte forme une tache temporale. 
On ne voit pas trace de la tache sombre et Wde la partie 
dorsale antérieure, tache signalée par les auteurs. 



2. Rana ulcerosa, Bôttger. 

Deux exemplaires de cette espèce, bien reconnaissable 
à- ses formes lourdes, son membre postérieur court, l'ar- 
ticulation tibio-tarsienne atteignant à peine l'œil, son 
dos chargé de plis glanduleux et surtout les deux glandes 
circulaires aplaties qu'on voit à la partie postérieure des 
cuisses. Sur l'un des individus, ces glandes présentent 
un enfoncement, c'est le caractère du mâle, d'après 
M. Bôttger. 



3. Mantella betsileo, Grandidier. 

Ces individus, dont un d'assez grande taille pour cette 
petite espèce, il mesure 25'"™ du bout du museau à l'ori- 
fice cloacal, ont la partie postérieure des cuisses remar- 
quablement granuleuses. 

4. Rhombophryne testudo, Bôttger. 

Deux exemplaires de'; cette espèce réponde-nt exac- 
tement à la description reproduite par M. Boulenger. Cet 
animal est nettement caractérisé par son aspect lourd 
et les saillies glanduleuses pointues, qui se trouvent 
sous le menton et sur le nez. 

Le précoracoïde manque complètement; le coracoï- 
dien (a) très développé est élargi à son extrémité interne, 
le cartilage épicoracoïdien (6), qui recouvre celle-ci, est 




- 117 — 

percé d'un trou arrondi: l'appareil sternal se trouve 
réduit à une plaque cartilagineuse (c) faible, fourchue 
en arrière (1). 11 n'est pas 
facile de savoir, d'après 
ces individus, quelle est 
la forme de la pupille, 
elle paraît assez exacte- 
ment arrondie ; cepen- 
dant, deux petits angles 
antérieurs et postérieurs 
doivent faire supposer ^ 

qu'elle est horizontale à Appareil sternal du Rhombophryne 
l'état de contraction Testudo, Bôtt. (grossissement 5 diam.). 

M Jk'ii A' " T "" coracoidien. 

M. ±50ttger,a après 1 as- ^^ cartilage épicoracoïdien. 
pect extérieur évidem- c, cartilage sternal. 
ment, avait donné ce 

genre comme voisin des Breviceps, aussi M. Boulenger 
a-t-il été conduit à le placer dans la famille des Engys- 
tomatidœ, faisant toutefois remarquer que l'appareil 
sternal n'étant pas connu, ce rapprochement ne pou- 
vait être admis que sous toutes réserves. Les détails qui 
viennent d'être donnés montrent combien était justi- 
fiée cette restriction. L'absence de précoracoïdien fait 
voir d'abord que ce n'est pas des Breviceps, chez lesquels 
cet os est parfaitement développé, qu'il faudrait rappro- 
cher le Rhombophryne^ mais plutôt des Phry^iomantis ou 
des Cacopus. La présence de deux cartilages épicoracoï- 
diens éloigne d'ailleurs le genre en question de tous ces 
Batraciens, car, suivant la classification ostéologique 
aujourd'hui en honneur, ce caractère devrait faire placer 
ces animaux dans la tribu des Arcifera et non avec les 
Firmislernia. L'absence de dents, la dilatation des dyapo- 
physes sacrées caractérisent parmi ceux-ci les Bufonidœ, 
c'est donc dans cette famille qu'il convient de mettre le 
genre Rhombophryne. Il n'est pas d'ailleurs sans présenter 
de grandes analogies avec les Rhinophryne, qu'on ait 
égard à la forme générale ou à la petitesse de la bouche, 

(1) En avant existe peut-être un prolongement cartilagineux aplati 
représentant l'omosternum. la chose n'est pas nette sur l'individu, que 
j'ai dû examiner avec certains ménagements. 



— 118 — 

Le fait est intéressant en ce qu'il fait connaître pour 
la première fois un représentant de cette tribu dans la 
région Madécasse, où l'on n'avait jusqu'ici rencontré que 
des Anwa firmisternia. 



5. BuFO, sp. 

Quoique je n'aie pu examiner ni la disposition du ster- 
num, ni la forme des diapophyses sacrées, l'aspect géné- 
ral, l'absence de dents , la langue allongée , presque 
cylindrique, libre sur la plus grande partie de son éten- 
due, la pupille horizontale, ne laissent guère de doute 
sur le genre auquel on doit rapporter un petit Batracien, 
qui fait partie de cet envoi, mais la taille de l'individu ne 
permet guère d'aller plus loin, il mesure lo""" environ de 
l'extrémité du museau à l'orifice cloacal. 

La saillie notable des verrues, lesquelles, sur le bord 
interne du tarse, forment une sorte de pli dentelé en scie, 
le tympan bien distinct, peuvent porter à le rapprocher 
du Bufo tuberosus, Gûnt., qui cependant n'est pas connu 
de ces régions, mais seulement de l'Afrique occidentale. 

Cet exemplaire est trop jeune pour permettre une dé- 
termination exacte, il est toutefois intéressant comme 
faisant connaître pour la première fois à Madagascar le 
genre Bufo. 



Description d'une espèce nouvelle de Tortue terrestre rapportée 
par M. Humhlot, 

Par M. Léon Vaillant. 

Ce Ghélonien représente un type nouveau du genre 
Testudo, fort curieux tant au point de vue de ses carac- 
tères spécifiques que de sa provenance. 

Sa taille peut devenir assez considérable, car M. Hum- 
blot, qui en a eu sept individus vivants en sa possession, 
nous dit que l'exemplaire en peau rapporté par lui était 



I 



— 119 — 

loin d'être le plus gros. Il mesure 0'"37.à 0"'38 de long 
sur 0™26 de large et 0'"24 de haut, en lignes directes des 
points les plus saillants de la carapace dans chacun des 
sens. Le contour vertébral antéro-postérieur de la dos- 
sière s'élève obliquement en ligne droite par devant et 
descend en courbe régulière en arrière ; cette dossière 
est sensiblement rétrécie en avant, arrondie en arrière ; 
le limbe, vertical au point d'union avec le plastron, non 
relevé en avant et seulement échancré au-dessus du cou, 
est dentelé et retroussé à la région fémorale, surtout pour 
les deux plaques placées de chaque côté de la sus-cau- 
dale, qui est au contraire recourbée en dedans. Les 
plaques du disque, en nombre habituel, n'oirrent rien de 
remarquable dans leur forme, le foyer est entouré de 
sillons concentriques et il en part des sillons rayonnants 
coupant les premiers. On trouve une plaque nuchale 
petite, mais distincte, bien qu'au premier abord elle 
paraisse être un simple prolongement en pointe de la 
première vertébrale, les autres plaques du limbe n'offrent 
rien de particulier, la sus-caudale est très large. Le plas- 
tron a une forme très singulière; la portion antérieure 
se prolonge prr une pointe plate, en triangle allongé, se 
recourbant en haut , comparable à l'extrémité relevée 
d'un soulier à la poulaine ; postérieurement le bord est 
échancré en angle très ouvert. La plaque gulaire , qui 
recouvre le prolongement antérieur, est simple en des- 
sous, divisée en dessus par un sillon peu profond et qui 
même manque tout à fait en avant ; les plaques pecto- 
rales sont remarquablement étroites, les abdominales, 
au contraire, très développées. 

Le membre antérieur présente de grosses écailles , 
élargies, imbriquées, très légèrement denticulées. 

La coloration générale du disque est fauve avec le 
foyer des plaques plus clair, jaune, et le pourtour de 
chacune d'elles brunâtre. Les mêmes teintes se trouvent 
pour le limbe, sur les côtés elles forment une succession 
de triangles brunâtres ascendants, séparés par des figures 
de même forme, plus larges, fauve clair, rappelant la dis- 
position des flèches d'un jeu de tric-trac. Le plastron est 
uniformément jaune ; à peine distingue-t-on çà et là 



— 120 — 

quelques traces d'une teinte brune sur le JDord de cer- 
taines plaques. 

Les caractères brièvement énoncés ici ne permettent 
de confondre cette espèce avec aucune de celles actuelle- 
ment connues dans le genre Testudo. La plaque gulaire 
simple doit la faire placer dans le sous-genre Chersina et 
elle n'est pas sans présenter certains rapports avec l'un 
des types, qui y sont compris , le Testudo angulata , 
G. Dum. ; toutefois, elle s'en distingue très facilement au 
premier coup d'œil , non seulement par sa taille plus 
considérable, mais encore par la forme de la carapace 
plus surbaissée et d'un ovale plus allongé chez la Tortue 
anguleuse ; de plus, chez cette dernière, la partie anté- 
rieure du plastron s'allonge tout entière en un triangle 
isocèle et le prolongement gulaire, beaucoup moins ré- 
tréci, n'est nullement recourbé en haut. M. Humblot 
avait été frappé de cette forme particulière du plastron, 
qu'il a pu constater sur tous les individus en sa pos- 
session. 

Je proposerais de désigner cette espèce sous'le nom de 
Testudo yniphora {vvia, SOC de charrue ; ©epo, je porte). 

C'est à des matelots arabes, qui en apportaient une 
grande quantité de vivantes, que ces tortues ont été 
acquises par le zélé voyageur, auquel le Muséum d'His- 
toire naturelle est redevable de ce spécimen. D'après 
les explications données et la direction connue d'où 
venait l'embarcation, il n'est pas douteux que ces ani- 
maux ne proviennent d'un îlot situé à une certaine dis- 
tance des Comores, vers le N. N. E.,dans la direction d'Al- 
dabra, peut-être même dépendant de ce groupe d'îles. 
C'est en tous cas une intéressante adjonction à la faune 
herpétologique de ces régions. 



— 121 — 

séance du 35 juillet flSSS. 
PRÉSIDENCE DE M. FRANCHET. 

M. Franche!; fait la communication suivante : 

Observations sur les Syringa du nord de la Chine, 
Par M. A. Franghet. 

Le plus récent travail publié sur les Syringa est celui 
de J. Decaisne qui, dans sa Monographie des genres Ligus- 
trum et Syriyiga^ a résumé tout ce qui a été fait sur ce 
dernier genre. Je regrette d'avoir à revenir aujourd'hui 
sur les espèces Chinoises ; mais l'examen des types origi- 
naux, existant dans l'herbier du Muséum et dans celui de 
M. Gosson, ne permet pas d'admettre les assimilations 
spécifiques et la synonymie proposées par Decaisne (1), en 
même temps qu'il rend inexplicables les confusions faites 
par ce botaniste, qui disposait de tous les éléments néces- 
saires de comparaison. 

Si l'on néglige les espèces à tube raccourci, que Ru- 
precht a rapprochées sous la dénomination générique de 
Ligustrina, on connaît du nord de la Chine, ou des fron- 
tières de Mongolie, 4 espèces de Syringa : S.villosa, Vahl. ; 
S. pubescens, Turcz. ; S. Chinensis,Wi].ld elS. oblata, Lindl ; 
les deux dernières ayant été observées seulement dans les 
jardins. 

Le S. villosa a été établi par Vahl., sur un spéci- 
men unique rapporté de la Chine, au milieu du siècle der- 
nier, par le P. d'Incarville et conservé, avec son herbier, 
au Muséum de Paris. La description de Valh ne paraît 
pas avoir été modifiée depuis la publication de VEnume- 
ratio, et dans le Prodrome, de GandoUe se contenta de 
reproduire la diagnose dans toute sa brièveté, sans même 

(1) Nouvelles Archioes du Muséum, 2» série (1878), t. II. 



— 122 — 

y joindre la phrase complémentaire de l'auteur (1). Aussi 
n'est-il pas surprenant que l'identité du S. villosa ait été 
méconnue plus tard par les botanistes qui n'avaient pour 
guide que les deux lignes de description données dans le 
Prodrome, vol. VllI, 283. 

Il pourra néanmoins paraître singulier que Decaisne 
qui avait sous la main l'herbier ded'Incarville, ait négligé 
de le consulter, soit pour comparer la plante qu'il nomme 
S. villosa, soit pour la décrire ; il ne cite même pas à son 
occasion le nom du P. d'Incarville et la localité où il avait 
trouvé sa plante. Tout ceci est certainement regrettable, 
car le Syringa rapporté par M. l'abbé David, et décrit 
sous le nom de S. villosa, est bien différent du type ori- 
ginal. 

Le même auteur a fait une nouvelle confusion lorsqu'il 
a rapproche du 5. iS^moc?î,Wall.,un autre Syringa également 
récolté aux environs de Pékin, par M. l'abbé David, et 
qui n'est autre que le véritable S. villosa, Vahl. L'hispi- 
dité de la face inférieure des feuilles, si caractéristique 
dans cette dernière espèce, hispidité qui existe sur les 
spécimens de M. l'abbé David et qui fait constamment 
défaut dans la plante de l'Himalaya, où elle est remplacée 
sur la nervure médiane par une pulvérulence à peine 
visible, aurait cependant dû prémunir l'auteur de la Mono- 
graphie des Syringa contre une pareille assimilation. 

Il faut pourtant reconnaître que le S. Emodi ne diffère 
guère du S. villosa autrement que par cette absence d'his- 
pidité ; car, dans les deux plantes, les feuilles sont ovales 
ou ovales-oblongues, très pâles ou même blanchâtres en 
dessous. Cependant, tant que les fruits du S. villosa, Y dJal. 
(non Decne), ne seront pas connus, il convient de réser- 
ver un rapprochement qui ferait du S. Emodi, Wall., seu- 
ment une variété à nervure pulvérulente de la plante de 
Vahl. 

A propos de ces deux Syringa à feuilles discolores, je 



(1) Rami glabri. Folia petiolata, pollicaria vel ultra, integerrima, 
avenia, subnervosa, subtua pallida. Thyrsus termimalis, erectus. Flores 
tmguiculares. quadriftdi. An eadem cum Ligust. sinensi, Lour. ? 

Habitus. Rami superne angulati. Folia petiolata, opposita. 



— 123 — 

dois dire que j'ai vainement cherché un. caractère précis 
permettant de distinguer nettement le S. EmocU, Wall., 
du S. Josikœa, Jacq. Ces deux Lilas ont toujours été dé- 
crits comme s'ils ne pouvaient être confondus et, ni de 
Gandolle, dans le Prodrome, ni Decaisne, dans sa Mono- 
graphie, ne paraissent avoir songé à les comparer (1). On 
sait que le S. Josihœa n'est connu qu'en Hongrie, dans 
une seule localité des Siebenburgen, particularité de na- 
ture à jeter déjà des doutes sur l'autonomie de l'espèce. 
Ces doutes ne peuvent que s'accroître lorsqu'on s'aper- 
çoit qu'on ne peut invoquer pour sa distinction spéci- 
fique ni la forme des feuilles, qui se retrouve absolument 
la même dans beaucoup de spécimens de l'Himalaya, c'est- 
à-dire variant de l'ovale à l'ovale-oblong, ni la disposition 
générale de la grappe constituée par des rameaux courts 
et souvent écartés, qui la rendent étroite et interrompue. 
Cette disposition s'observe dans plusieurs des échantillons 
rapportés du Gachemyr, par Jacquemont, notamment dans 
ceux qui portent le n° 445' (Herb. du Muséum de Paris). La 
couleur des fleurs n'est pas plus caractéristique; il est vrai 
qu'elles sont assez souvent blanches dans le S.Emodi; mais 
il n'est pas rare aussi de les voir avec la nuance ordinaire 
des Lilas ; enfin, on retrouve dans les deux plantes cette 
même pulvérulence, dont aucun auteur n'a parlé, sur la 
nervure principale, à la face intérieure des feuilles. 

Mais ce n'est point ici le lieu de pousser plus loin la 
comparaison, et je dois me borner à signaler une extrême 
similitude entre ces deux plantes. Je reviens aux espèces 
Chinoises. 

J'ai vu dans l'herbier de M. Cosson les spécimens que 
Bunge, Enumeratio plantarum Chinœ borealis, n° 341, rap- 
porte au S. Chinensis, Willd., et que Decaisne, Monogr., 



(1) Reichenbach. Plantœ criticœ, p. 32, a pourtant pressenti les relations 
étroites qui unissent les Syringa à feuilles blanches en dessous; c'est 
ainsi qu'ilcompare le S. /osifeosa, avec le .*>. villosa, qu'il ne connaissait du 
reste que par sa description : « Etiam hune stirpem insignem (S. Josi- 
kœa), Vahlii S. villosœ, cujus folia in descriptione tantum « subtus pal- 
lida » dixit, fortasse affinem, summac bcnevolentiœ illustr. auctoris 
debeo. Indumentum desideratur in nosfra folia fere Populi balsamifcrœ, 
etiam absque indumento. » 



— 124 — 

p. 40., dit être synonyme du S. oblata, Lindl. ; ces spéci- 
mens sont au nombre de deux ; l'un, à feuilles lancéolées, 
éiroitemeut atténuées à la base, est certainement le 
S. Chinensis, Willd, le Lilas Varin des jardiniers ; l'autre, 
à feuilles plus larges, mais incomplètement développées, 
est peut-être le S. oblata, qui paraît être fréquemment 
cultivé dans les jardins de Pékin; toutefois il n'en demeure 
pas moins certain que le S. Chinensis est également cul- 
tivé en Chine, 

Pour les raisons que je viens d'exposer, et dont on trou- 
vera les preuves à l'appui dans l'herbier du Muséum et 
dans celui de M. Gosson, je crois pouvoir établir les 
espèces chinoises et leur synonymie ainsi qu'il suit : 



S. viLLOSA, Vahl. 

Vahl, Enum. I, 38 ; D G. Prodr. VIII, 283. 

S.Emodi, Decne.Monogr, Ligustr. et Syr., p. 40 {quoad, 
specimina Davidiana) ; Franch. (1), Plantas Davidianse, 
pars I, n° 615 (non Wall.). . 

Hab. in montibus circa Pékin ("herb. du P.d'Incarville) ; 
in cacumine montis Ipehoachan, flor. jul. 1863 (M. l'abbé 
David, no 2239). 

Rami florentes glabri, striato-angulati ; folia crassius- 
cula, petiolata, petiolo circiter 1 cent, longo ; limbus 
subbipollicaris, ovato-lanceolatus, basi breviter attenua- 
tus, apice oblique acutatus, margine scabridus, supra 
viridis, glaber, subtus pallidus, subalbescens, praesertim 
ad nervos pilis albis villosus, nervis secundariis utrin- 
secus 6-7 ; panicula elongata, angusta, interrupta, ramu- 
lis basi nudis ; pedicelli subnuUi ; calyx glabrescens vel 
parce pilosus, lobis brevibus, (nunc obscuris), late trian- 

(1) Lors de la rédaction de la première partie des Plantœ Davidianœ, 
les Syringa de la Chine se sont trouvés absents de l'herbier du Muséum; 
l'auteur a dû dès lors suivre la Monographie de J. Decaisne, sans être 
à môme d'en contrôler les déterminations. 



— 125 — 

gularibus, obtusis ; corollœ tubus gracilis, calyce qua- 
druplo longior, lobis oblongis. (Descr. ex specimine unico 
Incarvilleano). 

La plante a tout à fait le port et l'inflorescence des 
formes à feuilles ovales du S. Josikœa. Mais tandis que 
dans ce dernier les feuilles ne présentent en dessous, et 
seulement sur la nervure médiane, qu'une très fine pulvé- 
rulence, visible seulement à la loupe, les feuilles du 
S. villosa sont plus ou moins couvertes d'assez longs poils. 

Les spécimens rapportés par M. l'abbé David res- 
semblent tout à fait à celui du P. d'Incarville, et four- 
nissent des éléments plus complets de description ; le 
S. villosa est un arbrisseau peu élégant, à fleurs lilas ; 
ses rameaux sont très fragiles, recouverts d'une écorce 
parsemée de lentielleset jaunâtre sur les jeunes rameaux, 
grise sur ceux des années précédentes ; la panicule est 
tantôt étroite, tantôt assez largement pyramidale et quel- 
quefois assez dense, c'est-à-dire qu'elle varie absolument 
de la même façon que celle du S. Josikœa, ou du S. Emodi. 

S. PUBESCENS, Turcz. 

s. pubescens, Turcz., Bull. soc. Mosc, 1840, p. 73; 
S. villosa, p. angustifolia, D G. Prodr. VIII, p. 283. 

5. villosa, Decne, loc. cit., p. 41; Franch. loc. cit., 

no 203 (non Vahl.). 

Hab. ad fines septentrionales Ghinse et Mongolise prope 
pagum Nordian (Bunge in herb. Gosson, 1831, absque no- 
mine) ; Mongolia orientalis, in vallibus excelsis montis 
Ta-ladre-chan, fl. mai ; fr. sept. 1864 (M. l'abbé David, 
n°^ 2038, 1797) ; in montibus prope Ta-tchio-chan ; fr. 
jul. 1863(ejusd. n 2239). 

Frutex bimetralis, ramosissimus, ramulis gracilibus ; 
ramuli anni prseteriti cortice griseo donati, lenticello- 
sis ; folia in sicco papyracea, graciliter petiolata ; limbus 
ovatus, utrinsecus 3-4 nervatus, basi nunc cuneato atte- 
nuatus, nunc fere rotundatus, apice plus minus oblique 



— 126 — 

acuminatus, margine ciliolatus, supra glaber, pallidus, 
subtus nunc albido-glaucus, nunc tantum pallidus, prae- 
sertim ad basin nervi medii pilis aibis strigosis paten- 
tibus dense hirtellus ; inflorescentia glabra ; panicula 
pyramidalis, nunc laxa, nunc magis conferta ; pedicelli 
brevissimi ; calyx glaber, lobis triangularibus, acutis, 
nunc tenuissime mucronulatis ; corollaî tubus gracilli- 
mus, calyce sextuple longior, lobis brevibus, oblongis ; 
capsula oblique oblonga, prsesertim apicem versus ver- 
ruculis albidis conspersa ; semina oblonga, alâ tenui cir- 
cumcirca cincta. 

Petioli 8-15 mill. longi ; limbus vix ultra pollicaris vel 
brevior, 15-20 mill. medio latus ; capsula 12-13 mill. 
longa; corollse lilacini,'suaveolentes. 

Espèce bien caractérisée par la forme de ses feuilles, 
toujours plus petites, plus blanches en dessous, plus 
minces et à nervures moins nombreuses que dans le 
S. villosa. D'après un spécimen authentique, que j'ai reçu 
de M. Maximowicz , c'est bien la plante décrite par 
Turczaninoff sous le nom de S. pubescens. La description 
originale du S. pubescens ne s'applique cependant qu'en 
partie à la plante de Bunge et à celle de M. l'abbé David ; 
ainsi Turczaninoff compare son S. pubescens au S. Chi- 
nensis, L., ce qui ne convient guère au S. Bungei; d'autre 
part, il ne fait nulle mention de la teinte blanchâtre et 
glauque si Cfiractéristrque de la face inférieure des feuilles 
et il décrit les lobes du calice comme obtus. 



S. OBLATA, Lindl. 

Lindl. Gardn. chron. 1859, p. 868 ; Decne;loc. cit. p. 40 

(ex cl, syn. S. chmensis, Bungej. 

Les spécimens rapportés par M. l'abbé David, et pro- 
venant d'un jardin de Pékin, ont bien les feuilles élargies, 
un peu cordées à la base et brusquement acuminées au 
sommet, qui caractérisent l'espèce de Lindley ; mais ils 
sont remarquables par la forme largement ovale des lobes 



127 — 



de la corolle ; la plante diffère bien peu d'ailleurs du 
S. vulgaris, L. 



S. GHINENSIS, Willd. 

Willd. Arb. Berol. p. 378 et Sp. pi. I, 48; BungeEnum. 
p. 42; Decne, loc, cit. p. 42. 

S. rothomagensis, Mirb. Nouv. Duli.,208, tab. LVIIL 

S. dubia, Pers., Enchir. I, p. 9 ; D G. Prodr. VIII, 282. 

S. correlata. Al. Br. Sitz. Gesell. Naturf. Berl. 1873, 
p. 69. 

Cette espèce, ou variété du -S. vulgaris, étant bien réelle- 
ment cultivée en Chine, comme le montre le spécimen de 
l'herbier Bunge, faut-il en conclure qu'elle en est origi- 
naire ? On peut le présumer, car il n'est guère probable 
que le Lilas Varin ait été importé d'Europe dans les jar- 
dins de Pékin. 

Il est assez singulier qu'on ne connaisse d'une façon 
certaine la patrie d'origine d'aucun Lilas à feuilles con- 
colores et que d'autre part les trois espèces à feuilles dis- 
colores, S. villosa, S. Emodi (S. Josikœa) et S . pubescens , aient 
été toutes rencontrées dans des conditions indubitables 
de spontanéité. Ces trois Syringa étant nettement asia- 
tiques, il est assez probable que les deux ou trois autres 
espèces du genre le sont également, en supposant qu'elles 
ne soient pas des produits de culture, dérivés d'un seul 
type ; cette opinion pourra surprendre un horticulteur, 
pour lequel la grandeur des Heurs, leur coloration, la 
diversité dans l'époque de la floraison, constituent à bon 
droit des caractères de premier ordre ; mais elle ne sem- 
blera peut-être pas dénuée de fondement au botaniste, 
lorsqu'il voit le S. vulgaris passer au S. oblata par qîiel- 
ques-unes de ses formes, à feuilles très dilatées inférieur 
rement, et d'autre part le S. chinensis, par ses feuilles 
ovales lancéolées et par ses fleurs, servir de trait d'union 
entre ce même S. vulgaris et \e S. Persica. 



— 128 — 
M. Ghatin fait les communications suivantes : 

Sur les trachées réticulées, 
par M. JoANNES Ghatin. 

En poursuivant mes recherches sur les terminaisons, 
nerveuses dans les pièces buccales, les antennes, etc. 
j'ai eu fréquemment l'occasion d'observer une forme gé- 
néralement rare des trachées d'Insectes. 

Décrite pour la première fois par M. Paul Bert (1), cette 
forme est caractérisée par la réticulation de la membrane 
interne qui, au lieu de présenter le filament spiral ordi- 
naire, porte un réseau à mailles très serrées, anastomo- 
sées et entrecroisées en différents sens. 

Gette particularité n'avait été jusqu'ici mentionnée 
que dans le voisinage des stigmates. Je l'ai observée 
dans les trachées céphaliques de divers Locustides, 
Mantides et Gryllides. 

Au point de vue de l'anatomie zoologique, il est 
intéressant de remarquer sa fréquence chez les Insectes 
lourds, à mœurs relativement sédentaires, à trachées 
dépourvues de vésicules pneumatiques. 11 semble 
que cette disposition coïncide avec une tendance géné- 
rale vers l'épaississement maximum de la tunique interne 
des trachées.. 

Contribution à Vétude ostéologique des fosses nasales chez les 
Palmipèdes et les Échassiers, 

par M. JoANNES Ghatin. 

L'anatomie comparative des fosses nasales n'a été que 
rarement étudiée chez les Oiseaux et presque exclusive- 
ment chez les Accipitres et les Gallinacés. Quant aux 
Palmipèdes et aux Échassiers, ils ont été généralement 

;i) Paul Bert, leçom sur la physiologie comparée de la respiration, 
p. 270, 1870. 



— 129 — 

négligés, bien que leur étude soit particulièrement ins- 
tructive. L'examen de quelques types suffît à l'établir. 

Chez le Cygne, la cavité nasale est assez étendue. La 
cloison est osseuse et mince. La paroi externe ofTre plu- 
sieurs saillies ; l'une d'elles, située au niveau même où 
finit le cornet inférieur, semble séparer la fosse nasale 
en deux parties. La voûte est creusée en gouttière. Le 
cornet supérieur, à structure papyracée et aréolaire, 
figure une saillie très prononcée ; il est fortement excavé 
dans sa région moyenne. Le cornet moyen forme une 
masse considérable avec de nombreuses dépressions, 
sinuosités, etc. Complètement osseux, le cornet inférieur 
est convexe à sa face supérieure qui s'avance librement 
dans la cavité nasale ; sa face inférieure repose sur le 
plancher et se montre horizontale dans ses 5/6 posté- 
rieurs, tandis qu'elle est oblique de bas en haut et d'ar- 
rière en avant dans son 1/6 antérieur ; la face interne est 
fortement excavée, mais la face externe est presque 
plane. En raison des connexions du cornet supérieur avec 
la masse ethmoïdale, on ne doit décrire que deux méats: 
l'un supérieur, s'étendant de la voûte au cornet moyen ; 
l'autre inférieur, compris entre ce cornet et le plancher. 

Les Bernaches (Bernache de Virginie, etc.) ofifrent des 
fosses nasales médiocrement développées. La cloison est 
constituée par une mince lame osseuse. La paroi externe 
ne porte que de légères saillies. Le plancher est irrégu- 
lièrement convexe, tandis que la voûte est concave. Le 
cornet supérieur est représenté par une saillie ethmoï- 
dale déchiquetée. Très développé, remplissant presque 
complètement la cavité nasale, le cornet moyen est com- 
posé de deux parties séparées par un étranglement très 
prononcé. Le cornet inférieur est peu saillant et intime- 
ment appliqué contre la cloison et sur le plancher. Les 
méats n'occupent qu'une faible étendue. 

Chez le Goëîand, les fosses nasales sont très dévelop- 
pées. Le cornet supérieur est constitué par une lame en- 
roulée sur elle-même. Le cornet moyen, faiblement in- 
curvé, s'étend jusque dans le voisinage de la narine. 
Plus réduit que les précédents, le cornet inférieur est, 
en revanche, plus complètement ossifié. Le méat supé- 



— i30 — 

rieur est médiocrement long, mais assez large; le méat 
moyen est sinueux, plus large à ses extrémités qu'en 
son milieu; quant au méat inférieur, il est étroit et 
allongé. 

Les fosses nasales du Flammant rose sont fort éten- 
dues; les cornets supérieur et inférieur sont normaux, 
mais on n'en saurait dire autant du cornet moyen qui, 
volumineux, tout couvert de saillies glanduleuses, im- 
prime à l'ensemble de la cavité nasale un aspect tout 
spécial et pourrait même provoquer de singulières erreurs 
si l'on n'avait soin de l'étudier attentivement et compa- 
rativement avec les espèces voisines. Les méats sont 
assez réduits. 

Chez les Gigognes, les fosses nasales mesurent 46""" de 
longueur et 19'"™ de largeur dans leur partie moyenne. 
La voûte est convexe. Le plancher porte de nombreuses 
dépressions. Le cornet supérieur trop souvent confondu, 
ici comme chez plusieurs Oiseaux , avec le cornet 
moyen , n'est représenté que par une mince lamelle 
osseuse, plus ou moins sinueuse. Sans atteindre aux 
proportions qu'il possède dans beaucoup de genres voi- 
sins, le cornet moyen est très développé et replié sur lui- 
même ; sa base est antérieure et fortement excavée ; son 
sommet postérieur est assez grêle. Le cornet inférieur 
offre de notables dimensions et revêt une forme spéciale : 
irrégulièrement tétraédrique, il s'étend sur le plancher 
des fosses nasales et le recouvre sur une surface relati- 
vement très étendue. 

On voit qu'en dehors de l'intérêt qu'ils peuvent offrir, 
d'une manière générale, pour l'anatomie zoologique, ces 
résultats élucident divers points relatifs à l'ostéologie des 
fosses nasales; ils permettent, en particulier, d'affirmer 
l'exacte valeur du cornet inférieur qui, même chez les 
types où il est le plus réduit (Bernache, etc.), ne cesse de 
posséder une réelle autonomie et ne saurait plus être 
décrit comme un processus latéral de la cloison ou 
comme un épaississement local du plancher. 



— 131 — 

Sur les divers modes de terminaison des nerfs dans la trompe 
des Lépidoptères, 

Par M. JoANNES Chatin. 

Les nerfs de la trompe présentent la structure que 
j'ai fait précédemment connaître : autour d'un cylindre 
avec fibrillaire montrant de gros et rares noyaux, se 
trouve une gaîue parsemée de nombreux petits noyaux. 

Ces nerfs forment au-dessous du tégument un réseau 
très riche constitué par des filets ténus et par des cel- 
lules nerveuses tantôt isolées, tantôt agglomérées, mais 
toujours en petit nombre. 

En se servant des réactifs précédemment indiqués et 
surtout du mélange d'alcool et d'acide osmique, puis 
colorant la pièce par l'ammoniure de carmin et la trai- 
tant ensuite par l'acide acétique, on reconnaît que les 
filets ultimes se terminent très diversement. 

Il en est qui se renflent en une cellule multipolaire 
sur laquelle se prolonge la gaîne de Henic et d'où partent 
deux ou trois prolongement qui se perdent entre les élé- 
ments hypodermiques sous forme de pointes très fines 
qui semiolent pouvoir être assimilées à des terminaisons 
nerveuses libres. Elles sont difficiles à voir, mais ne 
sauraient être contestées, car en suivant une technique 
toute différente (chlorure d'or, hématoxyline, etc.), on 
les retrouve aussi nettement indiquées. 

Que ces terminaisons nerveuses concourent à assurer 
la sensibilité générale dans les parties où elles se ren- 
contrent, le fait semble probable; mais l'absence de tout 
appareil excitable à leur extrémité oblige à certaines 
réserves qui ne s'imposent plus pour les terminaisons 
suivantes. 

Quand on pratique une coupe au niveau d'une papille 
qui hérisse la surface de la trompe chez un grand nombre 
de Papillons [Sphinx, etc.), on constate que les filets ner- 
veux s'y renflent en une cellule fusiforme avant d'entrer 
en rapport avec une « cellule tactile, w élément hypoder- 
mique plus ou moins modifié. 



— 132 — 

Enfin, vers l'extrémité de la trompe et parfois sur 
divers points de l'organe se trouvent des « poils factiles » 
et des « cônes mous » avec lesquels les nerfs entrent en 
relation suivant le mode que j'ai fait précédemment 
connaître. 

Sur les palpes maxillaires proprement dits, on ne trouve 
qu'un petit nombre de ces éléments excitables, mais ils 
sont beaucoup plus abondants sur les palpes labiaux ou 
« barbillons » qui se déploient sur les côtés de la spiri- 
trompe. 



Monstruosité par scission de l'antenne, 
Par M. JoANNES Ghatin. 

J'ai pu récemment observer chez le Byrrhus pilula une 
anomalie assez curieuse. 

Tandis que l'antenne gauche était normale, l'antenne 
droite se séparait, au-dessous de l'origine du renflement 
terminal, en deux rameaux comptant le même nombre 
d'articles. 

Cette particularité indique donc ici une monstruosité 
par scission et non un cas de polymélie comme dans la 
généralité des observations de monstruosités antennaines 
dont j'ai pu. trouver la relation. En outre, elles se rap- 
portaient presque exclusivement à des antennes fili- 
formes : ici le type est nettement claviforme, particula- 
rité qui rend doublement intéressante l'anomalie offerte 
par le Byrrhus pilula. 



séance du S août dlSS5. 
PRÉSIDENCE DE M. FRANCHET. 

M. le Président rappelle à la Société la mort de M. H. 
Milne-Edwards , l'un de ses fondateurs, survenue le 
29 juillet dernier. 



— 133 — 

M. le D"" A..-T. do Rochebruae, Secrétaire général, inter- 
prète des regrets qu'éproiivela Société, résume en quelques 
mots la longue et laborieuse carrière du savant disparu ; 
il laisse à de plus autorisés le soin de retracer chacune de 
ses étapes scientifiques si brillamment parcourues ; il doit 
ici l'envisager simplement comme l'un des Doyens de la 
Société, comme l'un des derniers représentants de l'im- 
mortelle phalange des Guvier, des Daubenton, des Bichat, 
des Larrey, des A. -P. de Gandolle, des E. GeofTroy-Saint- 
Hilaire, des Lacépède, des Élie de Beaumont et de tant 
d'autres qui depuis 1788, époque de sa fondation, ont 
tour à tour brigué l'honneur de lui appartenir ; il se plaît 
aussi à rappeler qu'avant de s'adonner aux Sciences Na- 
turelles, Henry Milne-Edwards était sorti des rangs de 
l'École de Médecine de Paris, ce centre fécond d'où tant 
d'hommes supérieurs n'ont cessé de rayonner. Le Méde- 
cin, dit-il en terminant, qui a su si brillamment traiter 
toutes les branches de la Zoologie, le Naturaliste qui 
partout a laissé une trace impérissable, a été l'un des 
plus fervents adeptes de la Société Philomathique, il a 
été aussi l'un de ses plus illustres. 

A l'unanimité, la séance est levée en signe de deuil. 



TABLE DES MATIERES 



Pages. 
F. BocouRT. — Noie sur un Boidien nouveau provenant du Gua- 
temala 112 

L. Bouvier. — Sur le système nerveux du Buccinum undatum.. ... 71 
J. Chatin. — Recherches sur la constitution de la mandibule ches 

les Coléoptères et les Orthoptères 33 

— — Helminthes de l'Ile Campbell et de la Nouvelle-Zé- 

lande 86 

— — Sur les trachées réticulées 128 

— — Contribution à l'étude ostéologique des fosses nasales 

chez les Palmipèdes et les Échassiers 129 

FiLHOL. — Description d'un nouveau genre et d'une nouvelle espèce 

de Carnassier fossile 19 

— — Observations relatives aux espèces du genre Parami- 

trax, vivant en Nouvelle-Zélande 26 

— — Description de deux nouvelles espèces de Crustacés 

appartenant au genre Pilumnus, 28 

— — Description d'une nouvelle espèce de Suidé fossile ap- 

partenant au genre Hyotherium 29 

— — Descriptions de nouvelles espèces de Crustacés apparte- 

nant au genre Hymenicus, provenant de la Nouvelle- 
Zélande 4:{ 

— — Nouvelle description d'une espèce de Crustacé apparte- 

nant au genre Eulamene provenant de l'île Stewart 
[Nouvelle-Zélande] 45 

— — Description d'une nouvelle espèce de Crustacé apparte- 

nant au genre Halicarcinus 45 

— — Description de deux nouvelles espèces de Crustacés ap- 

partenant au genre Pétrolisthes 46 

— — Description d'une nouvelle espèce de Crustacé prove- 

nant de la Nouvelle-Zélande 47 

— — Considérations relatives à la faune ornithologique de 

l'île Campbell 49 

— — Description d'une espèce nouvelle de Pachyderme fossile 

appartenant au genre Protapirus 50 

— — Observations relatives au mode de constitution des pré- 

molaires et des molaires des Lémuriens fossiles ap- 
partenant au genre Necrolemur 51 

— — Description de nouvelles espèces de Crustacés du genre 

Allorchestes. ... ; 54 



— 136 — 

Pages. 
J. Franchet. — Obscroations sur le Bruchus fCaryoborusJ nucleo- 

rum et son développement 11 

A. Franchet. — Observations sur le Syringa du nord de la Chine 

et description d'une espèce nouvelle de ce genre. 121 

Gallois. — Note sur l' Anagyrine 111 

Hardy. — Note sur l' Anagyrine 111 

J. Mabile. — Diagnoses de Mollusques nouveaux recueillis par les 
membres de la mission du CapHorn et 31. Lebrun, 
Préparateur au Muséum, chargé d'une mission à 

Santa-Cruz de Patagonie 100 

P. Mabile. — Diagnoses de Lépidoptères nouveaux 55 

H. Pellat. — Observations de M. Audemar sur mie illusion pro- 
duite par le déplacement de la verticale apparente. 5 
L. Petit. — Sur une nouvelle espèce d'Holothurie, le Latmogone 

Jourdaini 7 

A. DE Rochebrune. — Sur une nouvelle espèce de Bubalus prove- 
nant de la haute Sénégambie 15 

— — Note sur un nouveau genre de Céphalo- 

podes 82 

— — Vertebrarum novorum vel minus cognito- 

rum orce Africœ occidentalis incolarum, 
Diagnoses 96 

— — Diagnoses de Mollusques nouveaux recueil- 

lis par les membres de la mission du 
Cap Horn et M. Lebrun, Préparateur au 
Muséum, chargé d'une mission à Santa- 
Cruz de Patagonie 100 

— — Allocution sur la mort de M. H. Milne-Ed- 

wards 133 

RÉMT Saint-Loup. — Remarques sur la morphologie des Hirudi- 

nées d'eau douce 23 

L. Vaillant. — Sur quelques particularités du squelette chez le 

Caranx carangus 7 

— — Sur les caractères du Cybium Sara 21 

— — Sur quelques Batraciens de Nossi-Bé (Madagascar), 

appartenant à la collection du Muséum 115 

— — Description d'une espèce nouvelle de Tortue ter- ■ 

restre rapportée par M. Humblot 118 

H. Viallanes. — Sur la structure interne du ganglion optique de 

quelques larves de Diptères 75 

— — Sur une méthode de détermination du temps de 

pose en photographie microscopique 79 



Meiilan, imp. de A. Masson. 



LISTE DES MEMBRES 



DE LA 



SOCIÉTÉ PHILOMATflIQUË DE PARIS 

Fondée en 1788 



ETUDE ET AMITIE 



SOCIÉTÉ PHILOMATHIQUE 



DE PARIS 

FONDÉE EN 171 



État de la Société au 31 août ISSS 



PRElfÈRE SECTION — SCIENCES MATHÉMATIQUES 



MEMBRES HONORAIRES 



NOMS DES MEMBRES 



MM. 
Hausse (Benjamin). ...,,.. 

Bertrand (Joseph) 

Barré de Saint- Venant (M.) 

Hermite (Charles) 

Bonnet (Pierre-Ossian). . . , 



DATE 
DE l'Élection 



25 févr. 
] 6 janv. 

2 déc. 
2i juin. 
20 juin. 



Paye (Hervé-Aug.-Etienne-Aibans) 4 mai 

Bouquet (Charles) . , '14 mars 

Serret (Paul) 12 févr. 

Lévy (Maurice) id, 

Bouis (Jules) 28 juin 

PhilHps (Edouard) 19 mai 

Haton de la Goupillière (J. -Napoléon) 2 juin 

Mannheim (Amédêe) id. 

Laussedat (Aimé) 24 nov, 

Tissot (Nicolas-Auguste) 13 avril 

Rouché i^Eugène) 28 mars 

Moutard 29 avril 

Kretz 10 févr. 

Laguerre 9 févr. 

Collignon (Edouard) 23 déc. 

Darboux (Gaston) id. 

Jordan (Camille) 27 janv. 1 872 



1837 
1843 
1843 
1847 
1848 
1848 
1857 
1859 

1860 
1860 
1860 

1860 
1861 
1863 
1865 
1866 
1867 
1871 



IV 



NOMS DES MEMBRES 



DATE 
DE l'Élection 



]. 

2. 

3. 

4. 

5. 

6. 

7. 

8. 

9. 
\0. 
11. 
12. 

ia. 

14. 
15. 
16. 
17. 
18. 
19. 
29. 



MEMBRES TITULAIRES 

MM. 

Halphen 

Fourel (G.) 

André (Désiré) 

Picquet (Henri) 

Leauté 

Laisant 

Tannery 

De Polignac 

Humbert 

Chemin 

Lévy (Lucien) 



9 mai 
26 juin 
23 déc. 
id, 
26 janv. 
9 févr. 
id, 

11 févr. 

id. 

12 nov. 
8 nov. 



1874 
1875 
1876 

1878 
1878 

1881 

1881 
1884 



— V 



DEUXIÈME SECTION. - SCIENCES PHYSIOUES 

MEMBRES HONORAIRES 



NOMS DES MEMBRES 



MM. 

Chevreul (Michel-Eugène) 

Peligot (Eugène) 

Desnoyers (Jules) 

P'remy (Edmond) 

Boussingault (Jean-Bapliste) 

Caligny (Anatole de) 

Catiours (Auguste) 

Becquerel (Edmond) 

Burat (Amédée) 

Leblanc (Félix) 

Fizeau (Hippolyte-Louis) 

Jamin (Jules) 

Jacquelain (Victor- Auguste) 

Des Cloizeaux (A.) 

Damour (Auguste- Alexis) 

Salvetat (Louis-Alphonse) 

Berthelot (Pierre-Eugène-Marcellin) 

Regnauld (Jules) 

Bonis (Jules) 

Riche (Alfred) 

Pasteur (Louis) 

Gaudry (Albert) 

Troost (Louis) 

Le Roux (P) 

Girard (Aimé) , 

Grandeau (Louis) 

Rouis (Jules) 

Friedel 

Janssen 

Wolf (Charles) 

Debray (Henry) 

Luynes (Victor de) 

Gernez (Désiré) 

Moutier (Jules) 



DATE 

DE l'Élection 



li, mai 


1808 


27 mars 


1835 


1 8 avril 


1835 


6 févr. 


1836 


27 févr. 


1836 


6 avril 


1839 


26 juin 


1839 


21 août 


1841 


i I avril 


1846 


17 janv. 


1846 


20 janv. 


1849 


24 févr. 


1849 


29 juin. 


1849 


i mai 


1852 


1 2 mars 


1853 


23 avril 


1853 


9 mars 


1855 


27 févr. 


1858 


28 juin 


1860 


24 nov. 


1860 


1 6 mars 


1860 


2S mai 


1861 


19 juin. 


1862 


6 déc. 


1862 


30 mai 


1863 


18 juin. 


1863 


28 juin 


1860 


5juni. 


1861 


1 juin. 


1865 


31 janv. 


1864 


12 avril 


1862 


21 fév. 


1863 


22 juin 


1872 


id. 





— VI 



NOMS DES MEMBRES 



DATE 
DE l'Élection 



MEMBRES TITULAIRES 

MM. 

1 . Salel (Georges) 

2. Fron (Emile) . 

3. Hardy (Ernest) 

4 . Branly 

5. Thenard (Arnould) 

6. Cailletet (Louis) 

7. Bouty 

8. Lippmann (Gabriel) 

9. Hautefeuille 

4 0. Jolly 

1 ] . André (Charles). 

1 2. Mouton 

13. Duter 

H. Peliat (Henri) 

-1 5. Gochin 

16. Chamberland 

1 7. Desprez (Marcel) 

18. Javal 

1 9. Bourgeois (Léon) 

20. 



24 févr. 

12 avril 
9 août 

23 mai 
27 févr. 
10 avril 
27 mai 

24 févr. 

23 juin 
1 nov. 

24 nov. 

id. 
1 3 mars 

13 nov. 
M févr. 
27 mai 
13 nov. 
27 janv. 

nov. 



1872 
1873 
1873 
1874 
1875 
1875 
1876 
1877 
1877 
1877 
1877 

1880 
1880 

1882 
1882 
1882 
1883 
1884 



VII 



TROISIEME SECTION. — SCIENCES NATURELLES 

MEMBRES HONORAIRES 



NOMS DES MEMBRES 



MM. 
Quatrefages (Jean-Louis- Armand de) 

Duchartre (M. P.) 

Blanchard (Emile) 

Tulasne (Louis-René) 

Lucas (Pierre-Hippolyte) 

Prillieux (Edouard) 

iVIarey (Jules-Etienne) 

Gerbe (J.-J.-Zéphirin) 

Baillarger 

Mangon (Hervé) 

Milne-Edwards (Alphonse) 

Bert (Paul) 

Vulpian 

Bureau (Edouard) 

Fernet 

Alix (Pierre-Henri-Edmond) 

Cosson (Ernest- Saint-Charles) 

Vaillant (Léon-Louis) , 

Puel 

Roze 

Van Tieghem (Philippe) 

Chatin (Joannes) 

Oustalet (Emile) 



DATE 


DE l'Élection 


4 déc. 


1841 


4 2 juill. 


1845 


10 janv. 


1846 


26 déc. 


1846 


3 avril 


1847 


20 déc. 


1856 


19 mai 


1860 


16 juin 


1860 


28 juill. 


1860 


1 3 avril 


1861 


20 juilL 


1861 


22 nov. 


1862 


23 avril 


1864 


7 juill. 


1862 


25 janv. 


1862 


23 juill. 


1864 


8 déc. 


1860 


31 janv. 


1863 


28 mars 


1862 


2 févr. 


1868 


23 déc. 


1871 


id. 




13 avril 


1872 



— VIII — 
MEMBRES TITULAIRES 



NOMS DES MEMBRES 



1. 

2. 

3, 

4. 

5. 

6. 

7. 

8. 

9. 
10. 
H. 
12. 
13. 
14. 
15. 
16. 
17. 
18. 
19, 
•20. 



MM. 

Planchon (Gustave) 

De Seynes (Jules) 

Grandidier 

Brocchi (Paul) 

Filhol (H.)... 

Dastre 

Henneguy 

Viallanes 

Rochebrune (Trémeau de) 

Franchet , 

Mabille (Jules) 

Poirier 

Mocquart 



DATE 
DE l'Élection 



26 mars 

9 déc. 

23 déc. 

25 juin. 

22 janv. 

23 mars 

10 mai 

1 1 juin 
1 8 nov. 

26 nov. 
1 1 févr. 
23 déc. 
26 mai 



1870 
1871 
1871 
1874 
1876 
1878 
1879 
1880 
1881 
1881 
188 2 
1882 
1883 



IX 



LISTE MS CORRESPONDANTS PAR ORDRE D'ADMISSION 

Pom~ faire suite à la liste publiée le P^' janvier 1832 



NOMS DES MEMBRES 



fJ.-F. 



MM. 
Fernandez Pinheiro 

Kuhn .. 

Lombard 

Van Reusselaer 

Sylvestre fils 

Abich 

Owen 

Bell Thomas 

Lherminier 

Agardh 

Brugnelli 

Capocci (Ernest) 

Hodgkin (docteur) 

Harlan (docteur) 

Notaris 

Despine fils 

Sismonda (Aug.) 

Nordmann 

Eschricht 

Notaris (de) 

Van Beneden 

Raynaud 

Bowmann 

Costa 

Waterhouse 

Hope 

Westwood 

Ivan Soumonoff 

Lovën 

Malmstein 

Newporl 

MirandaeCastro(A -M. de) 
Selys Lonchamps (de). . . . 
Daubrée 



DATE 

DE L'ÉLECTIOiN 



I Vogt. 



i 8 août 
8 déc. 
1 h mars 
29 mars 
1 4 fév. 

6 fév. 
20 fév. 

id. 
10 déc. 

7 janv. 
1 8 fév. 
25 mars 

4 avril 

8 juin. 
1 8 nov. 
24 mars 

7 juin. 
1 2 janv. 
id. 
14 déc 
23 août 
23 janv. 
3 juin. 
10 juin. 
7 mai 
28 mai 
id. 
7 août 
id. 
id. 
10 déc. 
6 mai 
20 mai 
1 juin 

5 déc. 



1832 

1834 
1834 
1835 
1836 
1836 

1836 
1837 
1837 
1837 
1837 
1837 
1837 
1838 
1838 
1839 

1839 
1840 
1841 
1841 
1841 
1842 
1842 

4842 



1842 
1843 
1843 
1844 

1844 



RÉSIDENCE 



Rio-Janeiro. 
Munich. 

Genève. 
New-Yoxk. 

Vienne. 
Londres. 



Lund (Scanie). 

Parme, 

Naples. 

Londres. 

Philadelphie. 

Turin. 

Aix (Savoie). 

Turin. 

Helsinfors. 

Copenhague. 

Genève. 

Louvain. 

Londres. 

Naples. 

Londres. 

id. 

id, 
Kazan. 
Stockholm. 
Upsal. 
Londres. 
Rio-Janeiro. 
Liège. 
Paris. 
Genève. 



NOMS DES MEMBRES 



MM. 

Durand 

Pappenheim 

Lewy 

Newbold (T.-J.) 

BruUé 

Krohn 

Melsens (Louis). ..... 

Dana 

Hind 

William Roberts .... 

Michaël Roberts 

Abria 

Figuier (L.) 

Lasselle 

Bond 

Borchard 

Gaspiris (de) 

Chancel 

Hoffmann 

Stas 

Kopp (Hermann) .... 

Martins (Ch. ) 

Brame 

Sylvester 

Van der Hœven ..... 

Brown-Sequard 

Planchon (Emile) .... 

Hegmann 

Padula 

Lacaze Duthiers 

Koninck (de) 

Clos (Dominique) .... 
Kronecker (Léopold). . 
William B. Carpenter 
Favro (Pierre-Ant.), , 

Gloesener 

Trécul '. 

Saussure (de) 

John Tyndall '. 



DATE 
DE l'Élection 



3 mai 

7 juin 

21 juin 

1 6 août 
23 août 

I 6 mars 

30 janv. 

31 juill. 
29 nov. 
1 8 déc. 

id. 

5 févr. 
-18 mars 

25 nov. 

2 déc. 

9 déc. 

I I août 

17 mars 

I 3 avril 

20 avril 

I I mai 
12 juill. 

6 déc. 

1 janv. 
17 janv. 

21 févr. 

id. 

3 avril 
1 6 déc. 
1 2 mars 

26 mars 
25 juin 

1 juill. 

11 nov. 
9 déc. 

23 févr. 
1 4 nov. 
23 oct. 
1 3 mars 



1845 
1845 

1845 
1845 

1845 
1846 

1847 
1847 
1847 
1847 

1848 
1848 
1848 
1848 

1848 
1849 
1849 
1850 
1850 
1850 
1851 
1851 
1852 
1852 
1852 

1852 
1852 
1853 
1853 
1854 
1854 
1854 
1854 
1856 
1857 
1858 
1859 



RÉSIDENCE 



(États- 



Breslau. 

Madras. 

Dijon. 

Bonn. 

Bruxelles. 

New-Haven. 

Londres. 

Dublin. 

id. 
Bordeaux. 
Paris. 
Livorpool. 
Cambridge 

Unis). 
Berlin. 
Naples. 
Montpellier. 
Londres. 
Bruxelles. 
Giessen. 
Montpellier. 
Tours. 
Londres. 
Leyde. 
New- York. 
Montpellier. 
Lille. 
Naples. 
Paris. 
Liège. 
Toulouse. 
Liegnitz (Prusse). 
Londres. 
Marseille. 
Liège. 
Paris. 
Genève. 
Londres. 



XI 



NOMS DES MEMBRES 



MM. 
Maxwell-Lyte. . . . , 

Morelet , 

Vrolik 

Ladrey , 

Gaugain , 

Serrano 

Leclert 

Wagner (Rodolphe^ 
Dareste (Camille) . 

Hirst 

Fontan 

Menabrea 

Le Jolis 

Agassiz (Alex.). , . 

Resal , 

Secchi (le P.) 

Renard 

Gilbert 

Weitenwerber. . . 
Waren de la Rue. 
Luigi Cremona. . , 

De Mercey 

Voipicelli 

Ribeaucourt 

Malaize 

Lartet 

Jobert 

Fraisse 

Sophus Lie 

Beltrami 

Sarasin 

Tisserand 

Koritska (Ch.) ... 

Zeuthen 

Stieda (Ludwig). . 
Giinther (Albert). . , 
Guignet ...,...., 

Mares (Paul) 

Moquin Tandon . . . 



DATE 


RÉSIDENCE 


DE l'Élection 




5 juin 1859 


Bagnères de Ludion 


26 juin 1859 


Dijon. 


5janv. 4 861 


Amsterdam. 


30 mars 1861 


Dijon. 


7 juin 1862 


S'-Martin-des-entrées 




près Bayeux. 


26 juin. 1862 


Madrid. 


21 févr. 1863 


Neufchâtel en Bray. 


id. 


Goëttingue. 


nov. 1863 


Line. 


28 mai 1864 


Londres. 


21 janv. 1865 


Bagnères de Luchon 


id. 


Turin. 


4 mars 1865 


° Cherbourg. 


1 juin. 1865 


Cambridge (E.-U.). 


22 juin. 1865 


Besançon. 


29 juin. 1865 


Rome.' 


13 janv. 1866 


Moscou. 


10 févr. 1866 


Louvain . 


17 mars 1866 




21 avril 1866 


Londres. 


26 mai 1866 


Rome. 


9 juin 1866 


Nice. 


14 juin. 1867 




9 avril 1 870 


Draguignan. 


13 août 1870 




9 déc. 1871 


Toulouse. 


23 déc. 1871 


Dijon. 


1 9 févr. 1 872 




24 mai 1873 




id. 




id. 


Genève. 


1 4 juin 1 873 


Toulouse. 


28 juin 1873 


Prague. 


14 févr. 1874 


Copenhague. 


11 avril 1874 


Dorpat. 


25 juin. 1874 


Londres. 


24 févr. 1 872 


Brésn. 


22 août 1865 


Alger. 


26 juin 1875 


Besançon. 



— XII 



NOMS DES MEMBRES 



MM. 

Ditte 

Bourget (Justin) 

Appeil 

Picard 

Sauvage (H,-E.) 

Jolyet , . . . 

Maillot (Eugène) 

Marshall 

De Saint-Germain 

Pérard 

Wiedmann (Edouard)., 

Carus (Victor) 

Blondlot 

Stephanos. 

Vaneck 

Guccia 



DATE 
DE l'Élection 



27 janv, 
9 mars 
24 juin 
27 juin 
23 mars 
223 janv. 
9 mars 

id. 
! 3 mars 
22 mai 

id. 
22 janv. 
27 nov. 
22 juin 

id. 



4 875 

1872 
4 878 
4865 
1873 

1878 
1878 
1878 

1875 
1880 

1881 
1881 
1883 



RÉSIDENCE 



Caen, 
Aix. 

Poitiers. 

Boulogne-sur-Mer. 

Bordeaux. 

Montpellier. 

Vienne. 

Caen. 

Montiuçon. 

Leipzig. 

id. 
Nancy. 
Athènes. 

Palerme. 



— XIII — 



LISTE DES ANCIENS MEMBRES 



NOMS DES MEMBRES 


DATE 
DE l'Élection 


DATE 

DU DÉCÈS 


MM. 

Audirac (Jacques-Joseph) . . . 

Brongniart (Alexandre) 

Broval 


10 déc. 1788 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
9 nov. 1789 
id. 
id. 

24 mars 1790 

22 mai 1790 
7 mars 1791 

28 mars 1791 

31 déc. 1791 

4 avril 1791 

9 mai 1791 

13 juin 1791 

27 juin 1791 

id. 
20 août 1791 
2 févr. 1792 

23 févr. 1792 
7 avril 1792 
2 juin 1792 
1 déc. 1792 

14 mars 1793 

28 mars 1793 

25 avril 1793 

id. 
id. 
14 sept. 1793 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 


1790 

7 oct. 1847 


Petit 


7 juin. 1811 
5 sept. 1797 
4 août 1851 


Riche (Claude- Ant.-Gasp.). . 

Sylvestre (Augustin-Fr.) 

Bellot 


Guilbert 




Vauquelin (Nicolas-Louis) . . . 
Seguin (Arm.-Jean-Franç.) . . 
Bouvier 


15 nov. 1829 
23 janv. 1835 

27 déc. 1827 


Marsillac. 


Robillard 




Chappe (Claude) 


23 janv. 1805 


Garnier (Jean-Jacques) 

Lair 


21 févr. 1803 


Bonnard 


1797 

6 avril 1828 


Coquebert (Antoine-Jean) . . . 
Lucas 








Plé 




Bruley 




Vie 


1806 


Lacroix (Jean- Alexandre). , . . 
Coquebert de Montbret (C . -E . ) . 

Millin (Aubin-Louis) 


9 avril 1831 

2 juin 1834 

14 août 1818 


Baillet 




BerthoUet (Claude-Louis) .... 
Lavoisier (Ant. -Laurent). . . . 
Fourcroy (Ant. -François) . . . 
Vicq d'Azyr (Félix) 


6 nov. 1822 
8 avril 1794 
16 déc. 1809 
20 juin 1794 
11 févr. 1822 
13 août 1808 


Ventenat (Étienne-Pierrc) . . . 



— XIV — 



NOMS DES MEMBRES 


DATE 
DE l'Élection 


DATE 

DU DÉCÈS 


MM. 

Lefèvre-Gineau (Louis) 

Leroy (Jean-Baptiste) , 

Lamarck (J. -B. -P. -Antoine). . 
Lelièvre (Claude-Hugues) . . . 
Monge (Gaspard) 


14 sept. 1793 
21 sept. 1793 

id. 

id. 
28 sept. 1793 

id. 

id. 
3 nov. 1793 

id. 
13 nov. 1793 

id. 

id. 
13 déc. 1793 

id. 
10 août 179i 
31 juin. 1794 

19 sept. 1794 

id. 

id. 
25 oct. 1794 
24 nov. 1794 
13 janv. 1795 

id. 
23 mars 1795 

23 janv. 1796 
3 mars 1796 

id. 
13 mars 1796 

1 juin. 1796 

id. 

20 août 1796 

24 sept. 1796 
24 nov. 1796 

3 janv. 1797 

2 févr. 1797 
2 mai 1797 

21 juin 1797 
31 juin. 1797 
20 août 1797 

4 nov. 1797 


3 févr. 1 829 
21 janv. 1800 
18 déc. 1829 
18 oct. 1835 
18 juin. 1818 
29 juin. 1839 
25 sept. 1807 

5 mars 1827 
13 févr. 1801 
27 avril 1837 
21 juin. 1797 

6 juin 1821 
24 mai 1843 
13 mars 1829 

1 juin 1822 


Prony (Gas. -Clair-Riche de) . 

Jumelin (J.-B.) 

Laplace (Pierre-Simon) 

D'Arcet (Jean) 


Deyeux (Nicolas) 


Pelletier (Bertrand) 

Richard (Louis-Claude) 

Lacroix (Sylvestre-Franç.) . . 
Léveillé (Jean-Bapt.-Fran.) . . 
Haiiv fRené-Just.) 


Tonnelier 


Duvillars (Ém. Etienne).. . . . 
Mozart. . . . 






Tedenat 


4 nov. 1832 
1 avril 1841 
20 juin 1807 
10 juin. 1828 
1 9 juin 1 844 
13 mai 1832 

1832 

31 déc. 1800 


Girod-Chantran (Justin) .... 
Berthoud (Fréd.) 


Bosc (Louis-Aug.-Guill.). . . . 

Geoffroy S'-Hilaire (Et.) 

Cuvier (Georges) 


Sédillot {J.-J. -Ernest) 

Daubenton (L. -Jean-Marie). . 
Miche 


Duhamel (G.-J.-P.-Franç.). . 
Teulère 




Macquart (L.-C. -Henri) 

Duméril (And.-Mar.-Cons). . . 
Larrev (Dominique-Jean). . . . 
Collet-Descotils (H.-L.-V). . . 
Duchesne (Ant. -Nicolas) .... 
Bouillon-Lagrange (E.-J.-B.). 
Lasteyrie (Ch.-Philib. de). . . 

Alibert (Jean-Louis) 

Adet (Pi erre- Auguste) 

Trémery 

Dillon 


1808 

14 août 1860 
25 juin. 1842 


1827 

23 août 1844 
5 nov. 1849 
4 nov. 1837 




1807 



XV 



NOMS DES MEMBRES 


DATE 


DATE 




DE l'Élection 


DU DECES 


MM. 










Pajot-Descharmes 


'14 nov. 
1 juin 


1797 

.1797 

1800 






Blavier 


........... ij 


Lacépède (Bern.-G.-Ét. de) . . 


6 oct. 


1825 


Moreau (Jacques-Louis) 


id. 






1826 


Cliaptal Jean-Antoine 


21 juin. 


1798 


30 juill. 


1832 


Olivier (Guillaume-Antoine) . 


11 juin 


1799 


1 oct. 


1814 


Daudin (François) 


1 juill. 


1799 


3 déc. 


1804 


Bichat (M. -F. -Xavier) 


1 1 juill. 


1799 


22 juill. 


1802 


Butet 


12 févr. 
5 oct. 


1800 
1800 






De Candolle (Augustin-Pyr.) . 


9 sept. 


1841 


Biot (Jean-Baptiste) 


2 févr. 


1801 


3 févr. 


1861 


Deleuze (J. -Ph. -François). . . 


21 juin 


1801 


20 nov. 


1835 




1 juill. 


1801 


1 6 mai 


1840 


Costaz (Louis) 


9 sept. 
1 7 déc. 
12 fév. 


1801 


1 5 févr. 


1842 


Cuvier (Frédéric) 


1802 
1803 


24 juill. 
12 juin 


1838 
1857 


Thénard (Louis-Jacques). . . 


Briseau de Mirbel (Ch.-Fr.).. 


1 1 mars 


1803 


1 2 sept. 


1854 


Lancret 


28 nov. 
5 déc. 


1804 
1804 


5 déc. 
25 avril 


1807 
1840 


Poisson (Siméon-Denis) 


Conté (Nicolas-Jacques) 


27 févr. 


1805 


6 déc. 


1805 


Richerand (Balth.-Anthelme) . 


25 mars 


1805 


25 janv. 


1840 


Gay-Lussac (Louis-Joseph) .. 


id. 




9 mai 


1850 


Péron (François) 


id. 




1 4 déc. 


1810 


Savigny (Marie-Jules-César) . 


id. 




5 oct. 


1851 


Bonpland (Alexandre-Aimé) . , 


1 1 janv. 


1806 


4 mai 


1858 


Correa de Serra (J.-Fr.) .... 


id. 




1 1 sept. 


1823 




id. 




8 févr. 


1835 


Hachette (Jean-Nicolas-Pier.). 


24 janv. 


1807 


1 6 janv. 


1834 


Delaroche (François-Etienne). 


id. 




23 déc. 


1813 


BerthoUet (Amédée) 


id. 






1811 


Ampère (André-Marie) 


7 févr. 


1807 


1 juin 


1836 


D'Arcet (Jean-Pierre-Joseph). 


id. 




2 août 


1844 


Girard (Pierre-Simon) 


19 déc. 


1807 


30 nov. 


1836 


Dupetit-Thouars (Aubert) , . . 


16 janv. 


1808 


1 2 mai 


1831 


Pariset (ÉLiennel 


1 4 mai 


1808 


3 juill. 


1847 


Duvernoy (Georges-Louis). . . 


6 janv. 


1810 


1 mars 


1855 


Malus (Étienne-Louis) 


1 4 avril 


1810 


24 févr. 


1812 


Arago (Dom. -François-Jean). 


id. 




2 oct. 


1853 


Nysten (Pierre-Hubert) 


id. 




3 mars 


1817 


Laugier (André) 


id. 




1 8 avril 


1832 



XVI 



NOMS DES MEMBRES 



MM. 
Roard 

Puissant (Louis) 

Desmarest (Antoine-Gaston) 
Legallois (César-Julien-Jean) 

Guersent 

Ducrotay de Blainyille (H.) . 
Binet (Jacques-Pierre-Marie) 

Dulong (Pierre-Louis) 

Bonnard (Aug. -Henri de) . . . 

Magendie (François) 

Lucas (J. -And. -Henri) , 

Lesueur (Charles-Alix) 

Montègre (Antoine-Jean de) . , 
Cauchy (Augustin-Louis) ... 

Clément 

Léman (Dominique-Sébast.). , 
Cassini (Alex.-Henri-Gabr.). 

Courier (Joseph) 

Beudant (Franç.ois-Sulpice). . 

Petit (Alexis-Thérèse) , 

Robiquet (Pierre- Jean) 

Edwards (William-Ferd.). . . 

Pelletier (Joseph) 

Cloquet (Joseph-Hippolyte) . . 

Fresnel (Augustin-J.) 

Navier (Claude-Louis-Marie) . 
Béclard (Pierre-Auguste) . . . . 

Despretz (César) 

Francœur (Louis-Benjamin). , 
Turpin (Pierre-Jean-Franç.). 

Richar (Achille) 

Audouin (Jean-Victor) 

Prévost (Louis-Constant). . . . 

Breschet (Gilbert) 

Auguste de Sainl-Hilaire. . . . 

Savary (Félix) 

Savart (Félix) 



DATE 

DE l'Élection 



Dejean (P.-F.-M.-A.) 

Dumas (Jean-Baptiste) ... 
Jussieu (Adricn-Honri-Laur, 



U 

16 

9 
23 

9 
29 
U 
21 
28 
10 

5 
12 

9 
31 
13 

3 
17 

7 
14 
21 
18 
25 

2 

9 

3 
13 
26 
22 
17 
24 
10 
19 
19 

1 
31 
12 
19 
2 
26 
16 



avrd 

mai 

févr. 

févr. 

mars 

févr. 

mars 

mars 

mars 

avril 

févr. 

mars 

avril 

déc. 

janv. 

févr. 

févr. 

févr. 

févr. 

févr. 

avril 

avril 

mai 

mai 

avril 

mai 

juin 

mai 

févr. 

févr. 

mars 

mai 

janv. 

juin 

mai 

févr. 

févr. 

avril 

févr. 

avril 



1810 

1810 

1811 

1811 

1811 

1812 

1812 

1812 

1812 

1813 

1814 

1814 

1814 

1814 

1816 

1816 

1816 

1818 

1818 

1818 

1818 

1818 

1818 

1818 

1819 

1819 

1819 

1820 

1821 

1821 

1821 

1821 

1822 

1822 

1823 

1825 

1825 

1825 

1825 

18 25 



DATE 

DU DÉCÈS 



1 janv. 

4 juin 

févr. 

23 juin 

1 mai 
21 mai 
19 juin. 

6 janv. 

7 oct. 
6 févr. 

12 déc. 
4 sept. 
23 mai 

2 févr. 
1 6 avril 
16 mai 
9 déc. 
21 juin 

29 avril 
23 juin. 
19 juin. 

4 mars 

14 juin. 
21 août 
1 6 févr. 

1 5 mars 

15 déc. 
1 mai 

5 oct. 
9 nov, 

1 6 août 

10 mai 

30 sept. 

15 juin. 

1 6 mars 
1 7 mars 

1 1 avril 
30 juin 



1843 

1838 

1814 

1848 

1850 

1856 

1838 

1857 

1855 

1825 

1846 

1818 

1857 

1856 

1829 

1832 

1830 

1850 

1820 

1840 

1842 

1842 

1840 

1827 

1836 

1825 

1863 

1849 

1840 

1852 

1841 

1856 

1845 

1853 

1841 

1S41 

«848 

1884 

1853 



XVII — 



NOMS DES MEMBRES 


DATE 


DATE 




DE l'Élection 


DU DECES 


MM. 








Eyries (Jean-Baptiste-Benoît). 


23 févr. 


1826 


13 juin 1846 


Brué (Adrien-Hubert) 


id. 




16 juin. 1832 


Viliot(E) 


id. 
id. 




1838 

1 déc. 1838 


Huzard (Jean- Baptiste) 


Ooyère (Louis-Michel) 


9 févr. 


4839 


ISjuUl. 1863 


Oulange-Bodin (Etienne)... 


25 févr. 


1826 


23 juin. 1846 


Dupont 


id. 




... 1846 


Bourdon (Pierre-Marie) 


5 mai 


1827 


13 mars 1834 


Bussy (Antoine-Paul-Brutus). 


11 août 


1827 


1 févr. 1882 


Bérard (Pierre-Honoré) 


8 mars 


1828 


11 nov. 1859 


Serrulas (Georges-Simon) . . . 


7 mars 


1829 


23 mai 1832 


Dufrénoy (Pierre- Armand). . 


6 juin 


1829 


20 mars 1857 


Coriolis (Gustave-Gaspard). . 


24 juin. 


1830 


19 sept. 1843 


Slurm (Charles-François) . . . 


5 févr. 


1831 


18 déc. 1853 


Guillomin (.Vntoincl 


! 9 févr. 


1831 


1 5 janv. 1842 


Olivier (Théodore) 


18 août 


1832 


8 août 1833 


Villermé (Louis-René) 


25 août 


1832 




Puillon-Boblaye (Louis) 


id. 




idée. 1843 


Gautier de Claubry (II.-F. -G.) 
Michaux 


25 août 
1 4 févr. 

9 janv. 

3 juin. 
21 févr. 


1832 
1833 
1836 
1841 
1835 






Pontécoulanl (de) 




Plateau 


13 sept 1883 
3 juin. 1839 


Cagniard-Latour (Charles) . . 


Gambey (Henri-Prudent)... 


1 4 mars 


1835 


18 janv. 1847 


Péclet (Jean-Claude-Eugène) . 


4 avril 


1835 


8 déc. 1837 


D'Orbigny (Alcide-Ch.-V.-M ) 


1 1 avril 


1835 


30 juin 1837 


Parent-Dachâtelet (A.-J.-B.) 


23 avril 


1835 


7 mars 1836 


Guérin-Varry (Théophile) . . . 


2 mai 


1833 


1854 


Leclerc-Thouin (Oscar). .... 


16 mai 


1833 


5 janv. 1843 


Levy (Armand) 


23 mai 


1833 


26 juin 1841 


Dujardin (Félix) 


27 févr. 


1836 


8 avril 1860 


Vilmorin (L.-And.-Ph.) 

Gaudichaud (Charles) 


23 avril 
9 mai 


1836 
1836 




16 janv. 1834 


Pellier (Jean-Ch.-Athanase). 


30 juin 


1836 


26 oct. 1845 


Leblond (Ch -Hipp. -Gabriel), 


1 1 mars 


1837 


22 mars 1838 


Voitz fLouis-Phillippe) 


23 mars 


1837 


15 janv. 1840 


Laurillard (Giiarles-Léopold). 


1 :1 avril 


1837 


28 janv. 1833 


Boissy (.4ug. -Félix-Pierre de) 


9 déc. 


1837 


17 mai 1843 


Blanchet . . 


16 févr. 
30 mars 


1839 
1839 




Blondin (Frédéric) 


16 avril 1849 



XVIII — 



NOMS DES MEMBRES 



MM. 

Bibron (Gabriel) 

Masson (Antoine-Philiberl). 
Laurent (Jean-Louis-Maur) , 
Rozel (Claude-Antoino). . . . 
Ebelmen (Jacques-Joseph).. 

Wantzel (L.) 

Parlatore (Phill.) 

Schwaz 

Lebert 

Schimper (W.-P.) 

Piria 

Boutigny 

Carus (Victor) , 

Faivre 

Lallemand (Claude-François' 

Bravais (Aug.) 

Gerdy (Pierre-Nicolas) . , . . 

Haime (Jules) 

Wertheim (Guillaume) , . . . 
Goujon (Jean-Jacques-Émile 
Vilmorin (P.-Louis-Fr.-dej . 

Brunner (Jean) 

Péan de Saint-Gilles 

Vilmorin (Louis de) 

Hervé de la Provoslaye, . . . 
Adelon (Nicolas-Philibert). . 

Froment 

Gratiolet (Pierre) 

Valenciennes (Achille) 

Sibermann (Jean-Thiébault) 

Desains (Edouard) 

Bour (Edmond) 

Cbacornac 

Lamé (Gabriel) 

Combes (Charles) , 

Pouillet (Claude) 

Babinet (Jacques) 

Payen (Anselme) 

Pelouse (Théophile-Jules) . . 
Le Canu (L.-R.) 



DATE 

DE l'élixtion 



20 mai 
1 8 déc. 
31 déc. 
1 8 févr. 
28 mai 

24 juin 
'17 juin. 
31 juin. 
22 fév. 
2o mars 
1 3 avril 
26 juin. 

22 nov. 
7 avril 

1 avril 
2'l juin 
30 nov. 
10 avril 

4 déc. 
28 juin 

23 nov. 

5 juin 
26 avril 

25 nov. 
1 déc. 

4 juin 
4 4 févr. 
20 avril 
20 févr. 
20 déc. 
1 2 juin 

7 avril 

1 févr. 
25 août 

9 avril 

6 avril 
1 mai 

18 janv. 

7 mars 
30 juin 



1840 
1841 
1841 
1843 
1843 
1843 
1841 
1841 
1845 
1848 
1850 
1851 
1851 
1860 
1845 
1845 
1845 
1852 
1852 
1853 
1854 
1861 
1862 
1854 
1842 
1825 
1863 
1863 
1836 
1845 
1852 
1860 
1862 
1832 
1836 
1822 
1828 
1832 
1835 
1838 



DATE 

DU DÉCÈS 



27 mars 1848 
1 déc. 1860 

30 janv. 1854 
10 août 1858 

31 mars 1852 
21 févr. 1845 



23 juin. 
30 mars 
1 8 mars 

27 sept. 
20 janv. 

28 oct. 
22 mars 
30 nov. 

22 mars 

23 mars 
22 déc. 

2 mars 

févr. 

févr. 

1 3 avril 



1854 
1863 
1856 
1836 
1861 
1860 
1856 
1862 
1863 
1860 
1863 
1862 
1865 
1865 
1865 



22 oct. 1872 
12 mai 1871 
31 mai 1867 



— XIX 



NOMS DES MEMBRES 



MM. 

Arcliiac (Êtienne-Jules-A. d') 
Verneuil (Phil. -Edouard de). 

Foucault (Léon) 

Persoz (Jules-M.) 

Verdet (Marcel-Émilo) 

Viquesnel (A.) 

Rivot (Louis-Edouard;- 

Guillemin 

Delanoue (.Jules) 

Laurent (Cliarles-Auguste). . 
Serres (Étienne-Ren.-Aug.). 
Montagne (Jean-Fr.-Cam.). . 
Briot (Charles-Aug. -Albert). . 

Puiseux (M. -Victor) 

Bresse (Charles) 

Maillard de la Gournerie [S.]. 
Velpeau (A.-A.-L.-M.), . . .'. 

Leveillé (Joseph) 

Guillot (Natalis) . 

Longet (François-Achille). . . 

Duméril (Auguste) 

Hupé (Louis-Hippolyte). . . . 
Guérard (Jac- Alphonse).. . . 

Boulin (François) 

Agassiz (Louis) 

Transon (Abel) 

Painvin 

Sainte-Claire-Deville (C.-J.). 
Brongniart (Adolphe-Théod.) 

Deshayes (P. -G.) 

rfeguier (Armand-Pierre). . . . 
Élie de Beaumont (J-B-A-H-L) 
Balard (Antoine-Jérôme). . . . 

Buigiiet 

Poiseuille 

Giraldès (Joachim-Albin). . . . 
Le Verrier (Urbain-Jean-Jac.) 

Cazin (Achille) 

Becquerel (Antoine-César). . . 
Regnault (Louis-Victor) 



DATE 


DATE 


DE l'Élection 


DU DÉCÈS 


13 juin 


1843 


doc. 


1868 


28 juin 


1843 


29 mai 


1873 


1 3 déc. 


1849 
1850 
1851 

1853 






9 févr. 




29 nov. 




21 mai 


8 févr. 


1867 


2 mars 


1861 
1861 
1863 






1 8 mai 




2 août 




1873 


30 juin. 


1864 




1871 


3 mars 


1821 




1868 


1 8 avril 


1835 

1852 
1850 






21 févr. 




2 avril 


9 sept. 


1883 


1 6 juin 


1855 


22 mai 


1883 


1 5 juin 


1865 


25 juin 


1883 


25 avril 


1835 


24 août 


1867 


1 6 déc. 


1837 
1845 
1845 






27 févr. 




1 4 juin 


20 avril 


1871 


6 déc. 


1851 


12 nov. 


1870 


16 juin. 

6 juin. 

1 4 mars 


1860 
1839 
1835 
1838 










21 avril 




1873 


11 juin. 


1840 


23 août 


1876 


1 4 déc. 


1872 


11 oct. 


1875 


24 avril 


1847 


1 août 


1876 


10 févr. 


1825 


1 8 févr. 


1876 


4 avril 


1835 


9 juin 


1875 


2 avril 


1836 

1829 






5 déc. 


21 sept. 


1875 


24 juin. 


1841 


3 avril 


1876 


17 janv. 


1863 




1876 


9 mai 


1835 
1849 






17 nov. 




1876 


24 juill. 


1844 


23 sept. 


1877 


^1 juin 


1870 


23 oct. 


1877 


27 avril 


1823 


18 janv. 


1878 


28 févr. 


1838 


19 janv. 


1878 



XX — 




MM. 

Bernard (Claude) 

Delafûsse (Gabriel) 

Bienaymé (Irénée-Jules). . . . 

Lemonnier 

Breguet (Antoine) 

Breguet (Louis) 

D'Almeida (Charles) 

Germain de St-Pierre (Ernest) 

Liouville (Jo.-ieph) 

Laboulaye (Charles) 

Moreau (Armand-François). . 

Lemaout (Emmanuel) 

Niaudès (AnVed) . 

Penaud (Adolphe) 

Dele.-^se (Achille) 

Sainte-Claire Deville (Henri). 

Dordet de Tessan . . . 

Yvon Villarceau 

Burat (Amédée) 

Thénard (baron Paul) 

Wurlz (Adolphe) 

Weddell (Hugues- A.) 

Peters 

Gray ; 

Gervais (Paul) 

Desor 

Barrande (Joachimj 

Bleeker 

Cloez (François-Stanislas). . . 
Cloquet (Jules-Germain).... 

Decaisne (Joseph) 

Pucheran (Jacques) 

Barrai (Jean-Auguste) 

Salvetat (Louis-Alphonse). . . 
Du Moncel (Vicomte Théod.). 

Corrinwinder (B.) 

Billet 

Secchi (le P.). 

Waren de la Rue . 

Vallès 



DATE 
DE l'Élection 


DATE 

DU DÉCÈS 


16 janv. 

17 déc. 
1 7 janv. 
10 juin. 


1847 
1836 
1838 
1875 
i881 
1843 
1832 
1830 
1860 
1852 
1860 
1852 
1881 
1876 
1851 
1842 
1845 
1816 
1846 
1846 
1848 
1849 
1840 
18i6 
1846 
1847 
1866 
1874 
1852 
1820 
1835 
1856 
1851 
1853 
1860 
1861 
1862 
1865 
1866 
1870 


1 févr. 
13 cet. 
1 9 oct. 


1878 
4 8-8 

1878 


22 janv. 
4 févr. 
4 août 




1883 


5 janv. 




23 août 




1 janv. 




28 avril 




31 janv. 




14 mai 




1 3 mai 




22 nov. 




9 avril 




7 juin 
30 mai 






1 1 avril 




1 3 juin 

3 janv. 
14 juin. 

2 août 
1 6 mars 
23 mai 
27 févr. 

1 févr. 
23 juin. 

2 2 mai 

22 janv. 

21 mars 
7 juin. 

1 3 déc. 

23 avril 

4 mai 
7 août 

22 nov. 
29 juin. 
21 avril 
20 mars 




1S84 


1883 










déc. 
3 févr. 
8 févr. 


1883 
1883 
1882 






1 6 févr. 


1884 











— XXI 



NOMS DES MEMBRES 



MM. 

Picard 

Qiiet 

Rohin (Albert) 

Bouquet (Charles) . . . . 

Tresca 

Serret {J.- Alfred) 

Desains (Paul) 

Milne-Edwards (Henri 



DATE 

DE l'élection 



24 juin 1865 

10 déc. 1864 

11 juin 1881 
14 mars 1 857 
23 mars 1867 
14 févr. 1846 
31 mai 1845 
21 févr. 1835 



DATE 

DU DÉCÈS 



18 janv. 1884 

21 juin 1885 
2 mars 1885 
9 mai 1885 

29 juill. 1885 



— XXII — 

LISTE DES SOCIÉTÉS ET ÉTABLISSEMENTS 

ÉCHANGEANT LEURS PUBLICATIONS 
CONTRE CELLES DE LA SOCIÉTÉ PHILOMATHIQUE 



Batavia. Société des arts et sciences. 
Berlin. Académie des sciences. 

» Fortschihender Pliysik. 
Bologne. Académie des sciences. 
Boston. Society of nalural history. 
Bruxelles. Académie des sciences de Belgique. 
Cambridge. American association for advancement of science. 
Cambridge (Mass.). Harvvard collège. 
Chicago. Academy of science. 
Edimbourg. Société royale. 
Genève. Institut national genevois. 
Gènes. Museo civico. 
Harlem. Société hollandaise des sciences, 

» Archives du Musée Teyler. 
Kœnigsberg. Société royale physico-économique. 
Londres. Société royale. 

» Royal astronomical society. 

» Royal naval collège. 

» Muséum of natural history. 

» British muséum. 

» Zoological Society. 
Liège. Société royale des sciences. 
Leipzig. Der Beiblâtter. 

» Zoologischer Anzeiger. 
Montpellier. Académie. 
Moscou. Société des naturalistes. 



— XXIII — 

Paris. Institut de France. 

» École polytechnique. 

» École des mines. 

» Sorbonne. 

» Arts et métiers. 

» Bibliothèque du Muséum d'histoire naturelle. 

<> Bibliothèque de l'École normale supérieure. 

» Ministère de l'Instruction publique. 

» Société française de physique. 

» Société géologique de France. 

» Société zoologique de France. 

» Société mathématique de France. 
Saint-Pétersbourg. Bibliothèque impériale. 
Stockholm. Académie des sciences. 
Toulouse. Académie des sciences. 
Turin. Académie des sciences. 
Vienne. Académie des sciences. 
Washington. Société smithsonienne. 
fl Surgeon's gênerai office. 



iMeulan, imp. de A. Masson 



BULLETIN 



DE LA 



r r_ 



SOCIETE PHILOMATHIQUE 

DE PARIS 



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DE LA 



fH 



DE PARIS 



FONDÉE EN 1788 



RECONNUE COMME ETABLISSEMENT D UTILITE PUBLIQUE 



SEPTIEME SERIE — TOME DIXIEME 



issts — i^s© 



PARIS 

AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ 
Rue des Grands-Augustins, 7 



1886 



BULLETIN 



DE LA 



SOCIETE PHILOMATHIQUE 

DE PARIS 



iSêancc du S4 ectobre 19$^.. 

PRÉSIDENCE DE M. FRANGIIET. 

M. H. Filhol fait la communication smvanrte': 

Observations relatives à la dentition inférieure des Tapirulus, 
par M. H. Filhol. 

P. Gervais a fait connaître sous la dénomination de 
Tapirulus do petits Pachydermes ayant vécu durant 
l'époque éocène supérieure. La description donnée par 
ce savant paléontologiste se rapporte aux molaires infé- 
rieures qui étaient « pourvues de deux collines trans- 
verses très distinctes, incomplètement reliées par une 
faible carène perpendiculaire à leur direction, au lieu 
d'être oblique comme chez les Pachynolophes et les Lo- 
phiothères. Elles ont un fort talon postérieur ; celui de 
la dernière simulant une troisième colline qui est toute- 
Ibis moins large que les deux autres «. En 1884, dans un 
travail publié dans les Bulletins de la Société des Sciences 
physiques et naturelles de Toulouse, j'ai fait connaître, 
d'après un échantillon provenant des dépôts de Phos- 
phate de chaux du Quercy, le mode de constitution des 
molaires supérieures. Dernièrement, j'ai reçu de la même 



— 6 — 

localité un maxillaire inférieur portant les trois der- 
nières prémolaires. Ces dents sont complètement diffé- 
rentes de celles des Lophiodon, des Lophiotherium, des 
Pachynolophus, des Hyrachius, des Tapirus. Elles sont 
allongées et assez minces. La dernière en série pré- 
sente, en avant, un petit lobe antérieur conique, à sa 
partie moyenne un deuxième lobe semblable à ceux des 
molaires, si ce n'est qu'il est un peu moins élargi. En 
arrière de cet élément existe un fort talon. La troisième 
prémolaire est beaucoup plus comprimée que ne l'est la 
dent précédente. Son lobe antérieur est plus élevé ; le 
lobe moyen est triangulaire, formé par une seule pointe 
et non plus, par conséquent, par une crête transversale. 
Sur son bord postérieur on note la présence d'un petit 
tubercule, suivi d'un rudiment de talon. Les mêmes 
caractères se retrouvent sur la deuxième prémolaire 
qu'on peut seulement distinguer par ses moindres pro- 
portions en même temps que par l'indépendance et les 
plus grandes proportions du mamelon placé sur le bord 
postérieur du deuxième lobe. 



séance du fi-fi îiovoÈiferc S8S3. 
PRÉSIDENCE DE M. FBANGHET. 

M. Viallanes fait la communication suivante : 

Sur le tissu cartilagineux de la Sabelle, 
par M. H. Viallanes. 

Le tissu cartilagineux qui tient une place si impor- 
tante dans l'organisme des Vertébrés, qu'on rencontre 
encore avec une certaine fréquence chez les Mollusques, 
n'apparaît qu'à titre tout à fait exceptionnel chez les 
autres Invertébrés. Ainsi, à ma connaissance du moins, 
sa présence n'a encore été signalée que chez un seul 
Articulé fia Limule) et chez les représentants d'une 



— 7 — 

petite famille d'Annélides sédentaires comprenant les 
genres SaheUa, Spirograjohis, Amphicora. 

Chez les Vers que je viens de mentionner, il existe en 
effet un squelette interne de consistance cartilagineuse 
et destiné à soutenir les tentacules branchiaux et les 
antennes. Le tissu qui forme ce squelette a été étudié 
par des observateurs éminents, parmi lesquels je dois 
citer Grube, de Quatrefagos, Leydig, Kœlliker, Clapa- 
rède ; plus récemment, le sujet a été repris par M. La- 
dislas Orley. Malgré ces travaux multipliés, la question 
n'est point encore complètement épuisée, et j'ai pu 
ajouter quelques faits nouveaux à ceux déjà connus. 

Mon attention s'est d'abord portée sur l'enveloppe 
conjonctive du squelette et qu'on désigne sous le nom 
de périchondre. Celle-ci est surtout facile , à étudier 
dans l'antenne; là. le périchondre se montre formé par 
une superposition de lamelles se recouvrant les unes les 
autres. Ces lamelles, formées d'une substance fonda- 
mentale d'aspect vitreux et homogène, sont séparées les 
unes des autres par des cellules conjonctives, très apla- 
ties, très ramifiées et anastomosées les unes avec les 
autres. En un mot, dans l'antenne, le périchondre rap- 
pelle tout à fait par son aspect et sa structure la cornée 
des Vertébrés. 

Quant au tissu dit cartilagineux que le périchondre 
enveloppe, il n'a qu'une bien lointaine analogie avec le 
cartilage proprement dit des Vertébrés. Il est formé par 
de grandes cellules unies directement entre elles sans 
interposition de substance fondamentale. Ces cellules 
ont une paroi épaisse, un protoplasma très réduit, un suc 
cellulaire très abondant, elles ressemblent beaucoup à 
des cellules végétales, ou mieux encore aux éléments 
de la notocorde. 

Les cellules dont l'étude nous occupe ont des pro- 
priétés toutes particulières, plongées dans l'eau distillée, 
elles se gonflent énormément par endosmose et devien- 
nent sphériquos. Mais bientôt la tension intérieure 
devenant trop forte, une rupture se produit et elles 
reviennent exactement à leur forme primitive, ceci dé- 
montre que l'enveloppe est très élastique. Si l'on traite 



une de ces mêmes cellules joar l'acide acétique, la mem- 
brane se gonfle dans des proportions considérables, sou- 
vent même au point de comprimer le protoplasma et de 
remplir j^resque toute la cavité cellulaire. 

M. Franchet fait la communication suivante : 

Note sur la végétation de l'île d'Yéso et diagnoses de ^^lantes 
nouvelles du Japon, 

par M. A. FrancAet. 

Parmi les grandes îles qui constituent l'Empire Japo- 
nais, Tile d'Yéso est certainement celle dont la végéta- 
tion nous est le moins connue. Son vaste territoire, qui 
est égal environ au tiers de celui de la France, est cou- 
vert de forêts ; de hautes montagnes en occupent le 
centre, émettant des ramifications rayonnantes qui, se 
dirigeant dans les divers prolongements de l'île, atteignent 
d'une part les bords de la mer du Japon, d'autre part les 
rives de l'Océan Pacifique. 

En dehors des environs immédiats du port d'Hako- 
date, situé comme on sait dans la partie la plus méri- 
dionale d'Yéso, nous ne possédons aucuns renseigne- 
ments sur le centre de File, et même sur le littoral. 
Mais Hakodat'e lui-même, et les montagnes qui l'avoi- 
sinent, ont été assez soigneusement explorés par plu- 
sieurs botanistes, et particulièrement par Albrecht, par 
Cil. Wright, lors de l'expédition américaine du cajDitaine 
Rodgers, par les D'' Barthe et Bonamy, de la marine 
française, etc. ; les botanistes jai^onais ont aussi fourni 
quelques documents concernant la Flore de l'Ile, et le 
D''Savatier possède une intéressante collection de figures 
de plantes appartenant à cette région , montrant des 
formes végétales très spéciales, mais qu'il n'a pas été 
possible jusqu'ici de se procurer en nature. 

Tous les renseignements botaniques connus sont réu- 
nis dans les divers travaux de M. de Maximowicz et 
dans V Enmneratio plantarum Japonicarum; m/iis, comme 



1 



jo viens de le dire, ils ne constituent guère que la Flo- 
rule des environs d'Hakodate. 

Aussi est-ce avec le plus grand intérêt que j'ai étudié, 
une première collection envoyée par M. l'abbé Faurie, 
prêtre des Missions étrangères, formée, au printemps 
de 1885, sur divers points du centre et du littoral, où 
ses fonctions l'amènent durant une certaine période de 
l'année. « J'ai actuellement trois postes, ou commence- 
ment de chrétientés dans le Yéso ; d'abord Sapporo, ca- 
pitale bâtie dans l'intérieur, par le gouvernement japo- 
nais, il y a 15 ans ; ensuite Nemuro, dans la province de 
ce nom, port de mer situé à prés de 150 lieues d'Hako- 
date vers l'est, à la jonction des îles Kourilles ; enfin 
Otaru, également port de mer, sur la côte ouest dYéso, 
à 110 lieues d'Hakodate. » (Lettre du 18 février 1885.) 

On peut juger par cet aperçu topographique que l'île 
a été traversée dans tous les sens par le zélé mission- 
naire, recueillant sur son passage toutes les plantes 
qu'il rencontrait et explorant avec soin les localités dans 
lesquelles il était appelé à stationner. Malheureusement 
la saison (de mars à la fin de mai) ne se prêtait pas 
complètement aux recherches botaniques ; à cette époque 
de l'année la végétation se montrait encore peu déve- 
loppée, le froid se prolongeant longtemps dans cette ré- 
gion située pourtant entre le 42° et le 46*" lat. N., c'est- 
à-dire sous la même latitude que le sud-ouest de la 
France, le nord de l'Italie et les principautés Danu- 
biennes. Mais on sait d'autre part quelle influence 
exerce le voisinage de la Sibérie sur certaines régions 
de l'Asie orientale qui, par leur position géographique, 
devraient d'ailleurs jouir d'un climat tempéré ou même 
chaud. L'île d'Yéso parait subir tout particulièrement 
cette influence, puisque son climat est réputé comme 
l'un des plus excessifs, sous le rapport du froid. 

Aussi ce n'est pas sans étonnement que parmi les ob- 
servations, toujours accompagnées de spécimens à l'ap- 
pui, consignées par M. Faurie, j'en ai trouvé une con- 
cernant la présence d'un Bambou sur toutes les basses 
collines de l'île. L'étude des échantillons envoyés m'a 
montré que la plante en question était bien un véritable 



— 10 — 

Bambou à 6 étamiiies, mais qu'on ne pouvait séparer 
du Bambiisa senanemis, Franch. et Sav., décrit dans 
VEnum. 2^1. Japonicarum. Quoiqu'il en soit, c'est le seul 
exemple d'une espèce de ce genre croissant spontané- 
ment à une latitude aussi élevée et sous un climat aussi 
rigoureux, au moins durant une longue période de l'an- 
née ; les autres espèces ne se rencontrant pas au-delà 
du 40° N. 11 reste à savoir si la Bambusée signalée dans 
les Kourilles par Ruprecht, sous le nom d Arundinaria 
kurillensis, et auquel on n'attribue, peut-être à tort, que 
3 étamines, ne devra pas être rapproché du B. senanen- 
sis, auquel cas cette espèce aurait au nord une extension 
encore plus considérable que celle que j'indique ici. 

Je n'ai malheureusement aucun renseignement sur la 
taille de ce Bambou; dans tous les cas, autant que j'en 
puis juger par ses sommités, il constitue une plante très 
ornen:icntale et qui pourra, selon toutes probabilités, 
supporter le climat de la France. 

Les plantes envoyées par M. Faurie fournissentencore 
d'autres données intéressantes sur la Flore de l'île ; c'est 
d'abord l'excès des Cypéracées , et plus particulière- 
ment de Carex. Ce genre, l'un des plus riches en espèces 
qui soit au Japon (100 espèces environ signalées jusqu'ici), 
va recevoir un nouvel accroissement de 20 à 25 types 
nouveaux, fourni presqu'en totalité par une seule localité 
de l'île. 

Le genre Chyrysosplenium, dont le nombre des espèces 
a été plus que triplé depuis quelques années, paraît 
être largement représenté dans Yéso, puisqu'une seule 
localité en a fourni à M. Faurie 8 espèces, dont 3 sont 
nouvelles. Les Viola s'y rencontrent aussi avec un grand 
luxe de formes spécifiques, de même que les CorydalUs, 
les Renonculacées et les Composées en général. 

On remarque en outre certaines associations bien 
faites pour surprendre; c'est ainsi qu'une Graminée, 
éminemment asiatique ou polynésienne, régions où du 
reste elle ne s'éloigne pas des rivages, le Zoysia pungens, 
Willd., croît à proximité de bois où se rencontre une 
Asparaginée bien spéciale à l'Amérique du Nord, le 
Maianthcmum canadense, Desf. Je pourrais mAdtiplier ces 



i 



— il — 

exomplcs, mais ils trouveront mieux leur place dans un 
travail plus étendu, relevant des faits plus nombreux et 
plus généraux, et qui demande, pour présenter un en- 
semble satisfaisant, plus de matériaux que ceux dont je 
puis aujourd'hui disposer. Ces matériaux ne feront cer- 
tainement pas défaut, et j'attends dès maintenant une 
collection très considéral3lo qui coml^lera les lacunes 
d'un premier envoi. 

Dans les pages qui vont suivre je donnerai les dia- 
gnoses des espèces nouvelles pour le Japon en général. 
(A continuer). 



Séasîco du SS EîffivcaîiSii'c fl885. 
PRÉSIDENCE DE M. FRANGHET 

M. Henneguy fait les communications suivantes : 

Note sur un revolver porte-objectif, 
par M. Henneguy. 

J'ai l'honneur de présenter à la Société, au nom de 
M. Dumaige, constructeur d'instruments de précision (1), 
une petite pièce destinée à remplacer les revolvers, 
porte-objectifs dont on se sert ordinairement. 

Cette pièce se compose d'un porte-nez qui se visse à. 
la partie inférieure du tube du microscope à la place de 
l'intermédiaire, sur lequel se vissent les objectifs. Elle 
porte à sa partie inférieure une semelle à becs, qui lui 
est reliée par deux ressorts à boudin, et qui permet 
d'agrafer les objectifs. Pour cela, chaque objectif porte 
une petite pièce additionnelle, munie d'un rebord sail- 
lant qui pénètre à frottement doux par l'ouverture des^ 
becs, et vient se loger dans une rainure circulaire, mé- 
nagée à la partie inférieure du porte-nez. 

(1) Rue de la Bûcherie, 9. 



— 12 — 

Pour mettre l'objectif en place, on le présente à l'ou- 
verture des becs, un peu obliquement en appuyant le 
rebord de la pièce additionnelle sur les becs mêmes, et 
en lui communiquant une légère poussée : il entre aus- 
sitôt dans la partie ménagée pour le recevoir. Pour 
retirer l'objectif, il suffit de lui faire exécuter un petit 
mouvement de bascule, qui le dégage dans la rainure 
dans laquelle il était retenu, et de le faire sortir par 
l'échancrure de la semelle. 

L'avantage de ce petit appareil, dont le principe n'est 
pas nouveau, mais dont la construction a été modifiée 
d'une manière très ingénieuse par M. Dumaige, est de 
supprimer complètement le vissage des objectifs, tout 
en conservant leur cintrage. Le changement des objec- 
tifs se fait très rapidement et n'est pas limité comme 
avec les revolvers à rotation qui ne portent que deux 
ou trois objectifs, de plus, on peut enlever le tube du 
microscope sans être obligé de dévisser le revolver, qui 
a le même diamètre que le tube, ce qui ne peut avoir 
lieu avec les revolvers à rotation. 



Sur quelques modifications apportées au microtome à bascule 
de la Société des Instruments scientifiques de Cambridge, 

par MM. Vignal et Henneguy. 

Le microtome que nous présentons aujourd'hui à la 
Société a été construit en premier lieu par la Cambridge 
scientific instrument Company^ sous le nom de Rocking mi- 
crotome. 

Comme vous le voyez, son principe, qui s'éloigne de 
celui de tous les microtomes construits précédemment, 
est celui de l'excentrique des machines à vapeur, c'est- 
à-dire la transformation d'un mouvement circulaire en 
un mouvement rectiligne. D'ingénieuses dispositions, 
qu'il serait trop long de décrire ici, font qu'avec le même 
mouvement on exécute une coupe et on fait avancer en 
même temps l'instrument d'une certaine quantité; il est 
inutile de rappeler que cette double utilisation d'un seul 



— 13 — 

mouvement a été en premier lieu appliquée par M. Ma- 
lassez aux microtomes. 

Cet instrument ne permet de faire de coupes qu'avec 
les objets inhibés et inclus dans la paraffine ; les coupes 
faites avec cet instrument sont d'une régularité admi- 
rable et de plus collées à la suite les unes des autres, de 
façon à former un long ruban, ce qui est un avantage 
précieux, puisqu'on peut ainsi avoir toutes les coupes 
d'un objet disposées en séries, si l'on emploie un des 
procédés décrits par Gieshrecht, Schàllihaiim, Threlfall, 
Flogel, etc. 

Nous avons fait ajouter quelques petits perfectionne- 
ments à l'instrument original par M. Dumaige (1), 

Dans le modèle original il est nécessaire de compter 
les dents que le cliquet d'encliquetage saute à chaque 
mouvement, pour savoir l'épaisseur des coupes : de 
plus, il est nécessaire d'amener à une position conve- 
nable la pièce réglant l'encliquetage de façon que la roue 
de l'instrument n'avance que de la quantité voulue. 
Cette manœuvre est toujours un peu délicate et un peu 
longue, quoiqu'il ne soit nécessaire de le faire qu'une 
seule fois pour toute une série de coupes de la m ême 
épaisseur. Nous l'avons simplifiée en faisant fixer en 
dessous de la roue dentée sur le support de l'instrument, 
un quart de cercle gradué sur lequel se trouvent indi- 
quée l'épaisseur qu'auront les coupes, lorsque le petit 
index fixé sur la pièce régJant l'encliquetage se trouvera 
vis-à-vis d'eux. La mise en place de cette pièce et de 
l'index se fait facilement à l'aide d'un petit bras que nous 
avons ajouté. 

De plus, nous avons fait construire, au lieu du tube 
sur lequel était fixé le bloc de paraffine contenant la 
pièce à couper, une pince à trois axes indépendants, 
permettant de rectifier avec une grande précision, dans 
n'importe quel sens, la position de la pièce qu'on coupe, 
ce qui est d'une grande utilité pour les études d'em- 
bryologie. 

L'extrémité de cette pince est formée par des petits 

(1) Rue de la Bûcherie, 9, Paris. 



— 14 — 

godets sur lesquels on fixe l'objet à couper ; on peut les 
changer à volonté. Nous avons adopté cotte disposition, 
car il est nécessaire que la paraffine contenant la pièce 
à couper soit refroidie complètement et très lentement, 
pour qu'elle se laisse couper d'une façon convenable. 
Avec le tube unique de l'instrument original, il était 
nécessaire d'attendre assez longtemps avant de couper, 
après qu'on avait fixé l'objet, ce qui présente un incon- 
vénient sérieux lorsqu'on a plusieurs pièces à débiter le 
même jour. 

M. Mocquard fait les communications suivantes : 

Sur une nouvelle espèce d'Airactaspis (A. leucura), 
par M. Mocquard. 

On connaît actuellement onze espèces d'Atractaspis, 
savoir : A. (Elaps) irregularis, Reinhardt (Côte d'Or) (1) ; 
Bibronii, Smith (Cap) (2); corpulentus, Hallow^el (Gabon) (2); 
aterrima (Afrique occidentale) (4) et microlepidota, Gûn- 
ther (Afrique occidentale?) (5); fallax^VQiQvs (Afrique 
orientale) (6); rostrata,Gim\\hQV (Zanzibar) [l)]microphoUs, 
Gûnth. (Afrique) (8) ; congica (Chinchoxo), Hildehrandtii 
(côtes de Zanzibar) et natalensis (Port Natal), Peters (9). 

(1) Reinhardt, Beskrivelse of nogle nçg Slangearfer, in : Kong. Danske 
Yidenskabernes Naturvid. Afhand'l., t. X, p. 264, pi. m, fig. 1-3 (1843). 

(2) A. Smith, Illustrât, of the Zool. of Soutli Africa, Reptilia, pi Lxxr, 
(1849). 

(3) Edw. Hallowell, Proceed. of the Âcademy of Nat. Sciences of Phi- 
ladelphia, vol. VII, p. 99 (1854) et vol. IX, p. 70 (1857). 

Alb. Giinther, Ann. and Maga^. of Nat. History, i^ sér., t. IX, p. 36, 
pi. III, fig. F, (1872j. 

(4) Alb. Giinther, Ann. and Magas. of Nat. Hist., 3= sér,, t. XII, p. 16, 
(1863). 

(5) Alb. Giinther, Ibid., 3= sér., t. XVIII, p. 29, pi. vu, fig 6 (1866). 

(6) W. Peters, Monatsberichte der Kôn. Akad. der Wissenschaften su 
Berlin, ann. 1866, p. 890. 

(7) Alb. Giinther, Ann, and Magas. of Nat. Hist., 4^ sér., vol. I, p. 429, 
pi. XIX, fig. 1, (1868). 

(8) Alb. Gunther, Ibid., à" sér., vol. IX, p. 36, pi. m, fig. E, (1872). 

(9) W. Peters. loc. cit., aun. 1877, p. 616. fig. 2, 3 et 4. 



Bull. SocPliiloinatliique 



7^ Série, T. X, PI. V. 








ViTton del. etliit. 



Iinp.Becaxiet fi?. Paris , 



Atractaspis 1 eu cura. 



— 15 — 

Mais il n'est pas bien certain qu'elles soient toutes dis- 
tinctes. 

Déjà A. Duméril (1) regardait VA. Bibronii comme 
identique avec Y A . in-egularis, et doutait que Y A . corpu- 
lentus lui-même fut différent. De son côté, Peters (2) 
affirme que toutes les espèces établies présentent une 
grande variabilité dans l'écaillure de la tête, le nombre 
des séries longitudinales d'écaillés et des gastrostéges, 
ainsi que dans la disposition des urostéges, qui sont 
toutes simples ou doubles, ou partiellement simples et 
doubles ; mais chez toutes il y aurait concordance dans 
la coloration, qui est d'un brun-violacé uniforme, ou 
d'un brun-noirâtre pendant la vie. Il pense en consé- 
quence qu'elles devraient toutes être rapportées à une 
espèce unique, A. irregularîs, Reinh., dont elles ne se- 
raient que des variétés. Jan (3), cependant, a admis les 
deux espèces irregularis et Bibronii, caractérisées, la pre- 
mière par des urostéges doubles, la seconde par des 
urostéges simples. 

Le Muséum no possédait jusqu'à ce jour que deux 
exemplaires du genre, l'un originaire du Cap, l'autre 
du Gabon, offrant tous les deux les caractères de r.4. 
Bibronii. Mais récemment il a reçu de M. Cliaper un 
certain nombre de Reptiles venant d'Assinie, parmi les- 
quels se trouve un Atractaspis que diverses particula- 
rités éloignent des espèces énumérées ci-dessus, et qui 
me semble devoir être considéré, malgré la variabilité 
admise par Peters, comme une espèce nouvelle. 

Ce qui frappe tout d'abord, lorsqu'on le compare à 
Y A. Bibronii, c'est sa longueur relative plus faible avec 
un diamètre notablement plus considérable. L'^. Bibronii 
a le corps étroit, allongé et à peu près partout d'égale 
grosseur; il est épais et court chez l'autre, et à partir de sa 
région moyenne il diminue progressivement et très sen- 
siblement de diamètre. La longueur totale de notre spé- 

(1) A. Duméril, Reptiles de l'Afrique occidentale, Archives du Muséum, 
t. X, p. 214, (1861). 

(2) W. Peters, iVa^ttnoiss. Reise nach Mossambique, Zool., Amphibien, 
t. III, p. 142, (1882). 

(3) G. Jan, Elenco sistcmatico degli Ofidi, p. 115, (1863), 



— 16 — 

cimen n'est que de 45 centimètres, sur un diamètre 
maximum qui dépasse 15 millimètres, et le nombre des 
gastrostéges ne s'élève qu'à 191. La tête est triangulaire, 
à peine plus large que le cou, et se termine par un 
museau étroit, déprimé, quoique un pou busqué (1), 
tranchant et nettement cunéiforme (PI. V, fig. a). La 
plaque rostrale, fortement repliée sur le museau, pré- 
sente à sa base une gouttière semi-circulaire très 
prononcée. La mentonnière est losangique, et ses 
bords antéro-latéraux forment un angle rentrant avec 
la portion suivante du bord labial, de sorte que le 
bord antérieur de la lèvre inférieure est anguleux, et 
non arrondi comme chez toutes les autres espèces connues 
d'Atractaspis. On compte 5 sous-labiales. Chacune des 
deux premières rencontre sur la ligne médiane celle du 
côté opposé ; la première est petite, la seconde au con- 
traire est très grande, et résulte sans doute de la fusion 
de la deuxième sous-labiale normale avec la sous-maxil- 
laire correspondante (2). Quant à la troisième sous- 
labiale, elle est sensiblement plus courte que dans les 
espèces Bihronii et rostrata. 

La disposition des autres plaques céphaliques n'offre 
rien de particulier. Il existe deux internasales et deux 
préfrontales, une préoculaire et une post-oculaire, quatre 
temporales, (1 -|- 3) de chaque côté (3), dont la première est 
très grande, pentagonale, mais presque rectangulaire, 
plus haute que longue, et en rapport avec la pariétale, 
la post-oculaire et les quatrième et cinquième supéro- 
labiales. Ces dernières sont au nombre de cinq, parmi 
lesquelles la troisième et la quatrième touchent à l'œil. 
Les écailles du tronc sont hexagonales ; leur largeur 
est sensiblement égale à leur longueur sur les flancs ; 

(1) II serait légèrement relevé chez VA. rostrata d'après Giinther. 

(2) Ce caractère, que Giinther a déjà observé chez VA, corpiUentus, 
est-il constant, ou n'est-ce qu'une simple anomalie ? L'examen de nou- 
veaux spécimens résoudra la question. 

(3) La fig. a présente quelques inexactitudes : la première temporale 
est plus haute qu'elle n'est figurée, et son bord postéro-supérieur est 
sensiblement parallèle au bord opposé ; il n'y a que trois temporales en 
seconde rangée et non quatre ; enfin, les écailles du tronc ne sont pas 
imbriquées. 



— 17 — 

mais sur le dos elles sont plus étroites. On en compte 

23 séries longitudinales au cou et sur toute la longueur 

de la moitié antérieure du corps; il y en a 18 au-devant 

de l'anus. Enfin, le tronc offre une coloration d'un brun 

uniforme, un peu plus clair sous le ventre; mais la 

queue est blanche. 

J'ajouterai que l'anale est simple; que les urostéges, 

dont les unes sont simples, les autres doubles (fig. a), 

4 2 
s'élèvent au nombre do 23 (13-3-1), sans compter 

l'écaillé conique terminale ; que la queue a une longueur 
de 37 millimètres, et qu'elle présente en dessus, un peu 
au-delà de sa partie moyenne, trois grandes écailles 
transversales analogues par leur forme aux plaques 
sous- caudales. 

Pour rappeler la coloration particulière de la queue, 
nous désignerons cette nouvelle espèce sous le nom 
d'A. leucura. 

Par son corps vigoureux et le petit nombre de ses 
gastrostéges (182); par la disposition des plaques cépha- 
liques, en particulier des deux premières sous-labiales 
et des plaques temporales, l'espèce corpulentus se rap- 
proche beaucoup de celle que nous venons de décrire. 
Elle s'en distingue cependant parle nombre des rangées 
longitudinales d'écaillés (25 au lieu de 23), par la forme 
quadrangulaire de ces mêmes écailles (1), par une lèvre 
inférieure arrondie en avant et par une coloration uni- 
forme noire en dessus, noirâtre en dessous (2). Des ob- 
servations ultérieures, surtout la comparaison des types 
et l'examen de spécimens plus nombreux, montreront 

(1> Je dois dire toutefois que Giinther, qui a figuré 1'^. corpulentus 
lAn7i. aud 3Iagas. etc., 4o sJr. t. IX, pi. m, fig. F), l'a pourvu, contrai- 
rement à la description de Halloweli, d'écailles hexagonales 

(2j Les crochets venimeux de r.4 corpulentus ont été examinés par 
Halloweli, qui leur trouve quelque ressemblance avec les dents de 
Squale; mais la forme de ces crochets ne paraît pas constante. Chez le 
type de l'espèce qui fait l'objet de cette note, il en existe en effet deux 
du côté gauche, qui sont coniques et presque droits, tandis que du 
côté opposé il n'y en a qu'un seul plus robuste, assez foi-tement re- 
courbé, et dont le bord supérieur concave présente une crête tranchante, 
l'inférieur (ou antérieur), convexe, étant épais et arrondi. 



— Îf5 — 

si CCS différences caractérisent simplement des variétés 
et non des espèces. 

Dans tous les cas, si, comme l'admet Peters, divers 
types d'Atractaspis décrits comme espèces particulières 
ne sont que des variétés de r.4. irregalaris, il ne nous 
paraît guère possible de douter que Y A . leucura ne cons- 
titue une espèce absolument distincte de l'A. Bibronii, 
auquel nous avons pu le comparer. 

Sur un nouveau genre de Blenniidœ voisin des Clinus 

(Acanthoclinus), 

par M. MocQUARD. 

Dans un groupe de Poissons provenant de la baie de 
Guanta, près de Barcelona (Venezuela), et donné au 
Muséum par M. Chaper, nous avons rencontré un spé- 
cimen de très petite taille, qu'on serait tenté au premier 
abord de rapporter au genre Clinus, dont il offre la plu- 
part des caractères. Il s'en distingue cependant d'une 
manière bien nette, en ce que la dorsale est entièrement 
épineuse et que la ligne latérale présente une interrup- 
tion. Il ne peut donc prendre place parmi les Clinus et 
moins encore dans aucun des autres genres de la famille 
des Blenniidœ, à laquelle il appartient. Nous le considére- 
rons en conséquence comme le type d'une nouvelle coupe 
générique que nous appellerons Acanthoclinus, et nous 
désignerons l'espèce unique que nous connaissions de 
ce genre sous le nom d'A. Chajieri, la dédiant à M. Cha- 
per, à qui le Muséum la doit. 

Genre ACANTiiOCLINUS, n. gen. 

Corps allongé, comprimé, recouvert d'écaillés cy- 
cloïdes ; bouche assez largement fendue, armée à chaque 
mâchoire d'une rangée externe de dents coniques et 
de dents plus petites en arrière ; en outre, des dents au 
palais. Dorsale très longue, simple, entièrement épi- 
neuse; anale à deux rayons épineux; ventrales jugulaires 



— 10 — 

à rayons pou nomlirciix ; des tentacules céphaliques ; 
onlîce branchial très largo ; six branchiostégcs ; ligne 
latérale interrompue. 

ACANTHOGLINUS CmAPERI, n. sp. 

D. 31 ; A. 2/19 ; C. 13 ; P. 13 ; V. 2 ; L. lat. 35. 

Le corps est allongé, assez fortement comprimé ; sa 
hauteur au niveau de l'origine des pectorales égale la 
longueur de la tête et se trouve contenue quatre t'ois un 
quart dans la longueur totale, la caudale non comprise. 
L'œil est grand ; son diamètre mesure l'espace interor- 
bitaire et égale la distance de son bord antérieur à l'ex- 
trémité du museau, qui est court. La mâchoire infé- 
rieure dépasse légèrement la supérieure, et la fente 
buccale descend un peu obliquement pour s'étendre jus- 
qu'au niveau du centre de l'œil. 

Des dents en crochets forment aux deux mâchoires 
une rangée externe, en dedans de laquelle se trouvent 
des dents en cardes. Les dents en crochets sont plus 
grêles et plus serrées à la mâchoire supérieure. Sur la 
mandibule, elles diminuent brusquement de longueur, 
et les postérieures sont extrêmement courtes ; les dents 
en cardes sont limitées à la partie antérieure de cette 
mâchoire. On observe aussi au palais un groupe de dents 
disposées en chevron. 

La dorsale commence presque au niveau du bord pos- 
térieur du préopercule et s'étend jusqu'à la caudale. Elle 
est entière, assez haute et compte 31 rayons épineux 
robustes. L'anale, également longue, présente 2 rayons 
épineux et 19 rayons mous. La caudale est arrondie et a 
13 rayons. Les ventrales sont jugulaires, très étroites 
et formées de 2 rayons mous profondément séparés, 
l'interne étant un peu plus long que l'externe. 

La tête est ornée de trois tentacules pairs, un sur la 
narine, un second au-dessus de l'orbite et un troisième 
sur la nuque. Le premier est filiforme, simple et sensi- 
blement égal au demi-diamètre de l'œil : le second, la- 



— 20 — ^ '"^ 

melleiTX à sa base, se divise en trois ou quatre lanières 
qui s'allongent progressivement de dedans en dehors, 
et il dépasse en longueur le diamètre oculaire. Quant à 
celui de la nuque, il nait de chaque côté de la ligne mé- 
diane, un peu en avant de l'extrémité antérieure de la 
nageoire dorsale et a la forme d'une lame oblongue, en- 
tière, un peu plus large à son extrémité libre, et d'une 
longueur à peu près égale aux trois quarts du diamètre 
de l'œil. 

Les écailles sont grandes, cycloïdes. La ligne latérale 
est interrompue au niveau de l'extrémité antérieure de 
l'anale ; sa partie antérieure est très relevée et surmon- 
tée seulement par deux rangées longitudinales d'écaillés ; 
la postérieure suit le milieu du corps. 

Les membranes branchiostéges s'unissent l'une à 
l'autre sous le pharynx et supportent 6 rayons. 

Les nageoires ont une coloration brune, plus foncée à 
la base de la caudale, et le corps une teinte plus claire 
brun-fauve. 

Nous ne possédons malheureusement de cette espèce 
qu'un seul spécimen. Il est de très petite taille et mesure 
33 millimètres depuis l'extrémité du museau à la base 
de la caudale. 



Trématodes nouveaux ou peu connus, 
par M. J. Poirier. 

Genre ASPIDOGASTER, v. Baer, 

AspiDOGASTER Lenoiri , J. Poirler. 
(PL I,fig. 1,2). 

Corps blanchâtre, long de i"^^l et large de 1™", très 
convexe en dessus, rampant au moyen d'un disque ven- 
tral aussi large que long, presque sphérique à l'état de 
repos, mais pouvant s'allonger beaucoup et prendre la 
forme d'un rectangle à angles arrondis. Bouche large, 
dilatable, à l'extrémité d'un cou conique de 0"»"6 de Ion- 



— 21 — 

gueur et U'""'46 de largeur à la base, s'élevant librement 
en avant au-dessus du disque ventral. Orilice génital sur 
la face ventrale du cou, à la moitié environ de sa lon- 
gueur. 

Pore excréteur très visible, sur la face dorsale, à l'ex- 
trémité postérieure du corps. 

Le disque ventral, très développé, présente dix-huit 
loges périphériques et une seule série longitudinale de 
loges médianes au nombre de sept, le nombre total des 
loges n'étant que de vingt-cinq. Ce caractère différencie 
nettement cette espèce des autres espèces du genre ^5- 
pidoga<ter^ en particulier de V Aspidogasier conchicola , 
l'espèce la mieux connue, chez qui les loges du disque 
ventral sont au nombre de soixante environ, disposées 
en quatre séries longitudinales. 

Tube digestif. — La bouche (b) d'une largeur de Û"""13 
se continue par un pharynx (ph) à éléments muscu- 
laires, surtout radiaires, et d'une longueur de 0"'"M sur 
0™"il5 de large. 

Au pharynx, fait suite l'intestin à une seule branche 
caractéristique du genre Aspidogasier. Cet intestin (i) se 
dirige vers l'extrémité postérieure du corps, en longeant 
la face dorsale et en augmentant graduellement de dia- 
mètre. Il se termine en cœcum au quart postérieur du 
corps. 

\J appareil génital mâle se compose d'un gros testicule 
unique (t), situé à peu près dans le plan médian à l'extré- 
mité du corps. Lo canal séminifère (cs)qui en part se jette 
dans une vésicule séminale très longue et sinueuse, si- 
tuée sur le côté gauche du corps. Vers la base du cou, ce 
canal passe à droite et se jette dans une portion renflée, 
correspondant à la région prostatique et éjaculatrice du 
canal déférent mâle des Trématodes (pr). 

Appareil génital femelle. — L'ovaire (0) situé à droite, 
vers le milieu de la longueur du corps, a une forme arquée 
de 0'^'"22 de longueur sur 0"""1 de largeur. 

L'oviducte qui en part se réunit sous l'intestin au 
vitelloducte impair, partant d'une large vésicule presque 
sphérique, située à droite sous l'ovaire (v'). 

Les glandes du vitellogène, disposées latéralement 



sur toute la longueur du corps, sont des glandes en 
grappes presque sphériques, très grosses (v). 

L'utérus, bien développé, très sinueux, se termine par 
un canal situé sur le côté gauche du cou et présentant, 
un peu avant d'arriver au cloaque, un renflement mus- 
culaire (u). 

Les œufs, très gros, ovoïdes (lig. 3), ont une longueur 
de 0"^™ 14 sur 0™"'043 de largeur. 

J'ai rencontré cette espèce dans l'intestin d'une Tortue 
du Sénégal, le Tetratliyra Vaillantii, de Rochebrune. 



Genre CEPHALOGONIMUS (1), J. Poirier. 

Distomes à orifices génitaux situés à la partie anté- 
rieure du corps, sur la face dorsale, un peu en avant de 
la ventouse orale. 



Cephalogonimus Lenoiri, J. p. 
(PI. ILfîg. 1,2). 

Corps blanchâtre, oblong, aplati, long de 3™'" et large 
de 1"'"\ couvert de piquants très petits et très nombreux. 
Extrémité antérieure conique ; extrémité postérieure 
large, tronquée. Ventouses presque égales ; la ventouse 
antérieure (V), la plus petite, 0"'"'24 de diamètre, ne se 
trouve pas tout à fait à l'extrémité antérieure, la face 
dorsale se prolongeant, un peu en avant d'elle, en une 
légère pointe à l'extrémité de laquelle se trouvent les 
orifices génitaux. 

La ventouse ventrale (V), large de 0"'"'29, est située un 
peu en avant du milieu de la longueur de l'animal. 

Tube digestif. — Le pharynx (pli) petit, d'une largeur 
de 0"'"'I6 sur une longueur de 0™™11, se trouve à une 
distance de 0'ii™05 de la ventouse orale. Il est suivi d'un 
tube -œsophagien de 0"""15 de longueur, tube qui se bi- 

(1) D(.' Rsi^a/-/;, lète ; et yoviy.cç,^ parties génitales. 



— 23 — 

fiirque en deux branches intestinales simples, assez lar- 
ges, se terminant en cœcuni vers l'extrémité posté- 
rieure du corps (i). 

Appareil génital mâle. — Les testicules globuleux , 
ovoïdes et simples sont situés dans le plan médian et 
dans la première partie de la seconde moitié de la lon- 
gueur de l'animal (t). Ils donnent naissance à deux ca- 
naux déférents très étroits, venant se réunir au niveau 
de la ventouse médiane, en unréceptable séminal, large, 
fusi forme (vs; , logé dans une poche prostatique ou 
poche du cirrhe, très volumineuse, se terminant au 
niveau de la bifurcation de l'œsophage fpr). Au récep- 
tacle séminal , n'occupant que la partie postérieure 
de la poche prostatique, fait suite le canal prostatique. 
Celui-ci se continue au dehors de la poche, par un canal 
éjaculateur très long qui, passant au-dessus de la ven- 
touse orale, s'ouvre au dehors en avant d'elle, au som- 
met de la petite saillie conique, que forme en avant la 
face dorsale. 

Les organes génitaux femelles se composent d'un ovaire 
sphérique {o) situé à droite du plan médian, en avant des 
testicules et presque en contact avec la ventouse ven- 
trale, d'une glande coquillère ovale (c) et de deux glandes 
du vitellogène en grappes, situées latéralement dans la 
moitié antérieure de la région du corps qui suit la ven- 
touse médiane (fig. 2^ v). 

Les vitelloductes pairs se réunissent au-dessus de la 
glande coquillère, en un petit réservoir triangulaire d'où 
part le viteiloducte impair, qui va se réunir à l'oviducte 
à l'intérieur de cette glande. 

Le canal de Laurer (iig. 1, Ij est pourvu à son ori- 
gine d'une large vésicule pyriforme (iig. 1,1') faisant 
saillie en dehors de la glande coquillère. 

L'utérus s'étend jusqu'à la partie postérieure du corps 
4en formant un petit nombre de sinuosités (u). Il remonte à 
gauche toujours sinueux jusque dans le voisinage de la 
ventouse ventrale, puisse dirige, presqu'en ligne droite, 
le long de la poche prostatique et du canal éjaculateur, 
pour s'ouvrir au dehors, à côté de celui-ci, en avant de 
la ventouse orale. 



— 24 — 

h' appareil excréteur très remarquable (c) est situé plus 
près de la face dorsale que de la face ventrale. Il se com- 
pose d'un large canal impair s'ouvrant au dehors par le 
foramen caudale (p) et se continuant dans le plan médian 
jusqu'au niveau du testicule le plus postérieur. Là, il se 
bifurque en deux canaux se dirigeant latéralement. Ces 
canaux latéraux, comme le canal impair médian, émet- 
tent sur tout leur parcours des branches ramifiées se 
dirigeant vers les bords latéraux du corps. Ces ramifi- 
cations s'étendent en avant, jusque un peu au-delà du 
point de bifurcation de l'œsophage. 

Le système nerveux se compose de deux ganglions bien 
visibles réunis par une commissure transversale située 
entre le pharynx et la ventouse orale (n). De ces gan- 
glions, partent en avant deux petits nerfs, et en arrière 
un nerf plus volumineux que j'ai pu suivre, jusqu'au 
niveau des glandes génitales. 

Les œufs elliptiques (pi. Il, fig. 3) ont une longueur de 
0™'"085 sur une largeur de 0"'"'0i7. 

J'ai rencontré une dizaine d'individus, à divers états de 
développement, dans l'intestin de la Tortue du Sénégal, 
le Tetrathyra Vaillantii, Roch., donné à mon collègue et 
ami, M. le Docteur de Rochebrune, par M. Lenoir, à qui 
je me fais un plaisir de dédier cette remarquable espèce. 



DiSTOMUM SAUROMATES, J. Poir, 

(PI. IL fig. 4,6). 

Corps brunâtre, oblong, la moitié postérieure amincie, 
moins large que la moitié antérieure. Face dorsale con- 
vexe, face ventrale concave, les bords latéraux repliés 
endossons. Surface du corps couverte de piquants petits 
et nombreux. Longueur du corps, 4"^™; plus grande lar- 
geur, r'"\ 

Ventouses bien développées ; la ventouse orale plus 
petite de 0"""42 de diamètre, et la ventouse ventrale 
de O'nmss de diamètre, située à l'extrémité postérieure 
de la moitié antérieure du corps. Distance des deux ven- 
touses, 0"""7. 



— 2o — 

Orifices génitaux disposés latéralement à gauche un 
peu en arriére de la ventouse orale (cl). 

A la ventouse orale, fait immédiatement suite le pha- 
rynx long de 0"""17 et large de 0""^2. 

Le pharynx se continue par un œsophage de O'"'"^ de 
longueur. Celui-ci se bifurque et donne naissance à deux 
branches intestinales simples d'un diamètre à peu près 
uniforme de 0'"'"0'.). Ces branches de l'intestin descendent 
latéralement jusqu'à l'extrémité postérieure du corps, 
où elles se terminent en cœcum (i). 

Uappareil géniéal mâle se compose de deux testicules 
lobés, médiocrement développés, et situés de chaque 
côté du plan médian du corps de l'animal, un peu en 
arrière de la ventouse ventrale, le testicule gauche étant 
le plus antérieur (t). 

Les canaux séminifères qui partent des testicules 
viennent se réunir dans une vésicule séminale fusiforme 
très large, occupant la partie postérieure d'une poche 
prostatique ou poche du cirrhe, bien développée en avant 
de la ventouse ventrale (pr). 

La vésicule séminale se continue par le canal prosta- 
tique logé dans la partie antérieure de la poche prosta- 
tique. A celui-ci fait suite un canal éjaculateur venant 
s'ouvrir dans le cloaque génital peu développé, situé 
latéralement près du bord gauche de l'animal. 

U appareil génital femelle se compose d'un ovaire g'obu- 
Icux de 0'""'2 de diamètre, situé à droite, immédiatement 
au-dessous de la ventouse ventrale (o). Au-dessous de 
l'ovaire, se trouve la glande coquillère qui est presque en 
contact avec le testicule droit (c). L'utérus, au sortir de 
la glande coquillère, descend presqu'en ligne droite en 
augmentant graduellement de diamètre , se recourbe 
bien avant d'itteindre l'extrémité postérieure du corps 
et remonte à peu près dans le plan médian jusqu'au 
niveau de la ventouse ventrale ; sur tout ce nouveau 
trajet légèrement sinueux, l'utérus garde son diamètre 
considérable et ses parois minces (u). A partir de la ven- 
touse ventrale, l'utérus se recourbe à gauche en lon- 
geant la po^he prostatique et s'ouvre dans le cloaque 
génital, un peu au-dessous du canal éjaculateur. Le dia- 



— -m — 

mètre de l'utérus diminue brusquement en avant de la 
ventouse ventrale, en même temps que ses parois aug- 
mentent beaucoup d'épaisseur. 

Les glandes du vitellogène sont des glandes en grappes 
peu développées, situées sur les côtés cïu corps, au niveau 
seulement de la ventouse ventrale et des testicules (v). 

Du système nerveux (n), je n'ai pu observer que la 
masse cérébroïde, formée de deux petits ganglions réunis 
par une commissure transversale située au-dessus de la 
ligne de réunion du pharynx et de la ventouse orale. 

11 y a à citer aussi dans cette espèce, le grand nombre 
de cellules glandulaires qui se trouvent dans la région 
antérieure du corps, au niveau de la ventouse orale et 
du pharynx. 

Les œufs elliptiques (pi. Il, fig. 5), acuminés en arrière, 
ont une longueur de 0™™037 et une largeur de 0'""'02. 

Cette espèce habite les poumons do VEIaphis sauro- 
mates. 

DiSTOiMUM oviFORMK, J. Poirler. 

(PI. Il, fig. 7, 8). 

Corps ovale, globuleux, blanchâtre, dans sa partie 
antérieure, rendue noirâtre par les œufs dans sa partie 
postérieure; long de 0"'"i6G et large de 0''''"45, couvert 
entièrement' de piquants très petits et très nombreux. 
Ventouses très grosses, de diamètres à peu peu près 
égaux; ventouse ventrale de 0'""'16 de diamètre, située 
vers le milieu de la longueur du corps. 

Orifices génitaux immédiatement en arrière de la ven- 
touse orale. Œufs ovoïdes (pi. Il, fig. 9) d'une longueur 
de 0'"™026 sur une largeur de 0'""'015. 

Tube diffestif. — Le tube digestif de cette petite espèce 
€st remarquable par la rédaction de la plupart des par- 
ties composant l'appareil digestif des Distomes. 

Le pharynx (pli), petit, 0"""08 do longueur, fait immédia- 
tement suite à la ventouse orale. L'œsophage fait défaut, 
les deux branches de l'intestin prenant naissance immé- 
diatement en arrière du pharynx. Ces branches intesti- 
nales à parois épaisses, remarquables par la grandeur 



— 27 — 

des cellules de leur couche cellulaire interne, se dirigent 
transversalement vers les côtés du corps et se terminent 
immédiatement en cœcum, n'étant ainsi situées que dans 
la région antérieure du corps (i). 

Appareil génital mâle. — Cet appareil se compose de 
deux testicules ovoïdes, placés latéralement de chaque 
côté du corps, au-dessus de la ventouse ventrale (t). Les 
canaux séminifères se dirigent transversalement vers la 
poche prostatique ou poche du cirrhe ; cette poche est 
tubuleuse, très longue et plusieurs fois recourbée (pr) . 

Appareil génital femelle. — L'ovaire, presque sphérique, 
est situé un peu à droite de la ventouse ventrale (o). La 
glande coquillère ovoïde (c) se trouve dans le plan mé- 
dian, au-dessous de l'ovaire. Les vitellogènes, formant 
deux glandes en grappes assez grosses, sont situés vers 
la face dorsale, au-dessus de l'intestin et en avant des 
testicules (v). Les vitelloductes pairs, onduleux et très 
nettement visibles, descendent vers un réservoir assez 
volumineux, situé au-dessus de la glande coquillère. De 
ce réservoir part le vitelloducte impair qui pénètre dans 
la glande coquillère, où il se réunit à l'oviducte pour 
former l'utérus. Celui-ci , très long et très sinueux, 
occupe toute la région postérieure du corps dont la cou- 
leur foncée est duo aux nombreux œufs que renferme 
l'utérus (u). 

Je n'ai aucune indication sur le système nerveux et 
sur l'appareil excréteur de cette remarquable espèce ; 
je l'ai rencontrée en assez grande quantité dans l'intes- 
tin d'un Nycticehus javanicus, mort à la ménagerie du 
Muséum. 

DiSïO.MUM viVERRiNi, J. Poiricr. 
(PI. m, fig. i). 

Corps blanchâtre, lancéolé, à face ventrale plane et à 
face dorsale à peine convexe, d'une longueur de 6"'"' sur 
une largeur maximum de 2"^"\ 

Ventouses petites de même diamètre, 0'^'"23 ; la ven- 
touse ventrale au tiers de la longueur du corps. Dis- 
tance des deux ventouses. 1"""8. 



— 28 — 

Orifices génitaux immédiatement au-dessus de la 
ventouse ventrale. 

Tube digestif. — A la ventouse orale à large ouverture, 
fait immédiatement suite un pharynx assez volumineux 
de 0'"'"! de longueur (ph). 

L'œsophage relativement court, 0'""'3, se bifurque en 
deux branches intestinales simples (i), d'un diamètre à 
peu près constant de 0'"'"1 et se terminant en cœcum, à 
l'extrémité postérieure du corps. 

Appareil génital mâle. — Il se compose de deux testi- 
cules petits, quadrilobés, situés dans la région postérieure 
du corps (t). Les canaux séminifères qui en partent 
sont très étroits et très longs. Ils aboutissent à une poche 
prostatique cylindrique et sinueuse (pr), située à droite du 
plan médian, et s'étendant depuis le cloaque génital jus- 
qu'à la moitié postérieure du corps. 

Appareil génital femelle. — L'ovaire (lig. 1, 3, o), situé 
en avant des testicules, est multilobé. Il s'étend dans le 
sens transversal et présente à gauche deux lobes très 
développés, et à droite également deux lobes, mais moins 
volumineux. 

La glande coquillère présente' chez cette espèce un 
aspect particulier. Elle n'est nullement compacte, mais 
formée de petites glandes unicellulaires isolées, répan- 
dues dans le parenchyme autour du commencement de 
l'utérus. 

Les glandes en grappes du vitellogène (v) sont situées 
latéralement dans la région médiane du corps ; elles ne 
s'étendent pas en arrière au-delà de l'ovaire, et en avant 
elles disparaissent avant d'atteindre au niveau de la 
ventouse ventrale. Les vitelloductes impairs gagnent 
transversalement un réservoir vitellin situé à gauche de 
la glande coquillère. 

Le canal de Laurer (l),très net, présente à sa base une 
large vésicule pyriforme (1') située entièrement en dehors 
de la glande coquillère. 

L'utérus étroit (u), mais très sinueux, est entièrement 
situé dans la région du corps comprise entre la ventouse 
ventrale et l'ovaire. 



— 29 — 

Les œufe, petits, ovoïdes, ont une longueur de 0"'"'026 
sur OnonnOlS de largeur (pi. III, fig. 2). 

L'appareil excréteur ne laisse apercevoir nettement 
que son canal impair assez volumineux et s'étendant du 
pore externe jusqu'à l'ovaire. 

J'ai rencontré cette espèce, très voisine par sa forme 
et sa taille du D. lanceolatum, dans les canaux biliaires 
du foie d'un Felis viverrinus , mort à la ménagerie du 
Muséum. 



DisTOMUM LONGissiMUM, J. Poirier. 
(PI. I, fig. 6). 

Corps blanchâtre, aplati, rubané, très long, de 20""" 
de longueur sur une largeur atteignant à peine {"^"^b. 
Surface lisse, sans trace de piquants. Ventouse orale 
grande, à large ouverture (V) ; ventouse ventrale hémis- 
phérique de même diamètre, 0"""8, distante de la pre-' 
mière de 3 à 4'"'"(V'). 

Orifices génitaux immédiatement en avant de la ven- 
touse ventrale. 

Tube digestif. — Le pharynx (ph), situé à W'" de la ven- 
touse orale , a la forme d'un ellipsoïde très allongé, 
0'"™72 de longueur sur S^-^S de largeur. Il se continue par 
un œsophage assez court qui se divise en deux longues 
branches intestinales simples, descendant jusqu'à l'ex- 
trémité postérieure du corps (i). 

Appareil génital. — L'appareil génital mâle se com- 
pose de deux testicules lobés situés à quelque distance 
l'un de l'autre, dans le dernier tiers de la longueur du 
corps. Le testicule antérieur présente cinq lobes et le 
postérieur six (t). 

Les canaux séminifères, très étroits, se réunissent 
dans une vésicule séminale renflée située à la partie 
postérieure d'un long sac prostatique tubuleux (pr). A la 
vésicule séminale, fait suite le canal prostatique plus 
étroit, entouré d'une gaine de cellules glandulaires très 
nettes et se continuant par le canal éjaculateur. 

L'ovaire, petit, presque sphérique, est situé un peu 



— 3U — 

en avant du testicule antérieur, environ à la moitié de 
la longueur de l'animal (o). 

La glande coquillère, un peu plus volumineuse, est 
située immédiatement en avant de l'ovaire (c). 

Les glandes du vitellogène(v),très développées, sont des 
glandes en grappes très petites, commençant un peu au- 
delà de l'ovaire et descendant jusqu'à l'extrémité posté- 
rieure du corps. Jusqu'au testicule antérieur , elles 
restent latérales, mais, au-dessous, elles s'étendent sur 
la face ventrale et sur la lace dorsale. Leurs canaux 
d'excrétion se réunissent, au niveau de l'ovaire, en deux 
canaux transverses qui vont se jeter dans une petite 
vésicule située entre l'ovaire et la glande coquillère. 

L'utérus sinueux, dans sa première partie, est situé 
entièrement en avant de l'ovaire. 

Les œufs (pi. I, fîg. 7), ovoïdes, légèrement acuminés 
en arrière, ont 0™™056 de longueur sur O^^OSS de largeur. 

L'appareil excréteur est formé dans la région posté- 
rieure du corps, par un long canal médian qui se bifurque, 
en un point que je n'ai pu déterminer, en deux canaux 
se réunissant ensemble au-dessus de la ventouse orale (e). 

Cette espèce a été rencontrée dans l'intestin d'un Del- 
phinus tursio. Elle se distingue du Distomum twsionis 
décrit par Marchi, par sa surface dépourvue de piquants, 
par la forme évasée de sa ventouse orale, par ses testi- 
cules lobés et par la forme de ses œufs nettement acu- 
minés en arrière. 

Distomum grogodili, J. Poirier. 
(PL I, fig. 4). 

Corps allongé, blanchâtre dans sa moitié antérieure, 
à teinte plus foncée dans la moitié postérieure qui ren- 
ferme les glandes du vitellogène. 

Longueur du corps, 10™-" ; largeur, 0™'"8. 

Ventouse orale petite de 0™»18 de diamètre au sommet 
d'une petite masse conique s'élevant au-dessus d'un 
disque réniforme, échancré en avant, de O'^'^TS de lar- 
geur. Ventouse ventrale sphérique, grande de O""™? de 
diamètre. 



— 31 — 

Distance des deux ventouses, 1™™55. 

Orifice génital immédiatement au-dessus de la ven- 
touse ventrale. 

Pourtour du disque buccal garni de grands piquants, 
légèrement aplatis, recourbés à leur extrémité, et au 
nombre de douze de chaque côté. Leur longueur est de 
0™"»1 et leur largeur à la base, 0™'n024. 

Surface dorsale de la partie du corps en avant de la 
ventouse ventrale, armée de nombreux piquants larges 
et aplatis, 0'"'°03 de longueur sur 0"»™01 de largeur, 
diminuant de taille et devenant de moins en moins nom- 
breux sur la partie du corps située en arrière de la ven- 
touse ventrale, de façon à disparaître bientôt. 

Face ventrale dépourvue de piquants. 

Tube digestif. — Le pharynx ovale , de 0'n™23 de lon- 
gueur sur O"»'"!? de largeur, est situé immédiatement 
au-dessous du disque buccal (ph). Il se continue par un 
long œsophage, ne se bifurquant que près de l'orifice gé- 
nitalfœ). Les branches intestinales simples (i) se conti- 
nuent jusqu'à l'extrémité postérieure du corps. 

Appareil génital. — Les deux testicules (t), distants l'un 
de l'autre de 0'n'"35, sont situés dans la moitié postérieure 
du corps. Ils sont allongés, d'une longueur de Qn^^Q sur 
0'n'n3 de largeur. 

Les canaux séminifères très étroits se réunissent au- 
dessus de l'ovaire dans la vésicule séminale peu déve- 
loppée, située au fond d'un sac prostatique très étroit, 
renflé seulement à son extrémité (pr). 

L'ovaire sphérique (o) de 0"'"2 de diamètre est à 0"""7de 
distance de la ventouse ventrale. Il se trouve immédia- 
tement au-dessus de la glande coquillère ovoïde de 0"""3 
de longueur (c). 

Le vitellogène en grappes est très développé et s'étend 
depuis l'ovairejusqu'àTextrémité postérieure du corps (v). 

Les vitelloductes pairs se jettent dans un petit réser- 
voir à section triangulaire, situé en arrière de la glande 
coquillère. 

L'utérus (uj, peu développé, forme un tube faiblement 
sinueux, compris entre la glande coquillère et l'orifice 
génital. 



— 32 - 

Le canal de Laurer, élargi à sa base en une petite 
vésicule ovoïde, est cylindrique sur le reste de son par- 
cours et s'ouvre comme toujours sur la face dorsale 
dans le plan médian de l'animal. 

Les œufs, assez gros, ovoïdes, légèrement acuminés à 
leur extrémité postérieure ont O'"™! de longueur sur 
0mm065 de largeur (pi. I, fig. 5). 

Cette espèce habite l'intestin du Crocodilus siamensis. 

DiSTOMUM siREDONis. J. Poirier. 
(PL III, fig.'e). 

Corps aplati, lïnguiforme, légèrement aminci à ses 
deux extrémités ; couvert sur toute sa surface de fins 
piquants, surtout abondants vers l'extrémité antérieure; 
couleur brunâtre. 

Ventouse antérieure très grosse, de 0'"™2 de diamètre; 
ventouse ventrale plus petite, 0'"'"15 ; distance des deux 
ventouses, O^i^'G. 

Cloaque génital, un peu au-dessus et à gauche de la 
ventouse ventrale. 

Longueur du corps, 2'"'"; largeur, 0'"™7. 

2"ube digestif. — Le pharynx (ph) aussi large que long, 
O"*™], fait immédiatement suite à la ventouse ; il se con- 
tinue par un court œsophage de 0™'"15 de longueur, se 
divisant en deux branches intestinales (i), larges et 
simples, se terminant en cœcum vers l'extrémité posté- 
rieure du corps. 

Appareil génital. — Les testicules (t), situés, l'un der- 
rière l'autre, dans la première partie de la seconde moi- 
tié du corps, forment deux grosses masses irrégulière- 
ment sphériques de 0'n"'35 de largeur. Les canaux 
séminifères, très étroits, aboutissent à une poche pros- 
tatique pyriforme placée au-dessus de la ventouse ven- 
trale et aboutissant au cloaque génital. 

L'ovaire (o), volumineux, sphérique, de 0™™2 de dia- 
mètre, se trouve à droite, immédiatement en arrière de 
la ventouse ventrale. 
L'oviducte , qui on part , rencontre le vitelloducte 



— 33 — 

impair un peu avant de pénétrer dans la glande coquil- 
lère (c) également sphérique, mais plus petite et à 
gauche. 

L'utérus (u), médiocrement développé, descend jus- 
qu'à toucher le testicule antérieur , puis remonte à 
gauche, en parcourant un trajet légèrement sinueux, 
jusqu'au cloaque où il se termine. 

Les glandes du vitellogène (v) sont des glandes en 
grappes. Elles sont très développées. Elles commencent 
au niveau du pharynx et s'étendent latéralement jusqu'à 
l'extrémité postérieure du corps. 

Uappareil excréteur (e) présente une vésicule très 
nette, pyri forme. 

Les œufs (fig. 7), elliptiques, assez gros, ont une lon- 
gueur de 0"i'»06 sur une largeur de 0™™03. 

Cette espèce se rencontre dans l'intestin de l'axolotl, 
Siredon mexicanus. 

DlSTOMUM GELATINOSUM, Rud. 
(PL III, fig. 6). 

Corps blanchâtre sans piquants, aplati, rubané, très 
allongé, d'une longueur de \ l'^^m sur une largeur de 0"'" 5. 
Extrémité postérieure arrondie, extrémité antérieure 
brusquement rétrécie en forme de cou portant la ven- 
touse orale. 

Ventouse orale assez grande de 0'"™14 de diamètre ; 
ventouse ventrale très petite, O^'nOS à O'"'" 75 de distance 
de la ventouse orale ; orifices génitaux immédiatement 
au-dessus de la ventouse ventrale. 

Appareil digestif. — Le pharynx (ph), situé un peu au- 
dessous de la ventouse orale, est petit, presque aussi 
large que long, 0™«i06. Il se continue par un œsophage 
très court de 0"^™! de longueur, se bifurquant en deux 
branches intestinales simples et s'étendant jusque près 
de l'extrémité postérieure du corps (i). 

Appareil génital. — Les testicules (t) forment deux 
grosses masses ovoïdes de 0™'"2 de diamètre, situées l'une 
au-dessus de l'autre, à l'extrémité postérieure du corps. 



— 34 — 

Les canaux séminifères, très étroits et très longs, abou- 
tissent à une poche prostatique très allongée , mais 
étroite, légèrement renflée à son extrémité postérieure 
qui entoure la vésicule séminale (pr). 

h' ovaire (o), situé au-dessous de l'extrémité postérieure 
du sac prostatique ou poche du cirrhe, à Qn^mS de distance 
de la ventouse ventrale, est à peu près sphérique et de 
0™fil6 de diamètre. 

La glande coquillère ovoïde se trouve immédiatement 
au-dessous de l'ovaire (c). 

Le vitellogène (v), peu développé, se compose de deux 
masses glandulaires très étroites, situées latéralement 
et s'étendant seulement sur le deuxième tiers de la lon- 
gueur du corps. 

U utérus (u), bien développé, s'étend depuis le cloaque 
génital jusqu'au testicule antérieur. 

Les œuts sont elliptiques de 5 028 de longueur sur 
Ommois do largeur (pi. Ill, fîg. 7). 

J'ai rencontré cette espèce dans l'intestin de la Cistudo 
d'Europe, Cistudo lutraria. La forme du cou et les faibles 
dimensions de la ventouse ventrale m'ont conduit à assi- 
miler cette espèce au D. gelatinosum, de Rudolphi. 

DiSTOMUM Delphini, J. Poirier. 
(PL IV, fig. 3). 

Corps plat, légèrement acuminé à ses deux extrémités, 
couvert de petits piquants très étroits, et rendu noirâtre 
par le vitellogène, occupant presque toute sa surface ; 
longueur, 14'^^™ ; plus grande largeur, 2'^"". 

Ventouses à peu près de même diamètre ; la ventouse 
ventrale un peu plus grande, O'^"?, au milieu de la lon- 
gueur du corps. Distance des deux ventouses, 7"^™. Ori- 
fice du cloaque génital un peu au-dessus de cette ven- 
touse. 

Appa^-'eil digestif. — La cavité de la ventouse orale con- 
duit par un tube large et court SOI pharynx. Celui-ci (ph), 
formé surtout de fibres radiaires et légèrement aminci 
en avant, a une longueur de 0™'"7 sur 0'»™4 de largeur. 



— 33 — 

L'œsophage, très court, se bifurque en deux tubes 
intestinaux très longs se prolongeant jusqu'à l'extrémité 
postérieure du corps (i) Ces tubes ne sont pas simples. 
Chacun d'eux, après avoir pris naissance sur l'œso- 
phage , se bifurque en deux branches : Une branche 
très courte, dirigée en avant jusqu'au niveau de la ven- 
touse orale et présentant trois lobes plus ou moins dé- 
veloppés ; la seconde branche, formant le véritable tube 
digestif, se dirige en arrière jusqu'à l'extrémité du corps. 
Sur tout son trajet, cette branche est lobée, surtout du 
côté externe. 

Appareil génital. — Les testicules (t), très gros, ovoïdes, 
sont situés l'un au-dessus de l'autre dans le dernier tiers 
postérieur de la longueur du corps. Les canaux sémini- 
fères, assez gros, viennent se réunir dans une vésicule 
séminale située au fond d'une poche prostatique très 
courte, mais très large, toute entière en avant de la 
ventouse ventrale (pr). 

A cette vésicule séminale fait suite un canal prosta- 
tique très court et un canal éjaculateur également peu 
développé. 

L'ovaire (o), petit, presque régulièrement sphérique, est 
situé un peu en avant des testicules et à droite. 

La glande coquillère (c), beaucoup plus développée, est 
placée à côté de l'ovaire, sur le côté gauche. 

Le vitellogène (v) est remarquable chez cette espèce par 
son grand développement. Il s'étend sur presque toute 
la longueur du corps, aussi bien à la surface ventrale 
qu'à la surface dorsale. 11 est formé de glandes tubulaires 
enchevêtrées et formant un réseau très serré. 

Les vitelloductes se réunissent en avant au-dessus du 
cloaque génital et en arrière au-dessous du testicule 
postérieur, au niveau de la glande coquillère ; les vitel- 
loductes antérieurs et les vitelloductes postérieurs vien- 
nent se jeter isolément dans une grosse vésicule ovoïde, 
d'où part le vitelloducte impair pénétrant dans la glande 
coquillère, pour donner naissance par sa réunion avec 
l'oviducte à l'utérus ; celui-ci (u), d'un diamètre très va- 
riableavec le nombre d'œufs qu'il renferme, est situé tout 
entier entre le cloaque génital et la glande coquillère. 



— 36 - 

Le canal do Laurer, cylindrique sur toute sa longueur, 
se dirige d'abord à gauche, passe sous le vitelloducte 
impair et vient ensuite déboucher au dehors sur la face 
dorsale. 

Les œufs, elliptiques, larges, légèrement acuminés en 
arrière, ont une longueur de O^i'^^OGO sur 0™"045 de lar- 
geur (pi. IV, fig. 3). 

Cette espèce, comme la suivante, habite les canaux 
biliaires du Marsouin, Delphinus delphis. 

DiSTOMUM RocHEBRUNi, J. Poider. 
(PL IV, fig. 4). 

Corps plat, à face ventrale plane, à face dorsale légè- 
rement convexe , augmentant rapidement de largeur 
jusqu'au niveau de la ventouse ventrale, conservant 
ensuite une largeur à peu près uniforme sur les deux 
tiers postérieurs de sa longueur. Couvert sur toute sa 
surface de piquants très étroits, surtout abondants et 
serrés sur la partie antérieure ; couleur noirâtre due au 
vitellogène très développé sur toute la longueur du corps ; , 
ventouses de même diamètre, 0n^™038, très rapprochées. 
Distance des deux ventouses, O™'"?. 

Orifices génitaux, immédiatement en avant de la ven- 
touse ventrale. 

Longueur du corps, 10"^'» ; plus grande largeur, 1™"*. 
Appareil digestif. — Le pharynx (ph) , très rapproché de 
la ventouse orale, est allongé, de 0'»'n49 de longueur sur 
0™'"18 de largeur, à bords antérieurs dilatés. L'œsophage, 
très court, donne naissance aux deux branches intesti- 
nales (i) ramifiées comme dans l'espèce précédente et 
s'étendant également jusqu'à l'extrémité postérieure du 
corps. 

Appareil génital. — Les testicules (t), très gros, ovoïdes, 
sont situés immédiatement l'un au-dessus de l'autre 
vers le milieu de la longueur du corps. La poche pros- 
tatique (pr^, très courte, mais très large, est également 
située toute entière en avant de la ventouse. 

L'appareil génital femelle présente les mêmes dispo- 
sitions que dans le D. Delphini. 



— 37 — 

L'ovaire (o), petit, sphérique, est situé à droite du plan 
médian, un peu en avant des testicules. 

La glande coquillère (c) , plus allongée , est située à 
gauche de l'ovaire, et en arrière d'elle se trouve le réser- 
voir du vitellogène formé par la réunion des vitelloductes 
.pairs. Ceux-ci restent isolés et ne se réunissent pas, 
comme dans l'espèce précédente, dans la région anté- 
rieure et dans la région postérieure du corps. 

Les glandes du vitellogène (v) sont également des 
glandes en tube, anastomosées les unes aux autres et 
s'étendant sur presque toute la surface du corps. 

L'utérus (u), faiblement sinueux, est situé tout entier 
entre le cloaque génital et la glande coquillère. 

Les œufs, ovoïdes, plus allongés que ceux du D. Del- 
phini, sont fortement acuminés en arrière ; leur lon- 
gueur est de 0™"i082 sur 0'n'n045 de largeur (pi. IV, fig.5). 

Foie du Delphimis delphis. 

Je me fais un plaisir de dédier cette espèce à mon 
savant ami et collègue, M. le D"" T. de Rochebrune. 

Les trois espèces de Distomes signalées jusqu'ici chez 
le Delphinm delphis, sont remarquables par la forme lobée 
de leur tube digestif et par le grand développement des 
glandes du vitellogène. Malgré ces caractères communs, 
ces espèces se distinguent facilement entre elles. D'a- 
bord, le D. Rochebruni, par le rapprochement de ses deux 
ventouses. Quant au D. Delphini qui, comme le D.pallia- 
tum, Loss., a sa ventouse ventrale située vers le milieu 
de la longueur du corps, il diffère de l'espèce de l'auteur 
allemand, par sa taille plus grande, par la forme de ses 
testicules qui sont simplement ovoïdes et non multilo- 
bés , par le plus grand développement de ses glandes du 
vitellogène et enfin par l'absence de l'étranglement que 
présente le D. palliatum au niveau de sa ventouse ven- 
trale. 

DiSTOMUM ERiNAGEUM, L. Poirior. 
(PI. IV, fig. 6). 

Corps transparent allongé, la moitié antérieure plus 
large que la moitié postérieure. Surface couverte de 



— 38 — 

piquants très serrés, larges à la base, devenant de plus 
en plus étroits à mesure que l'on se rapproche de l'ex- 
trémité postérieure. 

Ventouse orale très grande, de 0'"'^3 de diamètre ; 
ventouse ventrale beaucoup plus petite, 0"»™! à O^^g dg 
distance de la première. 

Orifices génitaux immédiatement au-dessus de la 
ventouse ventrale. 

Longueur du corps, 3'"™ ; plus grande largeur, 0"i™8. 

Appareil digesôif. — Le pharynx (ph), petit, presqu'aussi 
large que long, 0'"i»017, est à O'n'nOl de distance de la 
ventouse orale. Il se continue par un œsophage étroit et 
court se bifurquant en deux branches simples, plus larges, 
s'étendant jusqu'à l'extrémité postérieure du corps (i). 

Organes génitaux. — Los testicules (t), gros, sphéric{ues, 
de 0™™3 de diamètre, sont situés dans le dernier tiers de 
la longueur du corps ; le testicule antérieur un peu à 
ga,uche et le tcoticule postérieur un peu à droite du plan 
métiian. Les canaux séminifères très étroits aboutissent 
à une longue poche du cirrhe (pr) à parois très muscu- 
laires et dont les fibres sont surtout longitudinales. 

L'ovaire (o), sphérique, de 0™'"15 de diamètre, est situé 
au commencement de la moitié postérieure de la lon- 
gueur du corps. Il se continue par un oviducte court et 
étroit, à l'extrémité duquel aboutissent un canal de 
Laurer (Ij ,et une large vésicule pédonculée (1'). 

L'utérus (u), très long, s'étend jusqu'à l'extrémité pos- 
térieure du corps et présente, un peu avant d'aboutir au 
cloaque génital, un élargissement très net. 

L'animal étant encore enkysté et non entièrement 
développé, je n'ai aperçu aucune trace des glandes du 
vitellogène et de la glande coquillère. 

L'appareil excréteur est remarquable par la largeur du 
canal (e) qui aboutit au porc extérieur. Ce canal, arrivé 
au niveau de l'ovaire, se bifurque en branches que je 
n'ai pu suivre. 

Cette petite espèce, remarquable par l'abondance des 
piquants qui la recouvrent, se trouve dans des kystes 
sphériques de l'""^ de diamètre et libres dans l'intestin 
du Marsouin, Delphinus delphis. 



39 



DiSTOMUM RETICULATUM, LoOSS. 

(PI. III, li^. 8). 

Cette espèce décrite pour la première fois, l'an der- 
nier , par Arthur Looss , a été rencontrée dans les 
muscles et sous la peau d'un poisson d'espèce indéter- 
minée du groupe des Silures. Elle m'a été envoyée vers 
la même époque par M. le Professeur Vaillant qui l'avait 
trouvée enkystée sous la peau de VAooimirus Dugesii. 

Cette espèce, non complètement adulte, est surtout 
remarquable par le grand développement de son appa- 
reil excréteur. Cet appareil forme en effet sur toute la 
surface du corps un réseau très compliqué de fins vais- 
seaux anastomosés, communiquant en outre avec des 
vaisseaux plus larges, parcourant dans toutes les direc- 
tions le parenchyme du corps. 

Les kystes que j'ai eu à ma disposition présentaient 
un diamètre de 2 à 3"'™, et les distomes une longueur de 
5™™ sur 2'nni de largeur. 



EXPLICATION DES PLANCHES 

Lettres communes à toutes les figures. 

V. Ventouse orale. 

V. Ventouse ventrale. 

ph. Phary.nx. 

œ. Œsophage. 

i. Intestin. 

cl. cloaque. 

pr. Poche prostatique. 

t. Testicule. 

0. Ovaire. 

1. Canal de Laurer. 

1'. Vésicule du canal de Laure 

c. Glande coquillère. 

u. Utérus. 

V. Vitellogène. 

v'. Vitelloductes. 

e. Appareil excréteur. 

p. Son orifice externe. 

n. Système nerveux. 



— 40 — 



Planche I. 

Fig. 1. — Aspidogaster Lenoiri, face ventrale, gr. 28. 

Fig. 2. — — — face dorsale, gr. 28. 

Fig. 3. — Œuf del'i. Lenoiri, gr. 110. 

Fig. 4. — Distomiim Crocodili, gr. 14. 

Fig. 5. — Œuf du D. Crocodili, gr. 250. 

Fig. 6. — Distomum longissimum, gr. 7. 

Fig. 7. — Œuf du D. longissimum, gr. 660. 

Planche IL 

Fig. 1. — Cephalogoaimus Lenoiri, appareil excréteur gr. 24. 
Fig. 2. — — — face ventrale gr. 24. 

Fig. 3. — Œuf du C. Lenoiri, gr. 600. 
Fig. 4. — Bistomun sauromates, gr. 23. 
Fig. 5. — Œuf du D. sauromates, gr. 600. 

Fig. 6. — Coupe transversale du D sauromates au niveau de la ven- 
touse ventrale. 
Fig. 7. — Distomum oviforme, face dorsale gr. 80. 
Fig. 8. — — — vu de face, gr, 80. 

Fig. 9. — Œuf du D. oviforme, gr. 600. 



Planche III. 

Fig. 1. — Distomum viverrini, gr. 17. 

Fig 2. — Œuf du D. viverrini, gr. 720. 

Fig. 3. — D. viverrini, parties centi^ales de l'appareil génital femelle. 

Fig. 4. — Distomum siredonis, gr. 40. 

Fig. 5. — Œuf du D. siredonis, gr. 330. 

Fig. 6. — Distomum gelatinosum, gr. 9. 

Fig. 7. — Œuf du D. gelatinosum, gr. 670. 

Fig. 8. — Distomum reticulatum, gr. 15. 



Planche IV. 

Fig. 1. — Distomum Delphini, face ventrale, gr. 9. 
Fig. 2. — — — ■ face dorsale, gr. 9. 

Fig. 3. — Œuf du D. Delphini, gr. 400. 
Fig. 4. — ■ Distomum Rochebruni, gr. 11. 
Fig. 5. — Œuf du D. Rochebruni, gr. 400. 
Fig. 6. — Distomum erinaceum, gr. 40. 



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Imp. Becc|uetTr. Paris . 



— 41 — 

Séamcc «lai 119 décembre 1885. 
PRÉSIDENCE DE M. FRANGHET. 

M. Vaillant fait les communications suivantes : 

Sur les dimensions comparatives des adultes et des jeioies chez 
un poisson Élasmobranche, TAlopias VULPES, 

par M. Léon Vaillant. 

Chez les Vertébrés à respiration aérienne, même les 
Reptiles et les Batraciens, on sait que l'animal n'est 
apte à se reproduire, c'est-à-dire adulte, que lorsqu'il a 
atteint une taille peu différente de sa taille maximum, 
laquelle est assez exactement déterminée, en tant qu'il 
s'agit des animaux sauvages. En effet, pour les espèces 
domestiquées, les variétés grandes et petites artificielle- 
ment obtenues et conservées par des soins convenables 
amènent sous ce rapport de grandes variations. 

Il en résulte que chez ces animaux sauvages le petit 
vient au monde avec une taille également déterminée 
ou ne variant que dans des limites peu étendues. 

Chez les Poissons en général, et par suite chez les Élas- 
mobranches, il n'en est pas de même; de très bonne 
heure et bien avant d'avoir atteint leur taille maximum, 
qu'ils n'acquièrent, autant que nous pouvons le suppo- 
ser, que très lentement, ces êtres se reproduisent déjà 
et d'après une pièce donnée au laboratoire d'Ichthyolo- 
gie du Muséum, la taille du parent peut avoir sur celle 
du jeune une influence qu'on serait loin de soupçonner 
au premier abord. 

Cette pièce est la nageoire caudale d'un Alopias vulpes, 
L. Gm., retiré avec trois autres fœtus de l'utérus d'un 
exemplaire péché à Cette, ce dernier mesurant 4'"70 de 
long, dont 2^21 pour l'uroptère, très développée comme 
on le sait dans ce Squale. La longueur des petits était 
de l'"50 à l'"55 dont 0'"79 pour la caudale que nous pos- 
sédons ; sur les quatre il n'y avait qu'un individu femelle. 



— 42 — 

Ces observations m'ont été communiquées par M. le 
D"" Emile Morcau, que ses travaux sur l'Ichtliyologie 
ont si honorablement fait connaître du monde savant. 

Or, la plupart des individus appartenant à cette espèce 
de Squale, péchés sur nos côtes, sont loin d'atteindre 
une taille aussi considérable que la femelle indiquée 
plus haut. Ainsi les collections du Muséum renferment, 
entre autres, un exemplaire, également une femelle, 
mesurant 1™17 de longueur totale et qui cependant était, 
sans aucun doute, en état de se reproduire. Il en résulte 
que, suivant le développement du parent, le petit peut 
naître avec une taille supérieure à celle d'un individu 
de même espèce qu'on doit regarder comme adulte. 

Ce fait est à rapprocher de ceux cités par M. le Pro- 
fesseur E. Blanchard sur la taille variable, que peuvent, 
chez divers animaux aquatiques, atteindre les individus 
d'une même espèce. 

Note complémentaire sur VancUo mie de TAnaïdes LUGUBRIS, 
Hallowell, 

par M. Léon Vaillant. 

Dans une communication faite à la Société, séance 
du 28 juillet 1884 , j'ai attiré l'attention sur la dis- 
position des centrums vertébraux chez un Batracien 
Urodèle de Californie, VAncudes luguhris, Hall. Contrai- 
rement à ce qui est indiqué par les auteurs, j'avais trouvé 
les vertèbres opisthocœliennes et non amphicœliennes. 

Mon excellent collègue, M. Boulenger, a bien voulu 
m'écrire à cette occasion, qu'après avoir de nouveau 
examiné les pièces, qui lui ont servi pour la publication 
du Catalogue des Batrachia gradientia du Bristish Mu- 
séum, il ne pouvait partager ma manière de voir, trou- 
vant, sans doute possible, les vertèbres amphicœliennes. 
L'opinion d'un juge aussi compétent m'obligeait à re- 
voir la chose de plus près et j'ai pu constater, chose 
assez inattendue, que les deux opinions sont également 
vraies suivant les conditions dans lesquelles l'observa- 
tion a lieu. 



— 43 — 

Sur les os secs, tels qu'on les a d'habitude dans les 
collections, le centrum se présente sous la forme d'un 
cylindre assez allongé, offrant à chacune de ses deux 
extrémités un enfoncement profond , conique , c'est 
donc une vertèbre amphicyrtienne. Si au contraire on 
examine l'animal en chair, tel qu'il se trouve conservé 
dans l'alcool, on voit que la cavité antérieure est com- 
blée par une substance cartilagineuse, renfermant même 
une certaine quantité de substance calcaire. Ce cartilage 
fait saillie, formant une tête hémisphérique, reçue dans 
une cavité correspondante creusée dans la vertèbre qui 
précède, les surfaces sont lisses, polies, indiquant net- 
tement la présence d'une synoviale, en sommeil y a 
une articulation diarthrodiale parfaite. 

Si donc les vertèbres de VA naïdes lugubris ostéologique- 
ment sont amphycœliennes, au point de vue physiologi- 
que et même on peut dire au point de vue anatomique, 
dans le sens propre du mot, elles sontopisthocœliennes. 
C'est une disposition qui n'avait pas, je crois, été signalée 
jusqu'ici et qui mérite peut-être de ïixer l'attention des 
zoologistes. 

J'ajouterai quelques remarques étrangères à cette 
question et que m'a offertes l'étude de ces animaux. 

L'estomac de l'un d'eux renfermait des insectes dont 
plusieurs Coléoptères bien reconnaissables comme voi- 
sins des Taupins. 

L'ovaire présente des ovules à deux états de dévelop- 
pement très différents. Les uns, fort nombreux, sont pe- 
tits, les plus gros mesurant de 0™™5 à O™"'?, leur couleur 
est blanchâtre, d'après les individus conservés dans 
l'alcool. A côté de ces ovules, on en voyait quelques- 
uns de beaucoup plus développés, leur diamètre étant 
de 3""^D, leur couleur rougeâtre, on en comptait sur 
l'individu examiné quatre d'un côté et cinq de l'autre. 
Entre ces deux sortes d'ovules il n'y a aucun inter- 
médiaire. Les oviductes , étendus comme d'habitude 
sur toute la longueur de la cavité viscérale, sont lar- 
ges, leurs parois présentent intérieurement des plis lon- 
gitudinaux ou obliques. Le volume des ovules mûrs et 
la dimension des canaux vecteurs rendent très probable 



— 44 — 

que ces Batraciens sont ovivipares comme le Sala- 
mandra maculosa, Laur. 



M. Bouvier fait la communication suivante 



Note sur le système nerveux des Toxiglosses et considérations 
générales sur le système nerveux des Gastéropodes proso- 
branches, 

par M, E.-L. Bouvier. 

Le groupe des Toxiglosses, fondé en 1848 par Tros- 
chel, comprend actuellement quatre familles ; celle des 
Conidés, des Pleurotomidés, des Térébridés et des Cancella- 
ridés. En 1858, M. P. Fischer y plaça VBalia priamus, 
mais les recherches récentes de M. Poirier ont établi 
que cette espèce appartient aux Buccinidés. 

L'anatomie de ces animaux est tout entière à faire, 
car Troschel s'est borné à étudier la structure de leur 
appareil radulaire, négligeant même les glandes sali- 
vaires qui sont pourtant d'un vif intérêt dans ce groupe. 
Nous ne nous sommes pas borné à l'observation du sys- 
tème nerveux, nous avons voulu tirer tout le parti pos- 
sible des échantillons mis entre nos mains et nous espé- 
rons que ces recherches faciliteront la tâche de ceux qui 
voudraient étudier plus tard, dans ses détails, ce groupe 
intéressant. 

Conidés. — Nous avons étudié dans cette famille le 
Conus virgo des iles Philippines, sur des exemplaires 
envoyés récemment au Muséum par M. Marche. 

La trompe est enveloppée dans une gaine saillante, 
sorte de muffle à l'extrémité duquel sont les deux ten- 
tacules ; les yeux sont placés sur le côté externe de ces 
tentacules. A l'extrémité postérieure de la trompe se 
trouve un rudiment de masse buccale indiqué par un 
léger renflement de l'œsophage ; dans cette masse dé- 
bouche en avant le sac des dards divisé en deux parties 
reliées entre elles à angle droit, la partie postérieure 
renferme des dards à deux harpons régulièrement dis- 



— 45 — 

tribués sur deux rangées, la pointe en arrière ; la partie 
antérieure renferme d'autres dards irrégulièrement 
groupés, la pointe tournée vers la masse buccale. Un peu 
plus en arrière s'ouvre dans l'œsophage le conduit de la 
glande à venin ; cette longue glande, à parois épaisses 
et musculaires, est nettement arquée; elle est creusée 
suivant sa longueur d'un canal glandulaire blanc qui, 
une fois sorti de la glande, décrit de très nombreuses 
sinuosités et traverse le collier nerveux avant de s'ou- 
vrir dans l'œsophage. Il existe en outre des glandes sa- 
livaires très réduites, groupées en un paquet arrondi; de 
ce paquet partent deux conduits excréteurs qui embras- 
sent l'œsophage sans passer par les colliers nerveux ; 
ils s'ouvrent à la base de la partie antérieure du sac aux 
aiguillons. 

Le système nerveux rappelle, dans ses traits généraux, 
celui du Buccinum undatum, et comme nous avons fait 
une communication détaillée sur ce type, nous ne signa- 
lerons ici que les traits plus essentiellement caractéris- 
tiques de notre espèce. 

Comme le Buccin, le Cône est chiastoneure, et il en 
est de même de tous les Toxiglosses ; c'est par une er- 
reur de dissection identique à celle qu'il fît en disséquant 
le Buccin, que Ihering a fait du Cône un Prosobranche 
orthoneure. Les ganglions cérébroïdes, commissuraux 
et supra-intestinal sont en contact presque intime et on 
ne les distingue bien qu'en les examinant par leur face 
inférieure ; par contre les ganglions pédieux et le gan- 
glion sub-intestinal sont relativement très éloignés de 
ces mêmes centres ; ils sont d'ailleurs asymétriquement 
rejetés sur le côté droit du corps; les deux ganglions 
pédieux sont accolés. D'assez longs connectifs rattachent 
les petits ganglions sympathiques arrondis aux ganglions 
cérébroïdes; il y a deux commissures sympathiques 
longues et nettes, la postérieure est de beaucoup la plus 
grosse. La commissure viscérale dirige ses deux bran- 
ches en arrière et un peu à gauche ; elle porte à sa 
partie postérieure, au-dessus du tube digestif, trois gan- 
glions viscéraux très distincts. Tous ces traits de seconde 
importance distinguent essentiellement le système ner- 
veux du Cône de celui du Buccin. 



— 46 — 

Le nerf optique m'a toujours paru être une branche 
du nerf tentaculaire. Les deux otocystes sont très forte- 
ment rejetées à droite, l'une un pou en avant des gan- 
glions pédieux, l'autre un peu en arrière à la naissance 
du pied. Nous avons suivi le nerf acoustique du côté 
droit, il passe à côté da ganglion pédieux, mais sans 
contracter aucune relation avec lui, marche ensuite pa- 
rallèlement au connectif commissuro-pédieux et finale- 
ment se confond avec lui un peu avant d'atteindre le 
ganglion commissural droit. 11 est probable qu'il tra- 
verse ensuite ce ganglion pour aboutir aux centres cé- 
rébroïdes. Les nerfs pédieux sont très nombreux; le 
nerf pénial naît de la partie supérieure du ganglion pé- 
dieux droit. 

Les nerfs issus du ganglion supra-intestinal et du 
ganglion sub-intestinal n'offrent rien de particulier. Le 
Cône et tous les autres Toxiglosses présentent, comme 
tous les Buccinidés et les Purpuridés, une forte anas- 
tomose sans ganglion entre le grand nerf siphonal 
et le nerf branchio-siphonal. A droite, le petit nerf pal- 
léal du Buccin a disparu. Deux nerfs columellaires 
sinueux ont leur origine sur la face inférieure du gan- 
glion commissural gauche. 

De la branche droite de la commissure viscérale par- 
tent trois ou quatre filets nerveux (chez la femelle au 
moins) ; ils se rendent aux parties droites du manteau 
qui enveloppent les glandes annexes de l'appareil géni- 
tal et le rectum. Le ganglion viscéral droit ne donne 
qu'un seul nerf ; il se comporte de même et correspond 
aux nerfs d'anastomose du Buccin. Le ganglion viscéral 
médian correspond au gros ganglion viscéral du Buccin, 
mais il ne donne que trois nerfs ; l'un d'eux est très gros 
et correspond aux nerfs grand viscéral, petit viscéral et 
réno-cardiaque du Buccin, il y a un nerf rectal et un 
autre petit nerf qui se rend aux régions voisines du foie. 
Le ganglion viscéral antérieur envoie deux branches 
nerveuses aux parties antérieures du foie qui avoisinent 
les branchies. 

Les nerfs sympathiques offrent un sérieux intérêt : 
nous avons trouvé un fin nerf salivaire à droite, sans 



— 47 — 

pouvoir réussir à mettre en évidence son correspondant 
à gauche. Deux nerfs sympathiques proboscidiens se 
rendent de chaque côté à la partie de l'œsophage con- 
tenue dans la trompe , et en outre chaque ganglion 
sympathique envoie deux filets nerveux au sac des 
aiguillons. De la grosse commissure sympathique naît, 
beaucoup plus à gauche qu'à droite, un grand nerf sym- 
pathique impair qui se rend essentiellemeut à la glande 
à venin ; il distribue quelques branches au conduit de 
cette glande. Il nous a paru que des filets nerveux 
partis de ce nerf se rendaient aussi à l'œsophage, mais 
cette innervation nous paraît insuffisante et nous comp- 
tons reprendre bientôt l'étude de ce point de détail. 

Le système nerveux du C. emarginatus est presque 
identique à celui du C. virgo. Les connectifs qui se ren- 
dent au ganglion pédieux et au ganglion sub-intestinal 
sont un peu plus allongés, tandis qu'au contraire le gan- 
glion supra-intestinal peut à peine se distinguer des 
centres cérébroïdes et commissuraux. Les exemplaires 
que nous avions étaient depuis très longtemps dans 
l'alcool et nous n'avons pu apercevoir les otocystes. 

Térébridés. — Comme les Conidés, les Térébridés 
sont pourvus d'une gaîne proboscidienne ; seulement 
cette gaîne peut être à volonté rétractée dans le corps 
ou projetée à l'extérieur. D'après Troschel c'est là le 
seul caractère commun qui puisse être assigné à tous 
les animaux de ce groupe. Les différences dans la 
trompe et dans l'armature buccale lui parurent si 
grandes qu'il forma du genre Terebra une famille et 
dans cette famille les cinq genres Euryta, Acus, Myu~ 
relia, Hastida, et Terebra; chez toutes ces formes, les 
yeux sont à l'extrémité des tentacules, mais les tenta- 
cules ne peuvent se trouver, naturellement, qu'à la base 
de la gaîne de la trompe. Le T. duplicata est aveugle. 

D'après Troschel les Acus n'ont ni dents, ni glande à 
venin, les Myurella ont une radule mais pas de glande 
à venin, les Bastula ont l'une et l'autre, les Terebra man- 
quent de dents, mais sont probablement pourvus d'une 
glande à venin, enfin, chez les Euryta la bouche est 
extrêmement variable. 



— 48 — 

Les échantillons que nous avons pu étudier apparte- 
naient aux espèces suivantes : 

T. dimidiata, T. maculata et T. muscaria du genre 
Acus. 

T. duplicata du genre Myurella. 

T. aciculina et T. cœndescens du genre Hastida. 

Sur ces échantillons nous avons reconnu, il est vrai, 
l'exactitude des différences signalées par Troschel, mais 
nous n'avons pu nous empêcher de remarquer que 
toutes ces espèces étaient très voisines les unes des 
autres et se ressemblaient énormément, aussi bien par 
l'ensemble de l'organisation que par la forme extérieure 
du corps et la structure de la coquille. Nous signalons 
les traits communs qui doivent être ajoutés à ceux indi- 
qués par Troschel : 

1° Il y a deux glandes salivaires toujours unies sur la 
ligne médiane et formant souvent un fer à cheval ; leurs 
conduits embrassent l'œsophage sans traverser le col- 
lier nerveux. 

2° L'œsophage, en quittant la trompe, fait un double 
repli comme chez le Buccin, et les centres nerveux se 
trouvent dans l'angle formé par le deuxième repli. 

3° Le pénis et le siphon sont très développés. 

4° Tous sont pourvus d'une glande de la pourpre. 

Quant a,ux différences signalées par Troschel, elles 
correspondent à des différences dans la longueur de la 
trompe. Celle-ci est excessivement réduite chez les Acus, 
un peu moins chez les Myurella, elle est bien développée 
chez les Hastula. 

Sans vouloir infirmer la valeur de ces différences, 
nous ferons remarquer qu'elles sont peu de chose quand 
on les compare aux traits communs signalés ci-dessus 
et surtout à l'unité frappante du système nerveux chez 
toutes ces formes. 

Par sa position à l'angle du second repli œsophagien, 
comme par sa structure générale, le système nerveux 
de tous les Terebra rappelle, à s'y méprendre, celui du 
Buccin. Ce ne sont plus des analogies de plan comme 
pour le Cône, ce sont des ressemblances de détail et il 
nous suffira de quelques mots pour indiquer les diffé- 



— 49 — 

rencGS qui séparent à ce point de vue, le Terebra du 
Buccin. 

La concentration des ganglions antérieurs est beau- 
coup moins prononcée et des connectifs ou des commis- 
sures toujours nettes unissent entre eux ces ganglions. 
Seuls, les ganglions cérébroïdes sont assez intimement 
unis ; il en est de même des ganglions pédieux, et le 
ganglion cérébroïde droit est accolé au ganglion'com- 
missural du même côté. Le connectif qui va du ganglion 
commissural gauche au ganglion sub-intestinal n'est 
souvent qu'un étranglement, tandis que celui de droite 
a toujours une longueur d'au moins un millimètre et 
plus. Une asymétrie très frappante est due aux con- 
nectifs qui unissent les ganglions cérébroïdes et com- 
missuraux aux ganglions pédieux. Toujours ces connec- 
tifs ont une longueur appréciable, mais tandis c]u'à 
gauche ils sont assez courts, ils sont relativement longs 
à droite. Les ganglions sympathiques se rattachent^aux 
ganglions cérébroïdes par de courts connectifs, la com- 
missure sympathique est très longue au contraire. 

La disposition des nerfs est frappante et permet au 
premier abord de distinguer un Terebra. Chacun" des 
ganglions cérébroïdes envoie dans la gaîne rétractile 
de la trompe deux nerfs puissants, parallèles et même 
accolés au début ; un fin nerf à la fois optique et tenta- 
culaire se détache du plus externe d'entre eux. Cela 
forme, par conséquent, deux faisceaux parallèles dirigés 
en avant ; entre ces deux faisceaux, on en voit deux 
autres plus gros et plus rapprochés formés par les nerfs 
pédieux gros mais peu nombreux à leur origine. 

La commissure viscérale de droite plonge dans les 
tissus presque immédiatement après sa naissance. 
Comme celle de gauche, elle offre cette particularité 
singulière, due au très grand développement de la 
partie du corps située en avant du tortillon, qu'elle se 
bifurque bientôt et envoie une forte branche dans les 
tissus voisins. L'anse viscérale est naturellement longue 
et étroite. 

Nous n'avons pu trouver les otocystes, les animaux 
étaient depuis trop longtemps dans l'alcool. 



— 50 — 

Pleurotomidés. — Nos recherches sur li^s Pleuro- 
tomes ont malheureusement été très limitées, nous le 
regrettons d'autant plus que les deux espèces (jue nous 
avons disséquées, bien que réunies par Troschel dans 
le même genre Turris, nous ont offert des différences 
considérables. Ces deux espèces sont le Pleurotoma 
hahylomus et le Pleurotoma nodifera. Les Pleurotome« 
n'ont pas de gaine proboscidienne , les yeux sont sur 
les côtés des tentacules ; on trouve toujours une radule 
petite et à deux rangées de dents en même temps qu'une 
glande à venin dont la structure et les relations avec le 
centre nerveux sont les même.s que chez le Cône et le 
Térébra. La trompe est très développée. 

Le PI. habylonius se rapproche énormément du Téré- 
bra et, si Ton enlevait la coquille après avoir coupé les 
tentacules oculaires, il serait impossible de distinguer 
cette espèce du T. aciculina privé de la gaine de la 
trompe. On trouve en effet des glandes salivaires réu- 
nies en croissant et leurs deux conduits embrassent 
l'œsophage pour déboucher dans la partie antérieure de 
la masse buccale ; celle-ci est située très peu en avant des 
centres nerveux et le sac radulaire comme la radule 
sont fort réduits. Le conduit de la glande à venin s'efTile 
avant de déboucher dans la masse buccale ; il en est do 
même, du reste chez le PI. nodifera. 

Nous ne décrirons pas les centres nerveux; nous n'au- 
rions qu'à répéter ici ce que nous avons dit du Térébra ; 
c'est identiquement la même chose et nous signalerons 
seulement une différence très légère, le raccourcisse- 
ment des connectifs qui se rend&nt aux ganglions pé- 
dieux. Mais ce raccourcissement existe, au même degré, 
chez le T. aciculina et l'on peut dire que la disposition 
des centres nerveux antérieurs est la même chez ces 
deux espèces qui, pourtant, appartiennent à des genres 
différents. 

Bien différente est l'organisation du PL novifev'a. Le- 
sac radulaire et la radule sont plus développés et rejetés 
beaucoup plus loin en avant dans la trompe qui, d'ail- 
leurs, atteint un développement considérable. Il nous a 
été impossible, malgré des recherches minutieuses sur 



— bi — 

deux échantillons, de découvrir des glandes salivaircs. 
11 est difficile d'affirmer qu'une chose n'existe pas dans 
les recherches anatomiques ; mais nous croyons au 
moins que si les glandes salivaires existent, elles ont 
des dimensions très peu appréciables. 

Le système nerveux est construit sur le type du C. virgo 
avec cette légère différence que les connectifs qui 
vont aux ganglions pédieux et au ganglion sub-intesti- 
nal sont un peu plus courts. La commissure viscérale 
de gauche, au lieu de plonger immédiatement dans les 
tissus comme chez le Térébra et le PL bahylonius, rampe 
assez longtemps, comme dans le Cône, à la surlace des 
tissus. La disposition du système sympathique est aussi 
la môme que clans le Cône. 

Cangellaridés. — Nous n'avons pu, jusqu'ici, qu'étu- 
dier un échantillon non défini du genre Admete. Nos re- 
cherches ne nous ont pas conduit à des résultats qui 
méritent d'être signalés ici. Nous attendons de vrais 
Cancellaires pour compléter cette étude du groupe des 
TvOxiglosses. 

Considérations générales sur le groupe des Toxi- 
GL03SES. — Si l'on se demande maintenant quels sont 
les caractères posif/tfs qui permettent de réunir tous les 
animaux rangés jusqu'ici dans ce groupe, nous n'en 
trouvons aucun. La radule manque à beaucoup de Te- 
nebra de même que la glande à venin, la gaine de la 
trompe manque aux Pleurotomes et aux Cancellaires, 
les glandes salivaires elles-mêmes, si constantes chez 
les Gastéropodes, semblent perdre ici de leur impor- 
tance, et le Pleurotoma nodifera en est dépourvu. On no 
peut donc guère caractériser ce groupe que par un ca- 
ractère négalif, un seul, que l'on pourrait formuler ainsi : 
sont Toxiglossos tous les Prosobranches dépourvus 
de radule ou ayant une radule à deux rangées de dents, 
qu'ils soient ou non pourvus de glande à venin. 

Ce caractère a bien peu de valeur par lui-même, 
et jamais on ne l'a formulé de cette façon. Tous les 
ouvrages donnent aux Toxiglosses des caractères po- 
sitifs qui ne sont pas même applicables à l'étendue 
d'un genre tout entier. Il semble que l'on n'ait eu 



— 52 — . 

en vue que les Pleurotomcs et surtout les Conidés.' 
Ce qui donne à ce caractère négatif une valeur appré- 
ciable, c'est que toutes les formes du groupe peuvent, 
sans trop de difficulté, se rattacher les unes aux autres. 
En écartant les Cancellaridés qui, par leur système ner- 
veux, nous paraissent se rapprocher beaucoup du Buccin, 
nous pouvons établir la série suivante, 

Càiie. — Sac des dents très développé; grosse glande à venin, glandes 
salivaircs très réduites; système nerveux à longs connectifs. 
Plcurotoma nodifera. — Sac radulaire; glande à venin, pas de glandes 
salivaires ; système nerveux à connectifs 
moyens. 
Plaurotomci babyloniux. — Petit sac radulaire, glande à venin, glandes 
salivaires; système nerveux à courts con- 
nectifs. 
Terebra acicularia. — Petit sac radulaire; glande à venin, glandes sa- 
livaires; système nerveux à courts connectifs. 
Terebra duplicata. — Petit sac rathdaire; pas de glande à venin, glandes 
salivaires bien développées , système nerveux à 
courts connectifs. 
Terebra maculata. — Pas de sac radulaire; pas de glande à venin; 
glandes salivaires bien développées; système 
nerveux à courts connectifs. 



11 est probable que les Cancellaridés se placent à la^, 
suite de cette série. M 

Tout cela est loin de prouver, sans doute, l'homogé-' 
néité du groupe des Toxigiosses et il peut se faire que 
cette série ne corresponde pas à des relations naturelles, 
mais soit due à des adaptations et des modifications qui, 
agissant à l'origine sur des formes très différentes, ont 
finalement conduit ces formes à se ressembler beaucoup 
entre elles. 

Quoiqu'il en soit, il nous apparaît comme évident qu'il 
faut chercher l'origine des Toxigiosses dans les autres 
groupes de Prosobranches. Si la série que nous avons 
établie est naturelle, elle n'aura qu'une seule origine; si 
elle est due à des modifications de formes primitivement 
différentes, elle en aura plusieurs, et les Toxigiosses 
devront être démembrés et répartis dans les groupes 
qui correspondent à leurs affinités naturelles. La voie 
à suivre dans ces recherches est indiquée par Troschel 



— 53 — 

liii-mêmo ; après avoir dit que les Toxiglosses n'offrent 
pas de passage aux autres groupes de Gastéropodes, il 
convient lui-même qu'ils ne diffèrent en rien des autres 
par leur coquille et C[ue même la radule peut s'atrophier 
plus ou moins chez des formes qui ne sont pas rangées 
dans ce groupe. Ainsi, les Colombelles ont la formule 
radulaire 1, 1. 1, mais la rangée de dents médianes dis- 
paraît presque complètement, ce qui rapproche énor- 
mément, dans la classification même de Troschel, le 
T. duplicata de la Colombelle ; il n'a pas plus qu'elle de 
glande à venin et sa formule radulaire est 1.0. 1. Nous 
comptons poursuivre des recherches dans ce sens. 

Les dissemblances que nous avons signalées entre le 
PI. babylonius et le PI. nodifera sembleraient indiquer le 
peu de valeur des faits anatomiques pour la classifica- 
tion dans l'intérieur des familles et des genres. Mais 
nous ferons remarquer que nos études sur le genre 
Pleurotome sont très incomplètes et que l'anatcmie 
d'autres espèces comblera certainement la lacune qui 
semble séparer ces deux espèces de Pleurotomes. 

Considérations générales sur le système nerveux 
DES Prosobranghes. — Si nous joignons les résultats 
des observations que nous avons faites sur les P)Ucci- 
nidés, les Purpuridés, les Cypréidés, les Toxiglosses et 
les Trochidés, aux recherches des divers savants sur le 
système nerveux des Prosobranches, nous croyons pou- 
voir établir quelques résultats généraux qui ne sont 
peut-être pas dépourvus d'importance. 

On sait qu'après avoir séparé les Chitons des Proso- 
branches, Ihering divisa ces derniers en deux grands 
sous-ordres : les Chiasioneures et les Orthoneures. Les 
Orthoneures ont une chaîne viscérale placée sans tor- 
sion au-dessous du tube digestif, comme c'est la règle 
chez tous les Opisthobranches et les Pulmonés ; le sys- 
tème forme alors deux colliers œsophagiens : le premier 
a pour élément les ganglions cérébroïdes et pédieux 
avec leurs commissures et connectifs ; le second, les 
ganglions cérébroïdes et pédieux avec leurs connectifs 
et commissures. Chez les Chiastoneures, la chaîne vis- 
cérale a subi une torsion qui, amenant le premier gan- 



— 54 — 

giioîi de droite au-dessus du tube digestif, en a fait un 
ganglion supro-intestinal^ déplaçant le premier ganglion 
de gauche au-dessous du tube digestif, en a fait un gan- 
glion suh -intestinal ; les ganglions commissuraiix sont restés 
à leurs places respectives et les ganglions viscéraux pos- 
térieurs sont maintenant au-dessus du tube digestif; en 
un mot, il y a croisement en huitde la chaîne viscérale et 
le tube digestif est compris entre les deux branches du 8. 

Malheureusement, cette classification est inexacte en 
tous points. Les travaux de M. de Lacaze-Duthiers sur 
le Vermet, ceux de Haller sur les Muricidés et mes 
propres recherches sur les groupes cités plus haut, éta- 
blissent que les Orthoneures d'ihering sont des Chias- 
toneures ; seulement, ce sont des Chiastoneurcs un peu 
plus compliqués que les autres, car chez eux le ganglion 
sub-intestinal est rattaché par un connectii au ganglion 
commissural droit. Les Chiastoneurcs proprement dits 
ont deux colliers nerveux, tandis que ces Chiastoneurcs 
compliqués ont trois colliers ; le troisième collier com- 
prend les ganglions cérébroïdes, les ganglions commis- 
suraux, le connectif accessoire et le ganglion sub-intes- 
tinal. Ces trois derniers ganglions avaient été pris par 
Ihering pour une chaîne orthoneuse. Du reste, une par- 
tie des Chiastoneurcs d'Ihering est pourvue de trois 
colliers, c'est le cas des Vermétidés et des Turritellidés. 

En résumé, nous pouvons conclure des recherches 
faites jusqu'à ce jour : 

l". Que l'ordre des Prosobranches présente au point 
de vue du système nerveux une homogénéité parfaite 
qui justifie la classification de Milne-Edwards. Tous les 
Prosobranches sont chiastoneurcs , tous les Opistho- 
Joranches sont orthoneures. 

2° Que dans l'ordre des Prosobranches on peut former 
deux groupes très nettement caractérisés par leur sys- 
tème nerveux. Les uns ont un système nerveux à deux 
colliers; les autres, un système nerveux à trois colliers. 
Nous résumons plus loin cet ensemble dans un tableau 
provisoire qui recevra des modifications probables, 
sans changer de grandes lignes, au fur et à mesure de 
nos recherches. 



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Tout ce que nous venons de dire no s'applique pas aux 
Néritidés et probablement aussi aux HélicinicUs ; nous 
avons commencé l'étude de ces deux groupes curieux et 
nous pourrons sans doute, dans quelques semaines, éta- 
blir nettement leur position. Quant à la question des 
Clîitons, elle demande à être reprise. 

Sur la struciure de la suhsiance fjonctuée des Insectes, 
par M. H. Viallanes. 

La plupart des auteurs qui se sont occupés de la struc- 
ture des centres nerveux des Insectes considèrent le 
tissu spécial, connu sous le nom de substance ponctuée 
et qui occupe une si grande place dans le ganglion op- 
tique, comme formé par une trame de fines fibrilles. 
Cette constitution est très difficile à démontrer et ne 
paraît avoir été nettement observée que pour une région 
spéciale des centres nerveux, la lame ganglionnaire, 
récemment étudiée par M. Hickson. J'ai pu constater 
cette disposition sur d'autres parties, en observant des 
coupes pratiquées à travers le- ganglion optique de la 
libellule, la pièce ayant été au préalable fortement im- 
prégnée d'osmium et colorée en carmin de Grenadier. 
Sur de telles préparations, la masse médullaire externe 
et la masse médullaire interne 'se montrent nettement 
constituées par une trame de fines fibrilles , courant 
principalement dans deux sens, les unes parallèlement 
aux faces de la masse médullaire, les autres perpendi- 
culairement à la direction des premières. 

Les cellules, qui entourent la masse de substance 
ponctuée, envoient à celles-ci de fins prolongements, 
elles paraissent analogues aux éléments que M. Vialle- 
lon a décrit à la périphérie des centres nerveux des 
Céphalopodes et qu'il considère comme analogues aux 
myélocytes des Vertébrés. 



séance du S® (lécciul>B-c 1§@5. 

PRÉSIDENCE DE M. FRANCHET. 

M. FouRET fait une communication sur le dernier 
théorème de Fermât, 



— b7 — 

Stéanee du O Janvier tSSe. 
PRÉSIDENCE DE M. FRANGHET. 

M. Fischer adresse à la Société une lettre de réclama- 
tion concernant une communication antérieure de M. de 
Rochebrune (1). 

La Société regrettant que les attaques, qui lui sont 
signalées aient trouvé place dans son Bulletin, prend 
acte de la lettre de M. Fischer. 

M. LiPPMAN expose : une théoyne établissant une relation 
entre la tension de vapeur d'une dissolution alcaline et une 
force électromise. 

Il décrit ensuite un nouvel électromètre alcoolique. 

M. Maurice Cazin communique une note sur : 
La structure de la muqueuse du gésier des Oiseaux (2). 

Le revêtement interne du gésier des Oiseaux, connu 
sous le nom de couche cornée, était regardé par les 
anciens auteurs, R. Wagner entre autres, comme une 
formation analogue à l'épiderme ; quelques-uns croyaient 
en outre que ce revêtement était traversé par des cana- 
licules servant de conduits excréteurs au produit de la 
sécrétion de glandes sous-jacentes. Plus tard Berlin, 
tout en constatant que la couche cornée n'était pas con- 
stituée par des cellules, admettait encore l'existence, 
dans le gésier, d'une sécrétion acide qui, par son mé- 
lange avec le produit des glandes du ventricule succen- 
turié, jouait un rôle dans la digestion; cette opinion 
s'est trouvée reprise il y a quelques années. 

Après Molin et Leydig, qui décrivit la couche cornée 
de l'estomac musculeux des Oiseaux comme formée 



(1) Bull. Soc. Philomathique, 1884-1885, p. 81. 

(2) Travail fait au laboratoire de M. Milne-Edwards. 



— 58 — 

d'une substance durcie, homogène et stratifiée, résul- 
tant de la sécrétion des glandes sous-jacentes, Curscli- 
mann et Hasse publièrent à peu près simultanément 
deux mémoires spéciaux sur l'histologie de l'estomac 
des Oiseaux , mais le premier seul décrivit dans la 
couche cornée des sortes de filaments distincts, issus des 
glandes, et réunis entre eux au sortir de ces glandes par 
le produit de la sécrétion de la surface épithéliale limi- 
tant la couche glanduleuse du côté de la cavité stomacale. 

Dans une période de temps plus récente, Wiedersheim 
a observé chez le Pigeon le rapport des cellules glandu- 
laires avec la sécrétion, et Garel s'est occupé accessoi- 
rement de la structure de la couche glanduleuse du 
gésier des Oiseaux, qu'il considère comme constituée par 
des plis glanduleux, reliés entre eux de distance en dis- 
tance par des anastomoses. Enfin Cattaneo a décrit la 
couche cornée comme étant formée par des prismes 
chez un certain nombre d'Oiseaux. 

J'ai cherché moi-même à déterminer, plus complète- 
ment qu'on ne l'avait faitjusqu'ici, la structure de la mu- 
queuse du gésier des Oiseaux, particulièrement chez la 
Poule et le Canard. 

Lorsqu'on examine une coupe perpendiculaire à la 
surface d'un des disques triturants du gésier de la Poule, 
on distingue successivement de haut en bas la couche 
coriacée, très épaisse, déchiquetée irrégulièrement sur 
sa face libre, puis la couche glanduleuse qui produit ce 
revêtement, la musculaire de la muqueuse, la couche 
connective sous-muqueuse et, enfin, les faisceaux mus- 
culaires qui forment les masses charnues du gésier. 

La couche glanduleuse se montre constituée par des 
culs de sactubulaires, grêles et allongés, dont la lumière 
assez étroite est remplie complètement par une sécrétion 
compacte en continuité avec la couche coriacée, de sorte 
que celle-ci semble fixée à la couche sous-jacente comme 
par autant de petites racines. Cette apparence, facile à 
observer dans les préparations fraîches, est aussi très 
nette dans les préparations durcies par l'alcool et colo- 
rées au picro-carminate d'ammoniaque qui donne une 
belle teinte jaune à la couche coriacée et à ses prolon- 



— 59 - 

gements , que l'alcool employé pour le durcissement 
décolore totalement. 

Les culs de sac, que les auteurs ont appelés les glandes 
du gésier, sont tapissés par une couche de cellules cylin- 
driques implantées obliquement par rapport à leur axe ; 
ces cellules deviennent plus hautes et plus claires vers 
les orifices des tubes, et de là se continuent sans chan- 
gement avec l'épithélium qui revêt la surface limitant la 
couche glanduleuse. Les tubes, qui sont en général 
renflés à leur extrémité close, sont quelquefois bifur- 
ques. Bien qu'ils soient très serrés les uns contre les 
autres, la charpente conjonctive qui les sépare est déve- 
loppée inégalement, de façon à les grouper ensemble 
par faisceaux de quatre, cinq, et même douze, comme 
on peut le vérifier sur des coupes parallèles à la surface 
de la muqueuse. 

La couche coriacée renferme des débris cellulaires 
épars dans toute sa masse , mais ces débris, sur les 
coupes perpendiculaires, se montrent principalement 
groupés suivant des lignes parallèles qui font suite aux 
intervalles séparant les groupes de tubes glanduleux. 

Pour bien voir la structure de la couche coriacée, il est 
important d'examiner les préparations non pas dans la 
glycérine, qui lui donne une apparence homogène, mais 
simplement dans l'eau distillée, après coloration au 
picro-carminate d'ammoniaque ou au carmin ammonia- 
cal, qui dans ce cas m'a donné de bons résultats ; on 
distingue alors très nettement, dans la couche coriacée, 
la sécrétion provenant des tubes glanduleux, sous forme 
de colonnettes groupées en faisceaux, comme les tubes 
eux-mêmes, puis dans les intervalles on voit la sécrétion 
produite par le revêtement épithélial superficiel, dis- 
posée au contraire en couches successives, suivant des 
lignes onduleuses parallèles à la surface, et interrompues 
par les colonnettes verticales. 

L'action peu prolongée de la potasse permet égale- 
ment de voir ces détails, même dans la glycérine, après 
coloration. 

Si, au lieu d'examiner un des disques triturants, on 
observe la muqueuse dans les intervalles qui les sépa- 



- 60 — 

rent, on retrouve les mêmes dispositions ; toutefois dans 
le fond du gésier, par exemple, la couche coriacée et la 
couche glandulaire présentent une épaisseur un peu 
moins considérable. 

L'étude des coupes tangentielles, c'est-à-dire paral- 
lèles à la surface de la muqueuse, achève de faire bien 
comprendre la structure de la couche coriacée. On dis- 
tingue en effet sur ces coupes des travées granuleuses, 
qui renferment, des débris cellulaires, et forment un 
réseau à larges mailles contenant chacune les sections 
polygonales, plus ou moins arrondies, d'un groupe de 
colonnettes verticales. A l'intérieur de ces colonnettes 
on trouve également quelques noyaux épars. 

La muqueuse du gésier du Canard offre à peu de 
chose près la même structure que celle de la Poule ; 
les culs de sac, très fréquemment bifurques, sont grou- 
pés également en faisceaux, et les coupes parallèles à 
la surface de la couche glandulaire montrent dans chaque 
faisceau un nombre de tubes plus grand que chez la 
Poule. La sécrétion remplissant les culs de sac présente 
de très fines stries longitudinales très serrées les unes 
contre les autres, et dans les coupes perpendiculaires 
on observe même, sur les bords de cette sécrétion, des 
petits prolongements qui sont en rapport avec les cel- 
lules tapissant les parois des culs de sac ; cela est sur- 
tout très net après l'action de l'acide osmique. Dans la 
couche coriacée on distingue aussi très bien les fais- 
ceaux verticaux, surtout après l'action de la potasse, 
ainsi que des noyaux et des débris cellulaires groupés 
principalement en amas stratifiés vis-à-vis des inter- 
valles séparant les groupes de culs de sac glanduleux. 
Quant aux coupes tangentielles de la couche coriacée, 
elles offrent sensiblement le même aspect que chez la 
Poule. 

L'étude de la muqueuse du gésier du Canard est sur- 
tout intéressante en ce que l'on peut facilement isoler 
complètement le produit des culs de sac, en suivant un 
procédé indiqué par Curschmann. Après vingt-quatre 
heures de séjour dans de la potasse à 40°, la couche 
coriacée se ramollit, et lorsqu'en en met des fragments 



— 61 — 

dans une goutte d'eau, sous le microscope, on les voit 
se désagréger et mettre en liberté la sécrétion des tubes 
sous forme de colonnettes plus ou moins cylindriques 
qui se colorent alors fortement en rouge par le picro- 
carminate d'ammoniaque. 

De tout ceci il résulte que la couche coriacée renferme 
des colonnettes, faisant suite aux tubes de la couche 
glanduleuse, et très faciles à isoler chez le Canard, et ne 
présente jamais de canalicules, comme j'ai pu m'en as- 
surer chez un grand nombre d'Oiseaux de différents 
groupes. 

J'ajouterai que, lorsqu'on ouvre un gésier et que l'on 
promène sur la face profonde du revêtement interne du 
papier de tournesol, on peut constater l'acidité de cette 
surface; mais cette acidité appartient au contenu sto- 
macal , et nullement aux parois mêmes du gésier , la 
couche coriacée étant parfaitement perméable aux 
acides, ainsi que j'ai pu m'en assurer. 



séance du 93 janvier flSSO. 
PRÉSIDENCE DE M. LÉAUTÉ. 

M. Henné GUY fait une communication sur : L'histéro- 
tomie chez les Lapines. 



iSéance du 13 février «SSe. 
PRÉSIDENCE DE M. LÉAUTÉ. 

M. Bouvier fait une communication sur : 
Le système nerveux des Turbodinés et des Néritidés. 

TURBONIDÉS. 

Mes recherches sur la famille des Turbonidés ont 



— 62 - 

principalement porté sur le Turbo sefosus. J'ai pu vérifier 
sur ce type les Iprincipaux traits d'anatomie déjà signa- 
lés par Souleyet dans le voyage de La Bonite, j'ai com- 
plété dans une certaine mesure les découvertes de ce 
savant en même temps que j'ai fait, presque complète- 
ment, l'étude du système nerveux. Mon ami, M. Jules 
Defferrières, garde d'artillerie à Nouméa, ayant eu l'obli- 
geance de m'envoyer un certain nombre de Mollusques 
gastéropodes de la Nouvelle-Calédonie, notamment 
plusieurs espèces de Turbos, j'ai pu remarquer sur ces 
espèces que la structure générale varie peu dans ce 
genre et que les détails les plus importants du système 
nerveux se retrouvent partout. La description suivante 
s'applique essentiellement au T. seiosus (Lam.). 

Les centres cérébroïdes triangulaires sont situés sur 
les côtés et en avant du vaste sac pharyngien, au niveau 
du point où la radule arrive dans la masse buccale. 
Une longue commissure sus-œsophagienne les réunit. 
De leur partie inférieure naissent trois gros cordons. 
Le cordon antérieur n'est autre que le gros nerf pro- 
boscidien inférieur , à mesure qu'il envoie des nerfs 
dans le muffle, il devient plus grêle et se réunit au- 
dessous de la masse buccale à son congénère du côté 
opposé. Le cordon moyen et le cordon postérieur 
sont les connectifs cérébro-pédieux et cérébro-commis- 
suraux; les ganglions pédieux et les ganglions commis- 
suraux se réunissant en une masse quadrilobée au-des- 
sous de la masse buccale, on voit que l'œsophage est 
entouré par trois colliers nerveux. Bien plus, chaque 
nerf proboscidien envoie en arrière une branche qui, 
passant entre l'œsophage et la masse buccale, forme un 
fer à cheval ganglionnaire en se réunissant à la branche 
du côté opposé et constitue un quatrième collier œso- 
phagien ; ce fer à cheval ganglionnaire n'est autre que 
le système sympathique ou stomato-gastrique. Des gan- 
glions commissuraux, situés en arrière des ganglions 
pédieux, naissent les deux branches de la commissure 
viscérale. Du ganglion commissural droit part la branche 
droite, elle passe au-dessus du sac pharyngien qu'elle 
traverse vers son milieu , arrive au niveau antérieur 



— 63 — 

de la brandi ie, rétrograde en arrière, puis passe trans- 
versalement au-dessus des replis intestinaux antérieurs 
et aboutit au ganglion viscéral, à droite, un peu en 
arrière de l'orifice génital et de l'orifice de la néphridie. 
Du ganglion commissural gauche part la branche gauche ; 
elle se dirige obliquement à droite et en arrière au-des- 
sous de l'intestin et aboutit enfin au ganglion viscéral. 
Le Turbo est donc chiastoneure comme la grande majo- 
rité des Aspidobranches. 

Les nerfs issus des ganglions cérébroïdes sont assez 
nombreux. En avant trois nerfs proboscidiens supérieurs 
se dirigent dans le mufle, en dessous le ganglion se 
prolonge en avant par le gros nerf proboscidien inférieur, 
ganglionnaire à son origine; ce nerf envoie en avant 
quatre ou cinq branches dans le mufle et se continue, 
comme on sait, avec son congénère du côté opposé. Sur 
la face externe du ganglion on voit naitre le nerf du 
long tentacule avec deux petits filets qui se rendent l'un 
à la base de ce tentacule, l'autre au segment tentaculi- 
forme placé à côté du mufle ; un peu plus bas on voit 
se détacher trois nerfs qui se rendent au tentacule ocu- 
laire, l'un d'eux est le nerf oïDtique. Sur leur face interne 
les ganglions cérébroïdes portent des saillies blanchâtres 
très nettes qui servent d'origine à plusieurs des nerfs 
que je viens de citer. 

Les ganglions pédieux ne sont séparés que par un 
étranglement des ganglions commissuraux , la com- 
missure très courte qui les réunit affecte également la 
partie antérieure des ganglions commissuraux. Les 
ganglions ^Dédieux se prolongent dans les deux gros 
cordons pédieux ganglionnaires. Ces cordons plongent 
perpendiculairement contre l'opercule, ils sont réunis 
assez régulièrement par de grosses commissures, au 
nombre de huit au moins ; à l'encontre de ce que dit 
Bêla Haller, il n'y a pas de réseau pour réunir ces deux 
nerfs. Ils forment entre eux un angle très aigu et leurs 
branches principales naissent surtout sur leur côté 
externe, ces nerfs se rendent dans la masse principale 
du pied. A leur voisinage des ganglions commissuraux, 
les ganglions pédieux donnent naissance en dessus à 



— 64 — 

deux nerfs pédieux supéro-antérieurs réunis par une 
forte anastomose ; sur les côtés on voit partir en outre 
deux nerfs principaux, l'un d'eux se rend dans la partie 
postérieure du pied, l'autre dans les régions latérales du 
même organe. 

Sur la partie postérieure des ganglions commissuraux 
se trouvent placées les otocystes ; réunies entre elles par 
un cordon, elles envoient en arrière sur le plancher du 
corps un autre cordon également fin. Je ne crois pas que 
ces cordons soient de nature nerveuse. Par contre on 
voit naître le nerf acoustique sur le bord externe de 
l'otocyste, ce nerf passe au-dessous de l'enveloppe con- 
jonctive supérieure du ganglion commissural et atteint 
le connectif cérébro-commissural avec lequel il se con- 
fond pour arriver au cerveau. Dans leur partie antérieure 
les ganglions commissuraux donnent naissance à un 
certain nombre de nerfs qui se rendent aux parois du 
corps et notamment au dédoublement épipodial du man- 
teau dans lequel ils se ramifient richement. De la partie 
postérieure des mêmes ganglions part un très gros nerf 
palléo-columellaire. Celui de droite innerve par de nom- 
breux filets les parois du corps, envoie des branches 
épipodiales et columellaires ; il se prolonge essentielle- 
ment dans le lobe droit du manteau ; à gauche les nerfs 
palléaux et' columellaires sont séparés. 

Non loin de son origine, la branche viscérale issue du 
ganglion commissural droit envoie deux nerfs aux parois 
droites du corps. Arrivée au niveau de la branchie, elle 
se recourbe brusquement en arrière et envoie une forte 
branche dans le bord libre de la branchie. A la base de 
ce bord se trouve la fausse branchie à peine grosse 
comme une tête d'épingle et légèrement plissée ; le nerf 
branchial forme un renflement ganglionnaire dans cette 
éminence et se dirige ensuite jusqu'à la pointe de la 
branchie, envoyant à celle-ci une multitude de filets 
nerveux parallèles. Après avoir donné naissance au nerf 
branchial, la commissure envoie deux filets dans le 
manteau contre la branchie , puis elle se dirige sans 
donner de rameaux vers le ganglion viscéral. La branche 
gauche de la même commissure viscérale envoie à son 



- 65 — 

origine un nerf aux parois du corps, puis un nerf beau- 
coup plus fort au lobe gauche du manteau. A quelque 
distance du ganglion viscéral, elle envoie deux nerfs au 
lobe droit du manteau, le plus fort s'anastomose avec le 
nerf palléo-commissural droit au point où le manteau se 
rattache au corps. Le ganglion viscéral est quadrangu- 
laire, il donne naissance à trois nerfs. L'un d'eux est le 
nerf génito-rectal, il se dirige à droite et en dessus entre 
l'oritice génital et le tube néphidien, ses branches sont 
nombreuses, j'en ai compté au moins six, elles se ren- 
dent au rectum, ou tube néphidien, à l'utérus et à la 
longue glande à mucus ; un autre est le nerf réno-car- 
diaque innervant l'organe de Bojanne et le cœur, le troi- 
sième est plus profond et se rend aux viscères du tortil- 
lon. 

Le fer à cheval ganglionnaire du sympathique repose 
sur la masse buccale. De sa partie postérieure naissent 
de chaque côté deux nerfs, l'un pour la masse buccale, 
l'autre pour celle-ci et le sacradulaire, le nerf radulaire 
se rattache par une anastomose à son congénère du côté 
opposé. En avant, au point où le sac pharyngien se rat- 
tache à la masse buccale, le fer à cheval est plus renflé 
et se trifurque après avoir envoyé une nouvelle branche 
à la masse buccale. Une branche se rend aux parois 
latérales et inférieures du sac pharyngien, une autre, 
plus grosse , se ramifie abondamment en dessus du 
même sac et envoie de gros filets dans les replis glan- 
dulaires qui flottent dans sa cavité ; la troisième branche 
rattache le système sympathique au nerf proboscidien 
inférieur, en même temps qu'elle envoie des nerfs à la 
partie antérieure du tube digestif. C'est la deuxième 
branche de la trifurcation qui innerve les petites glan- 
des salivaires jaunes situées sur les flancs du sac pha- 
ryngien ; ces glandes n'avaient pas été vues par Souleyet. 

Quoy et Gaymard ont les premiers donné une anatomie 
très insuffisante du Turbo. Celle de Souleyet est bien 
préférable, mais ce savant n'a aperçu du système ner- 
veux que le collier cérébro-sympathique. Bêla Haller a 
décrit le système nerveux du T. rugosua, Semper a si- 
gnalé la fausse branchie. En résumé, l'étude que je 



— 66 - 

viens de faire permet de rapprocher beaucoup les Tur- 
bonidés des Zeugobranches et des Patelles. 



NÉRITIDÉS. 

Je n'ai fait qu'ébaucher jusqu'ici l'étude des Nérites et 
des Navicelles. Par l'ensemble de leur organisation, ces 
animaux se rapprochent beaucoup des Turbos. Je signa- 
lerai ce fait caractéristique, c'est que la branchie bi- 
pennée , mais fort réduite , divise encore la chambre 
palléale en deux étages dans sa partie postérieure, sa 
pointe est libre en avant. 

Les quatre colliers nerveux que j'ai signalés plus haut 
chez le Turbo se retrouvent identiquement avec les 
mêmes caractères chez les Néritidés ; comme ils ont été 
trouvés aussi chez les Cyclobranches, les Zeugobranches 
et les Troques , on peut dire que la présence de ces 
quatre colliers est un caractère commun à tous les Aspi- 
dobranches et Cyclobranches. Les variations ont peu 
d'importance; ainsi le nerf proboscidien inférieur est 
plus réduit, ses branches sont moins nombreuses et le 
fer à cheval sympathique est plus grêle. D'ailleurs, la 
commissure cérébrale est très longue. A part ces diffé- 
rences de détail, l'identité est absolue. 

Chose curieuse! les Néritidés, qui se rapprochent à 
tous égards des Turbonidés, ne sont pas chiastoneures, 
ou du moins, malgré [des recherches très délicates, ne 
m'ont point paru telles. D'après les travaux de Claparède 
et d'Ihering, comme d'après une figure de M. Lacaze- 
Duthiers, la Neritina fiuviatilis serait aussi orthoneure. 
Chez les Nérites, il y a en arrière des ganglions pédieux 
trois ganglions qui, se réunissant entre eux et avec les 
ganglions pédieux, forment un cercle sous-œsophagien. 
Parmi ces trois derniers ganglions , le médian donne 
naissance à un gros nerf viscéral qui se dirige en arrière 
et à droite du côté des viscères ; il passe transversale- 
ment au-dessus des replis œsophagiens en avant du 
cœur et envoie de nombreux filets au cœur et à l'organe 
de Bojanus, aux viscères du tortillon très réduit; un 



— 67 — 

ganglion postérieur se trouve sur le trajet de ce nerf. 
Les deux autres ganglions postérieurs clu collier en- 
voient des nerfs très gros dans le manteau et dans la 
columelle, il y en a au moins trois à droite et deux à 
gauche. 

Je reviendrai, dans une prochaine note, sur le système 
nerveux si intéressant de ces types ; je ne fais aujour- 
d'hui qu'indiquer les points principaux. Je ne désespère 
pas encore de trouver la commissure viscérale chiasto- 
neure dès Néritidés et je crois que le grand nerf viscéral 
pourrait bien être la branche supra-intestinale de cette 
commissure. D'un autre côté je tiens à attirer l'attention 
des naturalistes sur le fait suivant : Chez les Cyclobran- 
ches, les Zeugobranches, les Trochidés et les Turbonidés, 
la commissure pédieuse paraît être en même temps une 
commissure reliant entre eux les ganglions commissu- 
raux; en outre, ces ganglions commissuraux correspon- 
dent par leur innervation aux ganglions commissuraux 
et au ganglion sub-intestinal du Buccin, des Pourpres, 
des Toxiglosses , etc. On sait que chez ces derniers 
types, considérés à tort par Ihering comme orthoneures, 
le ganglion sub-intestinal est rattaché aux deux gan- 
glions commissuraux. Les Néritidés n'offriraient-ils 
point, parmi les Aspidobranches, un degré supérieur de 
différenciation dans lequel, non seulement les ganglions 
commissuraux acquerraient plus d'indépendance vis-à- 
vis des ganglions pédieux, mais encore se sépareraient 
plus ou moins du ganglion sub-intestinal. A ce point 
de vue les Néritidés formeraient peut-être le passage 
naturel des Aspidobranches chiastoneures aux Pectini- 
branches chiastoneures chez lesquels le ganglion sub- 
intestinal est rattaché aux deux ganglions commissu- 
raux (1). 

(1) Laboratoire de Malacologie du Muséum d'Histoire naturelle. 



— 68 — 

M. Abiaudrut fait une communication sur : 

Le système nerveux de la Dolahella Rhumphii. 

Les auteurs qui se sont occupés du système nerveux 
de la famille des Aphysidés ont particulièrement pris 
pour types l'Apliysie et le Notarclius et sont passés légè- 
rement sur la Dolabelle. Ayant eu à ma disposition un 
certain nombre d'échantillons de la Dolahella Rhumphii, 
rapportée des îles Scheychelles par Rousseau, j'ai cru 
utile de rechercher ce que le système nerveux de cet 
animal présentait de commun ou de différent avec celui 
des deux types étudiés. Du reste, m'étant surtout appli- 
qué à suivre ces nerfs dans leurs lieux de distribution, 
je crois que les principaux points signalés ici se rencon- 
treraient chez Aphysia et Notarchus. 

Le collier œsophagien est formé par trois paires de 
ganglions réunies entre elles par des connectifs et des 
commissures ; la première paire constitue les ganglions 
cérébroïdes ; la deuxième, les pédieux ; la troisième, 
les viscéraux antérieurs. 

Les cérébroïdes sont réunis par une commissure très 
courte, de sorte qu'ils ne présentent entre eux qu'un 
léger sillon pour indiquer la dualité. Ils sont reliés aux 
pédieux par deux forts connectifs et aux viscéraux anté- 
rieurs par deux connectifs plus grêles. 

Les ganglions pédieux sont également accolés sur la 
ligne médiane et réunis par une commissure très forte 
et excessivement courte et par une seconde (parapé- 
dieuse) très grêle, plus longue, de laquelle part un peu 
à gauche de son milieu un nerf grêle qui innerve la sole 
pédieuse. Entre ces deux commissures passe l'artère 
pédieuse. 

Les ganglions viscéraux antérieurs reposent sur les 
précédents ; un peu dirigés de côté et en arrière, ils 
communiquent avec eux par un connectif très court. Le 
triangle latéral de M. Lacaze se compose donc de deux 
côtés très longs et d'un côté très court. 



— 69 — 

Des ganglions cérébroïdes partent : 

|o jsferf tentaculaire volumineux , naît de la partie 
supérieure du ganglion et en arrière, se dirige de côté 
perpendiculairement à l'axe du corps et se rend à la base 
du tentacule postérieur où il forme un ganglion duquel 
partent des ramifications qui se rendent dans le tenta- 
cule ; mais bien avant d'arriver au ganglion, ce nerf 
donne des rameaux aux téguments de la base du tenta- 
cule. Une de ces branches, très forte, s'anastomose avec 
un nerf pédieux. 

2° Le nerf optique prend son origine en apparence de 
cette branche d'anastomose : mais il est facile de voir 
qu'il n'y a qu'un simple accolement et que la véritable 
origine de ce nerf a lieu au-dessous de celle du nerf 
tentaculaire un peu en avant. 

3° Le nerf acoustique a son origine au-dessous de celle 
du nerf tentaculaire et en arrière de celle du nerf optique ; 
il suit le bord postérieur du connectif cérébro-pédieux 
et aboutit à l'otocysto situé sur la face supérieure des 
ganglions pédieux près du bord antérieur. 

S'il n'existe pas ici de lobule de la sensibilité spéciale, 
il existe au moins une région commune, où les nerfs de 
la sensibilité spéciale prennent naissance. 

4° Nerf grêle, a son origine au bord supéro-antérieur 
du ganglion, très rapprochée de la ligne médiane, innerve 
les téguments compris entre les quatre tentacules, 

5° Prend naissance en arrière du précédent, plus exté- 
rieurement, se divise bientôt en deux branches dont 
l'une se rend au palpe labial, dans lequel ses ramifica- 
tions anastomosées présentent de nomlDreux petits gan- 
glions, visibles à l'œil nu, desquels partent de minces 
filets nerveux , l'autre branche se rend aux muscles 
latéro-inférieurs des téguments situés au-dessous et en 
arrière des palpes labiaux, ainsi qu'aux muscles qui rat- 
tachent le bulbe aux téguments. 

6° Beaucoup plus grêle que le précédent se rend aux 
parois latérales et inférieures "de la bouche. 

De la face inférieure du ganglion part le connectif 
cérébro-buccal. 

Nerfs des ganglions viscéraux antérieurs. Outre les con- 



— 70 — 

nectifs précités, il faut signaler ceux qui réunissent ces 
ganglions aux ganglions viscéraux postérieurs. Le con- 
nectif de gauche passe au-dessous de l'œsophage , se 
dirige à droite, passe sur l'estomac, côte à côte avec le 
connectif droit et un gros nerf pédieux sur lequel je 
reviendrai. 

Ces ganglions donnent en outre deux paires de nerfs ; 
une assez forte qui se porte directement aux téguments 
situés de chaque côté en avant de la coquille et envoie 
sur la ligne médiane, des rameaux dont quelques-uns 
s'anastomosent entre eux. Latéralement d'autres ra- 
meaux s'anastomosent avec les branches d'un nerf pé- 
dieux. 

La deuxième paire, plus grêle, se rend dans la partie 
du manteau située en avant de la région innervée par 
les nerfs précédents. 

Nerfs pédieux. Douze à treize paires ; le deuxième en 
avant à partir de la ligne médiane, donne une branche 
d'anastomose avec le nerf tentaculaire, et du côté droit 
un rameau qui se porte sur le pénis où il forme un plexus 
assez riche. 

La répartition des nerfs pédieux est aussi asymétrique 
en arrière, car il existe du côté droit un gros nerf, le 
troisième, à partir de la ligne médiane, plus gros que 
son correspondant du côté opposé, qui, au lieu de suivre 
comme lui la sole pédieuse au-dessous de la masse vis- 
cérale, et de pénétrer dans le pied à une assez faible dis- 
tance, longe l'œsophage, passe au-dessus de l'estomac, 
à côté des commissures viscérales et des ganglions vis- 
céraux postérieurs, se rapproche de l'oviducte qu'il longe 
presque sur toute sa longueur et donne seulement des 
nerfs dans la région postérieure du corps comprise au- 
dessous des organes génitaux, aussi bien du côté droit 
que du côté gauche. 

Ganglions viscéraux postérieurs et nerfs qui en partent. Ces 
ganglions sont accolés l'un à l'autre, celui de droite un 
peu plus gros que celui de gauche. Ils sont à droite de 
la ligne médiane, très près de l'orifice femelle. 

Du ganglion droit partent : 

Le nerf branchial, le plus gros, passe au-dessus de 



— 71 — 

l'aorte, se jette dans un ganglion situé en avant de l'or- 
gane respiratoire ; de ce ganglion partent les nerfs qui 
innervent la branchie. Avant d'arriver au ganglion, il 
donne des rameaux aux téguments situés en avant de la 
branchie. 

Trois autres nerfs naissent de la face inférieure du 
ganglion droit ; l'un d'eux se porte à droite, dans les 
téguments qui entourent l'orifice femelle. J'ai constaté 
plusieurs fois des anastomoses entre ce nerf et un nerf 
pédieux ; un autre se dirige en avant sur l'aorte qu'il 
suit assez loin ; un troisième va à gauche et donne un 
filet au cœur, un autre à l'artère intestinale. 

Le ganglion gauche donne deux nerfs volumineux qui 
passent au-dessous de l'aorte ; l'un se rend aux tégu- 
ments qui entourent le rectum; l'autre, le plus gros, est 
le nerf génital ; il présente un ganglion sur son trajet et 
donne des nerfs à l'organe de Bojanes et aux différentes 
parties de l'appareil génital. 

Ga?iglions et nerfs buccaux. Reposent sur la face supé- 
ro-postérieure du bulbe. Ils sont réunis en une seule 
masse, présentent deux légers sillons : un en avant, 
l'autre en arrière. 

De ces ganglions partent six nerfs pairs et un impair. 

Trois paires naissent sur les bords latéraux des gan- 
glions, se portent en avant et innervent les parties su- 
perficielles du bulbe. 

Le nerf impair naît de la face inférieure, s'enfonce 
immédiatement dans le bulbe où il se bifurque bientôt. 
Chaque branche se porte latéralement sur le fourreau 
de la langue où elle se trifurque ; un premier rameau se 
poursuit en avant, un deuxième en dessous, un troi- 
sième transversalement. Ce nerf est spécialement chargé 
de l'innervation des parties profondes du bulbe, 

La quatrième paire est constituée par les connectifs 
cérébro-buccaux, ils naissent de la face supérieure du 
ganglion latéralement et en avant. 

Le bord postérieur de chaque ganglion donne deux 
paires de nerfs ; une première paire, externe, grêle, se 
dirige en arrière, sur l'œsophage, puis à quelque dis- 
tance donne trois minces filets, un qui se poursuit en 



— 72 — 

arrière, un autre qui remonte obliquement l'œsophage 
et donne quelques rameaux qui s'anastomosent avec 
ceux de son congénère et forment à la partie supérieure 
de l'œsophage un mince plexus dont quelques rameaux 
se prolongent en avant jusqu'à l'origine de l'œsophage 
et même sur la face supérieure du bulbe ; le troisième 
filet se porte en avant sur le bulbe, au point où dé- 
bouche la glande salivaire et se continue ensuite sur 
celle-ci. 

La deuxième paire est la plus forte et la plus impor- 
tante, elle se rend sur l'œsophage qu'elle suit sur toute 
sa longueur en donnant quelques minces rameaux. 
Arrivée à la partie antérieure du gésier , elle donne 
naissance à un anneau qui entoure complètement ce 
dernier. Cet anneau a la forme d'une chaîne dont les 
boucles sont reliées les unes aux autres par des lignes 
sinueuses. De celles-ci et des boucles partent de nom- 
breux nerfs qui se dirigent en avant sur le jabot. L'une 
d'entre elles, plus volumineuse que les autres, suit une 
artère qui remonte l'œsophage jusque dans le voisinage 
du bulbe. En arrière, ces nerfs se dirigent sur la partie 
initiale du gésier et ne paraissent pas aller plus loin, sauf 
quatre volumineux qui se portent comme quatre méri- 
diens à peu près équidistants au pôle opposé du gésier 
sphérique. De chacun de ces quatre nerfs partent de 
minces filets qui s'enfoncent perpendiculairement dans 
les muscles sous-jacents. A la partie postérieure du 
gésier, ces quatre nerfs donnent de nombreuses branches 
qui s'anastomosent entre elles et forment un anneau aux 
trois quarts; puis, ils se continuent sur l'estomac, s'en- 
voyant latéralement de nombreux rameaux qui s'anas- 
tomosent et forment un plexus à mailles assez serrées, 
surtout bien développé dans la partie antérieure con- 
cave de l'estomac. A l'origine de l'intestin, ces quatre 
gros troncs se réunissant deux à deux donnent encore 
quelques rameaux qui se continuent assez loin sur le 
cœcum, sur l'intestin, tandis que d'autres remontent les 
canaux hépatiques et se ramifient probablement dans le 
foie. 

La disposition générale du système stomato-gastrique 



— 73 — 

répond à la structure interne du tube digestif et parti- 
culièrement de l'armature interne. 

Les trois cavités (jabot, gésier et estomac) sont pour- 
vues de pièces dures disposées dans chacune de ces 
parties d'une manière différente. 

Dans îa partie postérieure du jabot, à la naissance du 
gésier, elles forment un anneau continu, correspondant 
à l'anneau nerveux antérieur. 

Dans le gésier elles sont disposées selon quatre séries 
longitudinales correspondant aux quatre gros nerfs mé- 
ridiens de la surface. 

Enfin , dans l'estomac , elles sont développées sur 
toute la surface et particulièrement à la partie antérieure 
concave, où nous avons vu que le réseau nerveux est le 
plus riche. 

Bien qu'au premier aspect ces pièces paraissent très 
différentes, elles rentrent toutes dans un même type 
variable du simple au composé. Les plus simples sont 
celles de Testomac. Elles ont la forme de petits crochets 
longs de deux à quatre millimètres, d'une couleur jaune 
d'ambre, présentant de nombreuses stries transversales 
plus sombres, et régulièrement espacées de la base au 
sommet. Il existe un grand nombre de ces crochets dans 
l'estomac. 

Celles du jabot présentent un degré de complication 
de plus, elles sont formées le plus souvent de deux de 
ces dents simples , soudées ensemble. De ces deux 
dents l'une ^st plus grande que l'autre ; la grande est 
entière , plus longue et plus épaisse que celle de l'esto- 
mac, la petite est tronquée à son extrémité elle est usée 
ou incomplètement développée. 

On en rencontre aussi formées de trois pièces et 
celles-là présentent, dans leur partie inférieure et dans 
les sillons de suture une matière interstitielle. 

Celles du gésier sont plus compliquées encore. Elles 
sont au moins formées de trois et plus souvent de quatre 
ou cinq de ces dents simples soudées ensemble. La face 
supérieure de cette dent composée présente des mame- 
lons fort irréguliers à sa surface; ses faces latérales 
sont complètement entourées de substance interstitielle, 



__ 74 — 

chaque dent ressemble à la couronne d'une molaire 
humaine. 

Quant au réseau nerveux que l'on trouve à la partie 
antérieure de l'œsophage il correspond à un aspect par- 
ticulier de la face interne. Celle-ci est tapissée par des 
papilles nombreuses jaunâtres très serrées les unes con- 
tre les autres et constrastant avec les parties postérieures 
qui sont lisses (1). 

M. BiÉTRix fait une communication sur : 

Un cas de monstruosité de l'appareil génital chez V Hélix 

pomatia. 

Il n'est pas rare de rencontrer dans la disposition de 
l'appareil générateur de Y Hélix pomatia des modifica- 
tions plus ou moins profondes ; pour mon compte, il m'a 
été donné plusieurs fois d'en observer des exemples ; 
mais le cas que je signale aujourd'hui et qui fait le sujet 
de cette note me paraît offrir un intérêt tout particulier. 

Les différentes parties de l'appareil génital, que l'on 
sait former, à l'état normal, un ensemble continu, se 
se montrent ici divisées en trois groupes absolument 
séparés; je désignerai ceux-ci. pour la commodité de la 
description, par les termes de groupe de la glande herma- 
phrodite, groupe de la poche du dard, groupe de la verge, 
du nom des principaux organes qui les caractérisent. 

l'* Groupe de la glande hermaphrodite. 

Il comprend, outre cette glande, le canal efférent et la 
glande de Valhumine. 

La glande hermaphrodite est normale par sa forme et 
sa constitution. Ses follicules renferment un certain 
nombre d'ovules et de nombreux spermatozoïdes et 
spermatoblastes à différents états de dévelopjDement. 
Du point de jonction des trois lobes qui les constituent, 

(1) Note faite au Laboratoire de Malacologie du Muséum 



— 75 — 

on voit naître le canal efférent; ce conduit offre, comme 
à l'ordinaire, une portion initiale et une portion termi- 
nale grêles; dans sa partie moyenne, fortement renflée 
et sinueuse, il est rempli d'un sperme épais et blanc 
formé de faisceaux de spermatozoïdes. 

La glande de l'albumine que nous trouvons ensuite 
est affectée de modifications assez considérables. Ses 
dimensions sont faibles, à peine supérieures à celles de 
la glande hermaphrodite. Sa forme est celle d'un fuseau 
arqué avec une extrémité tronquée et arrondie. Celle-ci 
porte, accolée à sa surface, sur une étendue de 5 à 6"^">, 
la partie terminale du canal efférent qui vient aboutir 
à la base d'un court cœcum, le talon du canal efférent 
(Baudelot), saillant d'environ 3™™ sur le côté concave de 
la glande et présentant un diamètre de l'"». Je n'ai pu 
vérifier s'il existe une communication entre le canal 
efférent et la cavité du cœcum. — Les deux extrémités 
de la glande offrent, à l'examen extérieur, un aspect 
granuleux qui dénote leur composition glandulaire; 
deux sillons circulaires les séparent de la partie centrale 
dont la surface est lissa. 

Si nous faisons une incision longitudinale aux parois 
de la glande, nous voyons que l'intérieur en est occupé 
par une cavité qui s'étend dans toute sa longueur. Au 
niveau des deux extrémités les parois sont épaisses 
(2 1/2 à S»"";, présentant sur leur face interne des orifices 
peu nombreux, tels qu'on les observe dans la glande 
normale ; la portion moyenne possède au contraire des 
parois minces (!'"«), flasques et dépourvues de tout ori- 
fice glandulaire. Toute la cavité est remplie par une 
masse feutrée dans laquelle on reconnaît au microscope 
des faisceaux de spermatozoïdes enchevêtrés et mêlés à 
des débris cellulaires provenant sans doute de la désor- 
ganisation des parois. Les spermatozoïdes produits con- 
tinuellement par la glande hermaphrodite n'ont pu être 
éliminés par suite de l'absence du canal spermatique et 
se sont accumulés peu à peu dans la glande de l'albu- 
mine. Il m'a été impossible de mettre en évidence l'ori- 
fice de communication qui existe certainement entre 
cette cavité et le canal efférent. 



— 76 -- 

2° Groupe de la poche du dard. 

Aspect extérieur. Ce groupe médian forme une masse 
irrégulière composée d'une partie centrale et d'appen- 
dices latéraux ; dans ces derniers on reconnaît tout de 
suite les vésicules multifides. La partie centrale comprend, 
de son côté, deux organes : l'un est la poche du dard ; 
mais la nature du second, qui porte latéralement les deux 
corps multifîdes, ne peut être déterminée avec certitude. 
Je la nommerai vésicule accessoire. 

La poche du dard rappelle, par son aspect, une grosse 
vésicule copulatrice dont la tige serait extrêmement 
courte ; elle est presque sphérique et non cylindrique 
comme à l'ordinaire ; un court pédicule l'unit à la vési- 
cule accessoire. Cette dernière est de forme ellipsoïdale ; 
à l'un de ses pôles elle donne attache au pédicule de la 
poche du dard; latéralement elle porte, insérés en des 
points opposés, les deux corps multifîdes. L'un de ces 
corps est porté par un pédicule court et grêle et ses 
digitations ne s'éloignent que peu de la forme normale. 
Celui du côté opposé offre un pédicule vésiculeux, plus 
volumineux même que la vésicule accessoire, portant à 
sa périphérie des cœcums plus ou moins élargis et dé- 
formés dont quelques-uns présentent entre eux des 
anastomoses. 

Conformation intérieure. Pour l'observer, nous n'avons 
qu'à inciser les parois des organes précédents. 

La poche du dard est pourvue de parois épaisses (3«»), 
élastiques, d'un blanc nacré, dont le tissu est fortement 
musculeux. Dans la cavité centrale très réduite fait 
saillie une papille arrondie, insérée dans le fond de la 
poche et coiffée d'un petit corps en forme de coquille de 
Patelle (diam. de l'ouverture, 3™'"l/2) qui remplit le reste 
de la cavité et en est en quelque sorte le moule. Ce petit 
corps est un dard rudimentaire. Il est formé d'une 
masse homogène, transparente, élastique, qui renferme 
des concrétions calcaires microscopiques. Lorsqu'on 
dissout ces granulations par un acide, on observe à leur 
place, dans la masse homogène, des espaces circulaires 
marqués de stries concentriques. 



— 77 — 

Le pédicule de la poche du dard fait communiquer cet 
organe avec la vésicule accessoire. Les parois, très 
épaisses dans la poche, s'amincissent dans le pédicule 
et deviennent membraneuses et transparentes dans la 
vésicule. Celle-ci est remplie par 6 dards rudimentaires, 
rappelant par leur taille et leur forme celui que j'ai 
décrit plus haut. Ils ont sans doute été rejetés un à un, 
à mesure que leur taille devenait suffisante pour occu- 
per toute la cavité de la poche. Maintenant, quelle partie 
de l'appareil normal représente cette vésicule accessoire ? 
Je serais porté à y voir, pour ma part, une portion isolée 
du vestibule génital (la moyenne) dont nous retrouverons 
un autre tronçon annexé au 3° groupe. 

Les vésicules multifîdes forment des cœcums à parois 
membraneuses comme celles de la vésicule accessoire. 
Leur cavité ne communique pas avec cette dernière, 
mais en est séparée par une cloison qui ferme leur pédi- 
cule à la base. Elles contiennent une matière blanche 
amorphe. 

3° Groupe de la verge. 

Je n'ai ici que peu de chose à dire ; une partie des 
organes que comprend ce troisième groupe sont en effet 
parfaitement normaux par leur forme et leurs rapports 
(flagellum, gaîne de la verge et papille vir g aïe). Quelques 
particularités seulement sont à signaler en ce qui con- 
cerne le canal déférent, le muscle rétracteur du fourreau 
de la verge, le vestibule. 

Le canal déférent n'est représenté que par un court 
cœcum (4™"") qui s'insère au fond de la gaîne du pénis, à 
la base du flagellum. Il s'ouvre à l'intérieur de la gaîne 
par un petit orifice en forme de boutonnière étroite. 

Le muscle rétracteur, inséré sur la gaîne de la verge, 
à quelque distance en avant de la base du flagellum, se 
bifurque bientôt en deux branches dont l'une, plus longue, 
s'insère, du côté gauche, à la face inférieure du dia- 
phragme (comme le ferait un muscle normal) et l'autre, 
plus courte, au côté droit de l'œsophage, à 2 centimètres 
en arrière du bulbe. 



— 78 — 

Le vestibule, qui n'est en rapport qu'avec la gaine du 
pénis, paraît un simple prolongement renflé de cet or- 
gane. Il s'ouvre à l'extérieur par un orifice situé en 
arrière et un peu au-dessous du grand tentacule droit. 

Nous voyons, en rémumé, que la division de l'appareil 
génital en trois parties isolées provient de l'absence du 
canal oviducto-spermatique et de la scission du vestibule. 
Avec l'oviducte et la gouttière déférente ont disparu 
également la prostate, la vésicule copulatrice et, sans 
doute, la partie supérieure du vestibule, dans laquelle 
aboutit la tige de la vésicule copulatrice. — La stérilité 
de l'animal est une conséquence immédiate de cette dis- 
position anatomique. Mais nous avons constaté d'autre 
part que chaque organe en particulier remplit dans son 
intégrité sa fonction propre (sécrétion des éléments 
sexuels du dard). 

Il me reste à dire, pour terminer, que j'ai cherché s'il 
ne serait pas possible d'expliquer les anomalies indiquées 
ci-dessus par la persistance, chez l'adulte, d'un état 
embryonnaire. Après avoir consulté à ce sujet le mé- 
moire de M. Rouzaud (1), je suis arrivé à des conclu- 
sions négatives. 

M. Maurice Léger fait une communication sur : 
Deux cas de monstruosité ohservés chez des Langoustes. 

J'ai l'honneur de présenter à la Société philomathique 
deux cas de monstruosités que j'ai eu l'occasion d'étudier 
dernièrement sur des Crustacés. Les deux individus 
que j'ai examinés appartiennent au genre Palinurus; ce 
sont des Langoustes communes. Je me servirai de la 
nomenclature .de M. H. Milne-Edw^ards pour désigner 
les articles de l'antenne et de la patte. 

(Ij H. Rouzaud, Recherches sur le développement des organes génitaux 
de quelques Gastéropodes hermaphrodites. — Thèse pour le doctorat. — 
Paris, 1885. 



— 79 — 

La première monstruosité siège à l'antenne droite d'un 
de ces animaux. Celui-ci est d'une taille moyenne, 
et tous ses organes, sauf celui qui nous intéresse, 
sont absolument normaux. L'anomalie commence au 
mérocérite. Cet article, en effet, bien que présentant 
une base qui paraît normale, offre une particularité 
bizarre. 11 s'élargit à partir de son milieu, et prend des 
dimensions telles que son extrémité est fort développée. 
La surface articulaire qui se trouve en cet endroit est 
donc extrêmement étendue; aussi, voit-on s'y adapter 
deux articles au lieu d'un. Ces articles sont des carpo- 
cérites : l'un de ces carpocérites est situé à la partie 
postérieure, et légèrement à droite de la surface articu- 
laire. A son extrémité se trouve un procérite de dimen- 
sions normales. Ce carpocérite et ce procérite me pa- 
raissent rappeler assez exactement les deux articles 
correspondants de l'autre antenne. Le second carpocérite 
qui vient s'articuler sur le mérocérite a une forme tout 
à fait spéciale. Il est large à sa base, et se bifurque vers 
son milieu, en donnant deux branches assez courtes, 
sur chacune desquelles s'adapte un procérite. Ces deux 
procérites ont aussi des dimensions ordinaires. Il reste 
encore un détail à signaler. Le carpocérite dont nous 
venons de parler s'articule en partie sur la portion plane 
de la surface articulaire du mérocérite, et en partie sur 
un prolongement situé à la partie antérieure de cet 
article. On se trouve donc en face de deux articulations 
dont le jeu est le suivant : la première rappelle l'articu- 
lation normale correspondante de l'autre côté, et pos- 
sède un jeu semblable, quoique beaucoup moins étendu, 
gênée qu'elle est par le mouvement de la seconde. Celle- 
ci, située à la partie antérieure du mérocérite, joue 
obliquement de bas en haut (à cause du prolongement 
du mérocérite), et dans le sens antéro-postérieur. 

La seconde monstruosité qui nous occupe siège à la 
patte gauche delà quatrième paire, chez une Langouste 
de petite taille, mais dont tous les autres organes sont 
en bon état. Cette anomalie présente le caractère sui- 
vant : le coxopodite est très court, très large, et possède 
par conséquent une surface articulaire considérable. Il 



— 80 — 

en résulte que le basipodite est très développé à sa base. 
Mais, en outre, il a une tendance manifeste à la trifur- 
cation. Cependant, il ne forme pas réellement trois 
branches à son extrémité. Il présente plutôt, pour ainsi 
dire, deux faisceaux nettement séparés, l'un situé à la 
partie inférieure du basipodite, l'autre à la partie anté- 
rieure. Sur le premier s'articule un ischiopodite de taille 
normale, auquel font suite, avec des dimensions ordinai- 
res, et dans l'ordre régulier, tous les articles qui consti- 
tuent une patte. Le second faisceau , situé à la partie 
antérieure, se compose de deux tronçons soudés l'un à 
l'autre, et séparés par un sillon longitudinal profond. 
Ces deux tronçons ont chacun à leur extrémité une sur- 
face articulaire sur laquelle s'adapte un ischiopodite 
dont la forme et la taille n'offrent rien de particulier. 
Cependant, je dois faire remarquer que ces deux articles 
sont accolés l'un à l'autre à leur base, sans toutefois 
être soudés, et cela sur une surface très petite, mais 
suffisante néanmoins pour faire dévier leur direction. 
Puis viennent encore deux méropodites, deux carpopo- 
dites ; etc., en un mot, tous les articles des pattes nor- 
males, sans aucune particularité dans la taille ou dans 
la position. 

Ces deux monstruosités ont cela d'intéressant qu'elles 
sont nouvelles dans leur genre. On n'a, jusqu'à ce jour, 
mentionné aucune' anomalie siégeant sur les anten- 
nes des Crustacés. Le fait n'a encore été observé que 
chez quelques Insectes coléoptères. D'autre part, c'est 
pour la seconde fois seulement que l'on observe une 
monstruosité située sur une patte comme dans le der- 
nier cas que je viens de citer. La première et unique 
observation faite jusqu'ici a été décrite par Herklots (1). 
Elle était offerte par le tarse d'une patte de la deuxième 
paire d'un Lithodes arctica. Mais cette observation était 
bien loin d'offrir le degré de complication qui caractérise 
la précédente. On n'a encore trouvé aucun cas de bifur- 
cation aussi complète. En outre, aucune des monstruo- 



(1) J.-A. Herklots, Sur quelques monstruosités observées chez des 
Crustacés. Archives néerlandaises, t. V, 1870. 



— 81 — 

sitéSj étudiées jusqu'à présent, ne siégeait à la base des 
appendices. L'anomalie la plus compliquée à ce point de 
vue a été publiée par Faxon (1); et c'est seulement sur 
le méropodite que commence l'anomalie. 

Je dois signaler encore un fait important, qui me per- 
met de répondre en partie à une question que se sont 
posée tous les tératologistes qui ont étudié les anomalies 
des Crustacés. La monstruosité persiste-t-elle pendant 
la vie de l'animal, et après les différentes mues? L'exa- 
men de ma dernière observation m'autorise à répondre 
affirmativement pour celle-ci du moins. En effet, tout 
le monde connaît cette expérience qui consiste à pincer, 
par exemple, la patte d'un crabe et à la faire casser par 
l'animal. Le point où la patte se casse est situé à l'ex- 
trémité du basipodite. Or, dans le cas qui nous intéresse, 
le point de cassure existe en trois endroits : il en résulte 
que s'il arrivait un accident à l'animal, quand bien 
même il perdrait ses trois pattes , celles-ci repousse- 
raient fatalement en même nombre, puisqu'il y a trois 
points de cassure. Par conséquent , du moment que 
l'animal aurait régénéré forcément son anomalie s'il 
l'avait perdue, à plus forte raison l'aurait-il conservée 
pendant les différentes mues. 

Disons enfin que la régularité étonnante des articles 
trifurqués, et en particulier des pattes, pourrait faire 
supposer que ces deux monstruosités sont congéni- 
tales ; la seconde surtout semblerait l'être. Malheureu- 
sement aucune étude anatomique n'est possible, ces 
animaux ayant séjourné trop longtemps dans l'alcool, et 
aucun renseignement ne peut éclairer ces hypothèses (2). 

M. FiLHOL fait une communication sur : 

La formule dentaire supérieure des Bachitherium. 
J'ai fait connaître sous le nom de Bachiterium des 



(1) Faxon. Bulletin of Muséum of comparative zoology of Cambridge, 
t. VIII, mémoire 13. 

(2) Travail fait au Laboratoire de M. A. Milne-Edwards. 



— 82 — 

petits Ruminants . que j'avais trouvé clans les dépôts 
fossilifères des Phosphorites, associés aux Anoplotherium 
et aux Palseotherium. Les échantillons d'après lesquels 
j'avais établi mes diagnoses consistaient en divers 
maxillaires inférieurs et en fragments du maxillaire 
supérieur portant quelques molaires. J'ai obtenu derniè- 
rement des mêmes gisements une portion antérieure 
du crâne qui permet de compléter mes connaissances 
sur le système dentaire de ces animaux fossiles. 

Vu l'époque ancienne {Éocène supérieur) à laquelle 
remontent ces Mammifères, on pouvait se demander si 
la formule dentaire de ces Ruminants était la même que 
celle offerte par des animaux du même groupe vivant à 
notre époque. Il semblait qu'on put prévoir une plus 
grande complication de la série dentaire. La pièce que 
j'ai recueillie permet de faire disparaître tous ces doutes 
et de constater qu'à l'époque à laquelle vivaient sur 
notre sol les Anoplotherium, les Palœotherium, les Xipho- 
don, existaient des animaux possédant par leur système 
dentaire les caractères aujourd'liui particuliers aux 
Ruminants. En effet, sur l'échantillon que je fais con- 
naître, les incisives supérieures manquent absolument, 
et la première dent en série est une canine. 



(Séance du «9 février flSS6. 
PRÉSIDENCE DE M. FRANCHET. 

M. ViALLANES fait une communication sur : 
La structure du cerveau des Hyménoptères. 

Malgré les travaux nombreux auxquels a donné lieu 
la structure interne des centres nerveux des Insectes, 
un grand nombre de points restent encore à élucider. 

Je me suis récemment occupé de l'étude du cerveau 
de la Guêpe et je puis dès aujourd'hui faire connaître 
quelques-uns des résultats auxquels je suis parvenu. 



— 83 — 

Je me suis attaché tout d'abord à l'examen du gan- 
glion optique et des connexions fibreuses qui s'établis- 
sent entre celui-ci et le lobe central correspondant. 

Le ganglion optique est fondamentalement constitué 
comme chez les Libellules, il se compose des mêmes 
parties, ce sont, en allant de dehors en dedans : 1" Les 
fibres post-rétiniennes ; 2° la lame ganglionnaire ; 3° le 
chiasma externe ; 4° la masse médullaire externe ; 5° le 
chiasma interne ; 6" la masse médullaire interne. 

Le nerf optique qui unit le ganglion optique avec le 
lobe central correspondant se compose de quatre fais- 
ceaux complètement distincts, deux supérieurs et deux 
inférieurs. 

Les supérieurs naissent tous deux par une racine 
commune du bord antérieur de la masse médullaire 
externe, bientôt ils se séparent ; le premier va se jeter 
dans la face antérieure du lobe cérébral ; le second dans 
la face postérieure de ce même lobe. 

Les faisceaux optiques inférieurs naissent tous deux 
de la masse médullaire interne. 

Le premier, qui est] remarquable par l'individuali- 
sation des fibres qui le composent, naît de la face anté- 
rieure de la face médullaire, il se porte en avant, puis 
chemine horizontalement de dehors en dedans et va se 
jeter dans un tubercule saillant que le lobe central cor- 
respondant présente à sa face antérieure, immédiate- 
ment au-dessus du lobe olfactif. Le tubercule, dont nous 
venons de parler, est exclusivement formé de substance 
ponctuée ; il est uni à son congénère par une commissure 
transversale fibreuse. 

Le second naît du bord externe de la masse médullaire 
interne, c'est un puissant tractus de substance ponctuée 
unissant celle-ci à la substance du lobe central. 

Dans ce tractus, on reconnaît un cordon cylindrique 
formé de fibres bien distinctes et partout entouré de 
substance ponctuée. 

Il gagne la ligne médiane sans se diviser et, là, se 
continue avec son congénère ; ainsi une connexion directe 
est établie entre la masse médullaire interne de droite 
et la masse médullaire interne de gauche. 



— 84 — 

(■séance du 13 mars flSSO. 
PRÉSIDENCE DE M. ANDRÉ. 

M. ViALLANES fait une communication sur : 

La morphologie du squelette cêphalique des Insectes. 

Les recherches que je poursuis depuis plusieurs années 
sur le système nerveux des Crustacés et des Insectes 
m'ont conduit à faire sur la morphologie du squelette 
cêphalique de ces derniers quelques réflexions que j'ai 
l'honneur de présenter aujourd'hui à la Société. 

La morphologie de la tête des Crustacés décapodes 
est aujourd'hui parfaitement connue. Cette région du 
corps est formée de 6 zoonites, 3 pré-oraux, les zoonites 
ophthalmiques, antennulaires et antennaires, et 3 post- 
oraux, les zoonites de la mandibule, de la première et 
de la seconde mâchoire. 

La morphologie de la tête des Insectes présente plus 
d'obscurité , nous y reconnaissons bien trois zoonites 
post-oraux répondant aux zoonites post-oraux des Crus- 
tacés, mais combien la tête de l'Insecte compte-t-elle de 
zoonites pré-oraux ? voilà une question difficile à résou- 
dre. Je ne veux pour preuve de cette difficulté que la 
multiplicité des opinions émises. 

J'ai pensé qu'on pourrait trancher la question si, au 
lieu de se borner, comme on l'a fait jusqu'à présent, à 
l'examen des appendices pré-oraux, on étudiait concur- 
remment les nerfs et les centres nerveux correspondants. 

Chez les Crustacés décapodes la région pré-buccale de 
la chaîne ventrale, c'est-à-dire le cerveau se compose de 
3 segments correspondants aux trois zoonites pré-buc- 
caux. Le premier segment (protocerehrum) , répondant au 
zoonite ophthalmique, est com^^osé de chiasmas et de 
masses médullaires, qui lui donnent une structure abso- 
lument caractéristique. 

Le second segment central (deutocerebrwn) , répondant 



— 85 — 

au zoonite antennulaire, est caractérisé par la présence 
de parties nerveuses tout à fait spéciales, les filaments 
objectifs. 

Le troisième segment central ('^n7ocere7;rwmj, répondant 
au zoonite antennaire, est au contraire constitué comme 
un ganglion ordinaire de la chaîne ventrale et aucune 
de ses parties n'a de caractères spécifiques. 

Voyons maintenant comment est composé le cerveau 
chez rinsecte, nous y reconnaissons immédiatement un 
premier segment qui se met en rapport avec les organes 
de la vision, il a la même structure caractéristique, il 
est l'homologue de cette partie. 

Nous y connaissons aussi un second segment, il reçoit 
le nerf de l'antenne, il a la constitution caractéristique 
du deutocerebrum du Crustacé et doit être considéré 
comme l'homologue de cette partie. 

De cette première constatation il me paraît résulter, 
avec toute évidence, que la tête des Insectes présente 
au moins deux zoonites pré-buccaux, le premier portant 
les yeux et répondant au zoonite ophthalmique des 
Crustacés, le second portant les antennes et homologue 
du zoonite antennullaire des Crustacés. 

Existe-t-il chez l'Insecte un troisième zoonite pré-buc- 
cal, correspondant par conséquent au zoonite antennaire 
des Crustacés ? Je le crois, car le labre, par sa position 
entre le deuxième zoonite et la mandibule, répond sinon 
aux antennes des Crustacés, au moins à une partie de 
l'anneau antennaire de ces animaux. 

L'étude du nerf du labre confirme cette manière de 
voir. Celui-ci naît après le nerf de l'antenne, c'est-à-dire 
de la commissure œsophagienne au-dessous du point de 
jonction de celle-ci avec le deutocerebrum. Ainsi les 
nerfs du labre forment la quatrième paire nerveuse 
comme le nerf de l'antenne chez le Crustacé. 

Mais comment expliquer qu'on ne trouve pas à l'ori- 
gine du nerf du labre de renflement nerveux analogue 
au tritocerebrum. Le fait n'a rien d'étonnant si l'on con- 
sidère que chez le Crustacé l'antenne est très dévelop- 
pée, tandis que chez l'Insecte le labre est une partie 
proportionnellement plus ou moins atrophiée ; la réduc- 



tion du tritocerebrum n'a-t-elle pas dû accompagner la 
réduction du zoonite correspondant. 

Un tel fait n'a d'ailleurs rien qui doive nous étonner, 
car nous voyons chez certains Insectes (la Libellule par 
exemple), dont l'antenne est très réduite, le deutocere- 
brum s'atrophier, le nerf antennaire naît alors de la 
commissure entre le protocerebrum et le nerf du labre. 

Des faits que je viens de signaler, il me j^araît en 
somme résulter que la tête de l'Insecte présente comme 
celle du Crustacé trois zoonites pré-buccaux. Le pre- 
mier porte les yeux, le second les antennes, le troisième 
le labre. L'antenne de l'Insecte est par conséquent l'ho- 
mologue de l'antennule du Crustacé; le labre répond, 
sinon aux antennes externes du Crustacé, au moins à 
une partie de zoonite antennaire. 

M. FiLHOL fait une communication sur : 

Les caractères zoologiques de la faune des Vertébrés fossiles 

d'Issel. 

Il existe aux environs de Castelnaudary, près du petit 
village d'Issel, un puissant dépôt de graviers remontant 
comme origine à cette partie de l'éocène moyen, durant 
laquelle s'effectuaient dans le bassin de Paris les dépôts 
successifs des sables de Beauchamps et du calcaire de 
Saint-Ouen. L'âge géologique du gisement d'Issel pou- 
vant être exactement connu, il en résultait que toutes 
les observations susceptibles d'être faites sur le mode de 
constitution des Vertébrés dont il renfermait les débris, 
devaient posséder une grande valeur, car elles corres- 
pondaient à un moment très précis du dévelo^Dpement 
de la vie à la surface de la terre. 

Je me suis préoccupé, depuis une douzaine d'années, 
de recueillir soigneusement les divers ossements qu'on 
rencontrait accidentellement, soit en faisant des routes, 
des tranchées , soit en établissant des fondations , et 
d'autre part, à plusieurs reprises, j'ai effectué au moyen 
de la mine des recherches au sein des graviers d'Issel, 



_ 87 — 

qui sont tellement compactes qu'on ne peut songer à les 
attaquer par les procédés ordinaires. J'ai réuni ainsi une 
très grande collection dont l'étude m'a permis de recon- 
naître les caractères zoologiques d'une faune dont les 
divers éléments ont aujourd'hui complètement disparu. 

Sur le bord de bassins alimentés par des cours d'eau 
descendant de la Montagne Noire vivaient des animaux 
étranges, les Lophiodon, connus seulement jusqu'au 
moment de mes recherches par quelques parties de leur 
système dentaire. A l'heure actuelle le squelette pres- 
que complet de ces Mammifères est retrouvé, comme 
on le voit d'après les planches que je mets sous les yeux 
de la Société, et ses formes peuvent être définies. 

Les Lophiodon avaient beaucoup d'analogie avec nos 
Tapirs. La partie antérieure de leur orifice nasal se pro- 
longeait et elle supportait évidemment une trompe sem- 
blable à celle des animaux qui viennent d'être cités. Les 
différents os constituant les membres s'éloignaient par 
leur forme de ceux des Rhinocéros. On a pensé que les 
Tapirs et peut-être même les Rhinocéros pouvaient 
descendre des Lophiodon; l'anatomie complète du sque- 
lette de ces animaux trop étendue pour prendre place 
dans cette communication, permettra de constituer un 
point de départ précis pour la constatation des transfor- 
mations qui ont dû s'accomplir, si la supposition précé- 
dente est exacte. 

Les Lophiodon, d'après les débris que j'en ai décou- 
verts, devaient être très abondants. Ils paraissent avoir 
vécu par trouj)es. Leurs espèces étaient différentes et 
quelques-unes d'entre elles ont présenté des modifica- 
tions curieuses de certaines parties du système dentaire, 
dont la forme se modifiait bien évidemment, d'une ma- 
nière lente, mais progressive, dans une direction déter- 
minée. 

Les Lophiodon possédaient à un haut degré un des 
caractères particuliers propres aux Pachydermes primi- 
tifs ; leur bouche était armée de puissantes canines, qui 
constituaient évidemment pour eux de terribles moyens 
d'attaque ou de défense. 

A côté des Lophiodon, vivaient d'autres Pachydermes, 



les Pachynolophes, dont je signalerai plusieurs espèces. 
Il m'a paru que ce serait plutôt du côté de ces animaux 
que de celui des Lopliiodon qu'il faudrait rechercher 
les ancêtres de nos Tapirs. 

Les Carnassiers paraissent avoir été rares, et leurs 
quelques débris indiquent des formes possédant à un 
degré exagéré les caractères des Viverridês. 

Avec ces divers animaux vivaient, autour des bassins 
ou sur les bords des cours d'eau, de nombreuses Tortues, 
quelques-unes de très grande taille, et de gigantesques 
Crocodiles possédant des analogies avec une des formes 
de ces amimaux qui existe actuellement dans l'Inde. 
Une portion de maxillaire de Crocodile, que j'ai trouvée, 
indique des animaux de 6 à 7 mètres de longueur. 

M. Amaudrut fait une communication sur : 

La structure et la circulation dans l'organe de Bojanus 
de quelques Mollusques pulmonés. 

Chez la plupart des Mollusques pulmonés, l'appareil 
respiratoire se compose d'une cavité en forme de cul- 
de-sac s'étendant derrière la nuque, depuis l'ouverture 
de la coquille jusqu'aux trois quarts environ du dernier 
tour de spire. Cette cavité ne communique avec l'exté- 
rieur que par un orifice situé à droite, près de l'anus. 
C'est dans la partie postérieure du plafond de cette 
cavité que se trouvent le cœur et le rein. Le cœur occupe 
à peu près la ligne médiane, dirigé d'arrière en avant et 
de gauche à droite il présente son oreillette en avant et 
son ventricule en arrière. C'est à droite du cœur que 
l'on trouve l'organe de Bojanus, tantôt intimement 
accolé au péricarde (Hélix, Bulime), tantôt en étant 
séparé (Achatine). En arrière il ne dépasse guère le 
ventricule , tandis qu'en avant il dépasse légèrement 
l'oreillette {Hélix aspersa), beaucoup plus (Hélix pomatia, 
H. fruticum) et davantage encore chez l' Achatine, où la 
partie située en regard du cœur ne représente qu'à peine 
le tiers de sa longueur. Chez les Hélix il a la forme d'une 



— 89 — 

pyramide à base triangulaire dirigée en arrière ; chez 
l'Achatine il est aplati, plus large en arrière qu'en avant. 

L'organe est creux, ouvert seulement en avant dans 
une dilatation du canal excréteur, qui longe ensuite le 
côté externe jusqu'à sa base, se continue à droite et 
vient s'appuyer sur le rectum pour s'ouvrir à côté de 
l'anus, un peu en arrière et en dessus de ce dernier. 

Ce canal 'n'a pas été vu sur toute sa longueur par 
M. Sicard qui le fait partir de la partie postérieure chez 
le Zonites algirus. 

La cavité de l'organe ne communique ni avec le péri- 
carde ni avec la cavité générale. 

Les parois de l'organe sont formées par deux mem- 
branes : une externe et une interne réunies par des 
trabécules conjonctives, et laissant entre elles de nom- 
breuses lacunes qui, lorsque le rein est injecté, se décè- 
lent à sa surface par un réseau à mailles très irrégu- 
lières et de dimensions inégales. Parmi ces lacunes, il y 
en a une de dimension considérable située au-dessus du 
canal excréteur, rectiligne chez Y Hélix aspersa, sinueuse 
chez Helios pomatia et fruticum. De cette lacune partent 
celles qui forment le réseau de la surface et c'est dans 
son intérieur que viennent se jeter les veines pulmo- 
naires situées dans l'anse à concavité antérieure formée 
par le canal excréteur. 

La membrane interne de la paroi envoie dans l'inté- 
rieur de la cavité des diverticulums nombreux qui for- 
ment des lamelles de différentes dimensions, orientées 
pour la plupart d'arrière en avant. Entre ces lamelles 
longitudinales on en observe d'autres transversales, qui 
tantôt ont aussi leur origine sur la membrane interne, 
tantôt sont produites par bourgeonnement des lamelles 
principales et peuvent ou rester libres ou s'anastomoser 
avec les lamelles voisines et former des ponts transver- 
saux ou obliques jetés sur le sommet des lamelles lon- 
gitudinales. 

Lorsqu'on fait une coupe transversale de l'organe 
injecté par une matière solidifiable , on constate que 
chaque lamelle est formée de deux lames, tenant par 
leur base à la paroi interne et comprenant entre elles la 

7 



— 90 — 

masse injectée qui constituerait une troisième lame en 
rapport avec les sinus de la surface. Lorsque les lamelles 
s'anastomosent , la lame de substance injectée passe 
librement dans les anastomoses. Les lamelles princi- 
pales présentent souvent une dilatation à leur partie 
terminale, ce qui tient à ce qu'un certain nombre de 
lamelles secondaires sont venues se joindre à elles 
sur leur parcours. On observe surtout ces dilatations 
dans le voisinage du point où le sang qui a circulé dans 
l'organe va rentrer dans la veine pulmonaire. Là, en 
effet, toutes les lamelles semblent s'être réunies en 
deux ou trois principales, très grandes, qui s'abouchent 
ensuite en une seule qui débouche dans la veine pulmo- 
naire en avant du péricarde (Hélix aspersa), ou bien qui 
débouchent séparément par deux ou trois orifices d'iné- 
gales dimensions, dans une sorte de couloir situé entre 
le péricarde et le rein, couloir qui vient s'ouvrir égale- 
ment au point où la veine pulmonaire traverse le péri- 
carde. 

Si on place à côté de la coupe précédente une coupe 
également injectée du poumon, prise dans un endroit 
où les veines pulmonaires sont excessivement dévelop- 
pées ; par exemple dans le voisinage du pneumostome 
chez l'Achatine, on est frappé de la ressemblance qui 
existe dans les deux coupes. Il suffirait de placer sur 
les lames' de cette dernière les cellules à concrétions 
d'acide urique pour avoir la structure du rein. On peut 
donc conclure que le processus par lequel se sont for-- 
mées les lamelles du rein est analogue à celui qui a 
présidé à la formation des veines pulmonaires. 

M. Sicard, dans son anatomie du Zonites, ne fait 
qu'indiquer ces lamelles. M. Joyeux-Laffuie sur l'On- 
chidie les décrit comme « formées par une lame de tissu 
du manteau, qui s'avance dans la cavité et bientôt se 
réunit à une ou plusieurs autres lames venant d'autres 
points de la paroi et circonscrivant des sortes de cavités 
irrégulières ». Le même auteur dessine sur une coupe 
transversale les sections circulaires de trois ou quatre 
vaisseaux qui longeraient la lame (Onchidium) . 

Saint-Simon décrit, partant de la partie postérieure de 



— 91 — 

l'organe urinaire chez Hélix et Zonites, « un conduit 
un peu grêle contenant un grand nombre de grains 
crétacés et parait aboutir à l'intestin ». L'existence de 
ce conduit paraît problématique à M. Sicard, Milne- 
. Edwards dit que cet auteur a dû prendre un vaisseau 
sanguin pour un canal excréteur, et plus loin il décrit 
un vaisseau venant de l'aorte et se rendant à l'organe. 
Ce fait est inexact, le rein ne reçoit pas de sang venant 
de l'aorte. 11 suffît pour le constater d'injecter par le 
ventricule après avoir ouvert la cavité générale ; dans 
ce cas, le système artériel seul étant injecté, l'organe ne 
l'est pas et on ne voit aucun vaisseau qui s'y rende. Si 
au contraire on pousse l'injection dans la cavité générale, 
l'organe est rapidement injecté et on observe à sa base 
un certain nombre de lacunes injectées que l'on peut 
suivre jusque dans la cavité générale. L'une d'elles, plus 
grande que les autres, se continue sur la face supérieure 
du rein dans l'angle supérieur. Il est probable que c'est 
celle-ci qui a été prise pour une artère. L'existence de 
ces lacunes, leur communication avec l'organe de Boja- 
nus ne doivent pas nous surprendre ; le sang revient au 
poumon par les sinus et celui-ci étant en continuité de 
tissus avec le rein, le sang passe librement de l'un à 
l'autre. 

La quantité de sang veineux que le rein reçoit de la 
cavité générale est très faible comparativement à celle 
de sang artériel qu'il reçoit du poumon. 11 existe en 
effet, comme l'a décrit Milne-Edwards, dans la concavité 
du canal excréteur, un système de veines en rapport 
d'une part avec le sinus périrectal et d'autre part avec 
l'organe. J'ajouterai seulement que ces veines se ren- 
dent pour la plupart dans un long sinus longitudinal 
situé au-dessus du canal excréteur. 

En résumé, le canal excréteur a son origine au som- 
met de l'organe. La structure du rein est différente de 
celle que l'on a décrite jusqu'ici et présente de grande 
ressemblance avec celle du poumon. L'organe ne reçoit 
pas de sang artériel de l'aorte. Il reçoit en faible quan- 
tité du sang veineux des sinus de la cavité générale. 11 
reçoit en plus grande quantité du sang artériel qui a 



— 92 — 

traversé le poumon dans l'espace compris dans l'anse à 
concavité antérieure du canal excréteur. Le sang qu'il 
reçoit par cette voie se concentre dans un sinus récep- 
teur qui s'étend sur toute la longueur de l'organe au- 
dessus du canal excréteur. Du sinus récepteur il est 
distribué dans les lacunes des parois de l'organe boja- 
nien, où il se mélange au sang veineux de la cavité 
générale. Le sang mélangé s'engage dans les lamelles 
et leurs ramifications. Le sang qui a circulé dans ces 
lamelles revient toujours à la veine pulmonaire ; tantôt 
par un seul canal qui débouche en avant du péricarde 
(Hélix aspersa), tantôt par trois ou quatre qui amènent 
le sang dans un couloir situé entre le péricarde et le 
rein, couloir qui vient déboucher au même point {Hélix 
pomatia. Hélix fruticum) , tantôt par plusieurs canaux 
compris entre le rein et la veine pulmonaire (achatine). 
Par la multiplicité des lamelles qu'il renferme, par la 
quantité relativement considérable de sang qui peut 
s'accumuler dans ces lamelles, il n'est pas impossible 
que l'organe bojanien joue, en dehors de ses fonctions 
spéciales, un rôle secondaire dans la circulation et la 
respiration. Le sang pourrait à certain moment s'accu- 
muler dans les lamelles, quand, par exemple dans les 
mouvements brusques, la tension du sang de la cavité 
générale phange brusquement. Ce sang accumulé, étant 
en grande partie artériel pourrait peut-être être consi- 
déré comme une réserve qui serait épuisée ensuite en 
attendant que les conditions normales fussent réta- 
blies (1). 



Sléance du tV mars ISSe. 
PRÉSIDENCE DE M. FRANGHET. 

M. E.-L. Bouvier fait une communication sur 

(1) Laboratoire de Malacologie du Muséum. 



— 93 — 



Le système nerveux et certahis traits éC organisation 
des Neritidse et des Helicinidse. 

Système nerveux. Le système nerveux des Néritidés et 
des Hélicinidés présente les trois caractères essentiels 
communs à tous les Gastéropodes scutibranches (Cyclo- 
branches et Aspidobranches) ; c'est-à-dire : 

1° La présence de quatre colliers nerveux antérieurs 
périœsophagiens ; 

2° L'origine du stomato-gastrique sur une saillie gan- 
glionnaire proboscidienne appartenant aux ganglions 
cérébroïdes ; 

3° L'existence de deux longs cordons pédieux gan- 
glionnaires sur une plus ou moins grande partie de leur 
longueur et ordinairement reliés par des anastomoses 
transversales. 

Les quatre colliers antérieurs ont une partie dorsale 
commune formée par les ganglions cérébroïdes triangu- 
laires et par la longue commissure qui les réunit. 
L'innervation des ganglions cérébroïdes n'offre rien de 
particulier et se rapproche à tous égards de celle du 
Turbo. Le collier antérieur est formé sur les côtés par 
la saillie ganglionnaire proboscidienne, en dessous par 
une assez forte commissure transversale qui réunit ces 
saillies ; les nerfs du mufle partent de ces saillies. Deux 
autres colliers très rapprochés sont fermés en dessous 
par la masse ganglionnaire palléo-pédieuse, sur les côtés 
par les connectifs très longs qui se rendent des gan- 
glions palléaux et des ganglions pédieux aux centres cé- 
rébroïdes. Le quatrième collier est formé inférieurement 
par le stomato-gastrique dont les connectifs se rattachent 
à la pointe de la saillie proboscidienne ; comprise entre 
la masse buccale et l'œsophage, la partie inférieure de ce 
collier est plus relevée que celle des trois autres. 

La masse palléo-pédieuse, qui repose sur le plancher 
de la cavité du corps, est formée par cinq ganglions 
réunis entre eux de manière à former un anneau. La 
lumière centrale de cette anneau est toujours très 
étroites. Les deux ganglions antérieurs sont les ganglions 



— 94 - 

pédieux, ils se prolongent dans le pied sous la forme de 
deux gros et longs cordons pédieux, ganglionnaires sur 
une plus ou moins grande partie de leur longueur ; ces 
cordons se rapprochent à leurs deux extrémités et leur 
ensemble figure assez bien un ovale. Chez YHelidna 
sagraiana (d'Orb.) de fines anastomoses transversales 
réunissent ces cordons et nous pensons que les difficul- 
tés seules de la dissection nous ont empêché de les re- 
trouver chez les Néritidés ; Simroth signale en effet des 
commissures transversales chez la Neritina fluviatilis. 
Les nerfs pédieux partent essentiellemnt de la face ex- 
terne des cordons pédieux. Chez la Navicella JanelU 
(Recluz) les otocystes sont en contact avec la partie pos- 
térieure de la masse palléo-pédieuse ; elles sont situées 
au-dessous des ganglions pédieux chez la Neritina 
canalis (Sow.) qïV Helicina Brasiliensis (Gray). 

Les trois ganglions postérieurs sont très inégalement 
développés. Nous donnons provisoirement aux deux 
ganglions latéraux, très développés, le nom de ganglions 
palléaux, au ganglion postérieur celui de ganglion sub- 
intestinal. Les ganglions palléaux de chaque côté en- 
voient toujours un (Hélicine) ou deux nerfs (Néritidés) 
aux parois de la cavité antérieure du corps, un nerf 
puissant au manteau et un ou deux nerfs au muscle 
columellaire. Chez les Hélicines les nerfs palléaux et 
columellaires du même côté ont une origine commune 
sur le ganglion palléal. A gauche, chez les Néritidés le 
nerf palléal envoie dans le manteau un nerf qui se dirige 
en arrière après avoir atteint le manteau et se rend à la 
branchie dont il suit le bord de la pointe libre ; ce nerf 
manque comme la branchie chez les Hélicines. 

Le ganglion sub-intestinal existe toujours, mais il est 
loin de se séparer constamment avec une grande netteté 
des ganglions palléaux. Il n'a pas été aperçu par Clapa- 
rède dans la Neritina fluviatilis, mais M. de Lacaze-Du- 
thirs l'a fort nettement retrouvé chez la même espèce. 
Chez les Navicelles (Nav. JanelU) et les Néritines N. ca- 
raos« (Gray) et N. canalis) que nous avons disséquées, ce 
ganglion est accolé au ganglion palléal droit et se ratta- 
che au ganglion palléal gauche par une assez longue com- 



— 95 — 

missure ; il en est de même chez la Neritina fluviatilis. 
Chez la NeHta peloronta (Linné) et chez nos deux espèces 
d'Hélicines, il est également accolé avec les ganglions 
palléaux de droite et de gauche. Ce ganglion envoie en 
arrière un très puissant nerf viscéral qui donne des 
filets aux parois du corps, au rectum, aux glandes an- 
nexes de l'appareil génital et surtout au foie et aux glan- 
des génitales, avant de former un ganglion viscéral im- 
médiatement au-dessous de l'orifice du rein. De ce 
ganglion viscéral partent deux nerfs qui se rendent essen- 
tiellement au rein, au péricarde et peut-être au cœur. 

Position zoologique des deux familles^ caractères particu- 
liers. Par leurs quatre colliers et la disposition de leur 
système nerveux pédieux, les Néritidés et les Hélici- 
nidés se rattachent intimement aux Gastéropodes scuti- 
hranches (Cyclobranches et Aspidobranches) dont elles 
se distinguent par la disposition caractéristique du sys- 
tème nerveux palléo-viscéral qui est orthoneure au lieu 
d'être chiastoneure. Cette particularité est d'autant plus 
curieuse que ces deux familles seules, parmi les Proso- 
branches, offrent cette disposition. La chiastoneurie est 
et reste le caractère essentiel des Prosobranches. 

A quoi attribuer cette anomalie dans la disposition du 
système nerveux palléo-viscéral? Nous croyons que 
l'adaptation de la vie dans les eaux marines à la vie dans 
les eaux douces prises sur le continent n'est pas étran- 
gère à cette modification, et nous sommes d'autant plus 
portés à le croire que d'autres modifications se sont pro- 
duites dans certains organes essentiels. Nous allons 
indiquer ces modifications en disposant les types dans 
l'ordre probable de leur parenté. 

Troghidés. — Saillies proboscidiennes ganglionnaires 
très allongées, ganglions stomato-gastriques mal défi- 
nis et formant un cordon en fer-à-cheval. Chambre pal- 
léale divisée dans presque toute son étendue en deux 
cavités par une cloison horizontale qui porte la branchie 
à pointe libre. Orifice du rein ramené fort loin en avant. 
Pas de pénis. Cœur traversé par le rectum. Animaux 
marins. 

Nérite {Nerita peloronta) . — Saillies proboscidiennes. 



— 96 — 

assez peu allongées ; ganglions stomato-gastriques en- 
core mal définis mais formant un cordon en fer-à-cheval 
médiocrement allongé où l'on peut déjà entrevoir une 
distinction en deux ganglions. Cloison de la chambre 
palléale limitée à la partie postérieure, branchie ayant 
une très longue pointe libre. Orifice du rein situé au 
fond de la cavité branchiale comme chez les formes plus 
élevées en organisation. Un pénis simple en avant et à 
la base du tentacule droit [N. peloronta, N. vesiicolor. 
Lam.). Cœur traversé par le rectum. Animaux marins, 
on les trouve aussi dans les eaux sawnâtres à l'embouchure 
des rivières. 

Néritine, Navicelle. — Saillies proboscidiennes 
presque tronquées et relativement réduites ; ganglions 
stomato-gastriques nettement séparés chez les Néri- 
tines (N. canalis,) beaucoup moins chez les Navicelles. 
Chambre palléale, rein et branchie de Nérite. Un pénis 
placé à la base et en avant du tentacule droit ; simple 
chez les Navicelles (N. Janelli, N. porcellana. Desh.) et 
les Néritines (N. canalis, N.punctulata, Lam., N. gagates, 
Lam., N. virginea, Lam., N. reclivata, Say, N. Betica, 
Férussac), parfois double [N. cariosa). Cœur traversé par 
le rectum. Vivent dans les eaux douces, les Navicelles aiment 
les eaux des cascades et vivent longtemps sur les rochers sim- 
plement humectés. Quoy et Gaymard ont trouvé en mer la 
Néritine aùriculée; d'ailleurs les Néritines peuvent assez long- 
temps vivre suspendues aux feuilles des arbres qui bordent les 
cours d'eau. 

Héligines [H. Brasiliensis, H. Sagraiana.). — Saillie 
proboscidienne arrondie, réduite et se séparant mal des 
ganglions cérébroïdes ; ganglions stomato-gastriques 
aussi distincts que possible, courts et séparés par un 
étranglement sur la ligne médiane . La cloison palléale 
et la branchie ont complètement disparu ; un poumon . 
Je n'ai pas trouvé de pénis. Le rein a la même place que 
chez les Néritidés et les Prosobranches supérieurs. Le 
cœur n'est pas traversé par le rectum. Animaux terres- 
tres. 

Nous espérons trouver dans ces deux familles le pas- 
sage des Prosobranches inférieurs aux Prosobranches 



- 97 — 

supérieurs ; il est déjà nettement indiqué par la posi- 
tion et la structure du rein, l'apparition du pénis et la 
structure du cœur qui, chez les Hélicines est complète- 
ment identique à celui des Prosobranches plus élevés 
en organisation. Peut-être trouverons-nous, là aussi, la 
source des différentes modifications du système ner- 
veux chez les Prosobranches. Nos recherches ont été 
faites au laboratoire de Malacologie du Muséum. Elles 
complètent en de nombreux points celles de Moquin- 
Tandon, Claparède, Ihering, de Lacaze-Duthiers, Sim- 
roth sur les Néritines, d'Ihering et d'Isenkrahe sur les 
Hélicines, 



M. Mayoux fait une communication sur : 

L'existence d'un rudiment céphalique, d'un système nerveux 
stomato- gastrique et quelques autres purticularités morpho- 
logiques de la Pintadine. 

Les animaux que j'ai étudiés appartenaient à la faune 
deTaïti. Cette remarque a son importance, car, dans les 
limites de l'espèce, la Pintadine [Meleagrina margaritifera) 
se rapproche du genre Avicula par des formes de transi- 
tions si nombreuses, qu'il importe d'indiquer le lieu de 
provenance des individus auxquels on a eu affaire. 

Lorsque, après avoir ouvert le manteau de l'huître 
perlière sur la face dorsale, on dissèque la région anté- 
rieure de l'animal, on ne rencontre pas la masse hé- 
patique, comme cela arrive si généralement chez les 
Lamellibranches étudiés dans cette position, mais, au 
contraire, on s'aperçoit qu'en avant du foie une portion 
appréciable du corps est complètement dégagée de la 
masse viscérale ; ce n'est qu'en arrière du collier œso- 
phagien qu'on commence à trouver la glande hépa- 
thique. Cette portion antérieure contient l'extrémité 
buccale de l'animal; et de même, à la face ventrale, on 
remarque que cette extrémité se projette en avant aune 
assez grande distance du pied de façon à occuper sous le 
manteau le sommet antérieur du corps de l'animal, et à 



— 98 - 

former une sorte de mufle comparable à la tête d'un Gas- 
téropode. La ressemblance est complétée par l'existence 
à la face dorsale de cette région de quatre prolongements 
tentaculiformes, deux antérieurs très longs, deux posté- 
rieurs beaucoup plus petits. Cette conformation exté- 
rieure est assez différente de celle que nous offrent ordi- 
nairement les Lamellibranches pour mériter une étude 
plus approfondie ; je vais résumer les observations que 
j'ai recueillies sur les diverses parties signalées. 

Bouche et pharynx. La bouche qui occupe l'extrémité 
de la région antérieure dégagée du reste du corps, est 
large et munie de deux lèvres assez développées. Son 
orifice donne accès dans une région très remarquable 
en ce que, contrairement à ce qui a lieu chez les Lamel- 
libranches, elle est entourée d'un anneau musculaire 
très net et assez puissant ; cette région correspond donc 
très exactement au pharynx des Gastéropodes et est 
suivie comme chez eux par un œsophage dans lequel 
les muscles ne sont plus distincts . 

Prolongements tentaculiformes. Les prolongements ten- 
taculiformes sont en rapport intime avec le système 
musculaire de la région antérieure. La face ventrale de 
l'animal est occupée dans toute sa largeur par une sorte 
de fascia musculaire à fibres transversales de chaque 
côté duquel font saillie deux piliers assez volumineux 
qui partent de la base du pied, se dirigent en divergeant 
en avant et en haut, passent de chaque côté du pharynx 
et s'atténuent progressivement pour constituer au-des- 
sus de lui les deux prolongements antérieurs dont j'ai 
parlé. Ces muscles correspondent évidemment à ceux 
qu'on a appelés rétracteurs antérieurs du pied chez les 
Lamellibranches ordinaires et qui, chez eux, prennent 
insertion sur la coquille ; mais j'ai pu m'assurer facile- 
ment que chez les Pintadines que j'ai étudiées, il n'y a 
aucune adhérence entre leur extrémité et le fond de la 
fossette dans laquelle ils sont logés. Sur tout leur par- 
cours ils sont entourés par les téguments du corps et de 
plus leur extrémité antérieure soulève le manteau qui 
leur fournit une gaine absolument continue que leurs 
fibres ne traversent jamais. Ces muscles sont donc dé- 



pourvus de toute fonction en tant que rétracteurs du 
pied ; ils ne sauraient avoir d'autre effet que de déter- 
miner la contraction des prolongements tentaculiformes 
qui les terminent et tout au plus celle de la région anté- 
rieure du corps sur le pied. Quant au prolongement 
postérieur, il est constitué par une bandelette musculaire 
transversale qui passe au-dessus du rétracteur anté- 
rieur; il est entouré comme le premier par une gaîno 
cutanée et palléale continue. Ces prolongements tenta- 
culiformes ont une autre ressemblance très remarquable 
avec les tentacules des Gastéropodes. C'est qu'ils sont 
innervés spécialement par les ganglions cérébroïdes. 
Toutefois on trouve assez souvent chez les Lamelli- 
branches des muscles innervés par les ganglions céré- 
broïdes pour ne pas attribuer une grande importance à 
ce fait. C'est pourquoi nous appelons ces appendices 
prolongements tentaculiformes et non pas tentacules. 
On les retrouve, quoique moins bien définis et moins 
distincts chez les Avicules et les Pernes, chez lesquelles 
il faudra examiner soigneusement leur structure. 

Système nerveux. Je ne parlerai que de ' la partie sus- 
œsophagienne du système nerveux. 

Sur les ganglions cérébroïdes naissent de dedans en 
dehors et antérieurement : 

1° Un filet très mince, dirigé en dedans, qui se rami- 
fie dans la région antérieure et médiane du manteau 
intermédiaire aux deux prolongements tentaculiformes 
antérieurs. 

2° Un tronc nerveux très volumineux qui pénètre 
dans la masse musculaire du prolongement tentaculi- 
forme antérieur, s'y divise en deux branches principales 
qui émergent ensuite du muscle pour se ramifier dans 
la région antérieure et latérale du manteau, en dehors 
de chaque prolongement. 

3° Un petit filet qui pénètre dans le muscle du tenta- 
cule antérieur et s'y perd sans passer dans le manteau. 

11 innerve donc ce muscle d'une manière toute spéciale. 

En dehors et latéralement, on trouve un petit filet 
qui se dirige transversalement dans la bandelette mus- 
culaire du tentacule postérieur, 



— 100 — 

Mais le fait le plus important que l'étude du système 
nerveux de l'huître perlière ait mis entre mes mains est 
sans contredit l'existence d'un système stomato-gastri- 
que bien caractérisé. 

Un pareil système n'a jamais donné lieu chez les La- 
mellibranches à d'autres observations précises que celles 
de Keber sur l'Anodonte, datant de 1837 et qui même 
ont été contestées depuis sur quelques points. Or, chez 
l'huître-perlière, j'ai observé très distinctement un filet 
nerveux naissant du cerveau entre les commissures 
cérébroïde et cérébro-pédieuse et qui ne tarde pas à se 
bifurquer en deux rameaux, l'un antérieur aboutissant 
bientôt à une masse ganglionnaire allongée, mal limitée, 
mais assez volumineuse, d'où partent des nerfs nombreux 
qui se distribuent aux parois de l'œsophage et à la masse 
musculaire du pharynx. Par ses attributions tout aussi 
bien que par sa position, ce ganglion mérite tout-à-fait 
le nom de ganglion buccal. C'est un centre nerveux ab- 
solument inconnu jusqu'à présent chez les Lamellibran- 
ches. Les nerfs qui en sont issus forment sur les parois 
de l'œsophage un plexus d'une très grande richesse dans 
lequel se font surtout remarquer par leur calibre des fi- 
lets longitudinaux qu'on peut suivre jusque sur les pa- 
rois de l'estomac et sur l'orifice des canaux hépatiques. 
Le second rameau de la bifurcation se dirige transver- 
salement et un peu en arrière, jusqu'à ce qu'il rencontre 
la branche similaire du côté opposé, à laquelle il s'unit. 
Il se forme alors par la réunion de ces deux branches 
une sorte de commissure jugulaire analogue à celle que 
M. Lacaze-Duthiers a décrit chez l'Haliotide comme 
résultant de l'anostomose des nerfs proboscidiens de 
chaque côté et qui a été retrouvée depuis chez un grand 
nombre de Scutibranches. Notons toutefois un fait assez 
singulier, que j'ai constamment observé chez tous les 
individus étudiés : c'est l'existence d'une anastomose 
entre le ganglion buccal et le gros tronc qui va innerver 
le manteau après avoir traversé le muscle rétracteur 
antérieur et qui correspond au nerf palléal antérieur 
des autres Lamellibranches, 

Je dois signaler en terminant deux autres particula- 



- 101 — 

larités morphologiques dans les appareils digestif et 
circulatoire du même animal. La première, appréciable 
extérieurement, est l'existence d'un opercule anal foliacé 
assez étendu, continu avec l'extrémité postérieure de la 
paroi dorsale du rectum. 

La seconde a trait à la conformation et aux rapports 
du cœur. En effet, le ventricule cardiaque n'est pas tra- 
versé par le rectum et le cœur est situé en avant de 
celui-ci ; de plus les oreillettes au lieu de flanquer laté- 
ralement le ventricule, prennent leur origine de la base 
antérieure du ventricule et ne sont distinctes l'une de 
l'autre que postérieurement et sur une étendue à peine 
appréciable ; elles sont confondues en une seule cavité 
dans tout le reste de leur masse et constituent un corps 
violet en forme de triangle des deux sommets antérieurs 
duquel partent les veines branchiales. La conformation 
des organes centraux de la circulation est du reste iden- 
tique, comme nous avons pu nous en assurer chez les 
Avicules et les Pernes. 

Nous trouvons donc une différence remarquable entre 
l'huître perlière et un animal de la même famille, laVul- 
selle, chez lequel M. Vaillant a décrit le cœur comme 
traversé par le rectum, tandis que le corps de Bojanus 
serait, d'après cet auteur, un organe violet répondant 
par sa couleur et sa situation à l'oreillette unique de 
l'huître-perlière ( ] ) , 

Suite de la communication de M. Franghet (Séance 
du 24 octobre 1885) sur : 

La végétation de Vile cCYéso et diagnoses déplantes nouvelles 
du Japon. 

Saxifragage^. 

Ghrysosplenium costulatum, sp. nov. — Gla- 
brum; innovationes epigese; stolones prsster rosulam 
terminalen nudi, rosulee foliis rotundatis vel etiam latio- 

(1) Laboratoire de Malacologie du Muséum. 



— 102 — 

ribus quam latis, inconspicue crenatis ; caulis florigerus 
subnudus, ad médium par unicum foliorum gerens, Ibliis 
longe cuneato obovatis, antice subtiliter paucicrenatis ; 
folia floralialate obovato subrotunda, ssepius parum dis- 
tincte 7-crenatis ; flores pedicellati ; calycis lobi rotun- 
dati ; stamina 8, paulisper exserta ;' capsula calycem triplo 
superans, lobis divergentibus, ovato-oblongis, acutis ; 
semina ovato-subglobosa , valide 13-14 costata, costis 
subtilissime transversim crenulatis. 

Yeso, in sylvis humidis prope Mori (Faurie, 4 jun. 
1885, n° 319). 

Port du Ch. Faurise, avec beaucoup des caractères du 
Cil. kamtschaticum , mais plus robuste que ce dernier 
dont les stolons demeurent très petits et ne portent que 
des feuilles diminuées; la capsule et les graines sont 
surtout différentes dans les deux espèces et ne permet- 
tent pas de les confondre. 

Ghrysosplenium corrugatum, sp. nov. — Cap- 
sula parum exserta, lobis rotundatis abrupte stylo acu- 
minatis ; semina ovata elevato-costata, costis transversim 
undique corrugatis ; caulis palmaris , subnudus , pari 
unico foliorum prope basin sito, foliis minimis; pro 
Cceteris Chr. kamtschatici affine. 

Yeso, circa Otaru (Faurie, n° 270 Ms). 

Les feuilles radicales persistent et sont tantôt arron- 
dies, tantôt flabelliformes ; les stolons varient beaucoup 
dans leur dimension, mais ils ne portent de feuilles que 
vers le haut, comme ceux du Chr. kamtschaticum; les 
ornements de la graine sont très caractéristiques dans 
le Chr. corrugatum. 

Ghrysosplenium crenulatum, sp. nov. — Inno- 
vationes hypogeœ ; pubes confervoidea rufescens, liaud 
densa ; stolones débiles , decumbentes ssepius rosulam 
terminalem foliorum tantum gerentes ; caulis floriferus 
gracilis erectus , paucifoliatus , foliis oppositis ; folia 
stolonum et caulis florentis conformia, subrotundata, 
basi truncata vel brevissime producta, circumcirca cre- 
nato-dentata, crenis 6-11, porrectis , subacutis; flores 
subsessiles ; calycis lobi ovato-rotundati ; stamina 8, in- 
clusa; capsula parva, calycem vix excédons, lobis rotun- 



— 103 — 

nclatis quasi trimcata ; semina ovali-oblonga, valide 14-16 
costulata, costulis trans verse crenulatis, inter costulas 
levissima, fusca, nitida. 

Yeso, circa Mori seciis viam e Sapporo ad Hakodate 
•ducentem (Faiirie, 4 jun. 1885, n° 319 ter); Otaru, in 
vallibus montium (id. , n° 130, 270); Sapporo (id., n" 128), 

Par son aspect et par ses feuilles le Chr. costulatum 
rappelle beaucoup le Chr. sulcatum, Maxim., de l'Inde ; 
mais il s'en éloigne beaucoup par ses capsules presque 
incluses, ses graines ovales-oblongues à côtes créne- 
lées. 

Ghrysosplenium stamineura, sp. nov. (Dialysple- 
nium, Maxim.). — Pube conlervoidea rufa prassertim 
secus caulem vestitum ; stolones abbreviati, decumben- 
tes, foliosi ; folia (prseter suprema) opposita, parva, limbo 
subrotundo, basi breviter producto, nuncetiam obovato, 
5 crenato ; folia superiora cuneata, fere incisa ; flores 
subsessiles; calyx petaloideus, albidus, lobis lanceolatis 
obtusis ; stamina 8, longe exserta; antherse atroviolacese. 

Nippon, in loco non indicato legit Dickins. 

Très ressemblant au Chr. album, mais paraissant bien 
distinct par ses longues étamines presque doubles du ca- 
lice ; dans le Chr. album, les filets staminaux sont à peu 
près de la longueur du calice et les anthères seules font 
saillie au-dehors. 

J'ai trouvé dans les racines du Chr. stamineum une 
graine qui lui appartient selon toute probabilité; elle 
est sphérique, fauve, très lisse et relativement plus 
grosse que celles des autres espèces du genre. 

H^MODORACE.-E. 

Aie tris Dickinsii, sp. nov. — Tota glabra ; folia in- 
fmia lîneari-lanceolata, acuminata, inferne longe atte- 
nuata quasi petiolata; caulis floriferus folio inferiora 
nunc vix superans, nunc illis triplo longior, paucifo- 
liatus, foliis caulinis tantum 2 vel 3 lanceolato-linearibus, 
minimis ; racemus basi laxus ; flores brevissime pedun- 
culati , solitarii vel rarius gemini ad axillam bractese 



— 104 — 

lanceolato-linearis vel linearis illis subsequilong£)e ; pe- 
rianthium extus levé, minutissime pulverulentum, tubo 
mox (ovario turgescente) ovato vel subgloboso, lobis 
lanceolatis obtusis sordide lutescentibus œquilongo; 
ovarîum subglobosum, seminibus fusiformibus, fulvis, 
longitudinaliter 10-12 costatis, costis levibus. 

Folia usque pedalia, nunc triplo breviora, 10-20 m. 
lata; caulis 30-35 cent. ; flores, 1 cent. 

Nippon, in monte Fudsi legit Dickins. 

Espèce comparable seulement avec VAletris farinosa, 
L., mais bien distincte par ses fleurs seulement pulvé- 
rulentes et non pas couvertes de longues papilles blan- 
châtres très saillantes , formant des lignes ondulées , 
crispées après la dessication. UAletris japonica s'éloigne 
davantage par son inflorescence brièvement laineuse. 



Cyperage^. 

Rhynchospora Fauriae, sp. nov. — Glauca ; culmi 
erecti, usque bipedales, graciles, apice scabri; folia ri- 
gida, angusta (2 mill. lata), apice trigona, obtusa, mar- 
gine scaberrima, culmis breviora; bractea inlîma longi- 
ter, superior breviter vaginans ; corymbi 3-5 (rarius e 
vagina binati), haud compositi, inferioribus distantibus, 
exserte pedunculatis , superioribus subcontiguis , folio 
bracteanti haud longe superatis ; spiculse 6-9, biflorae, 
erectse, rufescentes , lanceolato-lineares, subulatse ; 
squamse très inferiores vacufe, ovatse, intimis flores fo- 
ventibus lanceolatis ; setœ hypogynse 6, capillares, re- 
trorsum scabrse, achsenio maturo subtriplo longiores; 
stamina 3 ; stylus ultra médium bifîdus ; achsenium 
obovatum, compressum transverse rugulosum, rostro 
griseo, conico, acutissimo, nuculam vix sequante et basi 
paulo angustiore. 

Nippon sept, (in planifie Sambogi, prov. Aomori fre- 
quens (Faurie, 7 aug. 1885). 

Cette espèce, d'un type tout à fait américain, n'a de 
rapports qu'avec le R. fascicularis, Nutt., des États-Unis ; 
elle en diffère par ses épillets qui sont presque une fois 



— 105 — 

plus long (1 cent.), plus étroits et plus aigus ; par ses 
étamines, seulement au nombre de 3 (et non pas 6-8), 
par ses soies hypogynes également moins nombreuses 
(6 au lieu de 9), par ses cariopses transversalement on- 
dulés-rugueux, et non pas couverts de petites granula- 
tions. Le R. chinensis. Nées et Meyen, s'éloigne davantage 
par ses corymbes composés. 

Carex siderostica, Ilance. Journ. Soc. Linn. Lond., 
vol. XIII, p. 89. 

Yéso, forêt de Tchitose, entre Sapporo et Hakodate. 

Il est intéressant de retrouver dans l'île d'Yéso cette 
plante qui n'était connue jusqu'ici que du nord de Chine. 
Ses caractères la rapprochent singulièrement de certains 
types de l'Amérique septentrionale, tels que C. planta- 
ginea, C. platyphylla, etc., et son existence dans Yéso 
établit un jalon entre l'Ancien et le Nouveau continent 
pour un petit groupe d'espèces qui, jusqu'à ces dernières 
années, était considéré comme éminemment américain, 
et dont l'unique représentant dans l'Ancien monde avait 
été découvert en 1864 par M. l'abbé David dans la Mon- 
golie chinoise. 

Carex Faurise. — Rhizoma ad collum fîbrillosum ; 
folia heteroidea, glauca, glabra, illis fasciculorum ste- 
rilium late linearibus, dense striatis, margine scabridis ; 
culmi perplures, foliis breviores, ima basi tantum foliis 
abbreviatis obtusis longiter vaginantibus involuti ; culmi 
striati, papilloso-scabridi, satis crassi; spicee très, termi- 
nalis mascula, duo inferiores feminese plus minus re- 
motse; spica mascula pedunculata, ovato-lanceolata , 
squamis rufescentibus, late obovatis, apice obtusis vel 
rotundatis , nervo lato viridi percursis in mucronem 
brevem abeunte ; spicse feminese ovatse, densifioraî, pa- 
rum exserte peclunculatse, bractea inferiore vaginante, 
limbo foliaceo abbreviato spicam vix sequante ; squamse 
late obovatse, albidse cum nervo dorsali viridi in mucro- 
nem serrulatum rigidum, excurrente ; stylus trifidus ; 
utriculi pallide virentes squamis longiores, late fusifor- 
mes, multistriati, pilis minutissimis conspersi, in ros- 
trum brevem subbidentatum rectum attenuati , rostri 
dentibus rigidis abbreviatis. 



— 106 — 

Folia fasciculorum 10-12'"'" lata; culmi pédales vel 
breviores ; spicse feminese, I2-15'"'"f; utriculi, O"""". 

Yeso, circa Otaru (Faurîe, 23 maj. 1885). 

Par son mode de végétation le Ç. Faurise se rapproche 
des espèces du groupe du C. plantaginea, mais il s'en 
éloigne par la forme de ses utricules qui rappellent assez 
bien ceux du C. flectens, Boott, et par leur bec nettement 
échancré. 

Carex auriculata, sp. nov. — Rhizoma repens, ad 
collum fîbrillosum ; folia glauca heteroidea, illis fascicu- 
lorum sterilîum late linearibus , initio pubescentibus, 
mox glabrescentibus vel glabris ; culmi plures débiles , 
flexuosi, levés, folia fasciculorum superantes, basi va- 
ginis fuscis pubescentibus brevissime limbatis involuti ; 
spicse 3 vel 4, superior masculus longe pedunculatus, 
ovato-lanceolatus vel subclavatus, densiflorus, squamis 
fulvis obovatis, apice rotundatis cum fascia dorsali jDal- 
lida sub apice desinente; spicse feminese, prsesertim 
inferior, longe exserte pedunculatse, bracteis vaginanti- 
bus breviter limbatis, laxiflorse (floribus 16-20), erect£e 
vel subpendentes, squamis late ovatis, albidis, ad mar- 
gines fulvo tinctis cum nervo dorsali viridi apicem haud 
excedente; utriculi olivacei, glabri, nervosi, ad maturi- 
tatem subgiobosi, abrupte desinentes in rostrum albi- 
dum cylindricum, apice late dilatatum et oblique trun- 
catum, margine superiore late nec profunde emarginato, 
fulvoque tincto. 

Folia fasciculorum, 8-1 0'""^ lata; culmi usque pédales ; 
spica mascula, 15-18°'™ longa; spicse feminese usque ad 
3 cent. ; utriculi, vix S"'"". 

Yeso, in collibus prope Otaru (Faurie, 29 maj. 1885). 

La végétation est la même que dans l'espèce précé- 
dente, mais la forme des utricules est très différente et 
fort remarquable à cause de la dilatation du bec, 

Carex arcuatum, sp. nov. — Rhizoma gracile, re- 
pens ; culmi plures, apice scabri, foliati; folia intense 
viridia, mollia, culmis longiora ; bractese etiam infîmse 
longe foliacese, minime vaginantes, spicas longe supe- 
rnates ; spicse circiter 4, approximatse, superior mascula 
femineis contigua et illas vix excédons, linearis, squamis 



— 107 — 

lanceolatis albidis cum nervo dorsali virescente sub apice 
evanido ; spicse femine£e breviter cylindricœ , sessiles , 
subdensiflorse , squamis albidis membranaceis, lanceo- 
lato-subulatis, nervo dorsali breviter excurrente mucro- 
natis, utriciilo brevioribus ; utriculi olivacei, glabri, sub 
angulo recto patentes, nervosi, e basi rotundata longe 
attenuato-lanceolati , curvati , rostro albido breviter bi- 
fido. 

Culmi vix ultra pédales ; folia, S-e*""' lata ; utriculi, 

3.4mm _ 

Yeso, in collibus ad Mori, inter Sapporo et Hakodate 
(Faurie, 7 jul. 1885, n°^ 544 et 950). 

Les épis sont cylindriques comme dans le C. donîana, 
mais les utricules sont très différentes et rapprochent le 
C. arcuatum du C. aphanolepîs. 

Carex aperta, Boott, FI. bor. Amer., p. 218, p minor. 
Boott, 111. Car. tab. 424. 

Yeso, in planitie Hakodate (Faurie, 8 jul. 1885., n" 507). 

{A suivre.) 



M. Amaudrut fait une communication sur : 

Le système nerveux de quelques Mollusques pulmonés 
[Achatine, Bulime, Hélice, Nanina, Vaginule). 

Achatina panthera. Les ganglions cérébroïdes réunis 
par une commissure grosse et courte présentent les 
trois lobes signalés par M. Lacaze chez les Pulmonés 
aquatiques. Le lobule de la sensibilité spéciale donne 
séparément le nerf optique, le nerf acoustique et le nerf 
tentaculaire. Ce dernier fournit très près de son origine 
un rameau grêle qui suit le nerf tentaculaire propre- 
ment dit, s'engage avec lui dans le tentacule et vient 
innerver les muscles situés à la base de l'œil. Le nerf 
optique, plus grêle que chacune des deux parties du nerf 
tentaculaire, prend naissance un peu en arrière de celui- 



— 108 — 

« 

ci, le suit sur tout son parcours et se porte à l'œil qui 
occupe une position bien connue chez les Stylomoto- 
phores. Avant d'arriver au tentacule ces deux nerfs 
s'engagent dans le muscle rétracteur de cet organe. 
Le nerf acoustique prend naissance au-dessous des 
deux nerfs précédents, très près aussi du nerf tentacu- 
laire et se porte à l'otocyste située sur les pédieux. 

Du lobe antérieur partent de l'intérieur à l'extérieur 
les nerfs suivants : , 

4. Le plus interne, assez isolé des autres, se rend aux 
parois comprises entre les quatre tentacules. 

5. Un nerf plus grêle que le précédent, se porte à la 
base du tentacule postérieur. 

6. Un nerf assez volumineux, donne de nombreux ra- 
meaux aux muscles qui rattachent le tentacule posté- 
rieur aux téguments ; quelques branches s'engagent 
dans le tentacule et s'anastomosent avec le rameau né 
à la base du nerf tentaculaire. Chez le Bulime, ce nerf 
est un rameau du tentaculaire, 

7. Un nerf se rend à la base du tentacule antérieur. 

8. Un nerf le plus gros de tous, arrivé au contact du 
muscle rétracteur du tentacule antérieur, se divise en 
deux branches dont l'une s'engage dans le muscle et le 
tentacule pour se terminer dans un bouton nerveux 
comme lé nerf du tentacule postérieur ; l'autre branche 
innerve les parois latérales de la bouche et donne en 
outre un rameau grêle qui se réfléchit sur le vestibule 
et une partie de la gaîne du pénis, mais sans innerver le 
canal déférent. Il n'y a donc pas ici de nerf pénial distinct. 

9. Un nerf innerve la région comprise entre les deux 
tentacules du même côté. 

10. Un nerf se rend à la partie inférieure de la bouche 
et aux muscles qui rattachent celle-ci aux téguments. 

11. Connectif cérébro-buccal. 

12. Commissure sub-cérébrale d'une haute importance 
au point de vue phylogénique et qui n'a pas encore été 
signalée chez les Pulmonés ; elle suit parallèlement les 
connectifs cérébro-pédieux, accolée à une artère qui 
remonte le collier nerveux. Elle est située avec cette 
artère en avant du connectif cérébro-pédieux, entre le 



— 109 — 

connectif et l'artère, elle passe en avant des ganglions 
pédieux, au-dessus du gros tronc artériel qui se porte à 
la base du bulbe, après avoir fourni les deux branches 
latérales signalées plus haut. 

13. Vient ensuite le connectif cérébro-pédieux très 
long ; il aboutit à la partie postéro-externe du ganglion 
pédieux, 

14. En arrière du connectif cérébro-pédieux on voit 
encore partir un filet très grêle qui s'engage dans le 
tissu conjonctif compris entre les deux connectifs, il se 
dirige vers les ganglions pédieux restant compris entre 
le nerf acoustique et le connectif cérébro-viscéral. J'ai 
perdu ce nerf dans le voisinage des ganglions pédieux. 
Nous en aurons la signification chez VHelix aspersa. 

Le lobe postérieur donne le connectif cérébro-viscéral 
un peu plus grêle que le connectif cérébro-pédieux, 
mais comme lui très long. Le triangle de Lacaze est 
donc ici très allongé. 

15 et 16. En arrière du connectif et au-dessus de son 
point d'origine, on voit encore partir deux filets très 
grêles qui se portent l'un sur les muscles rétracteurs 
des tentacules, l'autre sur les muscles rétracteurs du 
bulbe. 

Ganglions pédieux. Ces ganglions sont volumineux et 
réunis entre eux par deux commissures. On compte 
jusqu'à seize nerfs partant de chacun d'eux, un en plus 
du côté droit pour l'innervation du canal déférent et la 
partie infra-prostatique de l'oviducte. Ce nerf impair 
prend naissance à côté du point où le connectif s'engage 
dans le ganglion. On peut diviser l'ensemble des nerfs 
pédieux en deux groupes : les uns partent de la face su- 
périeure du ganglion ou de son pourtour et se portent 
aux parois latérales du corps en passant au-dessus de 
l'appareil génital ; les autres naissent de la face infé- 
rieure du ganglion et sont spécialement chargés de 
l'innervation du pied. Plusieurs rameaux de ceux-ci 
s'engagent dans les muscles rétracteurs du pied. 

La chaîne asymétrique est formée de cinq ganglions, 
quatre pairs et un impair. Les premiers ganglions (gan- 
glions pleuraux) donnent chacun un nerf au tronc mus- 



— 110 ~ 

culaire, rétracteur commun des tentacules antérieur et 
postérieur. 

Les deuxièmes ganglions (ganglions palléaux) sont 
de taille inégale ; le droit est légèrement plus gros que 
le gauche, comme cela s'observe chez tous les animaux 
dextres ; celui de droite fournit trois nerfs, celui de gau- 
che quatre. Tous ces nerfs ont leur origine à la partie 
antéro-externe du ganglion. Les six paires se rendent 
au manteau dans l'espace compris en avant de la cavité 
respiratoire. Le nerf impair du côté gauche innerve la 
base du muscle rétracteur du bulbe. 

Ces nerfs ne pénètrent pas dans le plancher de la ca- 
vité respiratoire et n'innervent pas le pneumostome ; ces 
portions sont innervées par le ganglion impair. Il n'en 
est pas de même chez les Mollusques aquatiques, chez 
lesquels, comme l'a montré M. Lacaze, le nerf droit 
unique se poçte au pneumostome où il innerve l'organe 
qui porte son nom. En supposant que l'organe de La- 
caze est un organe olfactif, comme le décrivent les alle- 
mands, on ne peut d'une façon générale appeler ce gan- 
glion, ganglion olfactif. 

Du ganglion impair partent quatre nerfs ; un grêle et 
trois gros. Ces nerfs naissent tous du bord droit inférieur 
du ganglion ; le premier le plus externe et le plus grêle 
se porte à l'aorte, le deuxième se rend au pneumostome, 
passe au-dessus de l'orifice et se laisse suivre assez loin 
dans la bande musculaire qui ferme en avant la cavité 
respiratoire. 

Le troisième nerf prend naissance en avant du précé- , 
dent, se porte à droite, un peu en arrière et au-dessus , 
de l'anus. Une branche longe les téguments du plancher 
de la cavité respiratoire, une autre s'engage dans la 
partie du plafond comprise au-dessous du rectum et 
fournit un plexus nerveux assez riche à ce dernier. Par 
sa position ce nerf peut-être considéré comme nerf res- 
piratoire proprement dit. J'appuie cette hypothèse des 
considérations suivantes : lorsque sur un Hélix on a 
enlevé la partie de la coquille située à droite du cœur, 
on voit le plafond de la cavité respiratoire se tendre, 



— 111 _ 

faire hernie dans rorifîce, puis brusquement s'affaisser. 
Si on observe en même temps le pneumostome on 
remarque que, pendant tout le temps que le plafond se 
détend, l'orifice respiratoire est fermé et que l'abaisse- 
sement du plafond correspond à l'ouverture. De deux 
choses l'une : ou bien pendant la fermeture il s'accu- 
mule des gaz dans la cavité pulmonaire, ou bien celle-ci 
diminue de volume, ce qui augmente la tension des 
gaz dans la cavité et distend les parois. Cette dernière 
hypothèse est la vraie. Si on observe ces faits chez 
Y Hélix nemoralis où le plafond est assez mince pour per- 
mettre d'observer le plancher par transparence, on voit 
alternativement celui-ci s'abaisser et se soulever; les 
mouvements sont surtout manifestes dans la région 
droite située au-dessus de la glande de l'albumine, là 
précisément où se distribue le nerf. La glande de l'al- 
bumine et la poche copulatrice subissent les mouve- 
ments ; on les voit en effet se déplacer d'arrière en 
avant quand le plancher se soulève. J'ajouterai que la 
localisation de ce soulèvement dont la partie droite du 
plancher de la cavité respiratoire doit avoir aussi pour 
iDut d'amener un déplacement transversal de droite à 
gauche des couches d'air comprises dans la cavité, de 
brosser l'air et d'exercer une pression croissante de 
droite à gauche sur les vaisseaux sanguins du pan- 
neau, c'est-à-dire dans le sens du mouvement du sang. 
Lorsque la communication avec l'extérieur s'établit 
l'air exécute un mouvement transversal inverse. 

Le quatrième nerf, le plus gros, suit avec deux autres 
l'artère antérieure, au-dessous du tube digestif; il en- 
voie deux minces filets à la poche copulatrice, à la glande 
de l'albumine et à la partie prosta,tique de l'oviducte, 
puis il se divise en deux grosses branches dont l'une 
contourne le tube digestif et vient se terminer sur l'or- 
gane de Bojanus, le péricarde et la partie terminale de 
la veine pulmonaire. L'autre branche, plus grosse, s'en- 
gage sous la glande de l'albumine et à ce niveau donne 
un rameau au foie, plus loin elle se divise en quatre 
branches, l'une grêle se porte sur le renflement du ca- 
nal excréteur, une autre au foie et deux autres plus 



— 112 — 

grosses vont se ramifier dans la glande hermaphrodite 
incrustée dans les parois du foie. 

Il me reste à parler du stomato-gastrique dont j'ai 
déjà signalé les connexions avec les ganglions céré- 
broïdes. Il se compose de deux ganglions réunis par une 
assez longue commissure. De chaque ganglion partent 
dix nerfs que l'on peut diviser en deux groupes : cinq 
d'entre eux se rendent à la surface du bulbe et naissent 
du bord externe du ganglion ; cinq autres naissent du 
bord interne ; deux se portent sur le tube digestif, le 
plus interne qui est aussi le plus gros se laisse suivre 
jusqu'à l'estomac en donnant des rameaux au jabot, 
l'autre plus grêle se porte en haut et innerve la partie 
initiale de l'œsophage. Deux autres, à peu près d'égale 
dimension, vont aux glandes salivaires qui ont chez cet 
animal un développement considérable ; le cinquième a 
son origine très près de la commissure buccale, il rampe 
quelque temps à la surface du bulbe sur la saillie qu'il 
présente de chaque côté sur sa face postérieure et s'en- 
fonce ensuite dans les profondeurs de cet organe. 

Bulimus Funhi. La disposition est analogue dans ses 
traits généraux : commissure sub-cérébrale, nombreux 
nerfs cérébroïdes, cinq ganglions au centre asymétrique, 
un nerf au premier ganglion de la chaîne, deux au 
deuxième.: 

Je dois revenir sur un certain nombre de points signa- 
lés plus haut. 

Nous avons vu les nerfs optique et acoustique naitre 
séparément du nerf tentaculaire. Ihering, dans son sys- 
tème nerveux du Stenogyra decollata, n'a pas vu le nerf 
acoustique, et il fait naître le nerf optique du nerf ten- 
taculaire ; il est probable que cet auteur a pris pour le 
nerf optique le rameau que nous avons signalé partant 
de la base du nerf tentaculaire. Il décrit seulement cinq 
ou six nerfs partant de chaque ganglion. D'autre part le ' 
D"" Simroth, résumant les caractères généraux du sys- 
tème nerveux des Stylomotophores, décrit, au maximum 
de dissociation huit nerfs partant de chaque ganglion cé- 
rébroïde. Or j'en ai trouvé juste le double chez ces deux 
animaux. 



— 113 — 

Parmi les nerfs nouveaux que je signale, il faut citer 
la commissure sub-cérébrale et les nerfs qui vont aux 
différents muscles rétracteurs. 

L'existence de cette commissure sub-cérébrale n'avait 
pas encore été trouvée chez les Mollusques pulmonés, 
sa découverte est importante car elle permettra d'éta- 
blir des rapprochements entre ce groupe et les autres. 
Elle détruit en même temps cette hypothèse de von 
Ihering, à savoir, que chez les Mollusques pulmonés 
pourvus de deux commissures pédieuses on doit regar- 
der la postérieure comme représentant la commissure 
sub-cérébrale et que, chez ceux où la commissure est 
simple, la commissure sub-cérébrale est venue se fusion- 
ner avec la pédieuse. En effet il existe chez le Bulime 
etl'Achatine deux commissures pédieuses. 

L'innervation des muscles rétracteurs n'a pas encore 
été faite d'une manière complète ; on dit en général qu'il 
existe un ou deux nerfs partant des ganglions pédieux 
pour se rendre aux muscles columellaires. Pour rendre 
compréhensible l'innervation du système musculaire 
rétracteur de l'animal, je crois utile d'en faire d'abord 
la description. 

De la columelle part un gros faisceau musculaire qui 
ne tarde pas à se diviser en trois faisceaux secondaires : 
un supérieur et médian, et deux latéraux qui di:viergent 
comme les branches d'un V en donnant chacun des 
faisceaux nombreux au pied. Chaque branche du V se 
compose donc de deux moitiés ; une inférieure qui s'en- 
fonce dans le pied, une supérieure qui se continue plus 
loin. Le V inférieur représente les muscles rétracteurs 
du pied ; le V supérieur est le tronc commun rétracteur 
des tentacules antérieur et postérieur; le premier est 
innervé par les ganglions pédieux, le second par le pre- 
mier ganglion de la chaîne viscérale. Chaque branche 
du V supérieur se divise, un peu en arrière du bulbe, 
en deux autres parties dont l'une va au petit tentacule, 
l'autre au grand. Nous avons vu cette dernière innervée 
par un rameau du nerf tentaculaire correspondant; 
quant à l'autre elle est innervée par un nerf que nous 
avons décrit partant du cerveau. 



— 114 ~ 

Les muscles rétracteurs des tentacules passent en 
dehors du collier nerveux et non dans son intérieur, 
comme le dit M. Sicard dans l'anatomie du Zonites 
algirus. 

Le faisceau impair, supérieur et médian, compris 
entre les branches du V traverse le collier nerveux et 
vient s'étaler sur le pourtour inférieur du bulbe. Il re- 
çoit un nerf impair qui lui vient du deuxième ganglion 
viscéral gauche et plus en avant une paire de nerfs des 
ganglions cérébroïdes. On peut diviser ces muscles ré- 
tracteurs en deux groupes : un premier intéressant le 
bulbe et les tentacules ; un second comprenant les mus- 
cles rétracteurs du pied. Le premier groupe reçoit son 
innervation des ganglions cérébroïdes et de la chaîne 
viscérale, le second des ganglions pédieux. Chacun de 
ces groupes peut fonctionner indépendamment. En effet, 
si on observe un Hélix rampant à la surface du sol, on le 
voit à chaque instant rétracter légèrement son mufle et 
ses tentacules, sans que pour cela son pied éprouve le 
moindre déplacement. Si on excite l'animal, il rentre 
complètement dans sa coquille ; mais on peut dans ce 
cas diviser le mouvement total en deux autres simulta- 
nés : rétraction de la tête et rétraction du pied. 

M, Sicard, dans son anatomie du Zonite, décrit un sys- 
tème très complexe de muscles rétracteurs du système 
nerveux, par contre, il ne cite qu'un nerf se rendant aux 
muscles rétracteurs du bulbe et encore l'origine de ce 
nerf me paraît suspecte comme je le montrerai en par- 
lant de V Hélix aspersa. Il est bien probable que les mus- 
cles que décrit M. Sicard correspondent aux nerfs que 
j'ai trouvés chez l'Achatine, Comment expliquer en effet 
un déplacement si considérable de muscles pour rétrac- 
ter une masse si faible que les ganglions cérébroïdes ? 
Si réellement on avait affaire à des muscles, ceux-ci de- 
vraient être disposés de telle sorte que, dans les con- 
tractions violentes, le système nerveux conservât tou- 
jours sa même position relative. Or, sur des animaux 
conservés dans l'alcool, tués en état de contraction éner- 
gique, on trouve le collier nerveux occupant les posi- 
tions les plus diverses : très souvent le bulbe tout entier 



~ 115 — 

a traversé le collier. On ne s'expliquerait pas non plus 
l'absence d'innervation dans un système musculaire si 
compliqué et appelé à jouer constamment un rôle des 
plus actifs. 

Partant de cette idée que les centres nerveux sont 
pourvus de muscles rétracteurs, M. Sicard est amené 
naturellement à décrire autour des centres nerveux une 
enveloppe musculaire : il faut en effet un point d'appui 
à ces muscles, et comme l'aspect des prétendus muscles 
est le même que celui des ganglions cérébroïdes et des 
nerfs, M. Sicard dote le tout d'une enveloppe muscu- 
laire. Je ne pense pas que les observations histologiques 
aient confirmé les vues de M. le professeur de la Faculté 
de Lyon. 

En parlant des ganglions pédieux, j'ai signalé un nerf 
qui se rend au canal déférent et à la partie infra-prosta- 
tique de l'oviducte. L'appareil génital reçoit donc son 
innervation de trois centres nerveux. 

Le système asymétrique a été décrit par Ihering 
comme formé de six ganglions chez le Stenogyra decol- 
lata, je n'en ai trouvé que cinq dans les deux genres de 
Stenogyridœ que j'ai étudiés. 

Les ganglions de la première paire ont été décrits 
jusqu'ici comme ne donnant jamais de nerfs chez tous 
les Pulmonés, or nous en avons signalé un chez Bulime 
et Achatine. De même ceux de la deuxième paire ont été 
décrits comme n'en donnant toujours qu'un seul ; j'en ai 
signalé deux chez la Bulime, trois chez l'Achatine; de 
plus chez cet animal j'en ai trouvé un quatrième du côté 
gauche qui se rendait au muscle rétracteur du bulbe. 

Quant aux ganglions buccaux, on les a toujours dé- 
crits comme fournissant trois ou quatre filets. J'en ai 
compté dix sur chaque ganglion, chez l'Achatine, sans 
comprendre dans ce nombre les connectifs et la com- 
missure, et je fais remarquer qu'on peut les diviser en 
deux groupes correspondant chacun à une portion du 
ganglion, La partie externe, en rapport avec le connec- 
tif cérébro-buccal, donne les nerfs de la surfaœ du 
bulbe ; la partie interne commissurale donne les nerfs 



— 116 — 

de l'œsophage, des glandes salivaires et des parties pro- 
fondes du bulbe. 

Dans les genres Hélix, Limax^ chaque ganglion buccal 
est divisé en deux lobes sur chacun desquels se trouve 
localisé un groupe de nerfs. 

Hélix aspersa. J'ai retrouvé sur cet animal la commis- 
sure sub-cérébrale, occupant la même position que dans 
les deux genres précédents. 

Je signalerai en outre un fait très important relatif à 
l'innervation des muscles rétracteurs du mufle. Si on 
regarde le collier nerveux par côté on en voit partir 
deux tractus qui se rendent l'un aux muscles rétracteurs 
des tentacules, l'autre aux muscles rétracteurs du bulbe. 
On constate sans grande difficulté que ce sont des nerfs. 
Si on ne les dissocie pas avec soin, on est porté à les 
faire naître chacun des connectifs. M. Sicard a vu un de 
ces nerfs dans le Zonites ; il le fait partir du connectif cé- 
rébro-viscéral, ce qui lui permet « d'infirmer une règle 
donnée jusqu'ici comme générale; c'est que les nerfs 
partent toujours des ganglions, jamais des cordons qui les 
unissent ». Les deux nerfs que je signale chez V Hélix as- 
persa ne partent pas d'un connectif, mais d'un nerf qui a 
son origine sur le premier ganglion de la chaîne viscé- 
rale et qui se rend au ganglion cérébroïde correspon- 
dant par deux branches, dont l'une s'insère en arrière 
du connectif cérébro-viscéral, l'autre en avant du con- 
nectif cérébro-pédieux, quelquefois sur le connectif cé- 
rébro-buccal. 

L'origine de ce nerf sur le ganglion viscéral est située 
très près de celle du connectif, un peu en avant et au- 
dessus ; il s'engage dans l'espace compris entre les deux 
connectifs, plus rapproché du postérieur que de l'autre. 
C'est à peu près à égale distance du premier ganglion 
de la chaîne viscérale et du ganglion cérébroïde qu'il 
donne une branche externe aux muscles rétracteurs 
des tentacules et une branche interne aux muscles ré- 
tracteurs du bulbe. 

Il est impossible de confondre ce nerf avec le nerf 
acoustique, qui est situé en arrière du connectif céré- 
bro-pédieux. 



— 117 — 

Les dimensions relatives de ce nerf, delà commissure 
sub-cérébrale et du nerf acoustique sont les suivantes : 
le nerf acoustique étant pris pour terme de comparaison, 
la commissure sub-cérébrale est à peu près d'égale di- 
.mension, et le nerf est plus gros à sa base sur le gan- 
glion viscéral, que dans sa partie en rapport avec les 
ganglions cérébroïdes. 

On retrouve ici aussi un nerf partant du premier gan- 
glion et se rendant aux muscles rétracteurs des tentacu- 
les. Donc deux nerfs du premier ganglion; il y en a éga- 
lement deux pour le deuxième ; ils sont accolés l'un à 
l'autre et réunis dans une épaisse couche de tissu con- 
jonctif, comme le sont les deux du Bulime, les trois 
del'Achatine; ce qui explique que jusqu'ici on a tou- 
jours signalé un seul nerf partant de ce ganglion chez 
les Mollusques stylomatophores. 

On trouve également deux commissures pédieuses, et 
la seconde, la postérieure, ne peut être prise pour la 
sub-cérébrale. 

Nanina Cambodjiencis. La commissure sub-cérébrale est 
très nette ; on distingue également un nerf du premier 
ganglion viscéral au ganglion cérébroïde correspondant; 
ce nerf présente des dimensions égales sur toute sa lon- 
gueur et ne donne pas de rameaux. A côté de son ori- 
gine sur le ganglion viscéral, j'en ai trouvé un second 
qui lui reste parallèle quelque temps et vient s'anasto- 
moser avec un nerf parti des ganglions cérébroïdes. 
Très près de l'origine de la commissure sub-cérébrale, 
on voit partir deux autres nerfs qui se dirigent vers la 
masse nerveuse sous-œsophagienne, mais je n'ai pu éta- 
blir leurs connexions avec cette partie. On ne peut con- 
fondre aucun de ces nerfs avec le nerf acoustique situé en 
arrière et très près du nerf cérébro-pédieux ; on peut le 
suivre, du reste, très facilement jusqu'à l'otocyste située 
sur les ganglions pédieux et remplie de nombreux oto- 
lithes. Le système nerveux de cet animal est en outre 
intéressant à étudier à d'autres points de vue ; je me 
propose d'y revenir dans une prochaine note. 

Vaginule. Je n'ai pas trouvé de commissure sub-céré- 
brale proprement dite ; mais deux nerfs partent du lieu 



— 118 — 

d'origine de cette commissure et se rendent de chaque 
côté de l'artère qui passe sur les ganglions joédieux pour 
se rendre à la base du bulbe. Avant leur contact avec 
l'artère, on remarque un mince filet transversal qui les 
réunit en passant sous l'artère. Si les deux prolonge- 
ments qui accompagnent le vaisseau sanguin étaient 
supprimés on aurait l'aspect d'une commissure sub-cé- 
rébrale projetée en avant. 

M. Lacaze a signalé une disposition analogue dans le 
Lymnée ; il appelle nerfs satellites des artères labiales 
les deux branches qui partent des ganglions cérébroïdes. 

Von Ihering en parlant du travail du savant profes- 
seur de la Sorbonne, donne un nom à cette commissure ; 
il l'appelle commissure labiale. Elle n'avait pas été re- 
trouvée depuis chez les autres Pulmonés. 

Doit-on la considérer comme une commissure parti- 
culière, formée, comme le dit Ihering par anastomose de 
deux nerfs cérébroïdes ; ou bien comme représentant la 
commissure sub-cérébrale proprement dite? Je suis porté 
à admettre la première hypothèse, si toutefois la descrip- 
tion que donne Hancock de la Doris argo est exacte. 
Chez cet Ichnopode, et seulement chez lui, on connaît 
jusqu'ici la commissure cérébrale et la commissure la- 
biale existant ensemble. 

Le système nerveux de la Vaginule m'a fourni d'au- 
tres points à signaler. 

Le nerf pénial naît du nerf tentaculaire antérieur et 
forme sur la gaîne du pénis un petit ganglion trilobé 
duquel partent en avant sur le vestibule un véritable 
plexus nerveux, et en arrière d'autres nerfs qui se ren- 
dent aux glandes multifîdes et au canal déférent. 

Ihering, se basant sur la disposition du système ner- 
veux, place les Vaginules à côté des Onchidium; il s'ap- 
puie sur ce que la chaîne viscérale se compose de deux 
ganglions très nets chez les Onchidium et susceptibles 
d'être divisés en quatre par des sillons chez les Vaginu- 
les. Déjà MM. Joyeux-Laffuie et Simroth ont montré que 
la chaîne viscérale des Onchidium est formée de trois 
ganglions. J'ai pu constater sur de nombreux exemplai- 
res d' Onchidium et d' Onchidiella que la description de ces 



I 



— 119 — 

deux auteurs est exacte. Il y avait tout lieu de croire 
également que la description du système nerveux de la 
Vaginule faite par Ihering, était erronée. On ne trouve 
en effet ni deux ganglions comme le dit Ihering, ni trois 
.comme ciiez YOnchidium, mais cinq comme chez les Pul- 
monés typiques. Le ganglion asymétrique présente de 
plus une lobation très profonde, et peut-être serait-il 
possible, par des coupes, de trouver là deux ganglions, 
ce qui porterait le nombre à six. 

Le premier ganglion de la chaîne donne trois nerfs 
dont le plus antérieur, qui est le plus gros, se porte au 
capuchon qui entoure et protège la tête dans sa partie 
supérieure. Voici encore une exception à cette règle gé- 
nérale qui prive de nerfs le premier ganglion de la 
chaîne viscérale. 

Ihering fait de cette cavité antérieure le reste de la 
cavité pulmonaire. Si on se basait seulement sur l'in- 
nervation, sur les rapports que j'ai signalés entre les 
ganglions cérébroïdes et les premiers ganglions de la 
chaîne viscérale et surtout sur les découvertes embryo- 
logiques de Sarrasin sur la Bythinie, on serait plus porté 
à considérer ce capuchon comme une dépendance de la 
tête. 



— 121 — 

iSéanee du 3 avril 4S66. 

PRÉSIDENCE DE M. HENNEGUY. 

M. Bouvier communique quelques observations sur 
l'anatomie du Xenophore et de la Calyptrée. 

Il est d'usage de rapprocher beaucoup, parmi les Ter- 
cioglosses, les Xénophores et les Calyj)trées, dont les 
coquilles pourtant ne se ressemblent guère. Jamais, 
autant que je sache, on n'avait étudié jusqu'ici de Xéno- 
phores. J'ai voulu voir si ce rapprochement était justifié 
par l'anatomie ; et M. de Rochebrune a bien voulu mettre 
à ma disposition plusieurs exemplaires du X, Cavalieri, 
qui lui avaient été envoyés du Sénégal. Je tiens à lui 
témoigner ici toute ma reconnaissance. 

La coquille du Xenophore est basse, mais présente 
d'assez nombreux tours de spires. C'est une coquille 
agglutinante ; elle est toujours recouverte par un grand 
nombre de corps étrangers, notamment de coquilles de 
petits Mollusques. Le mufle non protactile est médio- 
crement développé ; les tentacules sont très longs et 
portent les yeux à une faible distance de leur base sur 
un renflement assez peu prononcé, la branchie est très 
longue comme la cavité palléale qui la renferme, elle se 
recourbe en avant parallèlement au bord du manteau et 
ne s'arrête qu'à une faible distance des parois du corps 
à droite. Le conduit génital est séparé du rectum et l'ori- 
fice génital très éloigné de l'anus. Les feuillets bran- 
chiaux sont très sensiblement filiformes et libres sur la 
plus grande partie de leur longueur, La fausse branchie 
filiforme occupe presque toute la longueur de la bran- 
chie. 

Les ganglions cérébroïdes sont en contact sur la ligne 
médiane ; les ganglions commissuraux sont également 
en contact avec eux. Les ganglions sub-intestinal et 
sus-intestinal sont excessivement éloignés des ganglions 
palléaux, presque au niveau de l'orifice génital ; le gan- 
glion sub-intestinal rattaché au ganglion commissural 



— 122 — 

gauche par la branche sus-intestinal de la commissure 
palléale, le ganglion sus-intestinal rattaché au ganglion 
commissural droit par la branche sus-intestinale de la 
même commissure. Le ganglion sub-intestinal est plus 
en avant que le ganglion sus-intestinal. A partir des 
deux ganglions dont je viens de parler, les deux bran- 
ches de la commissure se prolongent en arrière dans les 
parois du corps, jusqu'au ganglion viscéral situé au- 
dessous de l'orifice du rein. Le ganglion commissural 
droit se rattache au ganglion sub-intestinal par un long 
et gros connectif (représentant d'un nerf palléal); le 
Xénophore est donc chiastoneure et zygoneure. Le nerf ten- 
taculaire est pourvu d'un gros ganglion à la base du 
tentacule, le nerf optique est très fin, les otocystes sont 
à la partie postérieure des ganglions postérieurs et le 
nerf acoustique est facile à suivre jusque dans le gan- 
glion cérébroïde. Les deux ganglions commissuraux 
donnent chacun naissance à un fort nerf pariétal. Le nerf 
palléal droit, issu du ganglion sub-intestinal, est très 
richement ramifié; il traverse la pointe antérieure de la 
branchie pour aller sur le bord du manteau s'anastomo- 
ser par un réseau avec le nerf palléal gauche. Trois 
rameaux nerveux se détachent de la commissure viscé- 
rale à droite pour aller au rectum et aux annexes de 
l'appareil génital ; tandis qu'à gauche de nombreux ra- 
meaux forment un plexus à la base de la branchie. 

La Calyptrée offre, avec le Xénophore, les différences 
et les analogies suivantes. Les ganglions pédieux et 
commissuraux offrent la même disposition que chez le 
Xénophore, mais le ganglion sub-intestinal et le ganglion 
sus-intestinal sont en contact avec les ganglions com- 
missuraux correspondants ; comme la Calyptrée est aussi 
chiastoneure et zygoneure, il en résulte que le connectif 
de la zygoneurie est très court. Tous ces centres sont 
accumulés autour du tube digestif en avant. L'anse vis- 
cérale est très étroite et le ganglion viscéral tout à fait 
en avant du foie, à droite. De la branche gauche de la 
commissure viscérale part le puissant nerf branchial qui 
innerve toute la branchie, tandis que la fausse branchie 
bipennée est innervée par le ganglion commissural gau- 



— 123 — 

che. Un grand nerf hépatique se détache dé la branche 
gauche de la commissure; les autres nerfs viscéraux 
ont leur origine dans le ganglion viscéral. Il y a ici un 
pénis céphalique, il fait défaut chez le Xénophore. Il n'y 
a guère d'analogie que dans les filaments branchiaux, 
mais ici, ils sont beaucoup plus longs. La coquille, 
comme on sait, est fort différente. 

Ainsi la ressemblance entre les deux genres sont très 
légères, et j'attends des études plus complètes sur les 
Gastéropodes prosobranches pour me prononcer défini- 
tivement (1). 

M. Mabille donne une description de quelques espèces 
nouvelles de l'Amérique, de Madagascar et de quelques 
Cyclostomes nouveaux ou peu connus de la côte orientale 
d'Afrique. 

Diagnoses tesfarum novarum. 
auctore Jules Mabille. 

A 

SPECIES AMERICANiE. 

PATULA LEPTOTERA. 

Testa late et perspective umbilicata, depressa, tenui, 
pellucida, fragillima, corneo-rufescente, nitidula, eximie 
costulato-striata et hic illic striga luteola ornata; spira 
subcompressa, vix prominula, apice minutissimo, eroso; 
anfractibus quinque ad sex, angustato-convexiusculis, 
regulariter rapideque crescentibus, sutura profunda 
separatis; ultimo magno, ad initium obscure angulato, 
versus aperturam non descendente, subtus complanato, 
circa umbilicum obscure angulato ; apertura parvula , 
rotundato-lunata, obliqua, peristomate recto, simplici, 
acuto, marginibus distantibus. 

(1) Laboratoire de Malacologie du Muséum. 



— 124 — 



Jmm 



Diam. maj., 5™'»; diam. min., 4"^"^; Alt., 3" 
Habitat locum clictum Baie Orange, Americœ meri- 
dionalis ubi detexit cl. Doct. Hyades. 



PATULA RIGOPHILA. 

Testa late et perspective umbilicata, depresso orbicu- 
lata, tenera, fragili, subpellucida, angustissime striato- 
costulata, rufescente, spira planulata, apice minutissimo, 
Isevigato ; anfractibus quatuor, exacte rotundatis, rapi- 
dissime irregulariterque crescentibus, sutura valde im- 
pressa, non canaliculata separatis; ultimo maximo, con- 
vexo-rotundato, ad aperturam non descendente, infra 
vix compressula, circa umbilicum obscure angulato ; 
apertura obliqua, lunato-rotundata, peristomate simplici, 
acuto, marginibus subapproximatis. 

Diam. maj., e""™; diam. min., 5"^"^; ait., ^^^. 

Cum pr£ecedente. 



B 

SPECIES AFRICAN.E 

HELIX GALAGTOSTOMELLA 

Testa late profundeque pervio-umbilicata, depresso- 
conica, solida, liaud nitente, epidermide rufo vel casta- 
neo-nigrescente, induta; striis costulseformibus, arcuatis, 
densis irregulariter ornata, quandoque paululum cris- 
pata ; spira convexa, parum prominente, apice obtus o, 
nitente, sordide luteolo, cuticula destituto ; anfractibus 
5 convexiusculis, primis lentius, ceteris velociter cres- 
centibus, sutura simplici, angusta separatis; ultimo 
maximo, adperipheriam angulato, antice vix descendente, 
subdilatato, supra convexo-declivi, infra compresso-ni- 
tido, circa umbilicum latum, pervium, obscure angulato, 
apertura diagonali, lunata, obscure triangulari, margine 



— 125 — 

externo primum, rectiusculo , demum curvato, basali 
subrecto ; columellari obliquo, dilatato, callosoque, um- 
bilicum non tegente ; peristomate incrassato undique 
convoluto-dilatato. 

Diam. maj,, 36°""; diam. min.. 29"^™; ait., Hram. 

Madagascar (coll. Ancey). 

HELIX GAUDENS. 

Testa late et profunde pervio-umbilica, subdepresso- 
discoidea, parum crassa, solida, haud ponderosa, vix 
nitidiuscula , rufescente , versus suturam minutissime 
punctulata deinde late crispato-malleata ; irregulariter 
striata , spira parum prominente convexiuscula, apice 
majusculo, vitreo nitente, anfractibus 5-5 1/2 convexis, 
velociter crescentibus , sutura valde impressa sepa- 
ratis , ultimo maximo , supra convexo-declivi , ad pe- 
ripheriam irregulariter angulato, antice, valde et ra- 
pide descendente, dilatato ac paululum provecto ; infra 
subcompresso, striis minutis radiantibus granulis mini- 
mis exasperatis, ornata; circa umbilicum zona luteola 
munito; apertura subhorizontali, subquadrata, lunata, 
marginibus approximatis, intus livida; peristomate vix 
incrassato, breviter reflexo, margine externo primum 
subrecto , demum arcuato ; basali rectiusculo leniter 
convoluto, columellari obliquo, expanso, umbilicum non 
tegente. 

Diam. maj., 63""™; diam. min., 50'"'"; ait., 27'"'». 

Madagascar (col^. Ancey). 

HELIX CAMPELIGA. 

Testa late et pervio umbilicata, discoideo-compressa, 
crassiuscula, solida, nitida, lutescente, oculo armato 
eximie decussata et punctulata; spira planulata, apice 
valido, obscure striatulo, luteolo, nitente; anfractibus 
51/2-6 convexo depressis, primi sensim subregulariter, 
ceteri velociter crescentibus, sutura impressa, albidula, 
separatis ; ultimo maximo, supra complanato, ad péri- 



/mm 



— 126 — 

pheriam tereti, antice rapide descente et late dilatato, 
infra subconvexo, circa umbilicum obscure angulato ; 
apertiira diagonali, ovato-oblonga, intus alba, nitide 
cœruleo tincta, marginibus subapproximatis ; peristo- 
mate albo, incrassato late reflexo-convoluto. 

Diam. maj., 51'"™; diam. min., SO^^" ; ait., 17' 

Madagascar (coll. Ancey). 



HELIX PAROPTA. 

Testa obtecte subperforata, globoso-subturbinata,haud 
nitente, crassiuscula, solida, eximie decussato-rugosa, 
versus apicem candida ; spira convexo-subconica , sat 
prominente, apice valido, complanato, rugato lyrato- 
que; anfractibus 4 1/2-5, convexiusculis , rapidissime 
crescentibus, sutura impressa, rubella, separatis ; ul- 
time magno, supra convexo-decliYi, antice sublonge 
lenteque descendente, paululum dilatato, subcompres- 
sula, ad basin angulato, versus aperturam angulo eva- 
nescente ; apertura obliqua, lunata, ovato-oblonga, mar- 
ginibus subparallelis non approximatis ; peristomate 
incrassatulo, intus albescente, extus lilacino marginato; 
margine externo sinuoso, subrecto, demum incurvato, 
callum album perforationem, occultantem, emittente. 

Diam. maj., 35'"'" ; diam. min., 30'^^'« ; ait. 18'""\ 

Madagascar (coll. Muséum Paris). 

HELIX SUBFUNEBRIS. 

Testa late umbilicata , depresso-convexa, subtenera 
solida, nitidula, purpurascente, hic illic nigro nebulata, 
irregulariter grosse arcuato-striata et rugata ; spira con- 
vexa , parum prominente , apice valido , complanato , 
nitido ; anfractibus 5-5 1/2 vix convexiusculis, primis ad 
partem inferiorem concavo impressis, sensim et subre- 
gulariter crescentibus, sutura distincta, auguste margi- 
nata, separatis; ultimo maximo convexe -declivi ad 
periphcriam obtuse angulato , antice dilatato et vix 
descendente, subtus compresse , striis validis radiantibus 



— 127 — 

mimito et circa umbilicum pervium angulato, pone pe- 
ristoma scrobiculato ; apertura subdiagonali, triquetro 
subovata, intus cœrulescente ; peristomate incrassato, 
patulo-clilatato vix reflexo, margine externo bene arcuato 
cum basali incrassato, reflexiusculo, tuberculato et rec- 
tiusculo, angiilo superfîciali jimcto, columellari oblique 
subcurvato, vix reflexo. 

Diam. maj., 48°»"!; diam. min., 40""™; ait. 17"^'n. 

Madagascar (coll. Ancey). 



HELIX GAUDIELLA. 

Testa latissime umbilicata , depresso-subdiscoidea , 
parum crassa, solida, nitidiiiscula, nigro-rubescente stri- 
gis griseis obscuratis ac striis arcuatis irregularibus 
striata ; spira vix prominula , apice mediocri , rugose 
striato-costulata ; anfractibiis 4 1/2-5, convexo planulatis 
ad suturam depressis, velociter crescentibus , sutura 
profunda , carina obtusa marginata ; ultime maximo , 
supra primum turgescente, demum declivi, ad periphe- 
riam tereti,subtus paululum compresse, circa umbilicum 
zona lata notato , antice descendente et late dilatato ; 
apertura diagonali, ovata, marginibus subapproximatis, 
peristomate albescente dilatato et reflexo ; margine colu- 
mellari oblique reflexo, externo incurvato late dilatato 
reflexo. 

Diam. maj., 59""M/2; diam. min., 50^'"; ait., IS-"'". 

Madagascar (coll. Ancey). 



BULIMUS HUMBLOTI. 

Bulimus Humbloti, Ancey ^ in litteris, 1882. 

Testa oblonga turrita, sat tenera, solidiuscula, nîtida, 
rufescente vel lutescente, maculis brunneis litterata vel 
strigata, lyris spiralibus sequidistantibusque , parum 
conspicuis, striis costulajformibus, sat densis et irregu- 
laribus rugose-decussata : spira elongato-oblonga, apice 
obtuso; anfractibus 9-10 convexiusculis, sensim régula- 



— 128 — 

riterque crescentibus , sutura bene distincta , subpro- 
funda, quandoque crenulata, separatis ; ultimo dimidiam 
partem altitudinis testœ non asquante, ovato-turgido, ad 
aperturam attenuato ; apertura fere vertical! , ovato 
oblonga, lunata ; peristomate vix incrassatulo et subpa- 
tente ; columella rectiuscula ; marginibus callo angusto, 
elongato, junctis. 

Alt., 80"""; diam. maj., 27'«™; diam, min., 24"""; apert. 
long, cumperistom., 29™"';'lat., 15'"'». 

Madagascar (coll. Anceyj. 



ANCEYIELLA, genus novum. 
Anceyia, Jules Mabille, in litteris, 1885. 

Testa late subpervio umbilicata , globoso-turbinata , 
anfractibus 5-7 convexo-rotundatis , teretibus , j^rimis 
spiram regulariter conicam formantibus, ultimo maximo, 
horizontal!, ad apertura dilatato; apertura vix obliqua, 
quandoque vertical! , ovata ; peristomate late et plane 
expanso, duplicato, quandoque simplic! ; interno por- 
recto. Operculo corneo, tenu!, multispirato. 

Nous établissons ce nouveau genre, que nous dédions 
à M. Ancey, pour une coquille, Cycl. œquwoquum, classée 
primitivement par le D"" L. Pfeiffer, avec doute, dans 
le genre Cyclostoma, et plus tard, par le même auteur, 
toujours avec la même hésitation, dans le genre Cyclo- 
pliorus. L'enroulement spiral très remarquable de l'es- 
pèce, la direction de son dernier tour, brusquement 
horizontale, la forme de son ombilic, large et ouvert à 
sa terminaison, étroit d'abord, mais pénétrant jusqu'au 
sommet de la coquille, son ouverture circulaire mais 
presque interrompue , son péristome double, l'interne 
épaissi, élevé, le second dilaté en une couronne mince 
et plane rappelant celui des espèces du genre Choano- 
poma, sont autant de caractères qui nous ont paru légi- 
timer l'établissement de cette nouvelle coupe générique. 

Une seule espèce est connue, c'est le : 



— 129 — 

ANGEYIELLA /EQUIVOQUA. 

Cyclostoma sequivoquum, Pfeiffer, Mon. pneum. viv. 

suppl. prim., p. 43, 1858, 
— — L. Reeve , Concli. Icon. g. 

CycL, n° 40, 1861. 
Cyclophorus sequivoqims, Pfeiffer. Mon. pneum. viv. 

suppl. tert., p. 102, 1876. 

Testa late et subpervio umbilicata, globoso-turbi- 
nata, sublaevigata, epidermide lutea, nitida, tri vel uni- 
zonata , strigis et maculis rufo-luteis ornata , induta ; 
spira conico-turbinata , subpapillari ; anfractibus 5 1/2 
convexis, rapide irregulariterque crescentibus , sutura 
lineari discretis ; ultime turgido ad peripheriam angu- 
lato; apertura verticali, circulari, peristomate duplicato, 
interne porrecto, incrassato, igneo fusco plus minus ve 
tincto, externo lato et horizontaliter patente. Operculo 
corneo, tenui, multispirato. 

Habitat : in insula dicta Madagascar (coll. Ancey). 

GYGLOSTOMA DENANSI. 

Cyclostoma Denansi, Jousseamne, m^^ 1885. 

Testa obtecte subimperforata , globoso-pyramidata, 
sat tenui, solida, paululum nitente, albescente, versus 
apicem pallide rubescente, ac zonulis novenis e nigro 
c£erulescente plus minusve angustis circumcincta ; striis 
transversis, oculo nudo vix conspicuis, ornata; spira 
turbinato-elevata, apice subpapillari, nitidiusculo, minu- 
tissime rugoso ; anfractibus 5 1/2 convexiusculis, sat re- 
gulariter et rapide crescentibus, sutura impressa sepa- 
ratis ; ultimo maximo, ventroso, ad aperturam obscure 
descendente, subtus convexo, circa umbilicum fere om- 
nino tectum, decussato; apertura subverticali, ovata, 
superne angusta, inferne dilatata; peristomate subcon- 
tinuo, albo, patulo, zonis latis, nigro-purpureis, fim- 
briato ; margine columellari recto, ad paginam interio- 
rem vivide rubro, tincto, in callum album umbilicum 



130 



occultantem producto ; margine dextro bene curvato, 
columellari callo subcrasso, nigro, juncto. 

Alt.,20-22m°i;diam.maj., 28-30'"^; diam. min., 21-22'"'". 

Madagascar (coll. Jousseaume; coll. Ancey). 



CYGLOSTOMA SPARTOPOLIUM. 

Testa modice umbilicata, globoso-subtiirbinata, parum 
çrassa, opacula, parum nitente, rufescente, albo cari- 
nata, et lineis rubescentibus multizonata ; spira medio^ 
cri, elata, rubella, apice lœvigato, corneo, siepiusdetrito, 
anfractibus 5-6 irregulariter (embryonalibus Isevigatis, 
nitidis, sequentibus convexis, carinatis, ultimis ad sutu- 
ram convexo-declivibus, carinatis rapidissime) crescen- 
tibus, sutura distincta squammato-marginata discretis; 
ultimo maximo ovato-rotundato, carinis duabus albis 
armato et zonula nigrescente-fusca, carinam inferiorem 
sequente, ornata; apertura diagonali, ovata, superne 
angustata, intus pruinoso-rubescente; peristomate con- 
tinue, parum crasso, reflexo, albo, livido plus minusve 
tincto; marginibus callo obscure albo junctis ; columel- 
lari arcuato, submarginato, vix reflexo, externo et ba- 
sali late reflexis et bene curvatis. 

Alt., 20-21 mm; diam.maj., 33-35"^'^^; diam. min., 27-28'»™. 

Madagascar (coll. Jousseaume). 

CYGLOSTOMA GOGNATUM. 

Testa auguste umbilicata, globoso-turbinata, crassa, 
solida, liaud nitente, rufescente, et zonulis angustis nu- 
mer osis obscure ornata, versus apicem rufo cornea ; 
irregulariter striata, lineisque spiralibus parum impres- 
sis decussata; spira mediocri, turbinata, apice acutius- 
cula; anfractibus 6 convexis irregulariter (primis sen- 
sim, sequentibus rapide, ultimo antepenultimoque velo- 
citer) crescentibus, sutura simplici, parum impressa 
separatis; ultimo maximo, convexo-rotundato, circa 
suturam paululum compresse, subtus parum convexo, 



— 131 — 

circa umbiliciim lyrato; apertura vix obliqua, transverse 
ovata, marginibus callo tenuissimo junctis; peristomate 
incrassato, late reflexo-convoluto ; margine columellari 
arcuato, anguste reflexo, externo bene curvato et late 
reflexo. 

Alt., 21""" ; Diam. maj., 39"™ ; diam. min,, 29'""». 

Madagascar (coll. Ancey). 



GYGLOSTOMA SUBZONATUM. 

Testa globoso-pyramidata, obtecte umbilicata, tenui- 
cilla, opaca, grisea, ad apicem rubescente, prsecipue in 
primis anfractibus spiraliter lyrato-costata, et longitudi- 
naliter striata, multifasciata ; spira turbinata, exserta, 
apicepapillari, Isevigato, rubescente i anfractibus 6 con- 
vexis , rapidissime crescentibus , sutura impressa , 
obscure crenulata, separatis; ultimo maximo, ventroso, 
ad aperturam non descendente nec dilatato, subtus con- 
vexo, circa umbilicum parum excavatum, tenuiter lyrato 
et sulcato; apertura vertical!, ovata, superne angustata, 
intus purpureo tincta et multifasciata; peristomate sub- 
continuo, incrassato, albo, purpureo vix fimbriato; mar- 
ginibus lamina sordida, striata, junctis; columellari 
albescente subrecto, paululum curvato, planulato, in 
callum album sat latum umbilicum occultantem, dila- 
tato ; externo late expanso, bene incurvato. 

Operculo testaceo, pagina externa albescente, ruditer 
striata, pagina interna rubescente ; nucleolo atro, valido, 
centrali, sanguineo conspurcato munito. 

Madagascar (coll. Ancey). 

GYGLOSTOMA GNISSUM. 

Testa late umbilicata, orbiculato turbinata, crassa, so- 
lida, parum nitente, obscure zonulata et lyris tenuibus 
perpaucis striisque irregularibus clathrata ; spira turbi- 
nata, elata, apice livido, Isevigato, nitente; anfractibus 
6 irregulariter, primis rapide, convexiusculis, ultimis 



— 132 — 

velociter, turgidis, crescentibus ; sutura lineari separatis ; 
ultimo maximo, turgido, versus suturam paululum corn- 
presso, ad aperturam paululum descendente, subtus 
inflato, circa umbilicum rugose lyrato; aperturavix obli- 
qua, intus carnea, ad marginen aurantiaco vivide tincta; 
peristomate subcontinuo, late et subplane expanso, albo, 
margine columellari bene arcuato, dilatato, umbilicum 
subtegente. 

Alt., 20'"°i; diam. maj., 36™"^; diam., min., 28'nm. 

Madagascar (coll. du Muséum). 



CYCLOSTOMA OMOIUM. 

Testa umbilicata , globoso-turbinata, crassiuscula , 
opaca, nitidula, e griseo-albescente, eximie costulato- 
striata, albo bicarinata, strigisque saturatioribus notata; 
spira mediocri, parum exserta, apice cœrulescente, Isevi- 
gato, nitido, obtusulo ; anfractibus 5 1/2-6 convexis, pri- 
mis sat regulariter et rapide, ceteris rapidissime cres- 
centibus, sutura lineari quandoque fîmbriata, separatis; 
iiltimo maximo, complanato-rotundato, ad aperturam 
haud descendente, bicarinato, carina infera "validiore, 
subtus inflato, circa umbilicum lyris asperis, notato ; 
apertura obliqua, intus atro-purpureo ; peristomate con- 
tinue, incrassato, rubro tincto, expanso, vix inflexo; 
margine columellari ad basin rubro tincto, incurvato et 
late dilatato, non reflexo, umbilicum subobtegente. 

Alt., 15-18'"'"; Diam. maj., 29-33'"™; diam. min., 23-25"^"^ 

Madagascar (coll. Ancey). 

CYCLOSTOMA SUBCAMPANULATUM. ~^ 

Testa umbilicata, depresso-turbinata, solida, opaca, 
vixnitente, striata ac lyris parum prominentibus, zonu- 
lisque saturatioribus, ornata, acute unicarinata ; spira 
turbinata, sat elata, apice minuto, cserulescente, Isevi- 
gato, nitido; anfractibus 5 1/2 primis modice convexis, 
sensim, ceteris convexis, celerrime crescentibus, sutura 



— 133 — 

lineari obscure fimbriata et marginata, separatis ; iiltimo 
maximo, compresso-inflato, ad aperturam vix descen- 
dente, ad periplieriam carina, alba, acuta, armata, sub- 
tils convexo, lyrato et radiatim striato, circa umbilicum 
infundibuliformem lyris imbricatis exasperato ; apertura 
parum obliqua, intus purpureo-cserulescente ; peristo- 
mate subcontinuo, acuto, late expanso, sordide albes- 
cente; margine columellari late expanso, umbilicum 
subtegente, 

Alt., 27""'; Diam. maj., 35'»'"; diam. min., 26'»'». 

Madagascar (coll. Jousseaume). 



GYCLOSTOMA DYGANUM. 

Testa auguste umbilicata, globoso-turbinata, tenui sed 
solida,haud nitida, rufescente, nigro purpurascente sex 
vel septem fasciata, costulato-striata, ac lyris numerosis 
ornata,'carinisque duabus acutis armata, spira turbinata, 
modice exserta, apice lœvigato, nitente obtuso; anfrac- 
tibus 5 primum planulatis , deinde modice convexis, 
velociter crescentibus , sutura lineari , carina secunda 
marginata separatis ; ultimo maximo, inflato, ad partem 
superiorem compressulo, carinis duabus acute circum- 
cincto, subtus convexo , circa umbilicum lyrato, lyris 
nodulosis ; apertura parum obliqua , intus rosacea et 
nigro fasciata, marginibus subdisjunctis ; peristomate 
late expanso, patulo, vix reflexiusculo ; columellari ar- 
cuarto, incrassatulo , callum roseum umbilicum semi- 
tegentem emittente, 
Alt. 19-21'ni'; diam. maj.. 25-26'»""; diam. min., 18-18'^^'"l/2. 
Madagascar (coll. Jousseaume ; coll. Ancey. 



GYCLOSTOMA JOUSSEAUMIANUM. 

Testa umbilicata, globoso-turbinata, parum crassa, 
opaca, haud nitente, rubescente-violacea et strigis luteis 
sparsim notata, zonulisque saturatioribus parum cons- 
picuis prsecipue ad paginam inferiorem notata ; spira 



— 134 — 

mediocri, sat elata, apice minuto, Isevigato, papillari, 
cœrulescente ; anfractibus 5-6 embryonalibus convexo- 
globosis, lîevigatis, sequentibus modice convexis, lyratis, 
velociter crescentibus ; sutura angusta, lineari, obscure 
fîmbriata separatis, ultimo ventroso, maximo, compla- 
nato-rotundato, ad aperturam vix descendente, subtus 
convexiusculo, circa umbilicum lyrato et rugoso imbri- 
cato; apertura obliqua, intus valide atro cœrulescente; 
peristomate subcontinuo , luteo , late plane-expanso ; 
margine columellari arcuato, callum luteolum umbili- 
cum subtegentem, emittente. 

Alt., 00'"""; diam. maj., 00™™ ; diam. min., 00""". 

Madagascar (coll. Jousseaume). 

GYGLOSTAMA CERASTUM. 

Testa late umbilicata, subdiscoideo-turbinata, crassius- 
cula, solida, opace, e griseo-albescente, ad paripheriam 
rubescente, ac zonulis parum conspicuis ornata, stria- 
tula, lyrisque subevanidis sculpta ; spira mediocri, parum 
prominente , apice pallide cœruleo , lœvigato , nitido , 
anfractibus 6 primis convexiusculis , sensim , ultimis 
convexis rapidissime crescentibus, sutura obscure mar- 
ginata discretis ; ultimo maximo, compresso ventroso, 
ad aperturam descendente, carina alba, primum acuta, 
demum evanescente , circumcincto , subtus inflato, ad 
umbilicum lyris minuti imbricatis exasperato ; apertura 
verticali, ovata, superne paululum angustata, intus pur- 
pureo-pruinosa, peristomate lato, effuso, crassiusculo ; 
margine externo ad parietem aperturam dilatato, deinde 
bene arcuato, columellari incrassato, incurvato, laminam 
teneram umbilicum semitegentem, emittente, 

Alt., 21™™; diam. maj., 43™™; diam. min., 32™™. 

Madagascar (coll. Muséum de Paris). 

GYGLOSTOMA MYRTINUM. 

Testa late umbilicata, globoso-turbinata , sat tenera 
solida , parum nitente , sordide cœrulescente-albidulo , 



— 135 — 

tenuissime striata ac vestigiis sulcorum notata, unicari- 
nata; spira turbinata, sat prominente, apice cœruleo, 
detrito, anfractibiis 6-6 1/2 convexis, irregulariter (primis 
minutis, Isevigatis, sensim, sequentibus rubro fasciatis 
rapide , ceteris velociter, crescentibus , sutura parum 
impressa, albo marginata, separatis; ultimo maximo, 
turgido, ad aperturam breviter descendente, ad periphe- 
riam carina alba, parum prominente, circumcincto, sub- 
tus et infra carinam Isevigato, nitido, circa umbilicum 
eximie rugose lyrato ; apertura 'oblicfua, ovata, superne 
subangusta, intus purpureo nitente intense tincta; péris- 
tomate parum expanso, crassiusculo, vix reflexiusculo ; 
margine externo ad insertionem dilatato alba ; columel- 
lari bene arcuato, laminam albam umbilicum subtegen- 
tem, emitttente; marginibus callo albo, crasso, junctis. 

Alt., 24"""; diam. maj., 41'"'"; diam. min., 34""". 

Madagascar (coll. Jousseaume). 

M. Henneguy fait connaître la structure de l'oviducte 
de la Taupe et de la Lapine. 



g»cancc du «9 avril tSS6. 
PRÉSIDENCE DE M. FRANGHET. 

M. Henneguy présente à la Société un nouveau mi- 
crotome portatif. 

M. Vaillant fait la communication suivante sur : 

La disposition du tube digestif chez les Chéloniens, 
(Première note : CUélonlens herbivores.) 

Le régime des Chéloniens ne parait pas avoir donné 
lieu à des recherches suivies et, après examen de quel- 



— 136 — 

ques espèces, placées plus habituellement sous nos yeux, 
on a formulé comme conclusion générale que les espèces 
plus spécialement terrestres, Chersites de Duméril et 
Bibron, auxquelles, sur la foi des voyageurs, on joignait 
les Thalassites, étaient herbivores tandis que toutes les 
Tortues des eaux douces, Élodites et Potamites, auraient 
été carnivores, avec la restriction toutefois que, pour 
beaucoup d'entre elles le régime était, au moins en par- 
tie, mixte comme on le sait en particulier pour la Tortue 
mauritanique {T. pusilla, Shaw.), laquelle, aux végétaux 
dont elle fait sa nourriture ordinaire, joint de temps à 
autre de petits Mollusques, ce qui la fait regarder comme 
utile dans les jardins pour détruire les Limaces et ani- 
maux analogues. 

En étudiant à ce point de vue les habitudes des Tor- 
tues, qui composent la riche collection rassemblée à la 
Ménagerie du Muséum d'histoire naturelle, j'avais, il y 
a déjà assez longtemps, été frappé d'une dérogation à 
l'idée établie sur le régime de ces animaux jpar l'obser- 
vation d'une Elodite de l'Inde, Émys longicollis, Lesson 
{Tetronyx Lessonii, D. B.). Cette espèce, que l'on avait 
pendant longtemps cherché inutilement à nourrir 
de viande, comme ses congénères, nous a montré, 
en effet, par son avidité à prendre différentes plantes 
aquatiques, et en particulier les Lodea, que ce devait 
être là son régime normal. 

Il m'a paru intéressant de chercher si l'on pourrait 
saisir quelque relation entre le mode d'alimentation 
et la disposition de l'appareil digestif, ce qui existe sans 
aucun doute, mais ne peut-être reconnu qu'avec cer- 
taines difficultés, non seulement par suite du régime 
mixte chez bon nombre d'espèces, mais surtout parce 
qu'il n'est pas aussi facile qu'on le croirait d'abord de 
s'assurer du genre de nourriture pour un individu donné, 
ces êtres étant susceptibles, comme la plupart des Rep- 
tiles, de supporter de longs jeûnes, et lassant la patience 
par la difficulté qu'on éprouve à les surprendre au mo- 
ment de leur repas, sans compter la lenteur avec la- 
quelle ils saisissent leurs aliments. 

Le tube digestif est la seule partie de l'appareil qui 



— 137 — 

présente des différences appréciables et je n'ai pu jus- 
qu'ici les mettre en rapport avec les modifications des 
mâchoires ou du bec corné, bien qu'on puisse légitime- 
ment présumer des relations réelles. Pour le moment, 
je me bornerai à l'étude des espèces pour lesquelles le 
régime herbivore est le moins contestable. 

Les différents genres de Tortues terrestres peuvent 
être cités en première ligne. Dans le Testudo campanlata, 
Walb., espèce assez commune et d'une taille moyenne, 
qui facilite l'examen, on trouve que l'œsophage, médio- 
crement dilatable par l'insuffation, conduit dans un esto- 
mac renflé en cornemuse, peu allongé. A celui-ci fait 
suite un intestin cylindrique, un peu plus extensible au 
milieu de son trajet qu'aux deux extrémités. Il s'abouche 
de côté avec le gros intestin, laissant ainsi un cœcum 
globuleux, parfaitement distinct; ce gros intestin est un 
peu plus dilaté que l'intestin grêle. La longueur de celui- 
ci est au second comme 4 : 3 environ. 

Le Testudo pardalis, Bell, montre une disposition ana- 
logue, seulement l'intestin grêle se rétrécit d'une ma- 
nière notable, sur une petite longueur au moment de 
déboucher dans le cœcum, boursouflé et plus développé 
que pour l'espèce précédente. Un fait non moins remar- 
quable, c'est que le gros intestin serait au moins égal en 
longueur, peut-être même un peu plus long que l'intes- 
tin grêle. Je n'ai pas besoin de rappeler pour ces dimen- 
sions la difficulté, ou pour mieux dire l'impossibilité, 
dans laquelle on se trouve de les obtenir avec une exac- 
titude suffisante, c'est pourquoi ces rapports ne peuvent 
être donnés que comme de simples appréciations. 

L'appareil a été examiné sur d'autres Tortues terres- 
tres : Testudo pusilla, Shav^, T. elongata, Blyth, Cinixys 
erosa, Schweig, C. Belliana, Gray. Dans ce dernier genre 
l'intestin grêle est beaucoup plus étroit que le gros intes- 
tin et plus long comparativement à ce dernier, pour le 
Ciniœys erosa le rapport peut être évalué : : 8 : 3. 

Deux animaux appartenant aux Emys, Emys flaviven- 
tris et E. incisa, Bocourt, nous ont montré, à l'autopsie, 
un canal digestif contenant des végétaux, ce qui ne peut 
laisser aucun doute sur leur genre dévie. Il faudrait y 

40 



— 138 — 

joindre VEmys longicollis, Lesson, dont il a été question 
plus haut, mais l'examen nécroscopique de cette der- 
nière espèce n'a pu être fait. Pour les deux autres la 
disposition des organes est différente de celle indi- 
quée précédemment pour les Tortues proi^rement dites. 
L'œsophage très dilatable se continue avec un esto- 
mac cylindrique allongé sans distinction bien apparente 
entre ces deux parties. L'intestin grêle est court, régu- 
lièrement calibré chez VEmys incisa, Boc, avec quelques 
dilatations irrégulières chez VJSmys flaviventris. Le gros 
intestin se trouve dans l'axe de l'intestin grêle sans 
cœcum, mais il présente à son origine une partie très 
dilatée, en forme d'U, laquelle sur les différents indivi- 
dus était remplie de débris végétaux, la portion d'intes- 
tin, qui fait suite à ce réservoir alimentaire, est rétrécie, 
quoique d'un diamètre encore supérieur à celui de l'in- 
testin grêle, et se continue sans changement jusqu'à 
l'orifice anal. Si on cherche à apprécier la longueur réci- 
proque de ces deux portions du tube digestif, on voit 
qu'ici encore la différence de longueur entre l'intestin 
grêle et le gros intestin est faible, le premier étant très 
peu plus long, un tiers ou un cinquième. La portion 
dilatée du gros intestin occupe la moitié ou les deux 
cinquièmes de celui-ci. 

Bien que la disposition dans ces deux types soit, 
comme on vient de le voir, anatomiquement différente, 
cependant c'est toujours le gros intestin, qui physiologi- 
quement doit surtout agir par l'ampleur qu'il présente à 
son origine et dans le cœcum des Testudo et dans la dila- 
tation spéciale signalée chez les Emys. 

Je me réserve dans une prochaine communication de 
montrer à la Société les dispositions différentes qu'on 
peut observer sur les Chéloniens plus spécial^sment car- 
nassiers. 



— 139 - 

§iéanco du S mai «SS6. 

PRÉSIDENCE DE M. FRANGHET. 

M, Franghet fait part de ses observations sur : 

La végétation de Vîle d'Yéso et diagnoses de plantes nouvelles 
du Japon (suite), (i) 

Papaverage^. 

Gorydallis capillipes, sp. nov. — (Capnites).li\ihQV 
pisi minoris mole ; caulis debilis inferne fere fîliformis ; 
squama infra médium orta, ad axillam bulbulum fovens ; 
folia caulina 2, subdistantia, longiter petiolata, ambitu 
late triangularia, inferius biternatisectum, superius ter- 
natisectum, foliolis oblongis vel lineari-lanceolatis vix 
acutis; racemus multiflorus simplex, fioribus parvis, 
jam sub anthesi Iaxis ; bractese inferiores obovato-cu- 
neataï, incisœ, superiores auguste oblongse, integrse, 
vel nunc subintegrse; pedicelli capillares, inferiores 
bractea 2-3 plo longiores ; flores violacei, parvi, calcare 
recto, subulato, obtuso, limbosequilongo; capsula junior 
oblonga, acuta, stylo vix brevior; fructum maturum non 
vidi. 

Caulis 1-2 decim. ; foliola 15-18 mill. longa, 2-4 mill. 
lata ; pedicelli inferiores usque ad 3 cent. ; flores vix 
12 milL, adjuncto calcare circiter 6 mill. 

Nippon septentrionalis, in silva vetusta ad Kominato, 
vicinitate urbis Aomori; 3 maj. 1886 (Faurie, n" 259). 

Espèce bien distincte, dans le groupe auquel elle 
appartient, par ses pédicelles d'une extrême ténuité, 
vraiment capillaires et par ses petites fleurs. 

Leguminos^. 

Vicia Fauriae, sp. nov, {Lens, sensu Trauttv., Vicias 
ross.). — Caulis robustus, elatus, erectus, glaber, ^u- 

(1) Voir Bull., sér. 1", vol. X, p. 101. 



— 140 — 

perne acute angulatiis, prœter partem inferiorem nudam, 
dense foliatus ; stipulso semilanceolatœ, basi rotundatœ, 
denticulatae, cœterum integrse, longe acuminatfic ; folia 
ampla, fîrmiter membranacea , subcliartacea , foliolis 
trijugis, lucidis, venosis, glabris vel ad nervum pube- 
rulis, margine integerrimis, e basi attenuatalanceolatis, 
longe acuminatis, pare infimoad caulem fere contiguo; 
cirrus brevissimus, setiformis, nunc omnino abortivus ; 
racorni folia haud vel vix superantes, pedunculo com- 
muni inferne pubescente, miiltiflori; bractese magnse, 
pallide virentes, pubescentes, venosse, ovato-lanceolatœ, 
longe acuminatse, inferiores floribus vix duplo breviores ; 
flores cseruleo-violacei, dense racemosi, longiter pedi- 
cellati ; calyx glaber, breviter dentatus, dentibus sub- 
sequalibus e basi late triangLÛaribus abrupte et breviter 
cuspidatis ; petalorum unguis calyce 4-plo longior, vexillo 
subrotundo ; legumen (juvénile) longe stipitatum, lan- 
ceolatum, acuminatum, oligospermum, stigmate circum- 
circa pubescente. 

. Foliola 8-12 cent, longa, 12-18 mill. lata ; flores nume- 
rosi (usque ad 80), 2 cent, circiter longi; bracteœ infe- 
riores 15 mill. longae, 4 mill. basi lat£e, 

Nippon septentrionalis , ad Shirosaki , vicinitate 
Aomori ; 29 maj. 1886 (Faurie, n° 493). 

Très belle espèce tout à fait distincte, qui doit prendre 
place à côté du Vicia venosa, Maxim. (Orobus venosus, 
Willd. ; Ervum venosum, Trauttv.). Le V. Fauriœ est suv- 
tout remarquable par ses grandes dimensions qui ne 
paraissent surpassées par aucune espèce du genre, par 
le nombre de ses fleurs rapprochées en grosse grappe 
courte unilatérale, par la longueur des ses bractées très 
persistantes. 

Saxifragage^. 
FABJREA gen. nov. 

Flores hermaphroditi ; receptaculum concavum, ob- 
verse conicum; discus tenuissimus, membranaceus cum 



i 



— 141 — 

staminibus petalorumque basi arcte connatus ; sepala 5 
libéra, summo receptaculo inserta, valvata; petala 5, 
crassa, intégra, sestivatione induplicata, ad faiicem re- 
ceptaculi inserta ; stamina 5, brevia, incliisa, oppositise- 
pala, inferne a disco haud libéra, filamentis e basi latiore 
subulatis, antheris profunde sagittatis, dorso affîxis, ad 
latera longitiidinaliter rimosis ; germen semisuperum, 
ovato-conicum, perfecte uniloculare, stylis ad apicem 
usque connatis stylum imicum fîngentibus, stigmate 
bilobo; placentse pariétales, multiovulatœ. — Herba pe- 
rennis, glabra, rliizomate crasso horizontali ; folia omnia 
basilaria, permulta, chartacea, palmatinervia, crenulata. 

Fauria japonica. — Rhizoma digiti fere crassitie, 
basi membranacea dilatata petiolorum anni praiteriti 
dense obtectum ; folia longe petiolata, limbo subtus pah 
lidiore, transverse latiore, basi apertecordato, apice late 
emarginato, margine miilti-creniilato ; pedunculus e 
rhizomate ortus, basi squamis latis, fulvis, truncatis 
involutus, ad inflorescentiam usque nudus; inflores- 
centia ssepius bifîda, partionibus breviter paniculato- 
corymbosis, ramis et ramulis squama concava membra- 
nacea, ovata vel ovato-oblonga stipatis; pedicelli crassi, 
brèves bracteolati ; flores parvi lutei vel rosei (in sicco 
non patet) ; sepala ovata, obtusa; petala calyce subduplo 
longiora, crassa, ovata, apice cucullata ; stamina petalis 
breviora, antheris fuscis filamento vix brevioribus ; 
Stylus stamina paulo superans, ovarii partem liberam 
sequans. 

Petioli 1-2 decim. longi, limbo 5-9 cent, lato, 3-6 cent, 
alto; pedunculi 2-4 decim., parte superiore tantum flori- 
feri; pedicelli 6-12 mill. ; flores diam. circiter 6-7 mill. ; 
sepala vix 3 mill.; petala 6 mill. 

Nippon septentrionalis, ad montem Hakkoda, vicini- 
tate Aomori ; 6 jul. 1886 (Faurie, n° 813). 

Le genre Fauria peut prendre place à côté de VOresi- 
trophej Bunge, dont il se distingue par ses 'étamines qui 
sont au nombre de 5 seulement et surtout par son 
ovaire complètement uniloculaire surmonté par un seul 
style ; il s'en sépare encore par ses rhizomes qui portent 
plusieurs feuilles et non pas seulement une seule, ainsi 



^ 142 ~ 

que par ses fleurs pourvues de pétales. Les genres Boy- 
hinia et Bolandra, avec lesquels il ne manque pas non plus 
d'analogie, ont l'un et l'autre un ovaire plus ou moins 
complètement biloculaire, avec 2 ou 3 styles distincts, 
au moins vers le sommet. Les Heucliera s'éloignent da- 
vantage par leur inflorescence en grappe simple ou 
composée. 

Gaprifoliace^. 

Lonicera strophiophora (1), sp, nov. — (Xylosteon). 
Rami vetusti glabri, ad nodos vix vel non incrassati, 
cortice griseo detersili, ramulis hornotinis glandulosis 
et parce setulosis ; perulse late ovatse, obtusse, membra- 
nacese, multinervatœ, extus setulosse, margine glandu- 
losae, ad basin ramulorum diutius persistentes ; folia 
breviter petiolata, e basi rotundata vel leviter cordata 
late ovata, plus minus abrupte acuminata vel acuta, 
nervis secundariis utrinque 5-7, supra adpresse setulosa, 
subtus vix pallidiora et prœsertim ad nervos setulis 
adpressis patentibus vestita, intermixtis prsesertim in 
potiolo glandulis fui vis parvis, margine dense ciliata ; 
flores involucrati, pedunculo communi setulis et glan- 
dulis consperso, recurvo ; bractesB involucrantes amplse, 
foliacese, e basi late ovata longe acuminatœ, quoad ves- 
timentum foliis simillimœ ; bracteolse nullae ; calyx cu- 
pularis ovario brevior , lobis late rotundalis longe 
ciliatis; corolla involucro longior, albida, infundibu- 
liformis, basi gibbosa, limbo subrogulari, lobis, ovatis, 
posticis paulo majoribus, tubo tenui elongato , ad 
taucem sensim ampliato, extus pubescente; stamina 
fere ad faucem inserta, fîlamentis glabris, antheris linea- 
ribus ; stylus stamina superans pilosus ; ovaria omnino 
libéra, dense et adpresse setulosa; fructus... 

Folia majora (sub anthesi) 3-4 cent, longa, incluse pe- 
tiolo 4-5 mill. longo, 20-25 mill. lata; pedunculus 12-15 
mill.; bractese 15-18 mill.; corolla usque 2 cent. 

Nippon septentrionalis, circa Aomori; 3 maj. 1866 
(Faurie, n° 242). 

(1) De aTûoÇj'oy, ceiuture; <^èpoÇj qui porte. 



— 143 — 

Diffère du L. pilosa, Maxim., dont il est voisin, par ses 
feuilles plus petites ovales, à base très élargie, arrondie 
Ou un peu cordiforme, par sa pubescence sétacée et glan- 
duleuse, par ses pédoncules arqués, sa corolle gibbeuse 
dont le tube est pubescent extérieurement; par son 
style velu; le L. hispida, Pall., s'éloigne davantage par 
sa pubescence, la forme de ses feuilles, etc. 

Ericage^. 

Rhododendron Fauriœ, sp. nov. — (Eurhododen- 
dron). Gemmse parvœ, simul ac ramuli hornotini tomento 
albo laxo, tenui, floccoso mox detersili conspersi; folia 
breviter petiolata, papyracea pallide virentia, subtus vix 
discoloria, glaberrima, Isevia, elliptico-lanceolata basi et 
apice rotundata, margine tenui non revoluto, nervis 
secundariis utrinque 15-18, minime prominulis, insequi- 
longis, circiter ad médium laminse desinentibus ; flores 
breviter racemosi, pedunculis tenuibus elongatis, to- 
mento brevissimo laxo, rufo, mox evanido vestitis ; calyx 
discoideus, parvus, dentibus obsoletis ; corolla (pur- 
purea?) maculata, aperte campanulata, extus glabra, 
intus imo fundo pubescens, lobis 5 ovatis; stamina 10, 
inclusa, filamentis inferne dense villosulis ; ovarium 
ovatum rufo-lanuginosum. 

Folia (incluso petiolo 12-15 mill.) 10-15 cent, longa, 
3-4 cent, lata ; pedunculi 3-4 cent ; corolla 20-22 mill. cir- 
citer longa, diam. 2 cent. 

Nippon septentrionalis, in monte Shichinolie, prope 
Aomori ; 21 jun. 1886 (Faurie, n° 758). 

Espèce bien caractérisée par ses feuilles minces, 
presque transparentes et tout à fait glabres, au moins à 
l'époque de la floraison. Elle est d'ailleurs voisine du 
R. brachycarpon, et ses feuilles ont la même forme que 
celles de la plante de Don, sans en avoir l'épaisseur et 
sans indûment crustacé blanchâtre en dessous. 

PRIMULACErB. 

Primula cuneifolia, Ledeb., Mém. Acad. des Se. de 



— 144 — 

Saint-Pétersbourg, V, p. 522 (1814) et FI. ross. III, 15- 

Planta gracilis, humilis (6-12 cent.), pauciflora, flori- 
bus tantum 1-3 brevipedicellatis ; folia tenuiter mem- 
branacea, apice paucicrenata (crenis 5-9) ; petioli anguste 
marginati elongati. 

Nippon sept., in cacumine montis Hakkoda, prope 
Aomori ; 6 jul. 1886 (Faurie, n° 870). 

Les spécimens de Hakkoda présentent tous les carac- 
tères des formes provenant des stations les plus boréal es 
de la plante et ressemblent notamment à ceux d'Una- 
laska, distribués par Ledebour et qui peuvent être con- 
sidérés comme le type de l'espèce. Ceux d'Ajan (coll. 
Tilling) et de la baie d'Ochotsk (coll. C. Wright) appar- 
tiennent à une autre forme, plus grande dans toutes ses 
parties et dont les feuilles présentent de chaque côté 
plusieurs lobules ou grosses dents très inégales ; c'est 
le P. saxifrag se folia, Lehm. Monogr. Prhn., tab. IX, con- 
sidéré par presque tous les auteurs comme une forme 
du P. cuneifolia. 

Les deux espèces suivantes, P. hakusanensis et P. hete- 
rodonta, pourraient aussi rigoureusement être consi- 
dérées comme des variétés de la plante de Ledebour, 
qui deviendrait alors l'un des types les plus variables du 
genre et ne présenterait aucune fixité dans aucun de 
ses caractères. 

Toutefois ces réunions de formes si diverses sous une 
même dénomination spécifique seront prématurées tant 
qu'on ne connaîtra pas les fruits, qui peuvent apporter 
des éléments de distinction si importants. 

Primula hakusanensis, sp. nov. P. cuneifolia 
Franch. et Sav. Énum. pi. Jap. Il, 429 (non Ledeb). — 
Rhizoma brève; folia membranacea, rhomboidea vel 
late obovata, in basin integram late cuneatam, brevem 
producta, limbo crebre et argute serrata, serraturis 
paulo insoqualibus ; pedunculus erectus vel ascendens, 
superne tenuissime glandulosus ; bractese lanceolato- 
suloulatse, basi non saccatse nec gibbosse; pedicelli 3-6 
umbellati, (simul ac calyx) dense et brevissime glandu- 
losi, bracteis vix duplo longiores ; calyx brevis, basi ro- 
tundatus, ultra médium partitus, dentibus triangulari 



— 145 — 

lanceolatis ; corolla lilacina, tubo calycém superante ad 
faucem non ampliato, limbo patente, lobis ad médium 
iisque partitis. 

Folia (incliiso petiolo late alato) 2-4 cent, longa, limbo 
in parte latiore 12-18 mill. lato; pedunculus 10-15 cent., 
pedicelli 8-10 mill.; corolla diam. 10-15 mill. 

Nippon média, in monte Hakusan (Rein.). 

Diffère du P. cuneifolia, Ledeb., par la forme des 
feuilles qui s'atténuent en pétiole très large, court et 
dont le limbe arrondi ou largement ovale est bordé tout 
autour de dents de scie assez fines, très aiguës et peu 
inégales. 

Primula heterodonta, sp. nov. — Rhizoma cras- 
sum, abbreviatum; folia tenuiter papyracea intense 
virentia, flaccida, longe petiolata, petiolo angusto, 
limbo obovato, apice rotundato, circumcirca inaîqua- 
liter dentato, dentibus permultis obtusis ; pedunculus 
erectus, prseter apicem pulverulentum, glaberrimus; 
bractese e basi dilatata nec gibbosa lanceolato-subulatse ; 
pedicelli usque ad 15 (nunc tantum 8), clongati, tenues, 
simul ac calyx puberulo-glandulosi ; calyx campanulatus, 
basi rotundatus, ad quartam parteminferiorempartitus, 
dentibus lanceolatis acuminatis; corolla magna, lilacina, 
tubo ad faucem dilatato calyce fere duplolongiore, limbo 
explanato, lobis profunde partitis ; capsula (juvenilis) 
globosa, calyce triplo brevior. 

In speciminibus majoribus pedunculus usque 3 decim. 
longus; folia (incluso petiolo limbo longiore) 10-12 cent.; 
pedicelli ineequales 15-30 mill.; corolla diam. 2 cent.; 
specimina altéra fere duplo minora, sed tantum quoad 
pedunculum et folia. 

Nippon sept., in cacumine montis Iwagisan prope 
Aomori ; 21 jul. 1886 (Faurie, n° 1021). 

Très belle espèce voisine du P. cuneifolia mais parais- 
sant distincte par ses fleurs plus nombreuses, ses 
grandes feuilles d'un vert sombre bordées de nombreuses 
dents inégales et obtuses, par ses pédicelles très longs ; 
la capsule paraît aussi devoir être plus courte et de 
forme différente, puisque M. Maximowicz attribue au 
P. cuneifolia, Led., des capsules ovales, égalant le calice. 



— 146 — 

Primula Faurise, sp. nov. — Rhizoma gracile, fibris, 
radicalibus elongatis ; folia subtus aureo-farinosa, pe- 
tiolo elongato angusto, limbo late ovato vel rhombeo, 
vel etiam suborbiculato, basi subtrimcato vel brevis- 
sime proclucto, subtiliter crenulato, margine reflexo ; 
pedunciilus glaber, rigidus, foliis duplo longior ; bractese 
lanceolato-subulatse, basi gibbosse ; pedicelli 6-8 umbel- 
lati, glabri, rigide erecti, insequales, elongati; calyx pul- 
verulentus, campanulatus, basi attenuatus, ad médium 
usque partitus, dentibus lanceolato-linearibus, obtu- 
sulis ; corolla (rosea) parva, in capsula diutius persis- 
tens, tubo calycem haud excedente, superne non am- 
pliato, intus ad faucem calloso ; limbus cupulatus, lobis 
breviter bilobulis; capsula cylindrica, calyce fere duplo 
longior, 

Petioli 2-5 cent., limbo 8-12 mill. longo et fere lato; 
pedunculus 8-12 cent.; pedicelli 15-30 mill.; calyx vix 
5 mill.; corolla explanata 7-8 mill., diam.; capsula 
8-10 mill. 

Nippon sept., in monte Shichinohe; 22 jun. 1886 
(Faurie, n° 722). 

Très voisin du P. macrocarpa, Maxim., dont il a le 
fruit caractéristique ; il s'en distingue facilement par ses 
feuilles couvertes en dessous d'une poussière dorée et 
qui sont entières ou très superficiellement crénelées , 
avec les bords repliés en dessous. Le P. modesta. Le 
Marc. Moore, s'éloigne davantage par ses feuilles à pé- 
tiole largement ailé. 

Dans une précédente communication (1), j'ai entre- 
tenu la Société de l'existence d'un Bambou vrai, à 6 éta- 
mines, le B. senaneyisis, Franch. et Sav., couvrant les par- 
ties montagneuses de l'île d'Yéso. Dans une lettre, datée 
d'Hakodate le 18 sept. 1886, M. Faurie m'envoie des 
renseignements assez complets sur les conditions parti- 
culières où végète cette plante et je ne crois pouvoir 
mieux faire que de transcrire ici le passage de sa lettre 
qui la concerne : 

« Encore un mot sur le Sasa (prononcez Sassà), nom 

(1) Voir Bull., sôr. 7^ vol. X, p. 8. 



— 147 — 

» donné par les indigènes du Yéso au Bamhusa sena- 
» nensis. Il couvre tout le pays et dès que les arbres sont 
« enlevés, \e Sasa remplit les vides; grâce à lui la terre 
» végétale atteint, jusqu'aux plus hauts sommets, plu- 
» sieurs pieds d'épaisseur et n'est jamais entraînée par 
y> les pluies. Ce Bambou est maître sur les hauteurs et 
» dans la plaine (à moins que ce ne soit une plaine ma- 
» récageuse, un Yaji ou Yadji). Sur le Tengu yama, 
» montagne voisine d'Otaru et pouvant avoir 7 à 800 m. 
» d'élévation, dans les cavités il atteint plutôt 6 pieds 
» que 4. C'est toute une affaire de passer au travers ; 
» on ne voit pas où Ton pose le pied. Grâce au Sasa les 
» chevaux qui sont abandonnés dans les forêts, et vivent 
» à l'état demi-sauvage, trouvent partout une nourri- 
» ture abondante, même au plus fort de l'hiver. Je n'ou- 
» blierai jamais la pénible impression que j'ai éprouvée 
» la première fois qu'il m'est arrivé de voir des chevaux 
» brouter le Sasa sur les montagnes couvertes de neige. 
» C'était en janvier, il y a plus de 4 ans, lors de mon 
» premier voyage à Sapporo. Pendant cinq jours on 
» avait attendu la fin de la tempête, ou plutôt du fort 
» vent d'ouest, dans la petite baie de Fukushima, à la 
» sortie du détroit d'Hakodaté. Le sixième jour le va- 
« peur était allé passer la nuit derrière l'île de Oku shiri; 
» enfin le septième jour s'annonçant beau, des bandes 
» de cheveaux apparurent couvrant les collines déboi- 
» sées des bords de la mer, la neige étant là moins 
» épaisse qu'ailleurs. C'était un singulier spectacle de les 
» voir, avec un pied de devant, faire tomber la neige ou 
» au besoin la creuser, avides de saisir le Sasa avec leur 
» bouche. » 

Il serait peut-être intéressant d'introduire, une Gra- 
minée à feuilles persistantes, végétant dans des condi- 
tions aussi particulières et pouvant offrir de semblables 
ressources au bétail dans les régions froides. D'autre 
part une plante qui paraît présenter des qualités si pré- 
cieuses pour fixer le sol, ne serait-elle pas utilisable dans 
les dunes et sur les pentes? Tout fait présumer que le 
climat de la France, ou même celui de régions beaucoup 
plus froides, lui conviendrait à merveille. 



— 148 — 

(Séance du 9Z mai dISSG. 
PRÉSIDENCE DE M. FILHOL. 



M. FiLHOL présente de la part de M. A. Milne- 
Edwards la description de quelques Crustacés du genre 
Thelphusa recueillis par M. de Brazza dans les régions du 
Congo. 

1. Telphusa Brazzse^ nov. sp. 

Cette espèce doit se placer à côté de la Thelphusa nilo- 
tica, chez laquelle les bords latéro-antérieurs sont armés 
d'une série d'épines, mais elle se distingue de cette der- 
nière espèce par son front beaucoup plus avancé et 
formé de deux lobes lamelleux à peine séparés sur 
la ligne médiane par la crête post-frontale à peine dis- 
tincte (1) par les denticulations latéro-antérieures qui 
sont petites et divisées en deux groupes, l'un correspon- 
dant à la portion du bord situé en avant du sillon post- 
frontal et comptant 6 ou 7 denticules, le second situé en 
arrière de ce même sillon et comptant 4 ou 5 denticules. 
La carapace est bombée d'avant en arrière et les sillons 
inter-régiônnaires sont à peine distincts. Les pinces de 
la femelle sont faibles, l'avant-bras porte en dedans 
deux épines et son bord externe et antérieur est garni 
de quelques spinules. Les pattes ambulatoires sont for- 
tes, la cuisse est garnie en dessus et à son extrémité 
d'une épine ; la jambe et le pied ont leur bord supérieur 
spinuleux. Les doigts sont gros et pourvus sur leurs 
arêtes de fortes spinules. 

Le mâle est inconnu. 

Largeur de la carapace d'une femelle chargée d'œufs. 0"'024. 
Longueur . 0'I 9. 



(1) Le peu de saillie de la crête post-frontale et la faible largeur de la 
carapace donnent à cette espèce une certaine ressemblance avec les 
Bilocarcinus et les Syhnocarcinus américains. 



— 149 — 

Pris au mois d'avril 1884, au poste Ngancin par 
M. de Brazza. 



2. Thelphusa Pœcilei, nov. sp. 

Cette espèce prend place dans la même division que 
la précédente. Sa carapace est remarquable par sa lar- 
geur et sa forme bombée d'avant en arrière beaucoup 
plus marquée que chez les autres Thelphuses même que 
le 27i. Goudoti. Les bords latéro-antérieurs sont courts, 
épais et armés de trois dents spiniformes situées en 
arrière du sillon post-frontal ; l'angle orbitaire interne 
est peu saillant. 

Les pattes antérieures du mâle sont grandes et très 
inégales ; celle du côté droit est la plus développée et 
ressemble à celle de certains Gelasimus, tels que le Gela- 
simus Gaimo.rdi ou le G. pugilaior; les doigts en sont 
grêles, arqués et ils ne se touchent que par leur pointe, 
leur bord préhensile est presque dépourvu de denticu- 
lations. L'avant-bras est armé en dedans de deux épi- 
nes ; le bras porte une épine sur son bord antérieur. Les 
doigts de la petite pince sont en contact dans toute leur 
longueur. Les pattes ambulatoires sont peu robustes. 
L'abdomen du mâle est nettement enchâssé dans le 
plastron sternal, et il se fait remarquer par la forme 
étroite du 7« article. 

Largeur de la carapace 0"'033. 

Longueur 0.021. 

Alima Leteke (Mission de M. de Brazza). 



3. Thelphusa Ballayi, sp. nov. 

La carapace de cette espèce est épaisse, renflée, beau- 
coup plus étroite que celle de la Thelphusa hayoniana, Ca- 
pello, et de la Th. depressa, Krauss. La crête post-fron- 
tale est peu marquée et il n'existe, sur le bord latéral, 
qu'une seule dent épibranchiale. Le front est avancé et 



— 150 — 

peu déclive. Les pinces de la femelle sont faibles ; les 
pattes ambulatoires courtes. 

Le mâle est inconnu. 

Chez le Th, margaritaria A. M.-Edw., de l'île Saint- 
Thomé et chez le Th. 2^erlata A. M.-Edw., du Cap, la 
dent est à peine marquée, ce qui distingue facilement 
ces espèces de celles du Congo. 

Largeur de la carapace O^Oai. 

Longueur 0.018. 

Habite le ruisseau du poste Ngancin (Mission de 
M. de Brazza). 

4. Thelphusa Chavanesii, nov. sp. 

La carapace de cette espèce est large et aplatie ; la 
crête post-front'ale au lieu d'être presque droite est for- 
tement arquée en arrière vers ses extrémités et elle 
aboutit à la base d'une forte dent épibranchiale ; entre 
cette dent et l'angle orbitaire externe, il existe une au- 
tre dent. Le front est déclive et à peine échancré sur la 
ligne médiane. 

Ces caractères permettent de distinguer facilement 
cette espèce de la Th. Aubryi et de la Th. marginata où 
la crête post-frontale au lieu d'être comparativement 
très forte est droite et où la dent épibranchiale est peu 
développée. 

Largeur de la carapace d'un mâle .... 0^055. 
Longueur 0ni045. 

Lac de Franceville (Mission de Brazza). 

5. Thelphusa Decazei, nov. sp. 

La carapace de cette espèce est large et épaisse, sa 
surface est lisse et brillante. La crête post-frontale est 
bien accusée, et elle se continue avec le bord latéral 



- 151 — 

sans qu'il existe de dent épibranchiale au point d'inter- 
section. La partie de la carapace située en avant de la 
crête post-frontale est très-surbaissée et pourvue en 
dehors d'une petite dent placée en arrière de l'angle 
post-orbitaire. Les pinces du mâle sont fortes et garnies 
de dents saillantes. Les pattes ambulatoires sont courtes. 
Cette espèce se rapproche beaucoup de la Thelphusa 
Aubri/i, M.-Edw. du Gabon ; mais elle s'en distingue par 
un certain nombre de caractères faciles à saisir. La ca- 
rapace est moins arquée d'avant en arrière, les bords 
latéro-antérieurs forment une crête lisse et non gra- 
nulée, ils se continuent par une courbe beaucoup plus 
régulière avec la crête post -frontale. Le front est plus 
large. Les régions ptérygostomiennes sont parcourues 
par un sillon qui se détache du bord latéral en arrière 
de la deuxième dent latérale pour séparer le lobe sous- 
hépatique du lobe branchial antérieur, tandis que chez 
le Th. Aicbryi, ce sillon naît en arrière de l'angle orbi- 
taire externe. Les pinces du mâle sont plus courtes et 
plus renflées. 

Largeur de la carapace du mâle 0'"040. 

Longueur 0.028. 



M. Bouvier communique des 

Observations anatomiques relatives aux Solaridés et aux 
Janthinidés, 

Troschel a réuni dans le même groupe des Pténoglosses 
trois familles de Gastéropodes prosobranches caracté- 
risés par une radule armée de nombreux petits crochets, 
mais sans dents médianes. Le seul caractère tiré de la 
langue a pu permettre à Troschel de former ce groupe, 
puisque les traits les plus essentiels de l'organisation 
de ces animaux sont restés jusqu'ici presque complète- 
ment inconnus. Nous nous proposons de combler cette 
lacune dans une certaine mesure, et d'examiner jusqu'à 
quel point on peut confirmer par l'anatomie la classifi- 



— 152 — 

cation de Troschel, Nous n'avons fait qu'effleurer l'or- 
ganisation générale des animaux que nous avons étu- 
diés et nous avons principalement concentré notre 
attention sur le système nerveux. Dans cette première 
note, nous nous limiterons aux Solaridés et aux Janthi- 
nidés, nous réservant d'exposer bientôt les caractères 
de la troisième famille des Pténoglosses, celle des Sca- 
laridés. 

Dans la famille des Solaridés nos recherches ont sur- 
tout porté sur le Solarium trochleare, Hinds, dans celle 
des Janthinidés sur la Janthina glohosa, Swainson. 

Organisation générale. Le Solarium ou Cadran est 
un animal de fond. Les tours assez nombreux de la 
coquille, son aspect discoïde et son profond ombilic la 
rendent très caractéristique. Au-dessus du pied large, 
mince, de l'animal on voit saillir en avant les deux énor- 
mes tentacules de l'animal; courts, épais, en contact 
par leur face interne plane et canaliculée, ils forment 
par leur réunion une espèce de tête fendue suivant 
sa longueur ; au fond de cette fente est l'orifice par 
lequel peut saillir la trompe. Les yeux bien développés 
se trouvent sur la face externe des tentacules. La 
région dorsale de l'animal comprise, sous le manteau 
et s'étendant depuis les tentacules jusqu'à l'origine 
du tortillon ou peu s'en faut, forme un bourrelet médian 
très élevé qui se bifurque et se divise en deux lames 
dans sa partie libre ; cette crête bifurquée très carac- 
téristique s'atténue un peu en arrière et ne se soude pas 
au manteau à gauche au niveau de l'extrémité posté- 
rieure de la branchie. 

La chambre palléale est très longue et occupe presque 
la longueur du dernier tour. 'A droite, on y voit débou- 
cher en avant le rectum d'abord, puis les conduits géni- 
taux pourvus de glandes annexes volumineuses dans 
cette région. Sur la paroi droite du manteau se trouve, 
au contraire, la longue branchie et en arrière sur la 
moitié postérieure, l'organe de Bojanus dont l'orifice se 
trouve par conséquent contre la branchie, au-dessous 
d'elle, à peu près à l'endroit où commence le tiers pos- 
térieur de la cavité palléale. Très allongé, étroit, rempli 



— 153 — 

par de nombreux tractus anastomosés, il offre un aspect 
assez particulier et surtout une position absolument 
particulière : il se prolonge en s'acuminant en avant 
de son orifice en boutonnière. La branchie est formée 
de feuillets parallèles peu élevés et fixés d'un côté par 
toute leur longueur au manteau; à leur base du côté 
droit, ces lamelles portent de chaque côté, empilés les 
uns au-dessus des autres, des feuillets semi-circulaires 
qui donnent à la branchie un aspect tout spécial. Il y a 
en avant une fausse branchie très nette formée par des 
bourrelets rayonnant autour d'un centre. 

La partie antérieure du tube digestif offre une dispo- 
sition très remarquable. Une trompe extraordinaire- 
ment longue et atténuée en avant peut saillir entre les 
deux tentacules; c'est à la partie antérieure de cette 
trompe qu'il faut placer la bouche. Chez les animaux 
conservés dans l'alcool, elle est toujours complètement 
rétractée et alors la bouche et la masse buccale qui lui 
fait suite sont rejetées très loin en arrière dans la cavité 
du corps. Cette masse buccale s'aperçoit à peine; c'est 
un très faible renflement de la partie antérieure et fort 
grêle de l'œsophage ; la radule simple, fixée sur son 
plancher, est à peine longue de quelques millimètres. 
Les glandes salivaires en grappes, forment une masse 
considérable qui occupe une grande partie de la cavité 
antérieure du corps et entourant l'œsophage et même la 
masse buccale et une partie de la trompe lorsque celle-^ 
ci est rétractée. Il est difficile de limiter les deux glan- 
des, mais on isole parfaitement leurs conduits qui se 
réunissent bientôt en un seul, plus gros, débouchant 
dans la masse buccale. 

Rien de semblable chez la Janthine. C'est un animal 
pélagique. Sa coquille mince n'est pas operculée et n'of* 
fre jamais l'aspect discoïde et l'ombilic profond du Sola* 
rium. Ses tours sont peu nombreux. Le pied est réduit 
et muni d'un flotteur tout particulier. Un mufle long 
remplace la trompe; à supposer ce muscle rétractile, on 
ne saurait jamais le comparer avec la trompe prodigieu- 
sement longue du Solarium. La tête peu distincte est 
pourvue de deux tentacules de chaque côté ; ces tenta- 

11 



— Ib4 — 

cules relativement grêles ne ressemblent en rien à ceux 
des Cadrans ; du reste, les Janthines sont dépourvues 
d'yeux, autant du moins que nous avons pu en juger sur 
les/, nîtens, Menkeet /. glohosa. Ihering signale la même 
particularité chez la /. planispirata. La chambre bran- 
chiale est peu profonde, le dos de l'animal n'offre rien 
de particulier. Au fond de la cavité branchiale se trouve 
l'orifice de l'organe de Bojanus, qui occupe la partie an- 
térieure du tortillon, à droite du cœur comme chez la 
plupart des Prosobranches. ;La branchie est formée par 
de très hauts feuillets triangulaires et portant des la- 
melles sur leurs faces, ces feuillets sont fixés par leur 
base. La fausse branchie est filiforme. Le tube digestif 
commence par une bouche en fente assez bizarre à 
laquelle fait suite une grosse masse buccale. Assez 
peu musculaire , celle-ci renferme deux mâchoires et 
deux radules recourbées sur elles-mêmes. Les glandes 
salivaires se réduisent à deux tubes étroits médiocrement 
longs qui débouchent séparément dans la cavité buccale. 

A part l'absence du pénis, que nous n'avons pas plus 
trouvé chez les Solarium que chez les Janthines, nous 
ne voyons pas ce qui permet de rapprocher ces deux 
formes. Le système nerveux vient fournir un argument 
important contre cette réunion. 

Système nerveux. Ihering a donné du système ner- 
veux de Solarium une description complètement erronée; 
il a beaucoup mieux étudié la Janthine, mais il en a fait 
un Orthoneure, tandis qu'elle est manifestement Chias- 
toneure. 

1° Solarium. Les ganglions cérébroïdes se confondent 
sur la ligne médiane et les ganglions commissuraux de 
chaque côté sont à peine séparés par des étranglements 
des ganglions cérébroïdes. Les ganglions pédieux sont 
eux-mêmes en contact intime ; ils sont réunis aux gan- 
glions commissuraux par deux gros connectifs, aux gan- 
glions cérébroïdes par des connectifs assez grêles; 
grêles ou épais, ces connectifs n'ont que juste la lon- 
gueur suffisante pour laisser à la trompe un passage 
suffisant dans le collier. 

Du ganglion commissural droit part l'une des bran- 



— ISS — 

ches de la commissure viscérale ; elle passe en écharpe 
au-dessus du tube digestif et aboutit après un assez long 
trajet dans un ganglion supra-intestinal logé dans les 
parois dn corps au niveau de la petite branchie. Les 
nerfs fournis par ce ganglion n'offrent rien de particu- 
lier, la commissure viscérale qui en sort se prolonge en 
arrière du côté du tortillon suivant la paroi gauche du 
corps. Le ganglion commissural gauche est très allongé 
et réuni au ganglion sub-intestinal par un cordon gros 
et court, ganglionnaire sur une partie de sa longueur. 
Cette formation est absolument caractéristique du Sola- 
rium, Le ganglion commissural gauche donne naissance 
à un nerf palléal et au nerf columellaire ; le ganglion sub- 
intestinal innerve à droite le manteau et envoie en ar- 
rière la branche droite de la commissure viscérale. Les 
otocystes se trouvent 'au-dessous des ganglions pédieux 
Nous n'avons pas trouvé le stomato-gastrique. 

2" Janthine. Les ganglions cérébroïdes sont réunis par 
une commissure très longue, mais les ganglions commis- 
suraux offrent avec eux les mêmes relations que chez 
le Solarium. Les ganglions pédieux sont réunis par une 
longue commissure (double chez quelques individus) ; 
ils sont réunis aux ganglions cérébroïdes et commissu- 
raux par de forts longs connectifs. 

Du ganglion commissural droit part l'une des bran- 
ches de la commissure viscérale ; elle passe en écharpe 
au dessus du tube digestif et aboutit après un très long 
trajet dans un ganglion supra-intestinal logé dans les 
parois du corps au niveau de la grande branchie. L'un 
des nerfs branchiaux issus de ce ganglion s'anastomose 
avec le nerf palléal du même côté issu du ganglion com- 
missural gauche. Ce dernier ganglion donne naissance 
à la branche sous-intestinale de la commissure viscérale, 
après un très long trajet cette branche va se terminer 
dans le ganglion sub-intestinal logé à droite dans les 
parois du corps au même niveau que le ganglion supra- 
intestinal. 

Avant de former le ganglion, la branche sub-intesti- 
nale de la commissure se rattache par un long connectif 
au ganglion commissural droit, de sorte que la Janthine 



— lo6 — 

est zygoneure tandis que le Solarium est dialyneure. Le 
ganglion viscéral est situé en arrière de l'orifice du rein, 
il est rattaché aux deux ganglions précédents par la 
commissure viscérale. Les ganglions du stomato-gas- 
trique réunis par une longue commissure, se rattachent 
aux ganglions cérébroïdes par deux longs connectifs de 
chaque côté. 

A part la confusion des ganglions cérébroïdes et com- 
missuraux, nous ne voyons rien dans le système ner- 
veux de la Janthine qui rappelle le Solarium. La com- 
paraison ne conduit qu'à constater des différences, dont 
la plus importante est bien certainenent celle qui fait de 
la Janthine un type zygoneure, tandis que le Solarium 
est dialyneure. Pour qui connaît l'importance de ces 
deux dispositions chez les Prosobranches, c'est un carac- 
tère différentiel impoj^tant qu'accentue encore toutes les 
différences que nous avons relevées. 

Il ne faut point placer les Janthines à côté des Sola- 
rium ; nous verrons bientôt quelle place il faut plus 
exactement leur assigner. 

Laboratoire de Malacologie du Muséum). 



— 1S7 — 

Séance du «S juin flSSe. 
PRÉSIDENCE DE M. FRANGHET. 

M. Bouvier fait une communication sur VAnatomie de 
V Ampullaire . 

Remarques sur le genre Ripistes de Dujardin, 
par M. Léon Vaillant. 

Dans la séance du 20 août 1842, Dujardin présentait 
à la Société Philomathique une note destinée à faire 
connaître un ver de la famille des Naïdines, observé 
dans la Vilaine, il lui donna le nom de Ripistes. 

Cet animal est« caractérisé par la présence d'une dou- 
ble série de soies à crochets à la face ventrale et d'une 
double rangée de ramas dorsales portant chacune sept à 
huit soies fines assez longues, mais les 4% 5° et 6° paires 
de ces rames dorsales portent des faisceaux très longs, 
étalés et agités d'un mouvement de balancement régu- 
lier comme des éventails. « A cette phrase reproduite 
ici textuellement, l'auteur ajoute, qu'il existe une trompe 
de moyenne grandeur et, de chaque côté de la tête, un 
point noir oculiforme. 

Quoique cette diagnose soit très précise, Grube (1851) 
et même dans ces derniers temps M. Vejdovsky (1884) 
mettent ce ver aux incertse sedis. 

Cependant, en 1847, Oscar Schmildt a fait connaître 
sous le nom de Stylaria parasita un ver, étudié et figuré 
depuis avec grand soin dans le travail cité de M. Vej- 
dovsky, ver qui paraît présenter tous les caractères 
donnés au Ripistes ; il suffît, pour s'en convaincre, de se 
reporter aux magnifiques planches publiées par ce der- 
nier savant (Syst. u. Morph. der Oligochœter. PI. Il, 
fig. 8 à 12). C'est le même petit prolongement probosci- 
diforme, surtout la même disposition des trois paires de 
faisceaux de longues soies dorsales. Il n'est pas jus- 

42 



— 158 — 

qu'aux détails donnés sur les mœurs de cet animal par 
ces auteurs et, en particulier, le mouvement de balan- 
cement de ces soies, qui ne concordent avec la descrip- 
tion de Dujardin. 

Il ne me paraît donc pas douteux que le Ripistes, Duj. 
ne soit identique au Stylaria parasita. Os. Sch. Malheu- 
reusement l'illustre professeur de la Faculté de Rennes 
n'ayant pas donné à son animal de nom spécifique, on ne 
peut citer que pour mémoire, en synonymie, cette déno- 
mination générique. Si cependant, avec M. Czerniavsky 
(1880), on croyait devoir, ce qui d'ailleurs ne paraît jus- 
qu'ici nullement justifié, élever cet animal au rang de 
genre (l'Helmintologiste russe a proposé celui des 
Pterostylarides), le nom de Ripistes aurait la priorité. 



fSéancc du 99 juin f SSG. 
PRÉSIDENCE DE M. FRANCHET. 

M. Vaillant présente de la part de M. Thominot, les 
notes suivantes : 

Sur deux Poissons de la famille des Lahyrinthi formes 
appartenant au genre Ctenotoma, Peters. 

Il y a une quarantaine d'années, le genre Ctenopoma 
a été établi par le savant naturaliste de Berlin M. Peters 
pour un poisson provenant de Quillimane ; depuis cette 
époque jusqu'en 1864, l'animal, qui fut le sujet de ce 
mémoire, était resté le seul connu pour cette partie de 
la zoologie; mais vers cette année, le D'' Alb. Gûnther 
en décrivait un autre du Nil supérieur (1); plus tard, le 
même naturaliste en publiait un sous le nom de Ct. mi- 

(1) Gunther, Ct. Petherici, Ann. and Mag. nat. Hist., 186i, t. 12, p. 211, 
et figuré dans Petherick's Travels in C. Africa, II, pJ. I, fig. A. 



— 159 — 

crolepidotum \ et enfin, en 1875, Reiehenow en nommait 
une autre espèce nîgro-panyiorum (1) venant de Loango. 
A mesure que l'exploration des contrées africaines 
s'opère par tous les délégués des commissions scienti- 
fiques des gouvernements partent la civilisation de notre 
vieille Europe, nous Aboyons tous les jours les poissons 
de ce genre augmenter en espèces et nous croyons pou- 
voir en donner l'assurance par les deux spécimens qui 
font l'objet de cette note. 



Ctenopoma m'acidata. 

Ce poisson, que nous considérons comme une espèce 
nouvelle, diffère de celui décrit par Peters dans les Arch. 
fur Anat. und PhysioL, Muller, 1846, tome 13, p. 480, 
pi. X, par le nombre des rayons qui est moindre, le corps 
plus élevé, et il possède une taclie noire plus ou moins 
intense sur les flancs. 

Tête contenue trois fois dans la longueur du corps sans 
la caudale; mâchoire supérieure protractile, le diamètre 
de l'œil est de même dimension que le rostre et fait le 
quart de celle de la tête ; la mandibule ne dépasse pas la 
mâchoire supérieure ; ces deux parties sont armées d'une 
rangée de dents très fines et coniques, lesquelles sont 
suivies d'une bande de dents en carde, fort serrées; 
l'épaisseur du corps est moitié de sa hauteur; celle-ci 
étant les 8/9 d'une ligne tirée du bout du museau au 
commencement de la caudale ; pectorales atteignant la 
fin des ventrales au bout desquelles on remarque une 
tache noire occupant en hauteur trois écailles et en 
largeur environ quatre de celles-ci ; la première ligne 
latérale se trouve sur la huitième rangée longitudinale, 
la seconde sur la sixième ; on compte treize écailles 
à chacune de ces lignes et vingt-quatre ou vingt-cinq 
dans toute la longueur du corps, onze environ sur une 
ligne oblique ; ces écailles ^sont pectinées et cycloïdes, 
l'on voit après la rangée de spinules un croissant bru - 

(1) Reiehenow, S. B. nat. Fr., 1875, p. 147, Loango. 



— 160 — 

nâtre dont les pointes sont dirigées vers l'origine de la- 
dite écaille. 

Cette belle esi3èce nous a été envoyée de San-Benito 
par les soins de M. Guiral. 

D. 15-1-9; A. 6-1-9; V. 1-5; P. 14 ; C. 14. 
Cteno'poma midtifasciata. 

Cette espèce diffère de la précédente en ce qu'elle a le 
profil plus droit, la ligne supérieure plus longue, l'infé- 
rieure est moindre que chez sa congénère, on trouve 
après la rangée postorbitaire deux rangs de squames 
fortement denticulés ; on en remarque quatre au pre- 
mier rang mais plus étroites que celles du second qui 
sont au nombre de deux, caractères que nous ne ren- 
controns pas sur la figure du poisson décrit par Peters. 

Description. — Corps allongé, sa hauteur égale deux 
fois son épaisseur et est contenue deux fois et demie 
dans la longueur totale sans la caudale ; tête deux fois 
deux tiers dans le même parcours déjà cité ; diamètre 
de l'œil n'étant pas aussi grand que le rostre, plus petit 
que l'espace interorbitaire et contenu deux fois dans la 
partie postorbitaire comprise entre l'œil et le bord pos- 
térieur de l'opercule ; la rangée d'écaillés qui suit celles 
du bord postérieur de l'orbite fortement dentelée ; une 
tache noirâtre au-dessus de la pectorale, indépendam- 
ment de cette tache on en voit une autre plus faible, 
puis une troisième tenant la hauteur du corps et formant 
une sorte d'anse dont l'ouverture serait tournée vers la 
caudale ; la pectorale est aussi longue que l'espace com- 
pris entre l'angle de la bouche et le bord postérieur de 
l'opercule et à peu près de même longueur que la partie 
de l'anale contenant les rayons épineux; les ventrales, 
qui sont insérées au niveau de l'origine inférieure des 
pectorales atteignent le premier rayon de l'anale ; la 
première ligne latérale, placée sur la huitième rangée, 
occupe dix-huit écailles, tandis que la seconde ou l'infé- 
rieure n'en possède que dix. 



— 161 — 

Nous devons cette intéressante espèce au même voya- 
geur qui l'a récoltée , comme la précédente , à San- 
Benito. 

D. 15-1-9; A. 7-1-7; P. 16; V. 1-5; C. 15; Ligne lat. 27; 
L. trans. 12. 

Nos exemplaires ont 0"^110 et 0'nll5 de long. 



Sur quelques Poissons nouveaux airpartenant à la collection 
du Muséum cV Histoire naturelle. 



POLYNEMUS CALIFORNIENSIS, Sp. 

Longueur totale, 0'^235. Tête trois fois et demie dans 
cette dimension, moins la caudale ; diamètre de l'œil 
égal au rostre, étant à peu près le cinquième de la tête 
et moins long que l'espace interorbitaire n'est large. 
Maxillaire contenu deux fois un tiers dans la longueur 
de la tête. Joues avec cinq rangées d'écaillés finement 
ciliées; préopercule fortement denticulé; opercule garni 
de quatre ou cinq séries d'écaillés caduques sous les- 
quelles on aperçoit de chaque côté deux parties radiées 
qui , du centre , s'étendent jusqu'au bord postérieur. 
Hauteur du corps égale à la longueur de la tête et con- 
tenue trois fois et demie dans celle du corps, sans la 
caudale. Pectorales atteignant la fin de l'anus ; ventrales 
commençant environ au milieu des pectorales et finis- 
sant presque en même temps. Six appendices pectoraux 
articulés, dont le plus long vient se terminer vers le 
milieu de l'espace compris entre le cloaque et le premier 
rayon de l'anale. Toutes les nageoires écailleuses, ex- 
ceptées les pectorales qui n'ont que les deux ou trois 
premiers rayons. Première dorsale à premier rayon 
très court ; le second moins long que le troisième, qui 
est à la distance comprise entre la base du dernier rayon 
de la deuxième dorsale et la base du premier rayon de 
la caudale ; seconde dorsale commençant un peu en 
arrière de l'anale et finissant avant elle, elle est légère- 



— 162 ~ 

ment curviligne tandis que l'anale est droite et se trouve 
d'un bon tiers plus longue que son opposée. Sur la cau- 
dale on remarque, à droite et à gauche du rayon cen- 
tral, une continuité de la ligne latérale, indiquée par de 
très fines écailles, qui se termine à la fin du rayon 
qu'elle occupe. 

Le bout des nageoires dorsales est brunâtre, les pec- 
torales sont noirâtres et les ventrales ont les rayons du 
milieu noirs et bordés de gris blanchâtre. 

i'° D. 8; 2'^ 1-12; P. 14; V. 1-15; A. 3-13; C. 10-1-10. 
Lign. lat. 50 à 53; lign. transv. 10-6 ou 7. 

Notre spécimen nous vient d'une collection récoltée 
par M. de Cessac, en Californie. 



PiMELODUS GUIRALI, Sp. 

D. 1-7; P. 1-7; V. 6; A. 11; C. 18 longs ray. 

Longueur totale 0™170. Dessus de la tête lisse; museau 
étroit; yeux très petits, placés presque sur le dessus du 
crâne. Six barbillons dont les externes inférieurs sont 
les plus long-s, atteignant le bord de la ceinture scapu- 
laire ; ceux de la mâchoire supérieure égalent en lon- 
gueur la largeur do la tête, et les inférieures internes 
font presque la moitié de la longueur des supérieurs. 
Bouche grande relativement, armée à la mandibule su- 
périeure, juste au-dessous du nez, derrière la lèvre, 
d'une plaque dentaire ovale, plus large que longue, gar- 
nie de dents en velours ; la mâchoire inférieure munie 
de dents également en velours disposées de chaque côté 
de la bouche en une bande, mais renflées à son extrémité 
médiane et légèrement séparées l'une de l'autre par une 
suture membraneuse. Les narines qui sont allongées se 
trouvent placées à une distance du bout du rostre égale 
à l'espace interorbitaire. On compte dix rayons bran- 
chiostèges lesquels sont réunis sous la gorge. Tête con- 
tenue trois fois un quart dans la longueur totale, sans 



— 163 — 

la caudale ; largeur du nez un peu moindre du quart de 
l'étendue de la tête. La hauteur du premier rayon épi- 
neux de la nageoire dorsale est égale à la base de cette 
nageoire. Adipeuse aussi longue que le crâne et plus 
allongée que la base de la dorsale, cette dernière nageoire 
se termine à l'origine des ventrales. Le rayon épineux 
et les rayons branchus pectoraux finissent à la naissance 
des ventrales, lesquelles sont de même étendue que la 
distance prise depuis le bout du rostre au bord posté- 
rieur de l'orbite. L'anale, depuis son origine jusqu'à la 
pointe de ses plus longs rayons, égale l'espace compris 
entre les origines des ventrales ^et du premier rayon 
anal. Caudale à terminaison arrondie. 

Sur le corps il y a cinq rangées de points brunâtres ; 
les nageoires dorsale, adipeuse et caudale en sont aussi 
parsemées ainsi que les pectorales et les ventrales. 

Barbus Guirali, sp. n. 

Longueur totale 0'"950 ; épaisseur trois fois dans sa 
hauteur au niveau des ventrales. Un rayon dorsal osseux 
dentelé ; deux séries d'écaillés entre la ligne latérale et 
les ventrales, il y en a quatre au-dessus. Corps plutôt 
faiblement oblong que oblong proprement dit, sa hau- 
teur trois fois dans sa longueur sans la caudale; tête 
deux fois deux tiers dans la même dimension ; diamètre 
de l'œil égal à l'espace intermédiaire ainsi qu'à la di- 
mension comprise entre le bord postérieur de l'orbite et 
le bord externe de l'opercule plus large que le nez n'est 
long, lequel est obtus. Bouche petite. Barbillons supé- 
rieurs et inférieurs de même longueur, plus allongés 
que l'œil. Dorsale moins haute d'un tiers que le corps ; 
l'origine du premier rayon est plus près du bout du nez 
que de la base de la caudale ; elle commence au-dessus 
du premier rayon des ventrales ; une tache d'un beau 
noir bleuâtre couvre l'épine dentelée de la dorsale ainsi 
que les trois rayons branchus suivants. Les pectorales 
atteignent la naissance des ventrales, celles-ci sont de 
même longueur que ces dernières. L'anale égale le par- 



— 164 — 

cours qui se trouve entre son dernier rayon et la base de 
l'anale. Aucune tache ni bandes sur le corps, si ce n'est 
celle que nous indiquons plus haut pour la nageoire dor- 
sale. Caudale écailleuse dans les deux tiers de son éten- 
due. 

D. 11; P. 16 ou 17; V.7;A. 7;C. 22 ou 24 ; ligne lat. 20 ; 
ligne transv. 7. 

Ce spécimen nous vient de San-Benito par M. Guiral. 



PUNTIUS»TH0L0NIANUS, sp. n. 

D. 3-8 ; V. 1-7 ; P. 14; A. 1-5 ; Ligne lat. 21 à 23 ; ligne 
transv. 3/3. 

Profil convexe à partir du premier rayon dorsal ; nez 
assez épais et à quatre barbillons ; dorsale sans aiguillon 
osseux ni dentelé ; à grandes écailles et à caudale four- 
chue. 

Description. — L'animal a 0™105 de longueur; sur le 
tronc, entre la dorsale et l'opercule, apparence de taches 
brunes partant du dos, s'arrêtant à la ligne latérale. Tête 
contenue trois fois trois quarts dans la longueur totale, 
sans tenir compte de la caudale ; le diamètre de l'œil est 
un peu plus grand que le bout du nez n'est long, et de 
ce point au bout de l'opercule, il y est contenu trois 
fois ; il est beaucoup moins grand que l'espace interor- 
bitaire. La dorsale, qui est haute, se trouve située au- 
dessus des ventrales, mais commence faiblement en 
avant de celles-ci ; son troisième rayon qui est très faible 
n'est pas dentelé, il égale la distance comprise entre la 
racine des pectorales et celles des ventrales, lesquelles 
atteignent l'anus. La caudale étroite contenue une fois 
deux tiers dans la base de la dorsale. Le nez court ; la 
lèvre supérieure recouvrant l'inférieure ; le barbillon su- 
périeur s'étend jusqu'au bord postérieur de l'orbite et l'in- 
férieur jusqu'au bord antérieur de l'opercule. Trois séries 
d'écaillés larges au-dessus de la ligne latérale, prises au 
niveau des ventrales et trois au dessous ; celles de cette 



— 165 — 

ligne ont toutes un point noir à leur racine, qui apjDarait 
par transparence au bord externe de celle qui les recou- 
vre; vers le tronc de la queue, il y a une tache noire 
allongée semblable au fragment d'une bande, laquelle 
s'arrête à la caudale. La plus grande hauteur du corps, 
qui est au niveau des ventrales est un peu plus de deux 
fois dans la longueur du corps, sans la caudale; son 
épaisseur prise aux ventrales et portée sur le corps en 
ce point atteint la hauteur de la ligne latérale. 

Nos spécimens nous viennent de la rivière San-Benito 
par 1° lat. N. ; 27° long. E., à 140 kilom. de la côte, et 
nous ont été envoyés par M. Guiral. 



Hemiramphus mocquardianus, sp. n. 

L'animal qui fait le sujet de cette description res- 
semble de prime abord beaucoup à H. far de Rûpp. ; 
mais plus on le considère plus on voit qu'il s'en distin- 
gue par divers caractères qui sont suffisants pour en 
faire sinon une véritable espèce du moins une variété. 

Notre sujet nous vient du Cambodge, extrait d'une 
collection de Poissons envoyés au Muséum d'Histoire 
naturelle de Paris par M. Pavie ; il a 0"'20 de longueur, 
la mandibule inférieure forme le quart de cette dimen- 
sion, sans tenir compte de la nageoire caudale; la lar- 
geur de la base de la mâchoire supérieure est presque 
égale au diamètre de l'œil qui lui-même équivaut au 
cinquième de la symphise inférieure. La tête prise du 
bout du rostre au bord postérieur de l'opercule est con- 
tenue quatre fois un quart dans la distance parcourue 
depuis le bout dudit rostre à la base du lobe inférieur de 
la caudale , ce lobe fait le quart de la longueur de la tête 
et du corps, en ne tenant pas compte de la caudale; il 
est aussi de même dimension que celle de la tête. La 
hauteur du corps égale une droite menée du bout du 
rostre au bord du préopercule ou cinq fois et une demie 
dans l'étendue totale, toujours sans tenir compte de la 
caudale. Son épaisseur équivaut à la moitié de sa hau- 
teur. 



— 166 - 

Une bande bleu d'acier parcourt toute la longueur du 
corps, sous laquelle on aperçoit une autre bande argen- 
tée suivant la même direction que la première. Sur ces 
deux bandes, dans toute la longueur, on voit quatre 
taches dont les deux premières sont bleu-foncé, les deiix 
autres sont brunâtres ; la première de ces taches com- 
mence à la base de la pectorale, la seconde à la pointe 
de cette même nageoire ; la troisième au-dessus de la 
racine des ventrales, eniin la quatrième entre la lon- 
gueur de la dorsale ; entre ces quatre principales taches 
on distingue une apparence d'autres taches qui ne sont 
pas assez formées pour en tenir un comjDte exact ; le dos 
est zébré de raies brunâtres comme dans le H. far. Une 
ligne d'écaillés formant carène se trouve sur les flancs 
au niveau des nageoires ventrales dans toute la longueur 
du corps. L'anale commence sous le milieu de la dorsale, 
et se termine à la fin de la base de cette dernière. 

On compte 45 écailles à la ligne latérale et 6 écailles 
sur la ligne transversale ; les rayons des nageoires sont 

P. 1-10; V. 1-6: D. Ml; A. 1-10; G. 26. 

Les dents sont tricuspides comme dans l'espèce citée 
plus haut . 

B. far. H. sp. 

Tète 2 à 3 fois 4 fois 1/4 dans la longueur du corps. 

Maxill. inf. in totalit. 5 à 5 1/2 4 fois — 

Haut, corps 8 a 12 5 fois 1/2 — 

Largeur ou épaisseur 1 à 2 fois . . 2 fois dans la hauteur du corps. 

Hemiramphus capensis, sp. n. 

D. 14; p. 11 ; V. 7; A. 1.5 ; C. 20; Ligne lat. 47 à .50 ; 
Ligne transv. 6. 

Longueur totale, 0™195. Tête entière contenue deux 
fois et demie dans une ligne partant du bout du bec au 
premier rayon de la caudale. Symphise deux fois trois 
quarts depuis l'angle de la bouche au premier rayon de 
la caudale. Rostre presque aussi long que large, il égale 
le diamètre de l'œil, lequel est un peu plus petit que l'es- 



— 167 — 

pace orbitaire, mais de même largeur que l'opercule. 
Hauteur du corps neuf fois et demie dans le parcours 
pris du bout du nez à la racine de la caudale ; son épais- 
seur est tout près de douze fois entre ces mêmes points. 
Pectorales légèrement falciformes, égales à la distance 
comprise entre l'extrémité rostrale et la moitié du dia- 
mètre de l'œil. Racine des ventrales à égale distance de 
celle des pectorales et de la naissance du rayon médian 
delà caudale. Dorsale égale à la pectorale et à l'anale, 
la première et la dernière de ces nageoires commençant 
et finissant aux mêmes points. Lobe inférieur plus 
allongé que le supérieur. Caudale en croissant ; dorsale 
et anale non écailleuses. Une bande argentée bien défi- 
nie longe toute la longueur du tronc. D'un côté, peut- 
être accidentellement, une tache brun-foncé au dessous 
des deux tiers de la dorsale. Couleur d'un gris de plomb 
sur tout le tronc. 

Notre spécimen qui laisse beaucoup à désirer quant à 
son état de conservation a été recueilli au cap de Bonne- 
Espérance par M. le Consul de France de Castelnau, 
lors de son séjour dans cette colonie. 

Il se rapproche beaucoup de H. calabaricus de Gûnther 
pour les formules, mais il en diffère par les caractères 
énoncés ci-dessous : 

E. calabaricus. H. capensis. 

1" Sympbise 4 fois 3/4 dans sa Ion- 1° Symphise 2 fois 2/3. 

gueur (sans la C). 

2° V. au milieu de la distance entre 2" V. plus près de la C. que de la 

la tête et la C. tête. 

3° D. et A. écailleuses. 3° D. et A. non écailleuses. 

4° C. émar.einée. 4° C. en croissant. 



Brachyalestes mocquardianus sp. nov. 

Longueur totale, O'^ilO. Sa hauteur, dans sa partie la 
plus élevée, un peu moins de trois fois dans sa longueur 
moins la caudale; son épaisseur est cinq fois et une de- 
mie dans le même parcours ; la tête est trois fois deux 
tiers dans cette dernière dimension ou égale à la hauteur 
du second rayon dorsal. Le diamètre de l'œil et la partie 



— 168 — 

qui occupe l'intervalle compris entre le bord postérieur 
de l'orbite et le bord externe de l'opercule sont égaux, 
il est un peu plus grand que l'espace interorbitaire. 
La dorsale, qui est haute, a son premier rayon placé au 
milieu de l'intervalle compris entre le bout du rostre et 
la nageoire adipeuse, commençant, par conséquent, 
avant les ventrales qui tiennent le centre entre le rostre 
et l'origine de la caudale. Les pectorales atteignent 
l'anus ; elles sont aussi longues que la base de l'anale. 
Ligne latérale commençant sur la quatrième d'écaillés, 
se courbant vers les deux derniers tiers des pectorales. 
Les dents de la première série, à la mâchoire supé- 
rieure, sont à pointe mousse, tandis que celles qui sui- 
vent ont une disposition différente. A la mandidule, il 
n'y a qu'une seule série de dents pointues, tricuspides, 
avec une forte carène au milieu, derrière celles-ci, au 
milieu, deux autres dents très petites et coniques. 

De San-Benito, extrait d'une petite collection très in- 
téressante rapportée par M. Guiral. 

D. 10; A. 20; P. 16 ;V. 1-6; C. 28; Ligne lat. 37; Ligne 
transv. 3/6. 



MM. E. Hardy et G. Calmels font la communication 
suivante sur 

La Pilocarpine. 

La Pilocarpine, isolée d'abord par l'un de nous, forme 
une masse visqueuse, soluble dans l'eau et dans l'alcool, 
peu soluble dans l'éther et dans le chloroforme. Elle a 
été analysée par MM. Harnack et Meyer qui lui ont assi- 
gné la formule C^IP'^Az'^O^. Nous avons constaté l'exac- 
titude de cette formule par l'analyse des 'sels de platine 
ordinaire PtCP IP(C" H'^ Az^ 0^' et modifié Pt CP(C'' W 
Az'^O'^)^, et par celle des sels d'or ordinaires et modifiés 
au nombre de quatre, contenant pour une molécule de 
base une ou deux molécules de chlorure d'or suivant 



— 169 — 

qu'ils sont précipités en présence d'un défaut ou d'un 
excès de sel d'or. 

La Pilocarpine peut être représentée par le schéma 
suivant : 

^COO XCH' 
(C«H*Az) s— C Az — CH^ 

Elle a donc la constitution d'une alanine triméthylée. 
Elle est à la fois pyridine et bétaïne. On en aura la 
preuve par ses modes de décomposition et sa synthèse. 

La Pilocarpine forme des combinaisons stables avec 
les alcalis caustiques. Ces combinaisons passées inaper- 
çues sont décomposables par l'acide carbonique. Elles 
montrent que la Pilocarpine dérive par perte de tPO 
d'un acide pilocarpique C^H'^Az^O^* qui n'existe pas à 
l'état libre. On obtient ces combinaisons en décompo- 
sant une solution de nitrate de pilocarpine par un poids 
moléculaire correspondant d'hydrate de baryte, puis en 
épuisant par l'alcool la solution évaporée à l'abri de 
l'acide carbonique. Les sels de potasse, de soude, d'ar- 
gent s'obtiennent par double décomposition. 

Pilocarpidine. La Pilocarpine se décompose facilement 
en se transformant en Pilocarpidine C" H*^ Az^ 0'^ 
Signalée d'abord par M. Harnack, elle est différente de 
la Jaborandine de M. Chastaing C'" H'^ Az^ 0^ que nous 
n'avons jamais pu reproduire, et qui n'est, d'après nous, 
que de la Pilocarpidine plus une molécule d'eau. 

La Pilocarpidine est avec la Pilocarpine dans les mê- 
mes conditions que la diméthylglycocolle avec la glyco- 
colle triméthylé, ou bétaine de la betterave. Sa formule 
est donc : 

/COOH /CH' 
(C^H^Az) S— C Az 

\crp \CFP 

On prépare la Pilocarpidine par l'action de l'Acide 
nitrique ou chlorhydrique sur la Pilocarpine, 2° en fai- 
sant iDOuillir au réfrigérant ascendant la Pilocarpine en 
solution chlorhydrique, 3° en maintenant a 120° pendant 
12 heures le pilocarpate de baryum. 4" en faisant bouil- 
lir pendant 48 heures une solution aqueuse de pilocar- 



— 170 — 

pine qui se décompose en triméthylamine et en acide p 
pyridino a lactique ; 5° en chauffant dans une cornue du 
pilocarpate de baryum qui le décompose en pilocarpi- 
dine et en alcool méthylique selon l'équation 

CiiHi'^Az^O'^+H^O =C'°Hi^Az20^+CH^0II 

Les sels basiques de Pilocarpidine sont solubles dans 
l'eau et dans l'alcool à 9°, insolubles dans l'alcool absolu. 
On a analysé les sels de cuivre, d'argent C"H^3Az2Q2^q^ 
etc. La Pilocarpidine s'unit à l'acide chlorhydrique et 
perd H'''0 par là dessication. Versé dans du chlorure d'or 
ce chlorhydrate cristallise lentement en prismes droits. 
La pilocarpidine ajoutée à du chlorure d'or en défaut 
donne un précipité amorphe, soluble dans un excès de 
sel d'or, et qui cristallise par évaporation. Le chloropla- 
tinate de pilocarpine modifié est une poudre amorphe. 
Le chloroplatinate ordinaire s'obtient soit en lamelles 
soit en petits prismes rouges. 

Jaborine. La Jaborine est un isomère de la pilocarpine 
signalé d'abord par MM. Harnack et Meyer. Pour l'obte- 
nir, 5 grammes de pilocarpine furent séchés exacte- 
ment à 50° pendant 48 heures, puis brusquement on 
éleva la température à 100-144". Cette double précaution 
fut prise pour empêcher le dédoublement de la pilocar- 
pine en pilocarpidine et alcool méthylique. Au-dessus de 
150", on observa un dégagement de triméthylamine, et 
on éleva la température jusqu'à 175°. Le résidu re- 
froidi fut traité par l'eau et alcalinisépar l'eau de baryte. 
En traitant par l'éther on enlève la jaborine. Dans la 
solution barytique il reste de l'acide jaborique. 

La jaborine est une masse brune, insoluble dans 
l'eau, se desséchant en un vernis cassant. Elle forme un 
chlorhydrate soluble dans l'eau, d'où la potasse le pré- 
cipite. Sa solution alcoolique forme un précipité blanc- 
sale avec le chlorure de platine en défaut , jaune avec le 
chlorure de platine en excès. En présence d'acide chlo- 
rhydrique, elle n'en donne qu'un seul précipité PtCP 
j^2 Q22 j:j32 ^2* 0\ La jaborine se produit en quantité 
moindre que l'acide jaborique. 

Acide jaborique. L'acide jaborique s'obtient en satu- 
rant l'eau-mère barytique par l'acide carbonique; puis 



— 171 — 

en évaporant à sec on a un mélange de.pilocarpidine et 
d'acide jaborique ; on les sépare en ajoutant du nitrate 
d'argent en excès. Il se forme un précipité de sel double 
d'argent qui sert à préparer l'acide jaborique et les 
autres sels de cet acide. Le sel d'argent de la pilocarpi- 
dine est au contraire très lent à se déposer. L'acide jabo- 
rique libre est très soluble dans l'eau, il forme des sels 
gommeux avec les alcalis, il précipite les sels d'argent, 
d'or et de platine, etc. 

La décomposition de la pilocarpine pour former la 
jaborine ne doit point être comparée à celle de l'ortho- 
benzo bétaine pour produire le dimethylamido-orthoben- 
zoate méthylique. L'ortho-benzo-bétaine n'est pas une 
bétaine vraie appartenant à la série du glycocolle. Les 
bétaines vraies ne donnent point d'éthers isomériques; 
ceux-ci se scindent aussitôt leur formation. Il en est de 
même de la pilocarpine. Pour comprendre la constitu- 
tion de la jaborine et de l'acide jaborique, il faut créer 
deux nouvelles espèces chimiques, les dibétaines et les 
acides dibétaiques, comparables aux diiactides et aux 
acides dilactiques. 

La jaborine et l'acide jaborique sont de grandeur mo- 
léculaire double. Ils résultent d'un mode de condensa- 
tion spécial de la pilocarpine portant sur le groupe 
bétaine. 

Une bétaine est un lactide de forme triangulaire 
CO \ CO \n /"CHc 

qui au lieu de passer d'emblée à la forme double 

/-CH^— CO \ 


\C0 — CHV 
est stable sous sa forme primitive. Ainsi sont engendrés 
de véritables dilactide et acide dilactique. 

Ces hexagones sont remarquables par la stabilité rela- 
tive de l'hexagone central et par la pliysionomie qu'ont 
prise les groupements — OAz(CH^)' qui fonctionnent 
comme de véritables — d'éthers salins et tendent à 
être inattaquables dans les mêmes conditions qu'eux par 
KOH. 



— 172 — 

Séance da t« Juillet 1890. 

PRÉSIDENCE DE M. FRANGHET. 

M. Bourgeois fait une communication : 

Sur des Titanates de baryte et de strontiane cristallisés. 

Le travail que j'ai l'honneur de présenter à la Société 
est consacré à l'étude des titanates de baryte et de stron- 
tiane cristallisés qui prennent naissance par l'application 
d'une méthode connue (fusion des éléments du sel dans 
le chlorure correspondant en excès). En commençant 
ces recherches, j'espérais obtenir ainsi des composés 
appartenant au même groupe chimique que la perow- 
skite CaO, TiO^ et contribuer ainsi d'une manière indi- 
recte à l'histoire de ce minéral si intéressant par ses 
anomalies optiques. J'ai été conduit à employer un pro- 
cédé très voisin de celui que M, Hautefeuille, dans son 
mémoire classique [Ann. chim. phys., 1865 (4), t. 4, p. 154 
et suiv.), avait appliqué à la synthèse de la perowskite 
elle-même. Mais ainsi qu'on le verra plus loin, les com- 
posés formés, dans les circonstances où j'ai opéré, par 
l'union de l'acide titanique avec la baryte et la stron- 
tiane, tout en se rapprochant de la perowskite par la 
forme cristalline et les propriétés optiques, s'en éloi- 
gnent, au contraire, au point de vue de la composition 
chimique. 

Titanate de baryte. — On fond au rouge vif, pendant 
une heure, dans un four de Forquignon et Leclerc, 
équivalents égaux d'acide titanique et de carbonate de 
baryte au sein d'un excès de chlorure de baryum. Des 
cristaux ne tardent pas à apparaître sur les parois du 
creuset et à la surface de la matière fondue. Après re- 
froidissement, on reprend l'eau acidulée d'acide chlorhy- 
drique, qui laisse un sable formé de cristaux d'un vit" 
éclat, d'une couleur variant du jaune de miel au brun 
clair. 

Examiné au microscope, le produit offre la forme de 



— 173 — 

cubes ou cubo-octaèdres, ordinairement aplatis suivant 
une face du cube ; celles-ci sont striées diagonalement ; 
les cristaux présentent fréquemment des groupements 
parallèles. La réfringence est très prononcée. En lu- 
mière polarisée, on aperçoit les phénomènes de biréfrin- 
gence caractéristiques des substances pseudo-cubiques. 
Un cristal posé à plat sur une face du cube s'éteint lors- 
que les côtés sont parallèles aux sections principales des 
niçois croisés. Dans toute autre position apparaissent 
des teintes fort vives, dessinant, d'une part, des zones 
parallèles aux côtés, d'autre part, un fin quadrillage à 
45" constitué par des macles multiples ; souvent le cen- 
tre et les diagonales restent constamment obscures. En 
lumière convergente, on observe deux axes optiques 
avec bissectrice négative perpendiculaire à la face du 
cube; leur écartement est extrêmement variable d'un 
point à l'autre jusqu'à devenir nul. En somme, la sub- 
stance est vraisemblablement orthorhombique avec 
macles polysynthétiques conduisant à une symétrie ex- 
térieure cubique. 

La densité des cristaux est 5,91. 

L'analyse a été faite comme il suit : la matière est 
porphyrisée et mise à digérer vers 60° avec de l'acide 
chlorhydrique concentré. L'attaque est complète au bout 
d'un quart d'heure, les cristaux sont remplacés par un 
dépôt blanc de chlorure de baryum. On laisse refroidir, 
on étend d'eau et l'on obtient une solution limpide, sans 
résidu, que l'on précipite par l'ammoniaque. L'acide 
titanique est recueilli (redissous après lavage dans 
l'acide chlorhydrique et reprécipité par l'ammoniaque 
pour éviter l'entraînement d'un peu de baryte) et pesé. 
La liqueur filtrée renferme toute la baryte ; celle-ci est 
dosée à l'état de sulfate. L'analyse a donné les résultats 
suivants : 









Calculé 


Calculé 


Calculé 








pour 


pour 


pour 


I. II. 


m. 


IV. 


V. 2BaO,3TiO' 


. Baû,2Ti0i, 


. BaO.TiO' 


Baryte... 47,7 47,5 


46,5 


44,3 


44,0 44,5 


48,2 


65,1 


Acide 












titanique 52,6 51,5 


52,9 


54,8 


54,9 55,4 


51,7 


34,8 


100,3 99,0 


99,4 


99,1 


98,9 99,9 


99,9 


99,9 



13 



— 174 — 

On voit que la formule 2BaO, 3TiO"^ est celle qui repré- 
sente le mieux la composition des échantillons analysés. 
Si l'on convient d'appeler, conformément à la nomen- 
clature adoptée pour les silicates, acide orthotitanique 
l'hydrate TiO^,2HO, dont on connaît notamment le sel 
de magnésie 2MgO,TiO^ découvert par M. Hautefeuille, 
la perowskite CaTiO' doit être appelée hititanate de chaux 
dérivant de l'hydrate TiO^,IPO, et le sel qui nous occupe 
sera un trititanate de baryte. On n'a pas décrit jusqu'à 
présent de titanates appartenant à cette série. 

Titanate de sù^ontiane. — On procède comme plus haut, 
sauf le remplacement du baryum par le strontium. Les 
cristaux se forment moins aisément que ceux du titanate 
de baryte ; leurs dimensions sont, en général, moindres. 
Ce sont de petits cubes, sans modifications, d'une cou- 
leur variant du jaune grisâtre au brun. Dans une pré- 
paration les cristaux affectaient la forme de lamelles 
carrées très minces, groupées trois par trois dans trois 
plans rectangulaires deux à deux et se pénétrant mu- 
tuellement suivant une droite joignant les milieux des 
côtés opposés. En lumière polarisée, on observe parfois 
des anomalies optiques semblables à celle du sel de ba- 
ryum, mais la biréfringence est ici -extrêmement faible, 
le plus souvent insensible. Densité = 5,1. 

Pour l'analyse on dissout la substance dans l'acide 
chlorhydrique concentré. Vers 60% la dissolution est 
complète , on dose l'acide titanique comme plus haut, le 
strontium est dosé à l'état de carbonate. Les résultats 
sont les suivants : 

Calculé Calculé Calculé 
pour pour pour 

I. II. III, 2SrO,3TiO''. SrO.STiO'. SrO.TiO'. 

Strontiane 44,0 43,0 46,6 45,7 55,8 38,7 

Acide titanique. 54,5 55,3 52,4 54,2 44,4 61,2 



98,5 98,3 99.0 99,9 99,9 99.9 

La formule est donc 2SrO,3TiO^, c'est-à-dire celle 
d'un trititanate de strontiane, comme le sel de baryte. 

Titanate de chaux. — Opérant de même, comme terme 
de comparaison, sauf remplacement du strontium par 



é 



— 175 — 

du calcium, on recueille un produit cristallisé, tout à fait 
semblable au titanate de strontium par la forme cubique, 
les dimensions et la couleur. Mais en lumière polarisée 
on observe une assez forte biréfringence avec extinctions 
suivant les diagonales du carré, et des lamelles hémi- 
tropes dessinant un fin quadrillage parallèle aux côtés. 
A l'inverse des produits précédents, la substance est 
difficilement attaquable par l'acide chlorhydrique, mais 
elle se dissout aisément à chaud dans l'acide sulfurique 
concentré, ce qui permet d'en faire l'analyse. On étend 
d'eau, la solution limpide est précipitée par l'ammonia- 
que, comme plus haut, et, dans la liqueur filtrée on dose 
la chaux par î'oxalate d'ammoniaque. L'analyse a donné 
les résultats suivants : 

Calculé Calculé Calculé 

pour pour pour 

I. II. CaO.TiO^. 2GaO,3TiOi. CaO,2TiO». 

Chaux 37,4 39,0 40,5 31,2 25,4 

Acide titanique. 60,1 61,3 59,5 68,7 74,5 



97,5 100,3 100,0 99,9 99,9 

On voit qu'il y a identité avec la perowskite CaTiO', et 
que le procédé employé ne diffère, d'ailleurs, de celui 
de M. Hautefeuille que par l'absence de la silice. Il y a 
lieu de remarquer l'absence corrélative des formes 
cristallitiques. 

Remarques diverses. — La coloration plus ou moins fon- 
cée des cristaux est due vraisemblablement, soit à des 
traces d'oxyde ferrique, soit à des traces de PtO^ rem- 
plaçant TiO^, et provenant du creuset ; cependant il m'a 
été impossible de reconnaître qualitativement ces deux 
éléments, même dans les cristaux les plus colorés. 

L'addition de chlorure de potassium ou de sodium 
dans les préparations précédentes n'influe en rien sur 
le résultat. 

Vu la facile décomposition par la vapeur d'eau des 
chlorures de strontium et de calcium, il est à peu près 
indifférent, dans la préparation des titanates correspon- 
dants, d'ajouter ou non des carbonates, à l'effet de satu- 
rer l'acide titanique. Mais, avec le chlorure de baryum 



— 176 — 

plus stable, ce dernier corps fondu sans addition de car- 
bonate donne surtout du rutile en prismes microsco- 
piques mal formés. 

L'addition de silice aux mélanges donne lieu, avec le 
chlorure de baryum, à la formation de titanate et d'une 
scorie cristalline non encore déterminée, probablement 
un silico-titanate de baryte. Avec le chlorure de stron- 
tium, il ne se fait que du titanate en petits cubes d'un 
jaune de soufre, avec indication de facettes octaédriques ; 
avec le chlorure de calcium, on n'obtient que de la pe- 
rov^^skite (expérience de M. Hautefeuille), tantôt en 
cubes bien formés, tantôt en belles formes arborisées. 
C'est la présence de la silice qui paraît favoriser la pro- 
duction de ces dernières ; elles sont abondantes dans le 
produit de M. Hautefeuille, et j'ai montré moi-même que 
la fusion des éléments de la perowskite au sein d'un 
magma basique silicate, sans chlorure, fournit précisé- 
ment les mêmes cristallites et reproduit ainsi la perow- 
skite des roches (Ann. chim. phys., 1883 (5) 1. 19 et thèse). 
Avec le dispositif employé, il ne s'est pas formé trace de 
sphène, ce qui est conforme aux indications de M. Hau- 
tefeuille. Je me propose d'étudier dans une communi- 
cation ultérieure, la question de savoir si, en l'absence 
de la vapeur d'eau, la silice et l'acide titanique, fondus 
dans les chlorures de baryum et de strontium, peuvent 
ou non donner des silico-titanates comparables au 
sphène. 

Conclusions. — En cherchant à préparer les titanates 
de baryum et de strontium correspondants à la perow- 
skite, nous avons obtenu des produits différant par une 
demi -molécule d'anhydride titanique en plus, moins 
résistants à l'acide chlorhydrique, mais, d'autre part, 
ressemblant beaucoup à la perowskite au point de vue 
cristallographique et optique. Il y a peut-être lieu de 
rapprocher ces faits singuliers de ceux qu'on connaît 
relativement aux feldspaths tricliniques, dans lesquels 
nous voyons la silice s'accumuler en proportions varia- 
bles. Je me propose d'essayer la préparation des tita- 
nates mixtes alcalino -terreux ; il sera intéressant de sa- 
voir s'il y aura séparation des produits ou, au contraire, 



177 — 



cristallisation simultanée, et quels seront, dans ce cas, 
les rapports d'oxygène dans les bases et dans l'acide. 

(Laboratoire de M. Fouqué, au collège de France). 



Séance du S4 juillet 1SS6. 

PRÉSIDENCE DE M. VAILLANT. 

M. Vaillant expose ses recherches sur les organes du 
tact des Bathypteroïs. 



S>éance du 14 août tSSS. 
PRÉSIDENCE DE M. FRANCHET. 

MM. Hardy et G. Calmels font la communication 
suivante sur : 

La constitution de la Pilocarpine. 

La pilocarpine se dédouble directement et d'une ma- 
nière simple dans deux circonstances différentes : par 
l'ébullition de sa solution aqueuse, et par oxydation au 
moyen du permanganate de potasse. Avant nous, 
MM. Kinqzett, Poëhl, Harnack et Meyer, Chastaing 
avaient exécuté des dédoublements de la pilocarpine ; 
ils ont obtenu des résultats complexes sur lesquels nous 
reviendrons plus loin. 

Cinq grammes de pilocarpine dissous dans cinq litres 
d'eau furent mis en ébullition au réfrigérant ascendant 
pendant 12 heures consécutives avec un tube de Will, 
chargé d'acide chlorhydrique placé à l'extrémité de l'ap- 
pareil. On renverse ensuite le réfrigérant et on distille 
de manière à obtenir l',5 de liquide qu'on acidulé avec le 



— 178 — 

liquide du tube de Will. On obtient parla concentration 
do la dissolution environ O?'! de triméthylamine. Le 
liquide résiduel resté dans le ballon est amené à 25<=<=, 
saturé de carbonate de potasse, qui détache la majeure 
partie de la pilocarpidine formée dans la réaction. On 
l'enlève avec de l'alcool. On traite le résidu par l'acide 
chlorhydrique en excès, on évapore à sec et on sépare 
par l'alcool le chlorhydrate de l'acide (3-pyridine a-lac- 
tique souillé d'un peu de pilocarpidine. On les sépare à 
l'état de chloraurates. Le chloraurate de pilocarpidine se 
dépose le premier et il reste en solution le chloraurate 
incristallisable de l'acide p-pyridine a-lactique. On ob- 
tient de ce dernier environ 0^25, quantité concordante 
avec celle de la triméthylamine, de là l'équation : 
C"H"Az^02-f-ffiO = C«H^AzO^+Az(CH^)« 

/GOGH 

Acide /3-pyridine a-lactique B — Py — C — OH corps 

\CH=' 
gommeux incristallisable comme son chlorhydrate, ses 
chloroplatinate et chloraurate normaux. Les trois der- 
niers sont remarquables par la facilité avec laquelle ils 
perdent de l'acide chlorhydrique et se transforment en 
sels modifiés qui s'obtiennent cristallisés. 

L'oxydation de la pilocarpine ne réussit qu'avec le 
permanganate de potasse. L'acide azotique le trans- 
forme seulement en pilocarpidine. Cette stabilité de la 
pilocarpidine s'explique par les observations d'Anderson 
et de M. Franchimont qui ont montré que l'acide azo- 
tique n'attaque ni la pyridine ni la triméthylamine. 

Le permanganate de j)otasse, au contraire, peut atta- 
quer la pyridine non par son groupe pyridine mais bien 
par son groupe triméthylamine, et la sépare en la cou- 
pant en deux tronçons oxydés d'une façon distincte : 
d'une part en méthylamine mêlée d'un peu d'ammo- 
niaque, de l'autre en acide [B-pyridine tartronique. 

L'acide S -pyridine méthyl-amido-malonique 
/COOH ^ 

S — Py — C — AzHClP qui semblait devoir être le premier 

produit d'oxydation ne paraît pas stable et n'a pu être 
obtenu. 



— 179 — 

L'opération a été faite en mêlant une molécule de ni- 
trate de pilocarpine et 6 molécules de permanganate de 
potasse. La réaction est complète en chauffant pendant 
une heure à 60". Le liquide filtré, acidifié par l'acide 
chlorhydrique, évaporé à bO'^'^-, fut chauffé sur du carbo- 
nate de potasse dans un courant d'air. On recueillit dans 
un tube de Will la moitié de l'azote total à l'état de mé- 
thylamine et d'ammoniaque. Le résidu acidifié par HCl, 
amené à sec fut repris par l'alcool qui dissout le chlo- 
rhydrate organique. 11 suffît pour le purifier d'un peu 
d'acide (3-pyridine carbonique, de l'additionner au sein 
d'une solution concentrée et légèrement basique de 
quelques gouttes d'acétate de cuivre qui précipite l'acide 
j3-pyridine-carbonique. 

^COOH 
Acide S-pyridine tartronique B Py — C— OH 

Liquide sirupeux incristallisable. On l'obtient en 
chauffant son chlorhydrate pendant quelques heures à 
60°, en enlevant HCl en excès par l'hydrate d'argent et 
l'excès de ce dernier par l'hydrogène sulfuré. Si dans 
cette opération le chlorhydrate est chauffé en présence 
d'acide chlorhydrique, il perd HCl, mais l'acide s'est 
éthérifîé, et il se produit une huile visqueuse à odeur de 
punaise, insoluble dans l'eau et les alcalis dilués. Elle 
constitue un éther diethylique. Le chloraurate de l'acide 
ne cristallise pas en l'absence de HCl. Ce corps diba- 
sique forme avec les alcalis des sels à réaction alcaline, 
indécomposables par CO'^, insolubles dans l'alcool ab- 
solu. Le sel d'argent C^H^AzO'^Ag'^ est un précipité peu 
soluble dans l'eau. Le sel de baryum et celui de cuivre 
s'obtiennent en précipitant par l'alcool les solutions 
aqueuses concentrées. 

L'acide p-pyridine tartronique soumis par une attaque 
définitive par le permanganate de potasse moyenne- 
ment concentré se détruit instantanément à 125°, rapide- 
ment par l'ébullition, plus lentement à 80°. Dans ces 
diverses conditions, il donne naissance à un seul et 
même acide, l'acide p pyridine carbonique. Ce corps a 
été préparé en précipitant par l'acétate de cuivre la so- 



— 180 — 

lution décolorée, sans en mettre en excès. Ce sel cui- 
vrique a déjà été décrit par M. Œchnser de Coninck. 
L'acide libre s'obtient parles moyens connus, il est cris- 
tallin, fusible en brunissant à 233-134°, il se sublime dès 
180°. 

Ces réactions prouvent : 1° qu'il n'existe dans la pilo- 
carpine qu'une chaîne latérale en place p vis-à-vis du 
noyau de pyridine; 2° que la pyridine est substituée 
en place a dans cette chaîne (obtention de l'acide p pyri- 
dine tartronique par oxydation incomplète); 3» que la 
chaîne constitue un groupement lactique, la pilocarpine 
devenant la triméthyl-bétaine correspondant à cet acide. 

Il reste encore à résoudre si la pilocarpine est a ou p 
alanine. M. Bruhl avait déjà pensé à une parcelle iso- 
mérii en nommant la triméthylamine ordinaire trimé- 
thyl a propio-bétaine ; mais MM. Koërner et Menozzi ont 
essayé en vain d'engendrer l'isomère p en partant de la 
p alanine de M. Lewkov^itstch. Toutefois les p dérivés 
existent dans certains cas comme le prouve la série 
suivante : 



CO 
CH Az-CH^ 

\ , \crp 

CH^ 

Bétaine de M. Bruh!. 



c 



CO 



c 



/CH* 

y — cFp 



Ortho-benzo-bétaine de M. Griess. 





AzCH' 

Bétaine de M. Hantzoch. 



AzCFP 



D'autre part, M. Schutzenberger a indiqué, au cours 
de ses recherches sur les albuminoïdes, qu'on pouvait 
rencontrer dans la nature des p aussi bien que des a ala- 
nines, l'acide aspartique représentant l'un et l'autre 



— 181 — 

prototype ; et de fait, M. Hartz a rencontré un isomère 
de l'alanine, l'acide sarcosique. 

Pour trancher cette question on soumet à la distilla- 
tion 4 grammes de p pyridine lactate de baryum. La dé- 
composition n'est pas nette avec le sel sec parce qu'il 
s'agit de la destruction d'un carboxyle lactique. Au-delà 
de 140°, il commence à passer un mélange complexe de 
base, l'une soluble, les autres insolubles et mêlées de 
goudron ; elles distillent principalement la première à 
160° les autres à 180° et au delà. En agitant le liquide 
distillé avec de Féther, on sépare la première de ces 
bases qui est l'hydroxéthyle pyridine pPy — CH — (OU.) — 
CH^ On n'en a pas obtenu plus de 0s''4. Ce corps consti- 
tue un liquide visqueux insoluble à l'eau, l'alcool, l'éther 
qui n'en enlève que peu à sa solution aqueuse. Il donne 
par PtCl*, au sein de l'eau, un précipité jaune-brun 
PtCl*(C'H«AzO)^ Ce corps est soluble dans l'acide chlo- 
rhydrique et se prend à la longue en fines aiguilles et 
larges lamelles de chloroplatinate acide. Le chlorhy- 
drate est gommeux. Maintenu en solution alcoolique 
avec AuCl' il donne rapidement un miroir et récupéré, 
après deux heures de réaction, il donne par PtCl< un 
précipité en solution aqueuse. Ce précipité jaune-pâle, 
volumineux PtCPH''(C^H^Az04-H'20)'^ est le chloroplati- 
nate du (3 pyridine méthyl carbonyle identique à celui 
de synthèse qui lui a été directement comparé pPy — 
C(OH)^ — CH'. Le chlorhydrate primitif évaporé à l'air 
brunit fortement et se sépare d'emblée par KO H de 
l'acide p pyridine carbonique. Cette réaction s'explique 
par les propriétés spéciales de l'acétone précédente (en- 
gendrée d'ailleurs ici primitivement par oxydation). 

Ces réactions définissent nettement une base hydro- 
xylée (base alcool) secondaire et par suite la nature a. 
hydroxylée de l'acide (3 pyridine lactique de la pilocar- 
pine ; ce qui termine la démonstration de la constitution 
de la pilocarpine. 

Les expériences suivantes expliquent quelques résul- 
tats obtenus autrefois par les auteurs. 

Jabonine. Lorsqu'on distille de la pilocarpine ou de la 
pilocarpidine il passe à 185-190° sous la pression de 



— 182 — 

0,04 cent., de 235 à 250° sous la pression normale un 
produit très impur qui purifié par HCl et par AzO'H 
distillé avec de l'eau et traité par la potasse donne une 
huile fétide, dont le chlorhydrate et l'azotate sont des 
masses confusément cristallisées donnant des précipités 
par le chlorure d'or et le chlorure de platine, la jabonine 
dont la formule est pPy— CHICH^)— Az(CH^)^ 

MM. Kinqzett, Poëhl, Harnack et Meyer ont obtenu 
cette base en distillant la pilocarpine avec la potasse, 
La coloration rouge que donne un produit accessoire fit 
rapprocher à tort cette base de la conine. M. Chastaing, 
en distillant en présence d'un excès de potasse a brûlé 
es deux moitiés de la molécule. La triméthyl aminé n'est 
plus représentée que par de la di- et monométhylamine, 
et le noyau pyridique est attaqué avec formation d'am- 
moniaque et d'acide butyrique ; ces faits n'ont rien 
d'anormal et cadrent bien avec ce que l'on sait de la 
structure du noyau de la pyridine. 



Suite de la communication de M. Mabille : Diagnoses 
iesiarum novarmn (1). 



BULIMUS HERCULEUS. 

Bulimus Herculeus, Ancey, in litteris, 1885. 

Testa maxima, valde elongata, senogyraîformi solida, 
sub epidermide rufo-brunneo, apice deciduo et in anfrac- 
tibus primis luteo pallidiore, albida ; rima umbilicali callo 
marginum effecta minimaque prsedita ; striis incrementi 
confertis ad fînem obsoletis, in anfractibus mediis et 
ultimis spiralibus obsoletis, lineis magis distantibus, 
interstiis obsoletis, ita sculpta est testa in quibusdam 
partibus subdecussafca videatur. Spira producta, haud 
valde attenuata, apice sensim in summum haud mamilla- 
tum et haud valde obtusum, ut in B. ohtusato. G., termi- 
nât© , anfractibus 9 modice rotundatis , primis , magis 

(1) Page 123. 



— 183 — 

planulatis, regulariter haudque rapide crescentibus su- 
tura impressa (marginata, subcrenata, anfractibus primis 
exceptis), sejunctis: ultimo regulariter ad peripheriam 
convexiusculo, satis amplo; apertura ut recta, subovali 
emarginata, tertiam fere partem totius testas occupante, 
intus nitida, lacteo-cœrulescente ; peristomio simplice, 
incrassatulo, haud valde acuto ; marginibus callo crasso 
nitidoque super rimam umbilicalem expanso reflexoque 
continuis; columella subrecta, vix arcuata, haud plici- 
formi (Ancey). 

Long., {"""39 ; lat., 41"""; ait. apert., 42"''"l/2. 

Habitat in insula dicta Madagascar (coll. Ancey). 



ERRATA 



Page 84, ligne 34, au lieu de segment central, lisez ; 
segment cérébral. 

Page 85, ligne 2, au lieu de filaments objectifs, lisez : 
filaments olfactifs. 

Page 85, ligne 4, au lieu de segment central, lisez ; seg- 
ment cérébrale. 



TABLE DU TOME X. 



Pages . 
Amaudrut. — Sur le système nerveux de la Dolabella Rumphii. . . 68 

— — Sur le système nerveux de quelques Mollusques pul- 

monés (Achatine, Bulime, Hélix, Nanina, VaginuleJ 1 07 
BiETRix. — Sur un cas de monstruosité de l'appareil génital chez 

l'Hélix pomatia 74 

Bourgeois. — Sur des Titanates de Baryte et de Strontiane cris- 
tallisés : . . 172 

Bouvier. — Sur le système nerveux des Turbonidés et des Néri- 

tidés 61 

— — Sur le système nerveux des Toxyglosses et considé- 

rations générales sur le système nerveux des Gas- 
tropodes prosobranches 44 

— — Sur le système nerveux et certains traits d'organisation 

des Neritidse et des Helicinidse 93 

— — Observations sur l'anatomie du Xénophore et de la 

Calyptrée 121 

— — Observations anatomiques relatives aux Solaridés et 

aux Janthinidés 151 

— — Sur l'anatomie de l'Ampullaire 

Cazin. — Sur la structure de la muqueuse du gésier des oiseaux.. 57 
FiLHOL. — Observations relatives à la dentition inférieure des Ta • 

pirulus 5 

— — Sur la formule dentaire des Baehytherium 81 

— — Sur les caractères zoologiques de la faune des Verté- 

brés d'Issel 86 

Franchet. — Note sur la végétation de l'île d'Yéso et diagnoses 

de plantes nouvelles du Japon 8 

— — Suite de la communication précédente 101 

— — Suite de la communication précédente 139 

Hardy et Calmels. — Sur la Pilocarpine 168 

— — — Sur la constitution de la Pilocarpine 177 

Henneguy. — Note sur un revolver porte-objectif 11 

Henneguy et ViGNAL. — Sur quelques modifications apportées au 
microtome à bascule de la Société des instruments scientifi- 
ques de Cambridge 12 

Léger. — Deux cas de monstruosité observés chez la Langouste. . . 78 
Mabille. — Diagnoses testarum novarum 123 

— — Diagnoses testarum novarum (fin) 182 

Mayoux. — Sur l'existence d'un rudiment céphalique, d'un sys- 
tème nerveux stomato-gastrique et quelques autres particularités 
morphologiques de la Pintadine 97 



— 186 — 

Pages. 
Milne-Edwards. — Description de quelques Crustacés du genre 

Thelphusa recueillis par M. de Brazza dans les régions du Congo. 14y 
MocQUARD. — Sur une nouvelle espèce d'Atractaspis (A. leu- 

ceuraj 14 

— — Sur un nouveau genre de Blemnidse voisin des 

Clinus 18 

Poirier. — Trématodes nouveaux ou peu connus 20 

Thominot. — Sur deux poissons de la famille des Labyrintiformes 

appartenant au genre Ctenotoma 158 

— — Sur quelques poissons nouveaux appartenant à la 

collection du Muséum d'Histoire naturelle 161 

Vaillant. — Sur les dimensions comparatives des adultes et des 
jeunes chez un poisson Ëlasmobranches ÏAlopias 

vulpes 41 

— — Sur la disposition du tube digestif chez les Chéloniens. 135 

— — Remarques sur le genre Ripistcs de Dujardin 157 

— — Sur les organes du tact des Batypteroïs 177 

YiALLANES. — Sur le tissu cartilagineux de la Sabelle 6 

— — Note sur la structure de la substance ponctuée des 

Insectes 56 

— — Sur la structure du cerveau des Hyménoptères 82 

— — Sur la morphologie du squelette céphalique des 

Insectes 84 

Errata 184 



Meulan, imp. de A. Masson, 



LISTE DES MEMBRES 

DE LA 

SOCIÉTÉ PHILOMATHIQUE DE PARIS 

Fondée en 1788 



ETUDE ET AHIITIE 



SOCIÉTÉ PHILOMATHIQUE 



DE PARIS 
FONDÉE EN 1788 



État de la Société au 31 octobre 1886 



PREMIÈRE SECTIOll — SCIEIES MATHÉMATIQUES 



MEMBRES HONORAIRES 



NOMS DES MEMBRES 



MM. 

Dausse (Benjamin) 

Bertrand (Joseph) 

Hermite (Cliarles) 

Bonnet (Pierre-Ossian) 

Paye (Hervé-Aug.-Etienne-Albans). , 

Lévy (Maurice) 

Phillips (Edouard) 

Haton de la Goupillière (J. -Napoléon 

Mannheim (Amédée) 

Laussedat (Aimé) 

Tissot (Nicolas-Auguste) 

Rouché (Eugène) 

Moutard 

Kretz 

Collignon (Edouard) 

Darboux (Gaston) 

Jordan (Camille) 

Halphen 

Fouret 



DATE 


DE l'Élection 


23 févr. 


1837 


1 6 janv. 


1843 


2i juin. 


1847 


20 juin. 


1848 


4 mai 


1848 


1 2 févr. 


1859 


19 mai 


1860 


2 juin 


1860 


id 




24 nov. 


1860 


1 3 avril 


1861 


28 mars 


1863 


29 avril 


1865 


10 févr. 


1866 


23 déc. 


1871 


id. 




27 janv. 


1872 


9 mai. 


1874 


26 juin 


1875 



— IV — 





NOMS DES MEMBRES 


DATE 
DE l'Élection 




MEMBRES TITULAIRES 






MM. 




1. 

2. 

3. 

4. 

5. 

6. 

7. 

8. 

9. 
10. 
11. 


André (Désiré) 


23 déc. 1876 

id. 

26 janv. 1878 

9 févr. 1878 

id. 

11 févr. 1881 

id. 

12 nov. 1881 
8 nov. 188 4 
8 mai 1886 


Picquet (Henri) 


Leauté 


Laisant 


Tannery 


De Polignac 


Humbert 


Chemin 


Lévv (Lucien) 


Weil 




12. 






13. 






14. 






15. 






16. 






17. 






18. 






19. 






20. 




- 



— V 



DEUXIÈME SECTION. - SCIENCES PHYSIOîlES 

MEMBRES HONORAIRES 



NOMS DES MEMBRES 



MM. 

Chevreul (Michel-Eugène). 

Peligot (Eugène) 

Desnoyers (Jules) 

Fremy (Edmond) 

Boussingault (Jean-Baptiste) 

Caligny (Anatole de) 

Caliours (Auguste) 

Becquerel (Edmond) 

Burat (Amédée) 

Fizeau (Hippolyte-Louis) 

Jacquelain (Victor-Auguste) 

Des Cioizeaux (A.) 

Damour (Auguste-Alexis) 

Berthelot (Pierre-Eugène-Marcellin). . 

Regnauld (Jules) 

Riche (Alfred) 

Pasteur (Louis) 

Gaudry (Albert) 

Troost (Louis) 

Le Roux (P.) 

Girard (Aimé) 

Grandeau (Louis) 

Friedel 

Janssen 

Wolf (Charles) 

Debray (Henry) 

Luynes (Victor de) 

Gernez (Désiré) 

Moutier (Jules) 

Fron 

Hardy , . . . 

Branly 

Cailletet 

Bouty. 



DATE 
DE l'Élection 


14 mai 


1808 


27 mars 


1835 


18 avril 


1835 


6 févr. 


1836 


27 févr. 


1836 


6 avril 


1839 


26 juin 


1839 


21 août 


1841 


11 avril 


1846 


20 janv. 


1849 


29 juin. 


1849 


1 mai 


1849 


12 mars 


1853 


9 mars 


1855 


27 févr. 


1858 


24 nov. 


1860 


16 mars 


1860 


2S mai 


1861 


19 juin. 


1862 


6 déc. 


1862 


30 mai 


1863 


18 juin. 


1863 


5 juin. 


1861 


1 juin. 


1865 


31 jauv. 


1864 


12 avril 


1862 


21 févr. 


1863 


22 juin 


1872 


id. 




12 avril 


1873 


9 août 


1873 


23 mai 


1874 


10 avril 


1875 


27 mai 


1876 



— VI 



NOMS DES MEMBRES 



DATE 
DE l'Élection 



i. 

2. 

3. 

4. 

5. 

6. 

7. 

8. 

9. 
10. 
11. 
i2. 
13. 
14. 
15. 
16. 
17. 
18. 
19. 
20. 



MEMBRES TITULAIRES 

MM. 

Salet (Georges) 

Thenard (Arnould) 

Lippmann (Gabriel) 

Hautefeuille 

Jolly 

André (Charles) 

Mouton 

Duter 

Pellat (Henri) 

Cochin 

Chamberland 

Desprez (Marcel) 

Javal 

Bourgeois (Léon) 

Boitet, , 



24 févr. 
27 févr. 
24 févr. 

23 juin 

10 nov. 

24 nov. 

id. 
1 3 mars 
13 nov. 

1 1 févr. 
27 mai 
13 nov. 
27 janv. 

nov. 
17 avril 



1872 
1875 
1877 
1877 
1877 
1877 

1880 
1880 
1882 
1882 
1882 
1883 
1884 
1886 



— VII 



TROISIÈIE SECTION. — SCIENCES NATURELLES 

MEMBRES HONORAIRES 



NOMS DES MEMBRES 



MM. 
Qualrefages (Jean-Louis- Armand de), 

Duchartre (M. P.) 

Blanchard (Emile) 

Lucas (Pierre-Hippolyte) 

Prillieux (Edouard) 

Marey (Jules-Etienne) 

Gerbe (J.-J.-Zéphirin) 

Baillarger 

Mangon (Hervé) 

Milne-Edwards (Alphonse) 

Vulpian 

Bureau (Edouard) 

Fernet 

Alix (Pierre-Henri-Edmond) 

Cosson (Ernest- Saint- Charles) 

Vaillant (Léon-Louis) 

Puel 

Roze 

Van Tieghem (Philippe) , . 

Chatin (Joannes) 

Oustalet (Emile) 

Brocchi 



DATE 
DE l'Élection 



4 
42 
10 

3 
20 
19 
16 
28 
13 
20 
23 

7 
25 
23 

8 
31 
28 

2 
23 

13 
25 



déc. 

juin. 

janv. 

avril 

déc. 

mai 

juin 

juin. 

avril 

jmll. 

avril 

juni. 

janv. 
juin, 
déc. 
janv. 
mars 
févr. 
déc. 
id. 
avril 

juin. 



1841 
1845 
1846 
1847 
1856 
1860 
1860 
1860 
1861 
1861 
1864 
1862 
1862 
1864 
1860 
1863 
1862 
1868 
1871 

1872 
\ 874 



— VIII — 

MEMBRES TITULAIRES 



NOMS DES MEMBRES 



1. 

2. 

3. 

4. 

5. 

6. 

7. 

8. 

9. 
10. 
11. 
12. 
13. 
14. 
15. 
16. 
17. 
18, 
19. 
20. 



MM. 

Planchon (Gustave) 

De Seynes (Jules) 

Grandidier 

Filhol (H.).. 

Dastre 

Henneguy 

Viallanes 

Rochebrune (Trémeau de) 

Franchet , 

Mabille (Jules)... 

Poirier 

Mocquart 



DATE 
DE l'Élection 



26 mars 

9 déc. 

23 déc. 

22 janv. 

23 mars 

10 mai 

1 1 juin 
18 nov. 
26 nov. 
1 1 févr. 
23 déc. 
26 mai 



1870 
1871 
1871 
1876 
1878 
1879 
1880 
1881 
1881 
1882 
1882 
1883 



— IX 



LISTE DES CORRESPONDANTS PAR ORDRE D'ADMISSION 

Pour faire suiie à la liste publiée le l"^"" janvier 1832 



NOMS DES MEMBRES 



MM. 
Fernandez Pinlieiro (J.-F. 

Kuhn 

Lombard 

Van Reusselaer 

Sylvestre fils 

Abich 

Owen 

Bell Thomas 

Llierminier 

Agardh 

Brugnelli 

Capocci (Ernest) 

Hodgkin (docteur) 

Harlan (docteur) 

Notaris 

Despine fils 

Sismonda (Aug.) 

Nordmann 

Eschricht 

Notaris (de) 

Van Beneden 

Raynaud 

Bowmann 

Costa 

Waterhouse. 

Hope 

Westwood 

Ivan Soumonoff 

Lovën 

Malmstein 

Newport 

MirandaeCastro(A.-M. de) 
Selys Lonchamps (de). . . . 

Daubrée 

Vogt 



DATE 



DE L ELECTION 



4 8 août 
8 déc, 
1 h mars 
29 mars 
1 4 fév. 

6 fév. 
20 fév. 

id. 
1 déc. 

7 janv. 
18 fév. 
25 mars 

i avril 

8 juin. 
1 8 nov. 
24 mars 

7 juin. 
12 janv. 
id. 
14 déc. 
23 août 
23 janv. 
3 juin. 
'10 juin. 
7 mai 
28 mai 
id. 
7 août 
id. 
id. 
10 déc. 
6 mai 
20 mai 
1 juin 
5 déc. 



1832 

1834 
1834 
1835 
1836 
1836 

1836 

1837 
1837 
1837 
1837 
1837 
1837 
1838 
1838 
1839 

1839 
1840 
1841 
1841 
1841 
1842 
1842 

1842 



1842 
1843 
1843 
1844 
1844 



RESIDENCE 



Rio-Janeiro. 
Munich. 
Genève. 
New- York. 

Vienne. 
Londres. 



Lund (Scanie). 

Parme . 

Naples. 

Londres. 

Philadelphie. 

Turin. 

Aix (Savoie). 

Turin. 

Helsinfors. 

Copenhague. 

Genève. 

Louvain. 

Londres. 

Naples. 

Londres. 

id. 

id. 
Kazan. 
Stockholm. 
Upsal. 
Londres. 
Rio-Janeiro. 
Liège. 
Paris. 
Genève. 



X — 



NOMS DES MEMBRES 



MM. 

Durand 

Pappenheim 

Lewy 

Newbold (T.-J.) 

BruUé '.. . . . 

Krohn 

Melsens (Louis) 

Dana 

Hind 

William Roberts . . . . 

Michaël Roberts 

Abria 

Figuier (L.) 

Lasselle 

Bond 

Borchard 

Gaspiris (de) 

Chancel 

Hoffmann 

Stas 

Kopp (Hermann) .... 

Martins (Ch. ) 

Brame 

Sylvester 

Van der Hœven 

Brown-Sequard 

Planchon (Emile) .... 

Hegmann 

Padula 

Lacaze Duthiers 

Koninck (de) 

Clos (Dominique). . . . 
Kronecker (Léopold). . 
William B. Carpenter 
Favro ( Pierre- Ant.), . 

Gloesener 

Trécul 

Saussure (de) 

John Tyndall 



DATE 
DE l'Élection 



3 
7 
21 
16 
23 
16 
30 
31 
29 
18 



-18 



2 



mai 

juin 

juin 

août 

août 

mars 

janv. 

juin. 

nov. 
déc. 
id. 
févr. 
mars 
nov. 
déc. 



9 déc. 
1 1 août 
1 7 mars 

I 3 avril 

20 avril 

I I mai 
12 juin, 

6 déc. 

1 janv. 
17 janv. 

21 févr. 

id. 

3 avril 
1 6 déc, 
1 2 mars 
26 mars 
25 juin 

1 juin. 

11 nov. 
9 déc. 

23 févr. 
1 4 nov. 
23 oct. 
1 3 mars 



'1845 
1845 
1845 

1845 
1845 
1846 

1847 
1847 
1 847 
1847 

1848 
1848 

1848 
1848 

1848 
1849 
1849 
1850 
1850 
1850 
1851 
1851 
1852 
1852 
1852 

1852 
1852 
1853 
1853 
1854 
1854 
1854 
1854 
1 856 
1857 
1858 
1859 



RÉSIDENCE 



Breslau. 

Madras. 

Dijon. 

Bonn. 

Bruxelles. 

New- H aven, 

Londres, 

Dublin, 
id." 

Bordeaux. 

Paris. 

Livorpool. 

Cambridge (États- 
Unis). 

Berlin. 

Naples. 

Montpellier. 

Londres. 

Bruxelles. 

Giessen. 

Montpellier. 

Tours. 

Londres. 

Leyde. 

New-Vork. 

Montpellier. 

Lille. 

Naples. 

Paris. 

Liège. 

Toulouse. 

Liegnitz (Prusse). 

Londres. 

Marseille. 

Liège. ' 

Paris. 

Genève. 

Londres. 



XI — 



NOMS DES MEMBRES 



MM. 
Maxwell-Lyte. . . . 

Morelet 

Vrolik 

Ladrey 

Gaugain 

Serrano 

Leclert 

Wagner (Rodolphe 
Dareste (Camille). 

Hirst 

Fontan 

Menabrea 

Le Jolis 

Agassiz (Alex.). . . 

Resal 

Secchi (le P.) 

Renard 

Gilbert. 

Weitenwerber. . . 
Waren de la Rue . 
Luigi Cremona. . . 

De Mercey 

Volpicelli 

Ribeaucourt , 

Malaize 

Lartet , 

Jobert 

Fraisse , 

Sophus Lie 

Beltrami 

Sarasin 

Tisserand 

Koritska (Ch.) 

Zeuthen 

Stieda (Ludwig). . . 
Gùnther (Albert). . . 

Giiignet 

Mares (Paul) 

Moquin Tandon . . . 



DATE 



DE L ELECTION 



5 juin ISSg 
26 juin 1859 

Sjanv. 1861 
30 mars 1861 

7 juin 1862 



26 juin. 

21 févr. 

id. 

nov. 

28 mai 

21 janv. 

id. 
4 mars 
1 juin. 

22 juin. 

29 juin. 

1 3 janv. 
1 févr. 
1 7 mars 
21 avril 
26 mai 

9 juin 

14 juin. 
9 avril 

1 3 août 
9 déc. 

23 déc. 
1 9 févr. 

24 mai 

id. 

id. 
i\ 4 juin 
28 juin 

I 4 févr. 

I I avril 

25 judl. 
24 févr. 
22 août 

26 juin 



1862 
1863 

1863 
1864 
1865 

1865 
1865 
1865 
■1865 
1866 
1866 
1866 
1866 
1866 
1866 
1867 
1870 
1870 
1 871 
1871 
1872 
1873 



'1873 
1873 
1874 
1 874 
1 874 
1872 
1865 
1875 



RESIDENCE 



Bagnères de Luchon 
Dijon. 

Amsterdam. 
Dijon. 
S'-Martin-des-entrées 
près Bayeux. 
Madrid. 
Neufchàtel en Bray. 
Goëttingue. 
Lille. 
Londres. 
Bagnères de Luchon 
Turin. 
Cherbourg. 
Cambridge (E.-U.) 
Besançon. 
Rome. 
Moscou. 
Louvain. 

Londres. 
Rome. 

Nice. 

Draguignan. 

Toulouse. 
Dijon. 



Genève. 

Toulouse. 

Prague. 

Copenhague. 

Dorpat. 

Londres. 

Brésil. 

Alger. 

Besançon. 



— XII 



NOMS DES MEMBRES 



MM. 

Ditte 

Bourget (Justin) 

Appell 

Picard 

Sauvage (H.-E.).. 

Jolyet 

Maillot (Eugène) 

Marshall 

De Saint-Germain. . . . , 

Pérard 

Wiedmann (Edouard). 

Carus (Victor) 

Blondiot 

Stephanos 

Vaneck 

Guccia 

D'occigue , 



DATE 
DE l'Élection 



27 janv. 
9 mars 
24 juin 
27 juin 
23 mars 
23 janv. 
9 mars 

id. 
1 3 mars 
22 mai 

id. 
22 janv. 
27 nov. 
22 juin 

id. 



1875 

1872 
1878 
1865 
1873 
1878 
1878 
1878 

1875 
1880 

1881 
1881 
1883 



RESIDENCE 



Caen, 
Aix. 

Poitiers, 

Boulogne-sur-Mer. 

Bordeaux. 

Montpellier. 

Vienne. 

Caen. 

Montiuçon. 

Leipzig. 

id. 
Nancy. 
Athènes. 

Palerme. 
Rochefort. 



— XIII 



LISTE DES ANCIENS MEMBRES 



NOMS DES MEMBRES 


DATE 
DE l'Élection 


DATE 

DU DÉCÈS 


MM. 

Audirac (Jacques-Joseph) . . . 

Brongniart (Alexandre) 

Broval 


10 déc. 1788 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
9 nov. 1789 
id. 
id. 

24 mars 1790 

22 mai 1790 
7 mars 1791 

28 mars 1791 

31 déc. 1791 

4 avril 1791 

9 mai 1791 

13 juin 1791 

27 juin 1791 

id. 
20 août 1791 
2 févr. 1792 

23 févr. 1792 
7 avril 1792 
2 juin 1792 
1 déc. 1792 

14 mars 1793 

28 mars 1793 

25 avril 1793 

id. 
id. 
14 sept. 1793 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 


1790 

7 oct. 1847 


Petit 


7 juin. 1811 
5 sept. 1797 
4 août 1851 


Riche (Claude-Ant.-Gasp.). . 
Sylvestre (Augustin-Fr.) .... 
Bellot 


Guilbert 




Vauquelin (Nicolas-Louis). . . 
Seguin (Arm.-Jean-Franç.) . . 
Bouvier 


15 nov. 1829 
23 janv. 1835 
27 déc. 1827 


Marsillac 


Robillard 




Chappe (Claude) 


23 janv. 1805 
21 févr. 1803 


Garnier (Jean-Jacques) 

Lair 


Bonnard 


1797 

6 avril 1828 


Coquebert (Antoine-Jean) . . . 
Lucas 




Gillot 


Plé 




Bruley 




Vie 


1806 


Lacroix (Jean-Alexandre). . . . 
Coquebert de Montbret (C . -E .) . 

Millin (Aubin-Louis) 


9 avril 1831 

2 juin 1834 

14 août 1818 


Baiilet 




BerthoUet (Claude-Louis) .... 
Lavoisier (Ant. -Laurent). . . . 
Fourcroy (Ant. -François) . . . 
Vicq d'Azyr (Félix) 


6 nov. 1822 
8 avril 1794 
16 déc. 1809 
20 juin 1794 
11 févr. 1822 
13 août 1808 


Ventenat (Étienne-Pierre) . . . 



— XIV — 



NOMS DES MEMBRES 



MM. 

Lefèvre-Gineau (Louis). . . . 

Leroy (Jean-Baptiste) 

Lamarck (J.-B. -P. -Antoine). 
Lelièvre (Claude-Hugues) . . 

Monge (Gaspard) 

Prony (Gas. -Clair-Riche de) 

Jumelin (J.-B.) 

Laplace (Pierre-Simon). . . . 

D'Arcet (Jean) 

Deyeux (Nicolas) 

Pelletier (Bertrand) 

Richard (Louis-Claude) . . . . 
Lacroix (Sylvestre-Franç.) . 
Léveillé (Jean-Bapt.-Fran.). 

Haùy (René-Just.) 

Tonnelier 

Duvillars (Ém. Etienne).. . . 

Mozart 

Tedenat 

Girod-Chantran (Justin) . . . 

Berthoud (Fréd.) 

Bosc (Louis-Aug.-Guill.). . . 
Geoffroy S^-Hilaire (Et.). .. 

Cuvier (Georges) 

Sédillot (J.-J. -Ernest) 

Daubenton (L.- Jean-Marie) . 

Miche 

Duhamel (G.-J.-P.-Franç.). 

Teulère 

Macquart (L.-C. -Henri). . . . 
Duméril (And. -Mar. -Cens). . 
Larrey (Dominique-Jean). . . 
CoUet-Descotils (H.-L.-V).. 
Duchesne (Ant. -Nicolas) . . . 
Bouillon-Lagrange (E.-J.-B.) 
Lasteyrie (Ch.-Philib. de). , 

Alibert (Jean-Louis) 

Ad et (Pi erre- Auguste) 

Trémery 

Dillon 



DATE 
DE l'Élection 



14 sept. 
21 sept. 

id. 

id. 
28 sept. 

id. 

id. 
3 nov. 

id. 
1 3 nov. 

id. 

id. 
\3 déc. 

id. 
10 août 
31 juin. 

19 sept. 

id. 

id. 
25 oct. 
24 nov. 
1 3 janv. 

id. 
23 mars 

23 janv. 
3 mars 

id. 
1 3 mars 

1 juin. 

id: 

20 août 

24 sept. 
24 nov. 

3 janv. 

2 févr. 
2 mai 

21 juin 
31 juin. 
20 août 

4 nov. 



1793 
1793 



1793 

1793 

1793 

1793 

1794 
1794 
1794 



1794 
1794 
1795 

1795 
1796 
1796 

1796 
1796 

1796 
1796 
1796 
1797 
1797 
1797 
1797 
1797 
1797 
1797 



DATE 

DU DÉCÈS 



3 févr. 1 829 
21 janv. 1800 
18 déc. 1829 
18 oct. 1835 

18 juin. 1818 
29 juin. 1839 
25 sept. 1807 

5 mars 1827 
13 févr. 1801 
27 avril 1837 
21 juin. 1797 

6 juin 1821 

24 mai 1843 
13 mars 1829 

1 juin 1822 

4 nov. 1832 
1 avril 1841 

20 juin 1807 
lOjmll. 1828 

19 juin 1844 

13 mai 1832 
1832 

31 déc. 1800 

1808 

14 août 1860 

25 juin. 1842 
14 août 1860 

1827 

23 août 1844 

5 nov. 1849 
4 nov. 1837 

!...*.. 1807 



— XV — 



NOMS DES MEMBRES 


DATE 


DATE 




DE l'Élection 


DU DÉCÈS 


MM. 






Pajot-Descharmes 


14 nov. 1797 




Blavier , 


1797 

1 juin 1800 


6 oct. 1825 


Lacépède (Bern.-G.-Ét. de). 


Moreau (Jacques-Louis) .... 


id. 


1826 


Chaptal (Jean-Antoine) 


21 juin. 1798 


30 juin. 1832 


Olivier (Guillaume-Antoine) . 


11 juin 1799 


1 oct. 1814 


Daudin (François) 


1 juin. 1799 


3 déc. 1804 


Bichat (M.-F.-Xavier) 


M juin. 1799 


22 juin. 1802 


Butet 


12 févr. 1800 
S oct. 1800 




De CandoUe (Augustin-Pyr.). 


9 sept. 1841 


Biot (Jean-Baptiste) 


2 févr. 1801 


3 févr. 1861 


Deleuze (J. -Ph. -François). . . 


2'1 juin 1801 


20 nov. 1835 




1 jmll. 1801 


16 mai 1840 


Costaz (Louis) 


9 sept. 1801 
17déc. 1802 
12fév. 1803 


15 févr. 1842 
24 juin. 1838 
12 juin 1857 


Cuvier (Frédéric) 


Thénard (Louis-Jacques) .... 


Briseau de Mirbel (Ch.-Fr.).. 


11 mars 4 803 


12 sept. 1854 


Lancret 


28 nov. 1804 
5 déc. 1 §04 


5 déc. 1807 
25 avril 1840 


Poisson (Siméon-Denis) 


Conté (Nicolas-Jacques) 


27 févr. 1805 


6 déc. 1805 


Richerand (Balth.-Anthelme). 


25 mars 1805 


25 janv. 1840 


Gay-Lussac (Louis-Joseph) . . 


id. 


9 mai 1850 


Pérou (François) 


id. 


14 déc. 1810 


Savigny (3Iarie-Jules-César) . 


id. 


5 oct. 1851 


Bonpland (Alexandre-Aimé) . . 


M janv. 1806 


4 mai 1858 


Correa de Serra (J.-Fr.) .... 


id. 


11 sept. 1823 




id. 


8 févr. 1835 


Hachette (Jean-Nicolas-Pierre) 


24 janv. 1807 


16 janv. '1834 


Delaroche (François-Etienne) . 


id. 


23 déc. 1813 


BerthoUet (Amédée) 


id. 


1811 


Ampère (André-Marie) 


7 févr. 1807 


10 juin 1836 


D'Arcet (Jean-Pierre-Joseph). 


id. 


2 août 1844 


Girard (Pierre-Simon) 


19 déc. 1807 


30 nov. 1836 


Dupetit-Thouars (Aubert) . . . 


16 janv. 1808 


12 mai 1831 


Pariset (Etienne) 


14 mai 1808 


3 juin. 1847 


Duvernoy (Georges-Louis) . . . 


6 janv. 1810 


1 mars 1855 


Malus (Étienne-Louis ) 


14 avril 1810 


24 févr. 1812 


Arago (Dom. -François- Jean). 


id. 


2 oct. 1853 


Nysten (Pierre-Hubert) 


id. 


3 mars 1817 


Laugier (André) 


id. 


18 avril 1832 



XVI 



NOMS DES MEMBRES 



MM. 
Roard 

Puissant (Louis) , 

Desmarest (Antoine-Gaston) , 
Legallois (César-Julien-Jean) 

Guersent , 

Ducrotay de Blainville (H.) . , 
Binet (Jacques-Pierre-Marie) 

Dulong (Pierre-Louis) , 

Bonnard (Aug. -Henri de) ... , 

Magendie (François) , 

Lucas (J. -And. -Henri) 

Lesueur (Charles-Alix) 

Montègre (Antoine-Jean de) . 
Cauchy (Augustin-Louis) . . . 

Clément 

Léman (Dominique-Sébast.). 
Cassini (Alex.-Henri-Gabr.). 

Courier (Joseph) 

Boudant (François-Sulpice) . , 

Petit (Alexis-Thérèse) 

Robiquet (Pierre-Jean) .... 
Edwards (William-Ferd.). . , 

Pelletier (Joseph) 

Cloquet (Joseph-Hippolyte) . 

Fresnel (Augustin-J.) 

Navier (Claude-Louis-Marie) , 
Béclard (Pierre-Auguste) . . . , 

Despretz (César) , 

Francœur (Louis-Benjamin). , 
Turpin (Pierre-Jean-Franç.) , 

Richar (Achille) 

Audouin (Jean- Victor) 

Prévost (Louis-Constant). . . . 

Breschet (Gilbert) 

Auguste de Saint-Hilaire. . . . 

Savary (Félix) 

Savart (Félix) 

Dejean (P.-F.-M.-A.) 

Dumas (Jean-Baptiste) 

Jussieu (Adrien-Henri-Laur.) 



DATE 


DATE 


DE l'Élection 


DU DÉCÈS 


1 4 avril 


1810 
1810 




'1 6 mai 


1 janv. 


1843 


9 févr. 


1811 


4 juin 


1838 


23 févr. 


1811 


févr. 


1814 


9 mars 


1811 


23 juin 


1848 


29 févr. 


1812 


1 mai 


1850 


1 4 mars 


1812 


21 mai 


1856 


21 mars 


1812 


19 juin. 


1838 


28 mars 


1812 


6 janv. 


1857 


4 avril 


1813 


7 oct. 


1855 


5 févr. 


1814 


6 févr. 


1825 


'1 2 mars 


1814 


1 2 déc. 


1846 


9 avril 


1814 


4 sept. 


1818 


31 déc. 


1814 


23 mai 


1857 


1 3 janv. 


1816 





1856 


3 févr. 


1816 


2 févr. 


1829 


1 7 févr. 


1816 


1 6 avril 


1832 


7 févr. 


18^8 


16 mai 


1830 


1 4 févr. 


1818 


9 déc. 


1850 


21 févr. 


1818 


21 juin 


1820 


1 8 avril 


1818 


29 avril 


1840 


25 avril 


1818 


23 juin. 


1842 


2 mai 


1818 


1 9 juin. 


1842 


9 mai 


1818 


4 mars 


1840 


3 avril 


1819 


14 juin. 


1827 


1 3 mai 


1819 


21 août 


1836 


26 juin 


1819 


1 6 févr. 


1825 


22 mai 


1820 


1 5 mars 


1863 


1 7 févr. 


1821 


15 déc. 


1849 


24 févr. 


1821 


1 mai 


1840 


1 mars 


1821 


5 oct. 


1852 


1 9 mai 


1821 


9 nov. 


1841 


19 janv. 


1822 


1 6 août 


1856 


1 juin 


1822 


1 mai 


1845 


31 mai 


1823 


30 sept. 


1853 


1 2 févr. 


1825 


.15 juin. 


J841 


1 9 févr. 


1825 


1 6 mars 


1841 


2 avril 


1825 


1 7 mars 


1845 


26 févr. 


1825 


1 1 avril 


1884 


1 6 avril 


1825 


30 juin 


1853 



XVII 



NOMS DES MEMBRES 



DATE 
DE l'Élection 



MM. 

Eyries (Jean-Baptiste-Benoît). 

Brué (Adrien-Hubert) 

Villot(E.) 

Huzard (Jean-Baptiste) 

Doyère (Louis-Michel) 

Oulange-Bodin (Etienne).,. 

Dupont 

Bourdon (Pierre-Marie) 

Biissy (Antoine-Paul-Brulus) . 

Bérard (Pierre-Honoré) 

Serrulas (Georges-Simon) . . . 
Dufrénoy (Pierre-Armand) . . 
Coriolis (Gustave-Gaspard).. 
Sturm (Charles-François) . . . 

Guillemin (Antoine) 

Olivier (Théodore) 

Villermé (Louis-René) 

Puillon-Boblaye (Louis) 

Gautier de Claubry (H.-F.-G.) 

Michaux 

Pontécoulant (de) 

Bell 

Plateau 

Cagniard-Latour (Charles) . . 
Gambey (Henri-Prudent)... 
Péclet (Jean-Claude-Eugène) 
D'Orbigny (Alcide-Ch.-V.-M). 
Parent-DÙchâtelet (A.-J.-B.) 
Guérin-Varry (Théophile . . . 
Leclerc-Thouin (Oscar ) . , . . 

Levy (Armand) 

Dujardin (Félix) 

Vilmorin (L.-And.-Ph.) . . .. 

Gaudichaud (Charles) 

Peltier (Jean-Ch.-Athanase). 

Agard 

Leblond (Ch.-Hipp.-Gabriel) 
Voitz (Louis-Phillippe) . . . . 
Laurillard (Charles-Léopold) 
Boi^sy (Aug. -Félix-Pierre de) 



25 févr. 

id. 

id. 

id. 

9 févr. 

25 févr. 

id. 

5 mai 
1 'I août 

8 mars 
7 mars 

6 juin 

24 juin. 
5 févr. 

1 9 févr. 
18 août 

25 août 

id. 
25 août 
1 4 févr. 

9 janv. 
20 févr. 

3 juill. 
2i févr. 

I 4 mars 

4 avril 

I I avril 
23 avril 

2 mai 
1 6 mai 
23 mai 
27 févr. 
23 avril 

9 mai 
30 juin 
. 7 jauv. 
1 1 mars 
25 mars 
] \ avril 

9 déc. 



-1826 



1839 
1826 

1827 
1827 
1828 
1829 
1829 
1830 
1831 
1831 
1832 
1832 

1832 
1835 
1836 
1836 
1841 
1835 
1835 
1835 
1835 
1835 
1,835 
1833 
1835 
1836 
1836 
1836 
1836 
1837 
1837 
1837 
1837 
1837 



DATE 

DU DÉCÈS 



13 juin 


1846 


16 juill. 


1832 




1838 


1 déc. 


1838 


13 juill. 


1863 


23 juill. 


1846 




1846 



I 5 mars 
1 févr. 

I I nov. 
25 mai 
20 mars 
19 sept, 
18 déc. 
1 5 janv. 

8 août 



1854 
1882 
1859 
1832 
1857 
1843 
1853 
1842 
1853 



4 déc. 1843 

15 sept 1883 

5 juill. 1839 
18 janv. 1847 

8 déc. 1857 
30 juin 1857 

7 mars 1836 
1854 

5 janv. 1 845 
26 juin 1841 

8 avril 1860 

16 janv. 1854 
26 oct. 1845 

1855 

22 mars 1838 
13 jauv. 1840 
28 janv. 1833 

17 mai 1843 



— XVIII -— 



NOMS DES MEMBRES 



MM. 

Notasis 

Sismonda (Aug) 

Eschricht , 

Blanchet 

Blondiii (Frédéric). 

Bibron (Gabriel) 

Masson (Antoine-Philibert) . . 
Laurent (Jean-Louis-Maur) , . 

Rozet (Claude-Antoine) 

Ebelmen (Jacques-Joseph) . . . 

Wantzel (L.) 

Parlatore (Phill.) 

Schwaz 

Lebert 

Schimper (W.-P.) 

Piria 

Boutigny 

Carus (Victor) 

Faivre 

Lalleniand (Claude-François) . 

Bravais (Aug.) 

Gerdy (Pierre-Nicolas) 

Lassell (William) 

Bond 

Haime (Jules) 

Wertheim (Guillaume) 

Goujon (Jean-Jacques-Émile). 
Vilmorin (P.-Louis-Fr.-de). . 

Brunner (Jean) 

Péan de Saint-Gilles 

Vilmorin (Louis de) 

Hervé de la Provostaye, . . . . 
Adelon (Nicolas-Philibert) . . . 

Froment 

Gratiolet (Pierre) 

Valenciennes (Achille) 

Sibermann (Jean-Thiébault) . 

Desains (Edouard) 

Bour (Edmond) 

Chacornac 



DATE 
DE l'Élection 



1 8 nov. 

7 juill. 

12 janv. 

-1 6 févr. 

30 mars 

20 mai 
1 8 déc. 

31 déc. 
1 8 févr. 
28 mai 

24 juin 
17 juill. 
31 juill. 
22 fév. 

25 mars 
1 3 avril 

26 juill. 
22 nov. 

7 avril 
1 avril 

21 juin 
30 nov. 
25 nov. 

2 déc. 
10 avril 

4 déc. 
28 juin 

25 nov. 

5 juin 

26 avril 
25 nov. 
1 déc. 

4 juin 
1 4 févr. 
20 avril 
20 févr. 
20 déc. 
12 juin 
7 avril 
1 févr. 



1837 

1838 

1839 

1839 

1839 

1840 

1841 

1841 

1843 

1843 

1841 

1841 

1841 

1845 

1848 

1850 

1851 

1851 

1860 

1845 

1845 

1845 

1848 

1848 

1852 

1852 

1853 

1854 

1861 

1862 

1854 

1842 

1825 

1863 

1863 

1836 

1845 

1852 

1860 

1862 



DATE 

DU DÉCÈS 



22 janv. 1877 

20 déc. 1878 
22 févr. 1863 

16 avril 1849 

27 mars 1848 

1 déc. 

30 janv 
1 août 

31 mars 1852 

21 févr. 1845 
9 sept. 



1860 
1854 
1858 



1877 



20 mars 1880 



21 juill. 
25 juin 
23 juill. 
30 mars 
1 8 mars 

4 oct. 
1 7 févr. 

27 sept. 
20 janv. 

28 oct. 

22 mars 
30 nov. 

22 mars 

23 mars 
22 déc. 

2 mars 

févr. 

févr. 

1 3 avril 

20 mars 

3 mai 



1869 
1879 
1854 
1863 
1856 
1880 
1865 
1856 
1861 
1860 
1856 
1862 
1856 
1860 
1863 
1862 
1865 
1865 
1865 
1880 
1885 



6 sept. 1873 



— XIX 



NOMS DEF MEMBRES 

MM. 

Lamé (Gabriel) 

Combes (Cliarles) , 

Pouillet (Claude) 

Babinet (Jacques) 

Payen (Anselme) 

Pelouse (Théophile-Jules) . . . 

Le Canu (L.-R.) 

Archiac (Étienne-Jules-A. d') 
Verneuil (Phil. -Edouard de). 

Foucault (Léon) 

Persoz (Jules-M.). 

Verdet (Marcel-Emile) 

Viquesnel (A.) 

Rivot (Louis-Edouard) 

Guillemin 

Delanoue (Jules) 

Laurent (Charles-Auguste) . . 
Serres (Étienne-Ren.-Aug.). 
Montagne (Jean-Fr.-Cam.). . . 
Briot (Charles-Aug. -Albert). 

Puiseux (M. -Victor) 

Bresse (Charles) 

Maillard de la Gournerie (J). . 

Glœsener 

Velpeau (A.-A.-L.-M.) 

Léveillé (Joseph) 

Guillot (Natalis) 

Longet (François-Achille) . . . 

Duméril (Auguste) - . . . 

Hupé (Louis-Hippolyte) 

Guérard (Jac. -Alphonse) . . . . 

Roulin (François) 

Agassiz (Louis) 

Transon (Abel) 

Painvin 

Sainte-Claire-Deville (C.-J.) 
Brongniart (Adolphe-Théod.) 

Deshayes (P. -G.) 

Seguier (Armand-Pierre) . . . 
Élie de Beaumont fJ-B-A-H-L 



DATE 


DATE 


DE l'Élection. 


D U DÉCÈS. 


25 août 


1832 
1836 




9 avril 


1 1 janv. 


1872 


6 avril 


1822 


1 4 juin 


1866 


1 mai 


1828 


22 oct. 


1872 


1 8 janv. 


1832 


1 2 mai 


1871 


7 mars 


1835 


31 mai 


1867 


30 juin 


1838 


1 9 déc. 


1871 


1 3 juin 


1843 


déc. 


1868 


28 juin 


1843 


29 mai 


1873 


15 déc. 


1849 


1 1 févr. 


1863 


9 févr. 


1850 
1851 
1853 






29 nov. 




21 mai 


8 févr. 


1867 


2 mars 


1861 
1861 
1863 






1 8 mai 




2 août 




1873 


38 juill. 


1864 




1871 


3 mars 


1821 




1868 


18 avril 


1835 


3 janv. 


1866 


21 fév. 


1852 
1850 






2 avril 


9 sept. 


1883 


1 6 juin 


1855 


22 mai 


1883 


15 juin 


1865 


25 juin 


1883 


23 févr. 


1856 


11 juill. 


1876 


25 avril 


1835 


24 août 


1867 


16 déc. 


1837 


3 févr. 


1870 


27 févr. 


1845 

1845 






1 4 juin 


20 avril 


1871 


6 déc. 


1851 


1 2 nov. 


1870 


16 juill. 

6 juill. 

1 4 mars 


1860 






1839 
1835 
1838 






21 avril 


8 déc. 


1873 


11 juill. 


1840 


23 août 


1876 


14 déc. 


1872 


1 1 oct. 


1875 


24 avril 


1847 


10 août 


1876 


10 fèvr. 


1825 


1 8 févr. 


1876 


4 avril 


1835 


9 juin 


1875 


2 avril 


1836 






5 déc. 


1829 


21 sept. 


1875 



XX 



NOMS DES MEMBRES 



MM. 

Balard (Antoine-Jérôme) .... 

Buignet 

Poiseuille 

Giraldès (Joachim- Albin) . . . 
Le Veaaier (Urbain-Jean-Jac.) 

Cazin (Achille) 

Becquerel (Antoine-César). . . 

Regnault (Louis-Victor) 

Vrolik 

Gaugain (Al.) 

Weitemveber 

Volpicelli 

Bernard (Claude) 

Delafosse (Gabriel) 

Bienaymé (Irénée-Jules). . , . 

Lemonnier 

Breguet (Antoine) 

Breguet (Louis) 

D'Almeida (Charles) 

Germain de St-Pierre (Ernest) 

Liouville (Joseph) 

Laboiilaye (Charles) 

Moreau (Armand-François) . . 

Lemaout (Emmanuel) 

Niaudès (Alfred) 

Penaud (Adolphe) 

Delesse (Achille) 

Sainte-Claire Deville (Henri) . 

Dordet de Tessan 

Yvon Villarceau 

Burat (Amédée) 

Thénard (baron Paul) 

Wurtz (Adolphe) 

Weddell(Hugues-A.) 

Peters 

Gray 

Gervais (Paul) 

Desor 

Barrande (Joachimj 

Bleeker 



DATE 


DATE 


DE l'Élection 


DU DÉCÈS 


24 juill. 


1841 


3 avril 


1876 


17 janv. 


1863 




1876 


9 mai 


1835 


déc. 


1870 


17 nov. 


1849 




1876 


24 juill. 


1844 


23 sept. 


1877 


1 1 juin 


1870 


23 oct. 


1877 


27 avril 


1823 


18 janv. 


1878 


28 févr. 


1838 


1 9 janv. 


1878 


5 janv. 
7 juin 


1861 






1862 


30 mai 


1860 


17 mars 


1870 


1 avril 


1886 


14 juill. 


1876 


1 4 avril 


1877 


16 janv. 


4847 


1 févr. 


1878 


17 déc. 


1836 


13 oct. 


1878 


17 janv. 


1838 


19 oct. 


1878 


10 juill. 

22 janv. 

4 févr. 


1875 






1881 




1843 


20 oct. 


1882 


4 août 


1832 


8 nov. 


1880 


5 janv. 


1 850 


26 mai 


1882 


25 août 


1860 


8 sept. 


1862 


10 janv. 
28 avril 


1852 
1860 
1852 








31 janv. 
1 4 mai 




1881 


11 oct. 


1883 


1 3 mai 


1876 
1851 






22 nov. 


24 mars 


1881 


9 avril 


1842 


1 juill. 


1881 


7 juin 


1845 


30 sept. 


1877 


30 mai 


1846 


23 déc. 


1883 


1 1 avril 


1846 


4 mai 


1885 


1 3 juin 


1846 


8 août 


1884 


3 janv. 


1848 


1 2 mai 


1884 


14 juill. 


1849 


22 juill. 


1878 


2 août 


1840 


8 mai 


1883 


16 mars 


1846 


7 majs 


1875 


23 mai 


1846 


1 juin 


1877 


27 févr. 


1847 
1866 






1 févr. 




1683 


25 juill. 


1874 


24 févr. 


1878 



XXI 



NOMS DES MEMBRES 



MM. 

Cloez (François-Stanislas), 
Cloquet (Jules-Germain).. 

Decaisne (Joseph) 

Pucheran (Jacques) 

Barrai (Jean- Auguste), . . . 
Salvetat (Louis-Alphonse). 
Du Moncel (Vicomte Théod 

Corrinwinder (B.) 

Billet 

Secchi (le P.) 

Waren de la Bue .,.,.,. 

Vallès 

Picard 

Quel 

Rohin (Albert) 

Bouquet (Charles) 

Carpenter 

Tresca 

Serret (J. -Alfred) 

Desains (Paul) 

Milne-Edwards (Henri)... 

Jamin 

Jacquelin 

Barré de Saint Venant. ... 

Leblanc (H.-L) 

Bouis (Jules) 

ïulasne 

Bert (Paul) 

La2;uerre 



DATE 
DE l'Élection 



22 mai 

22 janv. 

21 mars 
7 juin. 

13 déc. 

23 avril 
4 mai 
7 août 

22 nov. 
29 juin. 
21 avril 

20 mars 

24 juin 

10 déc. 
1 1 juin 

1 4 mars 

1 1 nov. 

23 mars 
1 4 févr. 
31 mai 

21 févr. 

24 févr. 
29 juin. 

2 déc. 
17 janv. 
28 juin 
26 déc. 

22 nov. 
9 févr. 



1852 
1820 
1835 
1856 
1851 
1853 
1860 
1861 
1862 
1865 
1866 
1870 
1865 
1864 
1881 
1857 
1854 
1867 
1846 
1845 
1835 
1849 
1849 
1843 
1846 
1860 
1846 
')862 
1867 



DATE 

DU DÉCÈS 



déc, 1883 
3 févr. 1883 
8 févr. 1882 



16 févr. 1884 

27 janv. 1882 
25 févr. 1878 



18 janv, 1884 

10 mars 1885 
21 juin 1885 

2 mars 1 885 

9 mai 1885 

29 juin. 1885 

12 févr. 1885 

6 janv. 1886 

21 oct. 1886 

25 déc. 1886 

11 nov. 1880 
14 août 1886 



XXII — 



LISTE DES SOCIÉTÉS ET ÉTABLISSEMENTS 

ÉCHANGEANT LEURS PUBLICATIONS 
CONTRE CELLES DE LA SOCIÉTÉ PHILOMATHIQUE 



Amsterdam. Académie royale des Pays-Bas, 
Batavia. Société des arts et sciences. 
Berlin. Académie des sciences. 

» Fortsehihender Physik. 
Berne. Société d'histoire naturelle. 
Bologne. Académie des sciences. 
Boston. Society of natural history. 
Bruxelles. Académie des sciences de Belgique. 
Cambridge. American association for advancement of science. 
CAMBRIDGE (Mass.). Harward collège. 
Chicago. Academy of science. 
Edimbourg. Société royale. 
Genève. Institut national genevois, 
GÈNES. Mused civico, 
Harlem. Société hollandaise des sciences, 

» Arcliives du Musée Teyler. 
Kœnigsberg, Société royale physico-économique. 
Londres, Société royale. 

» Royal astronomical society. 

» Royal naval collège. 

» Muséum of natural history. 

» British muséum. 

« Zoological Society. 
Liège. Société royale des sciences. 
Leipzig. Der Beiblâtter. 

» Zoologischer Anzeiger. 
Montpellier. Académie. 
Moscou. Société des naturalistes. 



— XXIII — 

Paris. Institut de France. 

» Ecole polytechnique. 

» École des mines. 

» Sorbonne, 

» Arts et métiers. 

» Bibliothèque du Muséum d'histoire naturelle. 

» Bibliothèque de l'École normale supérieure. 

» Ministère de l'Instruction publique. 

» Société française de physique. 

» Société géologique de France. 

* Société zoologique de France. 

» Société mathématique de France. 
Saint-Pétersbourg. Bibliothèque impériale. 
Stockholm. Académie des sciences. 
Toulouse. Académie des sciences. 
Turin. Académie des sciences. 
Vienne. Académie des sciences. 
Washington. Société smithsonienne. 
» Surgeon's gênerai office. 



Meulan, imp. de A. Masson. 



BULLETIN 



DE LA 



OCIÉTÉ PHÏLOMATHIQUE 

DE PARIS 

FONDÉE EN 1788 

RECONNUE COMME ÉTABLISSEMENT d'uTILITÉ PUBLIQUE 



SEPTIEME SERIE — TOME NEUVIEME 
NO ^ 



1SS^_ it^S^ 



PARIS 

AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ 
Rue des Grands- Augustins, 7 

1885 



Le Bulletin parait par livraisons trimestrielles 



PUBLICATIONS DE LA SOCIÉTÉ PHILOMATHIQUE 



-ire SÉRIE : de 1789 à 4 805 3 vol. in- 4*^. 

2û SÉRIE : de 1807 à 1 84 3 3 vol. in-4o. 

3e SÉRIE : de 1814 à 4 826 13 Fascicules in- 4°. 

4e SÉRIE . de 4 832 à 4 833 2 vol. in-4o 

ge SÉRIE : de 4 836 à 4 863 28 Fascicules in-4o. 

6e SÉRIE : de 1864 à 4 867 3 Fascicules in-8o. 

7® SÉRIE en cours de publication. 

Chaque année pour les membres de la Société. . 5 fr. » 
— pour le public 4 2 fr. » 



TABLE DES MATIÈRES 



H. Pellat, 

Léon Vaillant. 
Louis Petit. 
Jean Franchet. 

T. -A.. de Rochebrune. 
Filhol. 

Léon Vaillant. 
Rémy Saint-Loup. 
Filhol. 



.loannes Chatin. 



- Observation de M. Audemar sur une 
illusion produitepar le déplacement 

de la verticale apparente 3 

• Sur quelques particularités du sque- 
lette chez le Caranx carangus. ... 7 
■ Sur une nouvelle espèce d'Holothurie, 

le Latmogone Jourdaini 9 

Observations sur le Bruchus (Caryo- 
borus) nucleorum et son dévelop- 
ment '1 

Sur une nouvelle espèce de Bubalus 
provenant de la haute Sénégambie. \ 5 

Description d'un nouveau genre et 
d'une nouvelle espèce de carnassier 
fossile 19 

Sur les caractères du Cybium Sara 
(Bennett) 21 

Remarques sur la morphologie des 
Hirudinées d'eau douce 23 

Observations relatives aux espèces du 
genre Paramithrax , vivant en 
Nouvelle-Zélande 26 

Description de deux nouvelles espèces 
de Crustacés appartenant au genre 
Pilumnus 28 

Description d'une nouvelle espèce de 
Suide fossile appartenant au genre 
Hyotherium 29 

Recherches sur la constitution de la 
mandibule chez les Coléoptères et 
les Orthopètres 

Helminthes de Vile Campbell et de la 
Nouvelle-Zélande 3(> 



i^^iihol. — Descriptions de nouvelles espèces de 
Crustacés appartenant au genre Hy- 
menicus, provenant de la Nouvelle- 
Zélande 43 

— — Nouvelle description d'une espèce de 

Crustacé appartenant au genre Ela- 
mene provenant de Vile Stewart 

(Nouvelle-Zélande) 45 

— - — Description d'une nouvelle espèce de 
Crustacé appartenant au genre Ha- 
licarcinus 4S 

— — Description de deux nouvelles espèces 

de Crustacés appartenant au genre 
Pétrolisthes 46 

— — Description d'une nouvelle espèce de 

Crustacé provenant de la Nouvelle- 
Zélande 47 



Meulan, imp, de A. Masson. 



BULLETIN 



DE LA 



SOCIÉTÉ PHILOMATHIQUE 

DE PARIS 

FONDÉE EN 1788 

RECONNUE COMME ÉTABLISSEMENT d'uTILITÉ PUBLIQUE 



SEPTIEME SERIE — TOME NEUVIEME 
N° 2 



i^^'^— i«$^^ 



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AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ 

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Le Bulletin parait par livraisons trimestrielles 



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4 re SÉRIE : de 4 789 à -1805 3 vol. in-4<'. 

2e SÉRIE : de 1807 à 4 81 3. 3 vol. in-4o. 

36 SÉRIE : de 4 814 à 4 826 4 3 Fascicules in- 4°. 

4e SÉRIE . de 4 832 à 4 833 2 vol. in-4o 

se SÉRIE : de 4 836 à 1863 28 Fascicules in-4o. 

6e SÉRIE : de 4 864 à 1867 3 Fascicules in-S". 

7e SÉRIE en cours de publication. 

Chaque année pour les membres de la Société . . 5 fr. » 
— pour le public 4 2fr. » 



TABLE DES MATIÈRES 



H. Filhol. - — Considérations relatives à la faune ornitho- 

logique de Vile Cam.pbell 49 

— Description d'une espèce nouvelle de Pachy- 
derme fossile appartenant au genre Pro- 

tapirus 50 

— - — Observations relatives au mode de constitution 

des prémolaires et des molaires des Lému- 
riens fossiles appartenant au genre Necro- 

lemur ol 

— — Description, de nouvelles espèces de Crustacés 

du genre Allorchestes 54 

P. Mabilie. — Diagnoses de Lépidoptères nouveaux 55 

L. Bouvier. — Sur le système nerveux du Buccinumundatum. 71 
H. Viallanes. — Sur la structure interne du ganglion optique 

de quelques larves de Diptères 7o 

— — Sur nne méthode de détermination du temps 

de pose en photographie microscopique . . , 7? 



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DE LA 



SOCIÉTÉ PHILOMÂTHIQUE 

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RECONNUE COMME ÉTABLISSEMENT d'uTILITÊ PUBLIQUE 



SEPTIEME SERIE — TOME NEUVIEME 
N° 3 



1^^^— li^SSS 



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le Bulletin paraît par livraisons trimestrielles 



PUBLICATIONS DE LA SOCIÉTÉ PHILOmATHIQUE 



ire SÉRIE : de 1789 à 1805 3 vol. in-4'5. 

2e SÉRIE : de 1807 à 1813 ' ... . 3 vol. in-4o. 

36 SÉRIE : de 1814 à 1826 13 Fascicules in-4o. 

4e SÉRIE . de 1832 à 1833 2 vol. in-4o 

5e SÉRIE • de 1836 à 1863 28 Fascicules in-4o. 

6e SÉRIE : de 1864 à 1867 3 Fascicules in-8o. 

7e SÉRIE en cours de publication. 

Chaque année pour les membres de la Société. . 5 fr. » 
— pour le public 12fr. » 



TABLE DES MATIÈRES 



A. de Rochebruiie. — Note sur un nouveau genre de Cépha- 
lopodes 82 

— — Vertebratorum. novorum vel minus co- 
gnitorurn orœ Africœ occidentalis 
incolarum, Diagnoses 96 

A. de llochebriine et J.Mabille. — Diagnoses de Mollusques 
nouveaux recueillis par les membres 
de la mission du Cap Horn et M. Le- 
brun , Préparateur au Muséum , 
chargé d'une mission à Santa-Cru': 
de Patagonie 100 

Hardy et Gallois. — Note sur l'Anagyrine 1V\ 

F. Bocourt. — Note sur un Boidien nouveau prove- 
nant du Guatemala 412 

L. Vaillant. — Sur quelques Batraciens de Nossi-Bé 
(Madagascar)^ appartenant à la col- 
lection du Muséum 115 

— — Description d'une espèce nouvelle de Tor- 
tue terrestre rapportée par M- Hum- 
blot 14 8 



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BULLETIN 



DE LA 



r F 



SOCIETE PHILOMATHIQUE 

DE PARIS 

FONDÉE EN 1788 

RECONNUE COMME ÉTABLISSEMENT d'uTILITÊ PUBLIQUE 



SEPTIEME SERIE — TOME NEUVIEME 
N° 4 



ij^s^ — 1^^^ 



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Le Bulletin paraît par livraisons trimestrielles 



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ire SÉRIE : de 1789. à 1805 3 vol. in-i". 

2e SÉRIE : de 1807 à 1813. 3 vol. in-4o. 

36 SÉRIE : de 1814 à 1826 13 Fascicules in-4o. 

4« SÉRIE . de 1832 à 1833 2 vol. in-4o 

se SÉRIE r de 1836 à 1863 28 Fascicules in-4o. 

6e SÉRIE : de 1864 à 1867 3 Fascicules in-8o. 

7e SÉRIE en cours de publication. 

Chaque année pour les membres de la Société. . 5 fr. » 
— pour le public 12 fr. » 



TABLI^: DES MATIÈRES 



A. Franchet. — Observations sur les Syringa du nord 
de la Chine et description d'une es- 
pèce nouvelle de ce genre 121 

J. Chatin. — Sur les trachées réticulées 128 

— — Contribution à l'étude ostéologique des 

fosses nasales chez les Palmipèdes et 

les Eehassiers , 128 

— — Sur les divers modes de terminaison des 

nerfs duns la trompe des Lépidoptères 1 31 

— — Monstruosité par scission de l'antenne. 1 32 
A. -T. de Rochebrune. — Allocution sur la mort de M. Milne- 

Edicards 133 



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BULLETIN 



DE LA 



r f 



SOCIETE PHILOMATHIQUE 

DE PARIS 

FONDÉE EN 1788 

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SEPTIEME SÉRIE — TOME DIXIEME 



isss — it^se 



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1886 



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PUBLICATIONS DE LA SOCIÉTÉ PHILOMATHIQUE 



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2e SÉRIE : de 1807 à 1813. 3 vol. in-4o. 

3e SÉRIE : de 1814 à 1826 13 Fascicules in- 4» . 

4e SÉRIE . de 1832 à 1833 . 2 vol. in-4o 

5e SÉRIE : de 1836 à 1863 28 Fascicules in-4o. 

6e SÉRIE : de 1864 à 1867 3 Fascicules in-8o. 

7e SÉRIE en cours de publication. 

Chaque année pour les membres de la Société . . 5 fr. » 
— pour le public 4 2 fr. » 



TABLE DES iMATIÈRES, 



ii. Filliol. — ■ Observations relatites à la dentition inférieure 

des Tapirulus 5 

Viallanes. — • Sur le tissu cartilagineux de la Sabelle 6 

Fi'antiuM. — Note sur la végétation de Vile d'Yéso et dia- 

gnoses de plantes nouvelles du Japon 8 

Henntiiiiy. — Note sur un revolver porte-objectif . . , 11 

Micnal ol Honneguy. — Sur quelques modifications apportées au 
microtome à bascule de la société des ins- 
truments scientifiques de Cambridge 12 

.)iu('(iiiard. — Sur une nouvelle espèce d' Atractaspis (A. leu- 

cura) 14 

— — Stir un nouveau genre de Blenniidœ voisin des 

Ciinus (A cantlioclinus) 18 

l'oiricr. — Trématodes nouveaux ou peu connus 20 

K. Vaillant. — Sur les dimensions comparatives des adultes 
et des jeunes chez un poisson Elasmobranche, 
l' Alopias vulpes 41 

Bouvier. — Note sur le système nerveux des Toxyglosses et 
considérations générales sur le système ner- 
veux des Gastropodes prosobranches 44 

Viallanps. — Note sur la structure de la substance ponctuée 

des Insectes 5K 



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DE LA 



SOCIÉTÉ PHILOMATHIQUE 

DE PARIS 

FONDÉE EN 1788 

HliCONNUE COMME ÉTABLISSEMENT d'uTILITÉ PUBLIQUE 



SEPTIEME SERIE — TOME DIXIEME 
N*» 2 



l^S^ — 1)$S6 



PARIS 

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ire SÉRIE : de 1789 à 1805 3 vol. in-i". 

2e SÉRIE : de 1807 à 1813 3 vol. in-4o. 

3e SÉRIE : de 1814 à 1826 13 Fascicules in-4o. 

4e SÉRIE . de 1832 à 1833. . . . 2 vol. in-4o 

5e SÉRIE : de 1836 à 1863 28 Fascicules in-4o. 

6e SÉRIE : de 1864 à 1867 3 Fascicules in-8o. 

7e SÉRIE en cours de publication. 

Chaque année pour les membres de la Société. . 5 fr. » 
— pour le public 1 2 fr. » 



TABLE DES MATIERES 



Maurice Cazin. — 

Bouvier. — 

Amaudrut. — 

Biétrix. — 

Maurice Léger. — 

FilhoU — 

Viallanes, — 

Filhol. — 

E.-L. Bouvier. — 

Mayoux. — 

Franchet. — 

Amaudrut. — 



Sur la structure de la muqueuse du gésier 
des Oiseaux 57 

Sur le système nerveux des Turbonidés et 
des Néritidés » 61 

Sur le système nerveux de la Dolabella 

Wmmphii 68 

Un cas de monstruosité de l'appareil géni- 
tal chez VHelix pomatia 74 

Deux cas de monstruosité observés citez la 

Langouste 78 

Sur la formule dentaire des Bachiteriuin. 81 

Sur la structure du cerveau des Hyménop- 
tères 81 

Sur la morphologie du squelette céphalique 
des Insectes 84 

Sur les caractères zoologiques de la faune 
des Vertébrés fossiles d'Issel 86 

Sur le système nerveux et certains traits 
d'organisation des Neritidx et des Heli- 
cinidse 93 

Sur l'existence d'un rudiment céphalique, 
d'un système nerveux stomato- gastrique 
et quelques autres particularités mor- 
phologiques de la Pintadine 97 

Sur la végétation de l'île d'Yéso et dia- 
gnoses de plantes nouvelles du Japon 
(suite) '101 

Sur le système nerveux de quelques Mollus- 
ques pulmonés (Achatine, Bulime, Hé- 
lix, Nanina, Vaginule) 107 



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DE LA 



SOCIÉTÉ PHILOMATHIQUE 

DE PARIS 

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RECONNUE COMME ÉTABLISSEMENT d'uTILITÉ PUBLIQUE 



SEPTIEME SERIE — TOME DIXIEME 
N° 3 



ISS^ — 1$$S6 



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Le Bulletin parait par livraisons trimestrielles 



PUBLICATIONS DE LA SOCIÉTÉ PHILOMATHIQUE 



ire SÉRIE : de 1789 à 1805 3 vol. in-4''. 

2e SÉRIE : de 1807 à 1813 3 vol. in-4o. 

se SÉRIE : de 1814 à 1826 13 Fascicules in-4o. 

4» SÉRIE . de 1832 à 1833 2 vol. in-4o 

5e SÉRIE : de 1836 à 1863 28 Fascicules in-4o. 

6e SÉRIE : de 1864 à 1867 3 Fascicules in-8o. 

70 SÉRIE en cours de publication. 

Chaque année pour les membres de la Société. . 5 fr. » 
— pour le public 12 fr. » 



TABLE DES MATIÈRES 



Bouvier. — Observations sur ranatomie du Xéno- 

phore et de la Calyptrée 121 

Jules Mabille. — Diagnoses testarum novarum 1 23 

Vaillant. — Sur la disposition du tube digestif chez 

les Chéloniens , 135 

Franchet. — Sur la végétation de Vile d'Yéso et dia- 
gnoses de plantes nouvelles du Japon 
(suite) , 139 

A.Milne-Edwards. — Description de quelques Crustacés du 
genre Thelphusa recueillis par M. de 
Brazza dans les régions du Congo . . 148 

Bouvier. — Observations anatomiques relatives aux 

Solaridés et aux Janthinidés 131 



Meulan. imp. de A. Masson. 






BULLETIN 



DE LA 



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SOCIETE PflILOMATHIQUE 

DE PARÎs'^^* 

FONDÉE EN 1788 

RECONNUE COMME ÉTABLISSEMENT d'uTIUTÉ PUBLIQUE 



SEPTIEME SÉRIE — TOME DIXIEMK 
N° 4 



1^^^ _ it^^e 



PARIS 

AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ 
Rue des Grands- Augustins, 7 

1886 



Le Bulletin paraît par livraisons trimestrielles 



PUBLICATIONS DE LA SOCIÉTÉ PHILOUIIATHIQUE 



li-e SÉRIE : de 1789 à 4 805. 3 vol. in-d*?. 

2e SÉRIE : de 4 807 à ISIS. ... 3 vol. in-4o. 

36 SÉRIE : de 4 814 à 1826 13 Fascicules in- 4». 

46 SÉRIE . de 1832 à 1833 2 vol. in-4o 

se SÉRIE : de 1836 à 1863. 28 Fascicules in-4o. 

6e SÉRIE : de 1864 à 1867 3 Fascicules in-S». 

7° SÉRIE en cours de publication. 

Chaque année pour les membres de la Société . . 5 fr. » 
— pour le public 12fr. » 



TABLE DES iMATlERES 



Vaillant. — Remarques sur le genre Ripisles de Du- 

jardin '157 

Thoniinol. — Sur deux poissons de la famille des La- 

byrintiformes appartenant au genre 

Ctenomata 158 

— Sur quelques poissons nouveaux appar- 
tenant à la collection du Muséum 

d'Histoire naturelle 161 

Hardy el Calmels. — Sur la Pilocarpine i 68 

Bourgeois. — Sur les Titanates de baryte et de Stron- 

tiane cristallisés 172 

Vaillant.' — Sur les organes du tact des Batypteroïs . 177 
Hardy et Calmels. — Sur la constitution de la Pilocarpine. . . 177 
Jule.-^ Mabille. — Diagnoses testarum novarum (fin) 182 



Meylan. inip. de A. Masson. 



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